D’après un article du Monde du 28 septembre (article payant), les Philippines ont interdit l’exportation d’ube, tubercule aux multiples usages alimentaires, sous forme fraîche. Le gouvernement cherche ainsi à éviter que des acteurs étrangers ne s’approprient l’igname violette pour en faire commerce, alors que la demande internationale est en pleine expansion. Cafés, pâtisseries, glaces, pâtes à tartiner ou maquillage : l’ube est devenu tendance ces dernières années. L’ingrédient est habituellement vendu sous forme de poudre, d’extrait, de pâte ou de purée congelée. Au Japon, par exemple, la demande « s’est vraiment répandue comme une traînée de poudre » depuis que la mode a pris en Corée du Sud voisine, raconte l’importateur JP Mercado à l’AFP.
Apprécié pour son côté légèrement sucré et ses notes de noisette et de vanille, le tubercule est devenu un aliment associé à la fête, par exemple mélangé à du riz gluant et du lait de coco. La demande a explosé aux Philippines lors de la pandémie de Covid, quand est né un engouement pour un pain à l’ube, pour ensuite s’étendre à l’international. À tel point que l’offre philippine peine à suivre. Les agriculteurs locaux, en grande majorité de petits exploitants, connaissent de plus des rendements à la baisse, en raison d’un manque de matériel végétal de qualité, d’accès aux financements et aux marchés. Ils préfèrent par ailleurs souvent des cultures disposant de cycles végétatifs plus rapides (haricot, courge, melon amer, etc.), l’ube requérant neuf mois de croissance. Sans oublier que les aléas climatiques peuvent durement frapper les récoltes. L’an dernier, la production nationale ne s’était élevée qu’à 12 483 t, un plus bas depuis cinq ans, selon le Bureau national de l’industrie végétale. Les typhons, qui ont balayé des régions propices à la culture de l’ube, sont mis en cause.
Une production philippine d’ube au plus bas depuis 5 ans
KC avec AFP