Chèques alimentaires : premières preuves de concept

Les chèques alimentaires peuvent-ils réussir le triple défi de réduire la sous-alimentation chez les plus pauvres, rééquilibrer leurs régimes et favoriser une agriculture plus durable ? Initiées en 2023 par le gouvernement, faute d’avoir lui-même lancé un dispositif national, les expérimentations locales ont livré leurs premiers résultats. Et le bilan est plutôt positif : les ménages modestes se saisissent largement des bonus alloués à l’achat de fruits et légumes, ou de produits bio – c’est plus compliqué pour les légumineuses. Ces expérimentations soulignent le besoin d’éducation alimentaire des plus pauvres. À défaut de soutien de l’État, d’autres organisations collectives veulent les déployer : MSA, Caf et mutuelles.
Lentement, mais sûrement, les chèques alimentaires se font une place dans les politiques agricoles et alimentaires. Ils étaient partis sur les chapeaux de roues, en 2019, promus à la fois par la Convention citoyenne pour le climat, mais aussi par la FNSEA. Le concept est aussi défendu, sous une forme plus ambitieuse, par la Confédération paysanne, sous le nom de Sécurité sociale de l’alimentation, avec le souhait de l’étendre à tous les Français et non seulement aux plus précaires.