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Taxes américaines : malgré la trêve, Bruxelles prépare sa riposte

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Même si l’objectif reste de trouver une solution négociée, Bruxelles prépare une nouvelle série de sanctions, au cas où. Pour ce faire, elle a lancé une consultation publique sur une liste de produits qui inclut les vins et spiritueux américains, au grand dam du secteur européen des boissons alcoolisées.

La Commission européenne a lancé, le 8 mai, une consultation publique concernant une liste de produits américains qui pourraient faire l’objet de contremesures de l’UE. Celle-ci va durer 4 semaines (jusqu’au 10 juin) avec l’objectif de parvenir à une décision finale « fin juin ou début juillet ». Malgré la suspension pour 90 jours (jusqu’au 14 juillet) des droits de douane réciproques américains et des rétorsions européennes, Bruxelles souhaite donc se préparer au cas où la négociation en cours n’aboutit pas. « Dès le départ, nous avons agi avec clarté, de manière cohérente et selon un engagement fort en faveur de la désescalade. Mais nous n’accepterons pas une solution arrachée coûte que coûte », a ainsi déclaré le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic. En parallèle, l’exécutif européen va également entamer une procédure de règlement des différends à l’OMC en sollicitant des consultations avec les États-Unis.

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La liste de l’UE soumise à consultation concerne des importations américaines pour une valeur totale de 95 milliards d’euros (Md€) dont 6,4 Md€ pour l’agroalimentaire. La viande, les fruits et légumes ou les fruits à coque sont notamment affectés au même titre que les boissons alcoolisées (spiritueux, vins, bourbon), dont la présence dans la première liste de sanctions avait pourtant suscité la controverse. Mais cela ne signifie pas pour autant que ces produits seront inclus dans la liste finale. « L’idée (de la consultation, N.D.L.R.) est d’avoir le point de vue du secteur et de connaître les effets sur la production », indique un haut fonctionnaire de la Commission européenne.

Alcool mauvais

Une liste de produits qui, comme attendu, ne convient pas totalement à la filière européenne des boissons alcoolisées qui défend fermement le principe « zéro pour zéro », c’est-à-dire la mise en place de droits de douane nuls de chaque côté. « Il n’est pas nécessaire d’attendre cette date pour le dire clairement : l’inclusion des vins américains dans toute liste de représailles ne sert aucun objectif politique, économique ou stratégique », a immédiatement réagi Ignacio Sanchez Recarte, secrétaire général du Comité européen des entreprises vins (exportateurs) sur le réseau social professionnel LinkedIn. Et d’ajouter : « Laissons le vin en dehors du conflit commercial. Le vin favorise la collaboration transatlantique et non la confrontation ». De son côté, l’organisation européenne des spiritueux, spiritsEUROPE, exhorte les négociateurs transatlantiques « à intensifier leurs efforts pour garantir un retour au libre-échange transatlantique des spiritueux, de toute urgence, et au plus tard début juillet ».