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Lait : première passe d'arme avant les négociations

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Alors que les négociations commerciales doivent commencer à partir du 1er décembre, la FCD (distributeurs) et la Fnil (laiteries) s’affrontent déjà publiquement sur le prix, la rémunération des éleveurs et l’origine du lait en grandes surfaces. 

C’est la FCD (grande distribution) qui a ouvert les hostilités dès le 1er octobre en énonçant ses exigences vis-à-vis des industriels laitiers avant les négociations commerciales qui commencent le 1er décembre. Se présentant comme les défenseurs des intérêts des éleveurs, et des dispositions de la loi Egalim, « la FCD demande que la contractualisation entre producteurs et industriels intervienne avant toute négociation avec la distribution. » La grande distribution « exige que les évolutions de la matière première agricole (MPA) soient respectées et reversées aux producteurs ». Elle demande aussi que les industriels maintiennent « les volumes de lait français, comme les distributeurs s’y engagent pour leurs MDD » et renforcent l’affichage sur l’origine des laits et des ingrédients laitiers utilisés.

Les exigences des distributeurs ont provoqué une vive réaction des industriels. Dénonçant une « charge de la FCD pour faire diversion à la veille des négociations commerciales », François-Xavier Huard, p.-d.g. de la Fnil, a rappelé que la contractualisation dans la filière laitière ne souffre « d’aucun dysfonctionnement majeur ». « On arrive pour négocier toujours avec un contrat, le problème n’étant pas de négocier avant, mais tout au long de la négociation commerciale », souligne-t-il.

Stop aux importations de produits 1er prix

Sur l’exigence de respect de l’évolution de la matière première agricole (MPA) et de son reversement aux producteurs, réclamée par le FCD, il demande que cette MPA soit respectée dans le box de négociations par les distributeurs. « On demande que le prix du lait ne soit jamais remis en cause par les distributeurs », déclare François-Xavier Huard. « L’Observatoire des négociations commerciales 2026, placé sous l’égide du médiateur des relations commerciales agricoles, démontre pourtant que les cas de remise en cause de ce principe dans les boxes de négociation se multiplient », précise la Fnil dans un communiqué.

Et sur la demande de valorisation de l’origine France du lait utilisé par les industriels, il rappelle que « 99 % des produits laitiers fabriqués en France le sont à partir de lait français ». « Les distributeurs ont régulièrement recours à l’importation de produits laitiers fabriqués avec du lait d’origine Union européenne pour les gammes premiers prix et certaines marques de distributeurs. Ces importations représentent en 2023 l’équivalent de 1,3 milliard de litres de lait et progressent rapidement au cours des dernières années », précise le Fnil.

CB

« On demande que le prix du lait ne soit jamais remis en cause par les distributeurs »