Au congrès de Culture Viande, l’inquiétude envers la décapitalisation des cheptels bovin, porcin et ovin était au centre des débats. Les abatteurs en souffrent et redoutent un prix d’achat réglementé.
Les industriels et grossistes en viandes de boucherie étaient moins inquiets, au congrès de Culture Viande le 29 septembre, de la déconsommation en viande bovine que de la décapitalisation en élevage. Ils ont mis en avant que la consommation globale de viande avait progressé de 1,3 % en 2025, en admettant que le porc et volaille étaient les espèces gagnantes, avec respectivement 2,7 % et 3,3 %. Quant aux consommations de viandes bovine et ovine, c’est la chute, avec respectivement 2,7 % et 5,9 %.
Face à cette demande qui, selon eux, demeure, les cheptels bovin (dont veaux), ovin et porcin ont reculé respectivement depuis 2020 de 8,9 %, 4,3 % et 13,1 % (en tonnes équivalent carcasse d’après Eurostat, France AgriMer et Agreste). Le président de la fédération Yves Fantou s’est inquiété de la poursuite en 2026 de la décapitalisation en bovins, notamment dans la filière laitière. « On ne peut accepter la décroissance, d’autant que la viande non produite est importée », a-t-il lancé.
Les entreprises, elles, sont « prises en étau », avait-il montré à la presse la veille du congrès, entre 22 % de hausse des prix d’achat de gros bovins et seulement 14 % de hausse des ventes. Le manque d’abattage pèse sur les charges, en forte hausse s’agissant du gaz, de l’eau, des emballages et du gazole. Pour enrayer cette déperdition, le syndicat prône le développement des naissances et le renforcement de l’engraissement, avec l’aide des contrats.
Tunnel de prix
La ministre de l’Agriculture, qui intervenait en ouverture du congrès, a déclaré qu’elle visait le maintien du cheptel de vaches allaitantes 3,4 millions de têtes, le développement de l’engraissement et la production annuelle d’un million d’agneaux. Des objectifs pour lesquels son ministère « mettrait tout en œuvre », sa conviction étant que cela passerait par des gains de compétitivité.
La ministre était attendue sur la question du tunnel de prix en viande bovine. Les abatteurs s’inquiètent quant à la « borne basse » de ce dispositif venant d’être étendu par la loi d’urgence agricole. Le motif en est qu’un tel plancher fixé sur la base d’un indicateur de coûts de production pourrait éloigner de la réalité du marché les contrats de production (concernant essentiellement l’engraissement). La ministre a abordé le sujet en soulignant que « la question des coûts ne [pouvait] laisser indifférent » et que ceux-ci devaient être évalués en élevage par la profession ou les instituts. Quant au tunnel de prix, il interviendra « dans l’hypothèse où les gens ne se mettent pas d’accord ».
SC