Décryptage

Biocarburants aéronautiques : décollage prévu en 2022, turbulences attendues

Le gouvernement prévoit d’amorcer l’incorporation de biocarburants aéronautiques en 2022, avec un taux cible de 1 % dans le kérosène que les deux chambres ont validé dans le cadre du projet de loi de finances pour 2021. Mais il n’est pas sûr que les filières agricoles françaises seront sollicitées. Le gouvernement exclut pour l’instant les carburants de première génération, et les compagnies aériennes, comme Air France, rejettent, en tous les cas, toute matière première ayant une utilisation alimentaire. À court terme, ce sont donc des huiles usagées et des graisses animales qui vont être incorporées dans les avions, au risque d’importations en provenance de Chine ou des Pays-Bas, regrettent les sénateurs. Quant aux premières usines françaises de biocarburants avancés, elles ne sont pas attendues avant 2025, avec des ressources agricoles, ou non.

Cela fait plusieurs mois que le gouvernement met de la pression sur le secteur aérien pour qu’il ouvre le dossier des carburants aéronautiques durables. « Les réalités climatiques et politiques rappellent à tout un chacun que l’heure est à l’accélération de l’action », avait déclaré le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, en janvier. C’était à l’occasion du lancement de la feuille de route nationale pour le développement des biocarburants aéronautiques.

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