Pour lutter contre l’affaissement des sols, les Pays-Bas sont en train d’expérimenter la culture de riz. Les chercheurs à l’origine du projet espèrent que la riziculture pourra contribuer à résoudre l’affaissement des sols tourbeux qui s’assèchent, abaissant encore davantage certaines zones des Pays-Bas. « C’est extraordinaire », s’exclame Philippe Terheggen, président de l’association Land van Ons, qui a mis les champs à disposition pour cette culture. Il s’agit pour l’instant d’un essai sur 0,6 hectare. Les acteurs du projet espèrent produire environ trois tonnes de riz à grains courts. Une première récolte expérimentale a déjà été effectuée l’an dernier. L’équipe travaille avec une trentaine de variétés différentes, provenant notamment de Russie, de Chine, du Japon et d’Ouzbékistan, pour déterminer lesquelles s’adaptent le mieux au climat néerlandais.
Environ un dixième du territoire néerlandais est constitué de tourbières, que les agriculteurs drainent pour y faire pousser de l’herbe destinée à nourrir leur bétail. En séchant, la tourbe libère des millions de tonnes de dioxyde de carbone tout en provoquant un affaissement des sols, jusqu’à plusieurs centimètres par an dans les zones les plus touchées. Selon l’université de Wageningen, les émissions de gaz à effet de serre provenant des sols tourbeux néerlandais représentent environ 2 à 3 % des émissions totales du pays. La seule façon de briser ce cercle vicieux est de maintenir ces zones humides, mais les agriculteurs n’auraient alors plus rien à y cultiver. Du moins jusqu’à présent. « La culture du riz offre à cette région du monde une opportunité de s’adapter au changement climatique, en permettant de cultiver des espèces qui n’étaient pas envisageables auparavant », explique Julian Helfenstein, 36 ans.
Production attendue de 3 tonnes de riz à grains courts
AFP