Biodiversité : la France remet à Bruxelles son plan pour restaurer de la nature
La France a remis à la Commission européenne sa feuille de route nationale pour restaurer les écosystèmes dégradés, qui doit être finalisée d’ici la fin août 2027 et nécessitera de trouver jusqu’à 2 milliards d’euros supplémentaires par an, a annoncé le gouvernement. L’Union européenne avait adopté en 2024 une législation sur la restauration de la nature qui impose aux Vingt-Sept d’instaurer d’ici 2030 des mesures de restauration sur 20 % des terres et espaces marins à l’échelle de l’UE, puis d’ici 2050 sur l’ensemble des zones qui le nécessitent. Le plan français de restauration de la nature a été «remis à la Commission européenne en fin de semaine dernière», a indiqué la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut, lors d’une audition à l’Assemblée le 13 octobre au soir. Une version finalisée doit être adoptée «avant septembre 2027», a précisé son entourage. D’ici là, le texte encore soumis à la consultation de diverses instances et du public. Concrètement, le plan fixe des «cibles de restauration», en déterminant par exemple des surfaces à restaurer ou des indicateurs de biodiversité. «Le déclin des populations de pollinisateurs et d’oiseaux communs agricoles devra être stoppé d’ici 2030», indique par exemple le gouvernement. Concernant l’agriculture, le plan français prône la réduction «des produits phytopharmaceutiques et des engrais minéraux, ciblée sur les zones à enjeux eau et biodiversité». Il veut accompagner «la transition agroécologique sur 4 millions d’hectares d’écosystèmes agricoles».
Pesticides : en commission, les députés renforcent la taxe sur le chiffre d'affaires
Lors de la lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission des affaires sociales le 14 octobre, les députés ont adopté un amendement de la député Marie-Charlotte Garin (écologistes) proposant de renforcer la contribution du secteur des pesticides au financement des conséquences sanitaires. « En créant le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 a permis de porter le taux de la taxe jusqu’à 3,5 % du chiffre d’affaires. Le gouvernement l’a pourtant fixé à 0,9 % par un arrêté du 27 février 2020, et ce taux n’a pas évolué depuis », explique l’exposé des faits. L’amendement modifie la taxe existante en la fixant à 3 % du chiffre d’affaires, porté à 9 % pour les produits contenant les substances les plus préoccupantes (CRM et reprotoxiques). Les produits de biocontrôle et les produits utilisables en agriculture biologique ne seraient pas concernés par cette hausse. La moitié du produit supplémentaire dégagé serait affectée à l’assurance maladie, «qui prend en charge les soins liés aux pathologies susceptibles d’être associées aux expositions aux pesticides». Le reste bénéficierait au fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, la part de la taxe affectée à l’Anses étant plafonnée.
Pesticides : Matignon voudrait supprimer l’accès du public aux registres d’épandage (ONG)
L’association Générations futures révèle que, dans le cadre des discussions au Parlement européen sur l’Omnibus pesticides, le gouvernement français soutient un amendement des conservateurs italiens visant à supprimer la possibilité pour les habitants, l’industrie et les distributeurs d’eau potable, d’accéder aux registres d’épandage de pesticides. Une possibilité donnée par l’article 67 du règlement 1107/2009. Dans un communiqué le 14 octobre, l’ONG affirme que le secrétariat général des affaires européennes, rattaché à Matignon, a fait parvenir une note en ce sens aux eurodéputés français. « Générations Futures demande à Matignon des explications à ce soutien, et lui demande de le retirer publiquement », assène l’ONG. Elle rappelle que le droit « en théorie » pour les tiers d’accéder aux registres est « sérieusement limité dans la pratique », dans la mesure où les autorités compétentes « demandent rarement aux agriculteurs ces registres » en amont. Générations futures en a fait les frais, le 26 mars 2026, quand le Conseil d’Etat a annulé une décision du tribunal administratif de Bordeaux du 1er juillet 2025 qui lui avait donné raison sur l’accès aux registres de la commune de La Sauve (Gironde). « Matignon ne parvenant pas à résoudre son problème d’application des exigences concernant l’accès à l’information sur l’exposition des populations, il s’en débarrasse en supprimant l’obligation en question », s’indigne l’association.
Mal-être agricole : Genevard annonce un plan d’amélioration de la gestion début 2027
À l’occasion du comité national de pilotage (CNP) du plan de prévention du mal-être en agriculture, le 14 octobre, Annie Genevard a annoncé le lancement d’un plan d’amélioration de la gestion du mal-être agricole. « Nous devons passer une nouvelle étape afin de donner plus de cohérence à l’action », a-t-elle indiqué, saluant par ailleurs le travail déjà accompli. Quatre thématiques ont été retenues : améliorer le pilotage des actions, mieux orienter vers les services idoines, renforcer le repérage des agriculteurs en difficultés, et « ne pas aggraver les situations par les procédures existantes » (contrôles en particulier). Les parties prenantes ont deux semaines pour formuler leurs propositions. auprès du coordinateur national interministériel du plan de prévention du mal-être en agriculture. Compte tenu de l’agenda serré, Charles Peronne, nouveau conseiller de la ministre en charge du mal être agricole, les a incités à « prioriser pour proposer un nombre resserré de mesures », cela afin d’ « avoir rapidement des améliorations concrètes ». La mise en œuvre est espérée au début 2027. Annie Genevard a par ailleurs annoncé le lancement d’une mission Flash du CGAAER (ministère) afin de chiffrer l’ampleur du mal-être agricole « pour avoir une méthode robuste ». Enfin, le ministère vient d’éditer deux documents : d’une part, une fiche nationale de 3 pages compilant tous les services et toutes les aides disponibles qui sera diffusé largement (MSA, Sentinelles, associations, services de l’État) , et d’autre part un guide à l’intention des agents de l’État pour faciliter l’orientation.
Maladies professionnelles: l’Anses préconise un tableau pour des cancers de la peau
Dans une expertise et un avis publiés le 15 octobre, l’Anses recommande la création d’un tableau de maladie professionnelle pour le « lien avéré » entre trois cancers de la peau et l’exposition aux rayons ultraviolets (UV), solaires et artificiels. L’agence réglementaire de santé fait cette recommandation tant pour le régime agricole que général. Pour les carcinomes épidermoïdes cutanés, les carcinomes basocellulaires cutanés et les mélanomes cutanés, elle suggère un délai de prise en charge (DPC) de 50 ans, conformément à sa recommandation de DPC pour les cancers solides dans son avis du 12 décembre 2024, lequel faisait des recommandations de mise à jour des tableaux de maladies professionnelles. L’Anses ne fait de pas recommandation de durée d’exposition minimale, faut de données épidémiologiques suffisantes. Au-delà des UV solaires, auxquels le secteur agricole est « particulièrement exposé », l’expertise souligne que la profession agricole « peut également être exposé aux rayons UV artificiels, notamment lors d'opération de désinfection, de nettoyage, de désinsectisation, de soudage, gravage, coupage ou lors de travaux en présence de lampes UV (par exemple, pour la croissance des cultures ou le couvage des animaux)». En lien avec l’exposition aux rayons UV artificiels provenant du soudage, l’Anses recommande la création d’un tableau de maladie professionnelle pour les mélanomes oculaires, avec un DPC de 50 ans, sans préconisation de de durée d’exposition.
Canicules : en commission, les députés adoptent un «droit de congé climatique»
Lors de la lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission des affaires sociales le 14 octobre, les députés ont adopté l’amendement du député Damien Girard (écologistes, Morbihan) instaurant un droit à congé climatique pour les salariés dans des zones touchées par une catastrophe naturelle ou une vague de chaleur extrême. La durée totale maximale du congé ne peut être inférieure à cinq jours ouvrés par année civile, une fois que le salarié a adressé sa demande dans un délai de 24 heures. Il instaure par ailleurs une cotisation additionnelle AT-MP de 0,1 %. Les revenus des salariés ayant exercé leur droit à congé climatique seraient exonérés de cette contribution patronale additionnelle. « Si le décret du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur inscrit des obligations légales d’adaptation dans le code du travail, il ne précise aucun seuil de température ni aucune mesure type, et les sanctions pour les entreprises ne respectant pas ces obligations sont très limitées et peu appliquées » justifie l’exposé des motifs. L’Institut national de recherche et de sécurité estime qu’au-delà de 30 °C pour une activité sédentaire et de 28 °C pour un travail physique, la chaleur présente un risque pour la santé des salariés, rapporte le député.
Pac post-2027: FNSEA et JA rappellent à Macron sa promesse sur le budget
Les Jeunes Agriculteurs (JA) et la FNSEA ont écrit au président Emmanuel Macron, à la veille d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement des 27, pour lui rappeler son engagement en faveur du budget de la future Pac. «La première architecture budgétaire est inquiétante, et la France subirait une baisse d’environ 13% de son budget Pac, un scénario totalement incohérent au regard des conditions climatiques, économiques et géopolitiques actuelles», s’alarme l’alliance syndicale majoritaire. Les deux organisations, dans une lettre envoyée le 13 octobre, «appellent le président de la République, Emmanuel Macron, à être fidèle à son engagement et à poser les bases d’un budget de la Pac solide et à la hauteur des enjeux, a minima maintenu, inflation comprise», expliquent-elles. Pour la future Pac, Bruxelles a proposé un minimum «sanctuarisé» d’environ 300 milliards d’euros d’aides au revenu agricole, contre 387 milliards sur 2021-2027. Face au mécontentement agricole, la Commission européenne avait annoncé en janvier un complément à près de 100 milliards, mais les agriculteurs redoutent aujourd’hui que cette enveloppe soit utilisée à d’autres fins.
Pac post-2027 : la Conf' demande une instance de dialogue sur la position française
Réagissant à la présentation par la présidence irlandaise, le 10 octobre, d'une nouvelle base de négociation chiffrée sur le prochain budget de l’UE pour 2028-2034, la Confédération paysanne demande au gouvernement français d'en dénoncer le contenu, et de mettre en place une instance de dialogue autour de la position française. « Des orientations générales ne suffisent pas : quels choix la France défend-elle sur le plafonnement, la dégressivité et la répartition des aides ? », s'interroge la Confédération paysanne. Lors de son allocution au Sommet de l'élevage, le 8 octobre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a présenté ses « cinq priorités » dans la négociation de la Pac : budget maintenu, orientation vers la « compétitivité », « renouvellement des générations », « adaptation au changement climatique » et «simplification ». Elle n'a toutefois pas dévoilé la position française sur les débats techniques actuellement en cours (agriculteur actif, plafonnement des aides...). De son côté, la Conf' rappelle qu'elle défend un soutien de base découplé (ex-DPB) « forfaitaire par agriculteur actif », un paiement redistributif « obligatoire et plus ambitieux », une aide « petit agriculteur obligatoire de 5 000 € », un « plafonnement de l’ensemble des aides Pac à 45 000 €», avec transparence Gaec, ainsi qu’une « dégressivité obligatoire réellement redistributive ». Le syndicat plaide par ailleurs pour une « baisse significative » du budget des paiements découplés (ex-DPB) et une « redistribution significative » en faveur des aides couplées et de la « transition agroécologique ».
Budget agricole 2027 : en Coméco, les députés continuent de proposer des hausses
Dans la soirée du 13 octobre, les députés de la commission des Affaires économiques ont continué d'augmenter les budgets d'aide aux agriculteurs dans le cadre de l'examen pour avis du volet agricole du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Pour 54 millions d'euros (M€), ils ont adopté un amendement du groupe LFI en faveur de l'agriculture bio. Il augmente l'éco-régime bio, pour le faire passer de 110 à 145 €/ha, comme demandé par la Fnab (agriculteurs bio). Le texte propose aussi 4,2 M€ supplémentaires pour l'accompagnement et la formation spécifiques aux agriculteurs en bio. Un autre amendement socialiste vise à renforcer – encore plus que prévu dans le projet de loi initial – les moyens de l'Inao, pour 5 M€. Un amendement du Rassemblement national (RN) prévoit d'augmenter de 20 M€ le programme 149 du budget du ministère de l'Agriculture, celui dédié à la Compétitivité et durabilité de l'agriculture. Un second amendement du RN augmente de 20 M€ les crédits alloués à la modernisation des exploitations agricoles, particulièrement pour la rénovation des bâtiments d’élevage. Enfin, les députés ont adopté, pour 1 M€, un amendement qui étend aux Cuma le dispositif de garantie des prêts de consolidation, prorogé pour 2027.
Solde commercial : en léger rebond sur les sept premiers mois, mais sous la moyenne
À l'occasion d'une conférence de presse le 13 octobre, le CNPA (centre de promotion des produits agricoles et alimentaires) a déploré un décrochage de l’excédent commercial agricole et alimentaire, malgré un « léger rebond » en 2026, et présenté ses « douze propositions » pour dynamiser l’export. Sur les sept premiers mois de l'année, le solde commercial est monté à 0,6 milliard d’euros ; c’est mieux que le déficit de 0,1 milliard en 2025 mais 75% sous la moyenne triennale (2023 à 2025), et encore plus bas que la barre des 6 milliards presque toujours dépassés depuis les années quatre-vingt-dix. Une « contre-performance » observée tant du côté agricole qu’agroalimentaire. Même si « ce déficit provient surtout des produits de la mer importés », selon son Observatoire des exportations, le CNPA pointe le manque de dynamisme des exportations de France, bien moindre que celui de l’Espagne, de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Allemagne. Parmi ses propositions les plus fondamentales, le CNPA veut que l’enjeu de l’export agricole s’inscrive dans toute démarche diplomatique et négociation internationale, et qu’il soit pesé dans toute décision législative et tout transfert de savoir-faire.
Sanitaire : vers une ouverture du Cnopsav à des «personnalités qualifiées»
Réagissant dans un communiqué à la conclusion des Assises du sanitaire, la Confédération paysanne a dénoncé le 14 octobre le « nouveau tournant autoritaire » de la ministre de l’Agriculture, notamment concernant la réforme du Cnopsav. La composition de cette instance souvent qualifiée de « Parlement du sanitaire » a été « élargie aux industries d’amont et d’aval », déplore le syndicat, qui craint que la voix des agriculteurs soit « diluée parmi celles des fabricants de pesticides, des semenciers, ou encore des interprofessions ». La Conf’ fait référence à des « personnalités qualifiées » (« notamment les interprofession ») que la ministre pourra inviter en Cnopsav plénier, « en fonction de l’ordre du jour », comme l’indique une note de synthèse consultée par Agra Presse. Selon ce document – qui ne mentionne pas explicitement de droit de vote pour ces « personnalités qualifiées » –, « le Cnopsav plénier réunirait 24 membres votants, correspondant à l’addition des sections santé animale et santé végétale, ainsi que 13 participants non votants » (administration). Deux sources concordantes indiquent à Agra Presse qu’aucune nouvelle organisation ne rentrera de manière permanente au Cnopsav. La réforme du Cnopsav doit passer par un texte modifiant le Code rural, à paraître « d’ici la fin 2026 », d’après la note de synthèse.
Porc : réflexions en vue sur la brucellose, craintes de la Conf', Inaporc l'invite à participer
La Confédération paysanne s’émeut, dans un communiqué du 14 octobre, après que la ministre de l'Agriculture a annoncé, lors du Cnopsav (conseil national de la politique sanitaire) le 13 octobre, l'élargissement à venir des missions du FMSE (fonds professionnel) aux missions de prévention, via des Programmes sanitaires d’intérêt collectif (PSIC), dont la gouvernance devrait être professionnelle mais reste à construire.. La Conf' craint qu'ils ne s'imposent « sans aucune reconnaissance de la diversité des systèmes ». Le syndicat souligne qu’à ce titre, l’interprofession porcine serait en train de préparer un PSIC en matière de brucellose « qui pourrait aller jusqu’à imposer l’abattage obligatoire des porcs suite à un cas positif », alors que les élevages plein air sont les principaux concernés et que cette maladie a été déclassée au niveau européen. Questionnée par Agra Presse sur ce projet, Anne Richard, directrice d’Inaporc, nuance : « On se prépare à réfléchir aux opportunités de mieux gérer certaines maladies [comme la brucellose] », puisque la ministre ouvre la possibilité de mettre en place ces PSIC. « Mais "no panic", rien n'est finalisé ni passé en conseil », réagit-elle, en invitant la Conf à participer aux travaux de l’interprofession, même sans en faire partie.
Porc/volaille : en Espagne, le leader de la salaison de porc s'invite dans la volaille
Le groupe espagnol Fuertes, roi de la salaison de porc en Espagne avec la marque El Pozo, annonce dans un communiqué du 9 octobre l’acquisition du groupe volailler Nutrave (près de 63 millions d’euros de chiffre d'affaires 2024), en Castille-La Manche. Il s'agit de sa deuxième acquisition dans le secteur, un mois après y être entré avec l’acquisition du groupe réunissant les entreprises familiales Tolvasa et Paasa (environ 59 millions d’euros de CA selon la presse économique) dans la même région. Son intention est que les industriels de la volaille demeurent sous capitaux espagnols, explique le groupe familial, alors que « trois des dix principaux opérateurs sont déjà dans des mains étrangères ». Il entend s’installer sur un « segment stratégique de consommation » et en maîtriser la chaîne d’approvisionnement . Concrètement, Fuertes entend conserver les fournisseurs et sites de transformation de Nutrave, un groupe intégré verticalement depuis l’accouvage jusqu’aux produits élaborés de volaille. Il précise que les trois familles fondatrices de Nutrave resteront au capital et accompagneront la famille Fuertes durant la transition.
Lait: les ventes de Savencia portées par le chocolat au 3e trimestre, tensions sur le lait
Le groupe Savencia Fromage & Dairy a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires sur les trois premiers trimestres, portée par ses activités chocolat alors les fromages ont intégré le contexte de baisse de prix du lait. Le chiffre d’affaires au 30 septembre était en hausse de 7,8%, à 5,42 milliards d’euros, avec une «accélération» au troisième trimestre «en lien avec la saisonnalité des activités chocolat» qui commencent à être vendus pour les fêtes, selon un communiqué. Cette hausse est aussi due à des acquisitions: l’intégration des activités Chocolat de Savencia Gourmet et l’acquisition de Quata au Brésil, le groupe recentrant sa stratégie sur les fromages et le chocolat. Mais l’activité des «métiers et zones historiques» (principalement les fromages vendus en Europe) progressent moins vite, voire reculent en données comparables, «confirmant les tendances de consommation encore fragiles constatées depuis le début de l’année, ainsi qu’un alignement des prix dans un contexte de baisse de prix du lait», selon le communiqué. En 2025, la collecte de lait a augmenté en France à 23,5 milliards de litres, tout comme le prix payé aux éleveurs. Mais, début 2026, les industriels ont fait face à une baisse des prix du beurre et une hausse de leurs charges à cause de la guerre au Moyen-Orient.
Assurance des prairies : malgré des « incohérences », le satellite est « fiable » (Airbus)
Interrogé le 9 octobre par Agra Presse au sujet de l’indice de production des prairies (IPP) fourni par Airbus, un porte-parole de l’avionneur français indique que « l’algorithme actuellement utilisé a montré sa fiabilité » depuis son lancement en 2019, même si des « incohérences ponctuelles » restent possibles. Les représentants des éleveurs contestent régulièrement l’évaluation des pertes, mesurée par satellite dans le cadre de l’assurance récolte, notamment en cette année « hors-normes ». « Comme n’importe quel processus de modélisation, l’IPP peut parfois produire des incohérences ponctuelles, liées à la combinaison de milliards de données », explique-t-on chez Airbus. « Cela ne remet pas en cause l’indice dans sa globalité. » Par ailleurs, les différences constatées entre l’indice satellitaire et les données de terrain ne sont pas forcément en défaveur des agriculteurs. Selon Airbus, « en Bretagne, la chambre d’agriculture estimait à fin août les pertes autour de 20 %. Mais l’IPP a mesuré que plus de la moitié des communes du Finistère présentaient des pertes supérieures à 30 % » (seuil de déclenchement de l’indemnisation de solidarité nationale). Le groupe toulousain dit recevoir « un nombre très limité de contestations, autour de quelques dizaines par an » ; un ordre de grandeur comparable à celui avancé par Annie Genevard au Space.
Céréales: feu vert à la reprise par Bunge et CM d'un terminal portuaire polonais
La Commission européenne a annoncé, le 13 octobre, avoir approuvé la prise de contrôle conjointe du terminal céréalier de la Baltique, situé dans le port de Gdynia, en Pologne par les entreprises Bunge et Copenhagen Merchants (CM). Bunge est un géant agroalimentaire suisse principalement actif dans la vente de tourteaux et d’huiles d’oléagineux ainsi que d’autres huiles végétales, tandis que le danois Copenhagen Merchants est spécialisé dans le courtage de matières premières agricoles, le transport en vrac sec, le développement de logiciels numériques en rapport avec le secteur agricole et l’exploitation de terminaux portuaires en Europe. Bruxelles précise que cette reprise a été validée dans le cadre de la procédure normale de contrôle des concentrations et que son enquête a conclu que l’opération notifiée en septembre ne soulèverait pas de problèmes de concurrence, compte tenu de son impact limité sur la concurrence dans les marchés où les entreprises concernées exercent leurs activités.
Céréales : des stocks prévisionnels de maïs au plus bas depuis 90/91 (FranceAgriMer)
Lors d’une conférence de presse tenue en visio le 14 octobre, FranceAgriMer (FAM) a annoncé, dans ses bilans mensuels, des stocks prévisionnels de fin de campagne commerciale 2026-2027 de maïs grains au plus bas depuis 1990-1991. Ils tomberaient à 1,13 Mt ce mois-ci, contre 1,46 Mt en septembre, et 1,97 Mt l’an dernier. L’organisme public justifie cette correction par la révision à la baisse de la prévision de collecte, passant de 6,9 Mt à 6,2 Mt (11,6 Mt l’an dernier). Les exportations s’effritent également d’un mois sur l’autre, passant de 2,49 Mt à 2,12 Mt (5,8 Mt l’an passé). Les stocks pourraient à nouveau être amputés dans les prochains mois, prévient Thibaut Champagnol, chef de l’unité Grains et sucre. « L’estimation de la récolte par le ministère de l’agriculture est jugée encore trop élevée par les opérateurs », déclare-t-il. Concernant les autres céréales, les stocks prévisionnels de fin de campagne en blé tendre sont diminués d’un mois sur l’autre, passant de 3 Mt environ à 2,7 Mt. La baisse de la collecte, passant de 29,12 Mt à 28,9 Mt, justifie en partie cette correction, tout comme l’augmentation des exportations vers les pays tiers, qui passent de 6,3 Mt à 6,5 Mt. En orge, les bilans évoluent peu, les stocks prévisionnels étant affichés à 1,5 Mt, contre 1,58 Mt le mois antérieur.
Blé tendre bio : une note totale de panification « historiquement haute », selon FranceAgriMer
Lors d’une conférence de presse tenue en visio le 14 octobre, FranceAgriMer (FAM) a présenté les résultats de son enquête Qualité sur le blé tendre bio français 2026, menée avec Arvalis. Il en ressort une note moyenne totale de panification « historiquement haute », a commenté Chatou Laouan Brem Boundi, chargée d’enquêtes qualité de FAM. Elle s’élève à 262/300, en hausse de neuf points par rapport à l’an dernier, et de six points par rapport à la moyenne quinquennale, sachant que 88 % de la collecte dispose d’une note dépassant les 250/300. L’enquête relève des taux de protéine dans la moyenne quinquennale, à 11,1 %. Toutefois, 37 % des lots analysés affichent des taux dépassant 11,5 % en 2026, contre seulement 26 % l’an dernier. Les poids spécifiques sont élevés, estimés en moyenne à 79,1 kg/hl. En termes de volumes, la collecte est, bien entendu, en baisse par rapport à l’an dernier, passant de 299 000 t à 270 000 t environ. Les importations sont attendues en hausse pour 2026-2027, à 35 000 t, contre 26 000 t l’an dernier. Malgré une bonne qualité, FAM prévoit une consommation de la nutrition animale en hausse de 23 % annuellement, à 93 000 t, en raison d’un report de la demande, suite à l’accident de production en maïs.
Boulangerie industrielle: l'Italien Morato rachète deux concurrents, en Italie et Allemagne
Dans un communiqué du 12 octobre, le groupe italien spécialisé dans la boulangerie industrielle Morato Group a annoncé le rachat de CEA Italia et de l’allemand Jaus Bakery. L’opération permettra de créer un «pôle européen de la boulangerie», et de porter le chiffre d’affaires consolidé du groupe au-delà de 500 M€. Le communiqué rappelle que depuis 2023, Morato Group est présent dans l’Hexagone, exploitant dans les Hauts-de-France à Gauchy une usine de production de buns et de pains pour hamburgers. L'entité réunira plus de 1 800 collaborateurs ainsi que 19 sites de production en Italie, en Espagne, en France et désormais en Allemagne. Le boulanger industriel pourra ainsi étendre son influence en Europe, et proposer des produits complémentaires aux siens. Morato Group revendique une production annuelle de 180 000 tonnes de pain de mie, de pain sans croûte, de pain pour bruschetta, de buns. Suite au rachat, il produira également des pains rustiques et de spécialité. L'entreprise précise avoir réalisé quinze acquisitions en huit ans, avec le soutien du cabinet de consulting Aliante Partners.
Petit gibier: le groupe Carré s’associe à une fédération de chasse pour tester des couverts
Le groupe Carré et la fédération départementale des chasseurs du Nord ont signé le 12 octobre une convention de partenariat pour « expérimenter des pratiques agricoles favorables à la biodiversité ». L’idée est de profiter de l’interculture pour implanter des couverts propices au petit gibier de la plaine. Les essais seront menés au sein de la ferme pilote du négociant, implantée sur 30 ha à Gouy-sous-Bellonne dans le Pas-de-Calais. Y seront testés différentes espèces, différentes modes d’implantation, au drone ou à l’épandeur d’engrais par exemple, avant ou après la moisson, avec plusieurs techniques de travail du sol. L’enjeu est d’expérimenter de nouvelles approches, d’identifier des solutions concrètes pour concilier performance agricole, technique et économique, et préservation de la faune. Avec l’ambition ensuite, de les déployer à plus grande échelle. (Anne Gilet)
Abricots : l’obtenteur Cot International relance Vanilla Cot avec une génétique renouvelée
La gamme d’abricots à chair blanche Vanilla Cot, créée et éditée par l’obtenteur français Cot International, va trouver un nouveau souffle à travers un projet de développement international structuré autour « d’une génétique renforcée et parfaitement adaptée aux exigences du marché », a annoncé la société au salon Fruit Attraction de Madrid début octobre. Son déploiement s’oriente autour d’un plafonnement à 500 hectares de plantations sur l'ensemble du bassin méditerranéen. Un programme exclusif qui s'appuie sur un réseau restreint d'acteurs engagés, leaders en France, en Italie et en Espagne. L’organisation repose désormais sur une démarche filière structurée, portée par les acteurs du programme sous licence concédée par Cot International. Elle s’engage à faire vivre la marque selon un cahier des charges « strict » assurant la protection de la valeur et la stabilité des investissements. « Les premières plantations démarrent et les premiers volumes sous la marque Vanilla Cot® seront disponibles dès la saison 2027, couvrant la fenêtre stratégique de récolte du 15 mai au 15 juillet », indique Pascal Bassols Pot, responsable technique et commercial chez Cot International. L’entreprise Cot International poursuit par ailleurs sa croissance par l’ouverture à l’international (présence dans 38 pays), et intègre de nouvelles compétences dans une équipe passée en quelques années de quatre à onze personnes. (Florence Rabut)
Nutri-score : bataille en vue au Parlement pour rendre son affichage obligatoire
Cosigné par des députés de groupes politiques assez divers (Parti socialiste, Écologistes, Renaissance, Modem, Horizons, Les Républicains, Liot...), un amendement visant à rendre le Nutri-score obligatoire a été déposé dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2027, dont la lecture a débuté en commission des affaires sociales. Dans un courrier publié le 12 octobre, le Collectif En Vérité et plusieurs acteurs du secteur agroalimentaire* demandent au Premier ministre Sébastien Lecornu de retenir ce texte. Ils estiment qu’une règle commune permettrait à la fois de renforcer la confiance des consommateurs, de soutenir la compétitivité des entreprises et de contribuer à l’amélioration de la santé en France. « Les données disponibles montrent que les produits affichant le Nutri-Score obtiennent de meilleures performances en rayon que ceux qui ne l’affichent pas, y compris lorsqu’ils sont classés D ou E », précisent-ils dans leur courrier. Pour appuyer leur demande, les signataires rappellent que l’Assurance maladie recommande elle-même de généraliser le Nutri-Score pour les aliments emballés. Dans des travaux menés avec l’OCDE, elle estime que cette mesure permettrait d’économiser 100 millions d’euros de dépenses de santé par an à l’échelle nationale sur la période 2026-2050. *Biocoop, Bonduelle, Lesieur, Panzani, B Lab France, le Mouvement Impact France, la Convention des Entreprises pour le Climat, le Synabio
Forêts : la déforestation ralentit dans le monde, mais pas dans le bassin du Congo
La déforestation mondiale a reculé de 15 % entre 2024 et 2025, mais cette amélioration s’annonce peu durable avec la dégradation de la situation en Afrique centrale et le phénomène météorologique El Niño, selon une étude publiée le 14 octobre par le collectif Forest Declaration Assessment, qui regroupe scientifiques, ONG et groupes de réflexion. Les progrès se concentrent essentiellement en Amérique latine, notamment au Brésil, où près de 985 000 hectares (ha) ont été déboisés dans le pays en 2025, soit 20,6 % de moins qu’en 2024, selon le réseau de surveillance MapBiomas. À l’inverse, la situation s’est dégradée l’an dernier dans le bassin du Congo, deuxième plus grand bassin forestier après l’Amazonie, où la déforestation a atteint 2,4 Mha, un niveau pour la première fois comparable à celui de l’Amérique latine. Par ailleurs, le monde dévie toujours de son engagement à éliminer la déforestation en 2030, pris par plus de 140 dirigeants à la conférence internationale sur le climat COP26 de Glasgow (Écosse). Pour tenir cet engagement, la déforestation devrait reculer d’environ 1 Mha par an, très loin de la tendance des dernières années. Les auteurs de l’étude restent donc prudents pour l’avenir, signalant que le phénomène météorologique El Niño en cours, d’une puissance exceptionnelle, pourrait intensifier les « risques de sécheresse et d’incendies » dans les forêts tropicales.
Caprins : Davy Hecht élu président de l’Anicap
L’Anicap, interprofession caprine, a annoncé le 14 octobre l’élection de Davy Hecht comme président. Il succède à Mickaël Lamy, représentant des coopératives laitières. Représentant le collège des industries laitières à travers la Fnil, Davy Hecht est responsable de la filière lait de chèvre au sein de Lactalis France. « Fort d'une solide expérience dans la filière laitière, il a exercé de nombreuses responsabilités au sein d'instances interprofessionnelles régionales laitières, notamment la présidence de l'Anicap Occitanie et de laboratoires interprofessionnels laitiers. Ce parcours lui a permis d'acquérir une connaissance approfondie des enjeux techniques, économiques et stratégiques auxquels la filière caprine est confrontée », indique l’Anicap. Le nouveau président sera accompagné de deux vice-présidents, Joël Mazars, au titre du collège des producteurs, et Mickaël Lamy, au titre du collège des coopératives laitières.