Antoine Herth, député (Agir ensemble) du Bas-Rhin

Etiquetage environnemental : « L’ACV est défavorable aux ruminants »

16.04.2021 - 17:26
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Propos recueillis par Yannick Groult
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En plein débat sur l’étiquetage environnemental, le député et agriculteur Antoine Herth vient de publier une note sur les impacts des viandes rouges, et plaide pour une vision qui dépasse les aspects climatiques.

Pourquoi un nouveau rapport sur la viande rouge ? Sous quel angle avez-vous abordé ce sujet ?

Le sujet de la viande rouge revient fortement dans l’actualité, en particulier avec l’examen du projet de loi Climat. Ce texte met en place un étiquetage environnemental qui peut poser des difficultés pour certains élevages. Sans oublier le sujet des menus végétariens dans les cantines, qui suscite un débat. L’Opecst a donc souhaité avoir un éclairage sur les données scientifiques disponibles sur l’impact des viandes rouges en termes de santé et d’environnement.

Quel est votre constat sur l’impact environnemental de la viande, en particulier sur le climat ?

Le débat du moment se focalise sur la méthode d’analyse de cycle de vie (ACV), promue par la FAO et qui serait la base de l’étiquetage environnemental. Cette méthode pourrait s’avérer négative pour certaines formes d’élevage. Les productions à cycle court comme les volailles s’en sortent relativement bien. Par contre, l’ACV est plus défavorable aux ruminants, à cycle long et qui utilisent des surfaces plus importantes. En moyenne pour les bovins, il faut 25 kg d’équivalent CO2 pour produire 100 g de protéines. Mais ce chiffre cache une dispersion très forte, il peut aller de 9 à 105 kg d’équivalent CO2. Cet écart énorme montre qu’il y a matière à optimiser l’efficacité de l’élevage.

À travers un amendement que vous avez déposé au projet de loi Climat (1), vous appelez à considérer l’ensemble des impacts environnementaux de la viande, et pas uniquement les émissions de GES…

Aujourd’hui, les agronomes proposent une autre clé de lecture, plus large, dans l’analyse de l’impact environnemental. Elle se base sur cinq paramètres : les émissions de GES combinées au stockage de carbone ; la qualité de l’eau et de l’air ; l’emploi de ressources naturelles ; l’usage des terres ; et la biodiversité. Avec ces cinq critères, on obtient une vision beaucoup plus objective et équilibrée de l’impact environnemental..

L’idée de cet amendement était de poser le débat. Objectivement, la rédaction actuelle du texte n’interdit pas de prendre en compte l’ensemble des impacts environnementaux, mais il ne mentionne pas explicitement l’élevage. Ce que je retiens des remarques des sénateurs lors de la présentation de la note de l’Opecst, c’est qu’ils sont encore plus sensibles que les députés aux questions d’élevage. J’imagine que la copie va être améliorée sur ce chapitre.

« Les agronomes proposent une clé de lecture plus large de l’impact environnemental »