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Pommes : plus petite récolte en UE depuis 2017

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La sécheresse a amputé la récolte dans plusieurs pays européens, notamment en Pologne (-30 %). La poire s’en sort beaucoup mieux.

« Une année charnière » : voilà comment les producteurs de pommes et de poires, réunis avec l’ensemble de leurs clients le 27 août lors du lancement de campagne organisé par l’ANPP (Association nationale pommes poires), abordent le démarrage de cette nouvelle saison. En France, la production de pommes sera amputée de 24 % en moyenne (estimation à 1,162 Mt) du fait d’une baisse de productivité liée aux conditions climatiques estivales extrêmes. Ce recul survient dans un contexte déjà fragilisé par le trop faible taux de renouvellement du verger (autour de 2,2 %, alors qu’il faudrait minimum 5 % pour le maintenir), déjà à l’origine d’un déclin lancinant en dix ans (arrachages supérieurs à 900 ha, dont 690 ha de Gala).

Globalement, cette baisse de productivité affectera toute l’Europe, qui s’attend à sa plus petite récolte depuis 2017 : 9,5 Mt (-16 %) pour l’ensemble, -25 % de pommes destinées à l’industrie. Parmi les pays producteurs, on s’attend à une baisse significative de la Pologne (-30 %), de l’Italie (-2 %) et de l’Allemagne (-11 %). Les producteurs français font leurs calculs : avec une nouvelle hausse du coût de revient à la tonne de 22 % (autour de 716 €/t en moyenne), ils appellent leurs clients à une revalorisation d’au moins 0,35 €/kg dès 2026 pour « vivre [de leur métier] et investir durablement ».

Poires en croissance

Contrairement à la pomme, la production européenne de poires continue sa croissance, à 1,95 Mt, soit + 5,5 % par rapport à la saison dernière et presque + 10 % par rapport à la moyenne des trois dernières années, selon les prévisions de Prognosfruit en août. En France, le regain est significatif, porté par le renouvellement variétal : 76 596 t estimées pour 2026-2027 chez les producteurs adhérant à l’ANPP (70 % du verger français), soit une croissance de 4 %. Les surfaces progressent régulièrement, au rythme de 46 % en dix ans, soit + 1 074 ha plantés chez les producteurs de l’ANPP.

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Dans le palmarès des variétés plantées figurent en n°2 et n°3 les nouvelles Fred (+ 182 ha) et Qtee (+ 158 ha), derrière Williams (+ 265 ha), mais devant Conférence et Angys. Mais, dans les rayons, la part de linéaires ne suit pas cet engouement, « quasi stable à 9 % du rayon entre septembre et février, avec cinq références en rayon en moyenne », regrette Pierre Venteau, directeur de l’ANPP, d’après les relevés de Promofel. Un défi de visibilité d’autant plus pressant que la consommation progresse chez les 35-49 ans, tant en fréquence d’achat (+ 12 %) qu’en volume (+ 1 500 t). Pour aider à renouveler l’acte d’achat et la satisfaction des consommateurs, l’ANPP lance le projet « Qualité poire » afin de construire des repères partagés avec la distribution.

Florence Rabut

Les producteurs français veulent une revalorisation d’au moins 0,35 €/kg