Entre inflation et concurrence accrue, l'amidonierie française a encore perdu du terrain en 2025. Elle réclame davantage de moyens, notamment la possibilité de réutiliser les eaux usées traitées.
Lors d’une conférence de presse précédant son assemblée générale annuelle à Paris le 1er octobre, l’Usipa (amidonniers) prévoit un nouveau recul du chiffre d’affaires de l’amidonnerie française en 2025, de 6,5 %, à 2,9 Md€. La flambée des coûts de l’énergie plombe la compétitivité des usines françaises et européennes, qui perdent des parts de marché sur le marché intérieur mais aussi à l’export. Pour illustrer son propos, le syndicat rapporte que le coût du mégawattheure s’élève actuellement à environ 70 € dans l’UE, contre 20 € en Chine et 15 € aux États-Unis.
Ajoutons à cela l’atonie de consommation alimentaire, qui reste le débouché principal de l’amidon, affectée par l’inflation. En conséquence, la consommation de blé tendre, de maïs et de pomme de terre de l’industrie s’effrite de 2,4 % par rapport à 2024, pour tomber à 5 Mt. L’année 2026 ne s’annonce guère meilleure, avec des récoltes en grandes cultures en nette baisse. Celle de maïs s’annonce particulièrement catastrophique, laissant supposer le recours accru à l’import, prévient le syndicat.
De gros efforts dans la décarbonation
Si l’amidonnerie hexagonale reste majoritairement exportatrice (71 % de son chiffre d’affaires), les importations ont progressé de 55 % entre 2020 et 2025, alerte l’Usipa. Cette dernière pointe ainsi une perte de compétitivité structurelle de la filière nationale et continentale. Elle dénonce les exigences européennes en matière de décarbonation, qui s’avèrent bien supérieures aux concurrents internationaux, engendrant des surcoûts. Raison pour laquelle elle se montre inquiète pour l’avenir.
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L’amidonnerie française a pourtant fait les investissements nécessaires pour abaisser ses émissions de CO2 de 37 % entre 2015 et 2025. Mais les derniers efforts pour atteindre la décarbonation complète seront les plus onéreux, alors que l’UE a accéléré les objectifs, à un rythme bien plus élevé que les concurrents internationaux, déplore l’organisation. Les traités de libres-échanges signés ces dernières années (Mercosur, Australie etc.) ont ajouté des contraintes à la filière, et laissé un goût amer. « La filière amidonnerie a toujours été la variable d’ajustement lors des négociations. Il faut que cela cesse », prévient sa présidente Kristell Guizouarn, alors que des négociations seraient en cours entre la Commission européenne et le plus gros producteur mondial de fécule de manioc : la Thaïlande. L’Usipa réclame ainsi plus de moyens pour accélérer sa décarbonation tout en maintenant sa compétitivité. Cela passe par l’éligibilité à certaines aides européennes, l’adaptation du rythme de la réduction des volumes de quotas carbone gratuits, ou encore la possibilité de recycler les eaux usées traitées en France.
Hausse des imports d’amidon de 55 % en France entre 2020 et 2025
KC