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L’IA vocale Tellia en test dans les exploitations d’élevage

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Coline Labadie, CEO et cofondatrice de Tellia et Marceau Labadie, responsable de la relation client. Crédits : © Anne Gilet

Une levée de fonds de 4,3 M€ réalisée par Tellia début septembre tend à accélérer le déploiement de cet assistant vocal, notamment en France, en élevage. La start-up a déjà déployé son outil dans la filière viticole en France et à l’international. 

Début septembre, la start-up française Tellia a levé 4,3 millions d’euros, lors d’un tour mené par Revent avec la participation de Grey Silo Ventures, Jeriko et Fund F. Et ce, à peine deux ans après son lancement. Déjà déployé sur 600 000 ha dans six pays, notamment aux Etats-Unis sur les grandes cultures et la vigne, cet assistant vocal séduit aussi en France : l’Institut Français de la Vigne et du Vin, la coopérative Val de Gascogne et le semencier KWS y ont déjà recours. 

« Nous souhaitons désormais tester notre outil dans les exploitations d’élevage, confie Coline Labadie, CEO et cofondatrice de Tellia, rencontrée par Agra Innovation à l’occasion du Space de Renne, en septembre. Tellia, c’est un peu comme si vous aviez une secrétaire en permanence à vos côtés. Vous l’appelez, lui envoyez une note vocale, un message WhatsApp, une photo ou un texte, avec vos propres mots et Tellia capture ces données, les structure et les rattache automatiquement à la bonne parcelle, à la bonne culture, au bon troupeau ou au bon animal. Aucun formulaire à remplir, aucune application à ouvrir. » 

Autre atout : ces données, bien ordonnées, sont également interrogeables. Tellia, quelles vaches sont pleines ? Quelle est celle qui montre un signe de boiterie ? Tellia vous répond instantanément. Idem pour les cultures et la vigne. Quelle parcelle n’a pas encore reçu le traitement fongicide prévu cette semaine ? Tellia, envoie-moi le rapport de maturité de la vigne de la parcelle du « petit coteau » : Tellia s’exécute. 

En test dans trois fermes

« Cette levée va permettre d’accélérer sur plusieurs axes, poursuit-elle : aller plus loin dans les capacités de l’IA vocale, exploiter d’autres logiciels qui font le lien entre le terrain et le reste de l’écosystème AgTech, et renforcer les équipes aux États-Unis et en Europe. » Tellia, c’est aujourd’hui 14 personnes. « Mais les axes de développement sont encore grands, concède-t-elle. Car cet IA vocal s’adresse non seulement aux agriculteurs, mais aussi à leurs partenaires : conseillers, équipes terrain, vétérinaires, inséminateurs… 

Avec l’Idele, nous travaillons ensemble depuis le printemps pour constituer une première architecture du modèle, spécifiquement adapté au monde de l’élevage, en conditions réelles. Car éditer une note vocale avec des bruits d’animaux, de cornadis par exemple ou dans l’urgence, demande quelques adaptations. » 
Tella va être déployé dans trois fermes : ovins viande, ovins et bovins d’engraissement.  Si le coût de son exploitation doit également être calculé pour les exploitations d’élevage, en vigne et arboriculture, le coût est estimé, pour l’agriculteur, à environ 125 € par mois pour 400 ha. « Les gains sont de plusieurs types, explique Coline Labadie : près de 4 heures économisées par semaine et par utilisateur ; 63 €/ha de gain d’efficacité ; 100 000 € de valeur ajoutée par an sur les exploitations de taille moyenne, sans oublier des problèmes de terrain résolus plus rapidement. »