Lors d’une conférence de presse à Paris le 23 septembre, Antoine Hacard, président de La Coopération agricole (LCA) métiers du grain, a annoncé que les pertes de marge de collecte des coopératives céréalières en 2026 s’élevaient à 237,5 M€. La raison est évidente : les récoltes ont chuté, spécialement en maïs, en tournesol ou en encore en orge de printemps, compte tenu de la sécheresse. La méthode de calcul consiste à multiplier la baisse de la production de céréales et d’oléoprotéagineux, estimée à 9,5 Mt par rapport à 2025, par la marge moyenne des collecteurs, évaluée à 25 €/t. Si l’on remonte jusqu’à 2024, année durant laquelle les pertes s’élevaient à 300 M€, « ce sont 540 M€ de perdu », renchérit le président. Autre source de pertes de marge : la hausse des taux d’intérêt ces dernières années. Entre 2019 et 2024, LCA métiers du grain estime que les frais financiers ont été multipliés par 4 environ. Cette situation ne s’est guère améliorée depuis. Antoine Hacard alerte donc sur la capacité toujours plus faible des coopératives à amortir les crises agricoles. Il s’attend également à une hausse des surfaces mises en jachère pour la récolte 2027, constatant que les coûts de production augmentent pendant que les prix des grains, après avoir connu une certaine hausse, sont en train de stagner, restant légèrement en dessous des charges.
LCA métiers du grain a réitéré ses deux demandes principales, à savoir une hausse du taux de garantie de l’aval de 70 % à 80 % (caution de l’État sur les stocks auprès des banques). « Je ne comprendrais pas qu’une telle mesure qui ne coûte rien aux finances publiques ne puisse être acceptée, sachant qu’elle permettrait aux coopératives de bénéficier de nouvelles lignes de crédit, à des taux compétitifs », prévient Antoine Hacard. Autre urgence : sécuriser les prix et la disponibilité des engrais.
« Ce sont 540 M€ de perdu » depuis 2024, alerte Antoine Hacard, président de LCA métiers du grain
KC