La situation est loin de se détendre en mer Noire, artère cruciale du commerce mondial des céréales, par laquelle la Russie et l’Ukraine notamment exportent traditionnellement leurs marchandises. Leurs expéditions sont fortement ralenties par les attaques de navires ces derniers temps. Et cette semaine n’est pas de nature à changer la donne : deux bâtiments chargés en grains ont été touchés les 5 et 6 octobre. Le premier est un cargo turc et chargé de maïs, qui a coulé en mer Noire au large de la Roumanie le 5 octobre. Les autorités roumaines évoquent la mort de deux membres d’équipage. Le lendemain, un autre bateau, contenant du blé, est à son tour attaqué, au large de la Bulgarie. Le bâtiment a été incendié, mais les 18 membres d’équipage ont pu être secourus.
La Russie et l’Ukraine tentent d’emprunter d’autres voies commerciales, mais qui sont loin d’être évidentes. Par exemple, l’Ukraine essaie de se tourner vers le fluvial, via le Danube, puis le Rhin. Mais le bas niveau de leurs eaux limite fortement cette option. Les cours du maïs et du blé tendre ont progressé sur Euronext, passant respectivement sur l’échéance mars de 243,5 €/t à 249,25 €/t et de 263,75 €/t à 272,75 €/t entre le 2 et le 6 octobre. Toutefois, la progression des valeurs reste relativement modérée. Rappelons qu’au début de la guerre en février 2022, les prix des grains avaient largement dépassé les niveaux actuels.
Les professionnels du secteur rappellent que la récolte mondiale reste assez abondante, en dépit d'une baisse entre 2025 et 2026. De plus, la Russie et l’Ukraine ne pouvant exporter normalement pour le moment, d’importants stocks se constituent, qui se déverseront massivement sur les marchés en cas d’apaisement de la situation. Mais certains préviennent que si la situation venait à s’éterniser, le scénario d’une flambée des prix n’est pas à exclure.
Un bateau de maïs coulé le 5 octobre, un de blé touché le lendemain.
KC