Cette jeune société collecte des sarments et des ceps de vignes en matériaux de décoration haut de gamme. A plus long terme, le but est de créer de nouveaux débouchés pour les 2 millions de tonnes de bois issus chaque année des vignobles français.
Et si un déchet pouvait aussi participer à la fabrication d’un matériau haut de gamme. Telle est la démarche de Florian Marc qui, après 18 mois de recherche et développement, est parvenu à mettre au point une variante de terrazzo, ce matériau à l’esthétique proche du marbre, avec des incrustations de sarments et de ceps de vignes, à la place des minéraux habituellement utilisés.
« Dans ma famille, la vigne a toujours été considérée comme une matière noble. Je ne pouvais pas me résoudre à voir disparaître cette ressource sans chercher à lui donner une nouvelle valeur. Mon ambition est d’en faire une véritable matière d’architecture, porteuse de l’histoire d’un domaine et de son terroir », souligne Florian Marc, le créateur de la société Les princes sarments, dont l’atelier de R&D est à Pertuis (Vaucluse).
Pour réaliser chaque commande, les bois sont d’abord collectés dans des domaines à forte notoriété, puis sont identifié et enregistré (cépage, année de plantation, historique). Une fois broyés sur la parcelle, les morceaux sont calibrés et triés en différentes tailles, puis mélangés à un liant minéral naturel. Après séchage à l’air libre, les plaques sont ensuite polies puis découpées. Cette traçabilité permet d’intégrer à chaque plaque une puce RFID où les données sont stockées : provenance de la vigne, domaine viticole d’origine, bilan carbone, et même l’emplacement précis de la parcelle.
Lancement commercial
La société a été sélectionnée aux côtés de neuf autres entreprises pour intégrer la première promotion de l’incubateur Fasme, un programme national d’accompagnement consacré aux matériaux innovants porté par l'équipe Innovathèque de l'Institut technologique FCBA (forêt, cellulose, bois-construction et ameublement).
La commercialisation vient de commencer à l’été 2026, avec des débouchés auprès de particuliers, d’architectes et d’entreprises souhaitant mettre en valeur de façon origine le terroir viticole. Architecture intérieure, ameublement de luxe, l’hôtellerie haut de gamme, caves et domaines viticoles, yachting et nautisme de luxe font partie des débouchés identifiés pour ce matériau innovant. Les premières commandes sont réalisées dans le Var, en collaboration avec maître terrazzo Stéphane Gullo.
« A plus long terme, je souhaite mettre au point une filière de valorisation des sarments et ceps de vignes, dont le gisement représente 2 millions de tonnes par an en France, pour fabriquer des produits qui consomment davantage de bois que le terrazzo, comme par exemple des panneaux isolants phoniques ou thermiques », prévoit Florian Marc.