En grevant la production de salade, les canicules ont probablement boosté la demande en endives. Mais elles pourraient grever les rendements de la prochaine campagne.
La production française d’endives (chicons) 2026-2027 pourrait être grevée par les canicules, estime Pierre Varlet, directeur de l’Apef (producteurs), contacté par Agra Presse. « Les effets des canicules vont se faire sentir. Il faudra s’attendre à une baisse des rendements, c’est déjà le cas pour les variétés hyper précoces. Les producteurs pourraient rencontrer des problèmes de maturité : des endives plus petites, plus légères et surtout n’ayant le potentiel de conservation sur douze mois ».
Pour la campagne 2025-2026, la production a atteint 134 300 t, soit + 4 % par rapport à 2024‑2025, selon le RNM. « Nous avons eu une belle production », se félicite Pierre Varlet. Surtout, la gestion de la campagne semble avoir été meilleure : « Les frigos se sont vidés à la vitesse demandée par le marché. Les producteurs ont compris qu’il n’était pas possible de vivre toute une saison de commercialisation à 1,20 € le kilo. » La campagne a aussi été marquée par une relative stabilité des cours grâce à cette offre maîtrisée : « Les prix ont connu un creux entre février et avril, au moment où les autres origines, Belgique et Pays-Bas, sont entrées sur le marché, avant de se redresser. Cette année, les endives du Benelux ont été très présentes avec de forts volumes qui ont aussi pesé sur notre capacité d’exportation », précise le directeur de l’Apef. Du côté de la demande : « Cet été, nous avons vu une dynamique de ventes intéressantes, probablement à cause du déficit en salades à cause de la sécheresse », note Pierre Varlet.
Des ventes essentiellement en GMS
C’est dans ce contexte que le CTIFL a mis à jour son étude sur la consommation et la perception des endives en France - la dernière remontait à douze ans. Elle souligne que l’endive est désormais disponible tout au long de l’année dans l’ensemble des circuits de distribution. Mais entre 2021 et 2025, les volumes achetés ont diminué en moyenne de 2,4 % par an, selon des données du panel Worldpanel by Numerator. Dans le même temps, le prix payé a progressé de 5,3 %, ce qui a entraîné une hausse globale des dépenses de 1,2 % sur la période.
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Les achats d’endives se distinguent des autres légumes frais par une concentration plus importante dans les circuits généralistes : 84 % des volumes achetés, contre 75 % pour l’ensemble des légumes frais. Les producteurs cherchent à retrouver davantage de consommateurs à travers de nombreuses campagnes de communication multicanaux : « Cette année, nous allons développer une campagne d’affichage dans une trentaine de gares pendant la période des vacances scolaires », explique Pierre Varlet.
PG