Analys

Les PSE prennent corps, sans nouvelle logique

10.04.2020 - 08:00
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IL, JCD
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Dix-huit mois après son annonce dans le cadre du plan Biodiversité, l'expérimentation des paiements pour services environnementaux (PSE) est en pleine mise en oeuvre dans les six agences de l'eau de la métropole, dont certaines n'avaient d'ailleurs pas attendu le feu vert de Bruxelles fin février pour se lancer. A l'exception des projets pilotes menés dans le bassin du Roumois ou par Eau de Paris, le choix des indicateurs ne laisse pas entrevoir, pour l'instant, de changement de logique. IFT, infrastructures écologiques, allongement de rotations... A la manière des MAEC ou des aides Bio, ce sont bien des indicateurs de moyens – certes renforcés et évolutifs – qui vont être mobilisés par les PSE, et non des indicateurs de résultats. Pourtant, ces nouveaux outils devaient faire office de preuves de concept pour des eco-régimes dont la France se fait l'avocat dans la nouvelle Pac, avec la promesse de rémunérer les biens publics sur la base de résultats et non plus de normes.

C'était en juillet 2018 : sous l’œil rieur d’une girafe empaillée du Muséum d’histoire naturelle, Édouard Philippe, le Premier ministre, l’affirmait : « Nous voulons rémunérer les agriculteurs pour le service qu’ils rendent à la nature. » Depuis, l'administration s'est mise en branle, pour donner corps à ce voeu doté de 150 millions d'euros. Définition de ce service, calcul des montants, complémentarité avec les MAEC : pendant un an, le ministère de la Transition écologique a planché sur un projet de système d’aide notifié, validé par Bruxelles le 24 février.