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Viande brésilienne : l’UE ouvre la porte à la volaille mais pas au bœuf

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Maroš Šefčovič, commissaire européen au commerce et à la sécurité économique et la présidente de la Commission européenne, Ursula von de Leyen rencontrant le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et Mauro Vieira, ministre brésilien des Affaires étrangères au moment de la signature de l'accord commercial UE-Mercosur Crédits : © European Union

Moins d’un mois après la fin de son audit, Bruxelles a publié un rapport favorable au système de contrôles officiels brésilien en matière de volaille et de miel, ouvrant ainsi la voie à une levée de la suspension d’exportation vers l’UE. Une mesure qui ne concernera pas le secteur de la viande bovine dont les garanties ne sont toujours pas suffisantes, et pour lequel aucun audit n’est prévu dans l’immédiat.

La direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne (DG SANTE) a rendu, le 28 septembre, son très attendu rapport d’audit à la suite des inspections menées au Brésil du 24 août au 4 septembre concernant les filières volaille de chair et miel. Et comme l’affirmait le ministère brésilien de l’Agriculture et de l’Élevage (MAPA) dès le 4 septembre, le résultat de cette visite est favorable au système brésilien ouvrant ainsi la voie à une levée de la suspension des exportations de produits animaux vers l’UE en place depuis le 3 septembre.

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Dans les deux secteurs en question, l’audit de Bruxelles a conclu que le système de contrôles officiels récemment mis en place au Brésil « fournit une base solide permettant à l’autorité compétente brésilienne d’attester de manière fiable le respect des dispositions relatives aux restrictions d’utilisation de certains antimicrobiens dans les certificats sanitaires destinés à l’exportation vers l’UE ». Selon le rapport, le cadre juridique, les manuels de procédures ainsi que la formation dispensée aux inspecteurs nationaux en place au Brésil sont en mesure d’apporter les garanties requises par la réglementation européenne. Dans le secteur de la volaille, la DG Santé met en avant la séparation de la chaîne de production destinée à l’UE. La seule faiblesse identifiée par les experts a été corrigée lors de l’audit. Elle concernait les contrôles officiels exercés sur les établissements fabriquant des prémélanges destinés à l’alimentation des volailles.

Retour en force

Selon toute vraisemblance, l’exécutif européen devrait à présent proposer de réintégrer le Brésil à la liste des pays autorisés à exporter vers l’UE des produits d’origine animale destinés à la consommation humaine mais seulement en ce qui concerne les filières volaille et miel. Toutefois, un vote des experts nationaux en comité permanent (Scopaff) reste nécessaire. « Cette évaluation de la mission technique européenne concernant la viande de poulet et le miel brésiliens ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : l’excellence et la solidité de notre système de protection sanitaire agricole », s’est félicité le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, André de Paula qui précise avoir demandé l’inscription du sujet à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Scopaff sur les contrôles et exigences à l’importation est prévue pour les 20 et 21 octobre. « Toute réouverture doit être accompagnée d’audits réguliers de suivi, de vérifications rigoureuses de traçabilité et de la publication des résultats », prévient d’ores et déjà l’association des transformateurs et des commerçants de volailles de l’UE (AVEC) dans un message publié le 30 septembre sur le réseau social LinkedIn. Et d’ajouter : « La conformité doit rester efficace bien après le départ des auditeurs, avec une action rapide si des défauts apparaissent ».

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Blocage bovin

Mais il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne et la situation concernant la viande bovine, autre secteur offensif pour les exportations agroalimentaires brésiliennes, est bien différente. Lors d’un débat avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, le 28 septembre, Éric Thévenard, directeur des audits et analyses sanitaires et alimentaires au sein de la DG SANTE, a confirmé qu’aucun audit n’est prévu à court terme concernant la filière bovine brésilienne. « Le cycle entre la naissance et l’abattage d’un bovin est d’environ deux ans. Vous pouvez donc en déduire que, dans le meilleur des cas, aucune reprise ne peut être envisagée avant ce délai », a ainsi précisé le représentant de la DG SANTE. Et d’ajouter : « Nous n’y procéderons que lorsqu’une perspective réelle de reprise des échanges existera ».

Lire aussi : Brésil : Bruxelles confiante malgré les failles des contrôles sur l’utilisation d’hormones

Lors du précédent audit en 2024, la situation demeurait insatisfaisante en ce qui concerne l’utilisation d’œstradiol 17β, une hormone interdite dans la chaîne alimentaire de l’UE. En effet, la ségrégation des filières n’était pas respectée et de la viande provenant d’animaux traités à cette hormone avait été certifiée pour l’exportation vers l’UE. « Lors de l’audit, nous avons constaté que certaines exploitations censées ne pas utiliser d’estradiol y avaient eu recours, et que des produits qui n’auraient pas dû être exportés l’avaient été malgré tout », a indiqué le représentant de la DG SANTE avant de conclure : « Quand les importations pourront-elles reprendre ? C’est une bonne question, et la réponse est : je ne sais pas »

FM