Vieillissantes, les usines de fabrication d’aliment auraient besoin d’investir en efficacité et en capacité pour accompagner les objectifs de souveraineté des filières en 2030.
Afin de remettre à neuf les 289 usines d’aliments composés et de tenir les objectifs d'approvisionnement national des filières animales, 950 millions d’euros d’investissements seront nécessaires d’ici à 2030, a annoncé le Snia en conférence de presse le 23 septembre. « C’est 300 fois 3 millions d’euros », a schématisé Dominique Breton, qui préside le syndicat des fabricants depuis le 1er septembre. Ce montant a été déterminé par une enquête auprès des adhérents du Snia et de la branche nutrition animale de La Coopération Agricole. Il est censé répondre aux enjeux d'autonomie des filières. Selon les estimations du Snia, la production française d’aliments composés pourrait atteindre 20,86 millions de tonnes à l’horizon 2030, contre 19,6 Mt en 2025. Elle reviendrait ainsi à un niveau comparable à 2020 avant l’affaissement des cheptels et l’influenza aviaire. Si cette croissance se confirme, les besoins supplémentaires dépassent 1,7 Mt, dont près de 895 000 tonnes pour rattraper le tonnage des filières avicoles de 2019.
Accroître les capacités de production et de pilotage
Les 178 fabricants, dont 70 sont des adhérents du Snia, ne doivent pas seulement renforcer leurs capacités de fabrication. Ils doivent augmenter leurs capacités de stockage, de réception de matières premières et de distribution. Car ils veulent pouvoir assurer une offre segmentée, au plus près des besoins des éleveurs. Au-delà des capacités, il leur faut des systèmes de pilotage renforcés des usines et des procédés de contrôle fins. Le Snia rappelle que l’adaptation au changement climatique a débuté avant les canicules de 2026, les sites ayant « massivement adopté des plans de sobriété hydrique » cette année, selon le dossier de presse distribué. Pour autant, le Snia demande que l’accès à l’eau des fabricants soit préservé, soulignant qu’entre 80 % et 85 % de l’eau qu’ils utilisent, notamment sous forme de vapeur, sont à but sanitaire et nutritionnel.
Enfin, Ludovic Michel, vice-président du syndicat, a souligné que les appels à projet de l’État étaient souvent « compliqués » pour les PME du secteur qui maillent le territoire. Aussi a-t-il argumenté en faveur du mécanisme fiscal de suramortissement, également réclamé par la Meunerie française. « Le suramortissement vient gommer le manque de compétitivité français », a-t-il souligné, en invoquant la cherté des constructions. Sans un tel dispositif dans la Loi de finances 2027, qui coûterait entre 10 et 20 millions d’euros aux finances publiques selon le Snia, près d’un tiers des investissements nécessaires ne pourraient être financés.
SC