La production mondiale de lait devrait reculer au 4e trimestre 2026, prévoit Rabobank dans une étude publiée en ligne. « La croissance de la production des sept principaux bassins laitiers mondiaux devrait ralentir au second semestre 2026, avec un recul de la production au quatrième trimestre, avant de rester globalement stable au premier semestre 2027 », écrivent les auteurs. Ce ralentissement interviendrait après plusieurs années de hausse régulière de la production mondiale.
Parmi les explications, le facteur climatique est mis en avant pour certaines régions du monde. « La croissance aux États-Unis et en Australie devrait se poursuivre à un rythme plus modéré, tandis qu’El Niño constitue un risque baissier pour la production néo-zélandaise et que la dynamique de production en Amérique du Sud continue de s’essouffler. » El Niño qui démarre dans l’Océan Pacifique pourrait entraîner des « épisodes climatiques extrêmes, notamment en Australie mais aussi en Nouvelle-Zélande », prévient l’Idele, dans sa dernière Tendance Lait du 21 septembre.
Conséquences d'un été caniculaire
A l’échelle de l’UE, l’Idele note que « d’autres effets de ces épisodes de chaleurs extrêmes et du manque d’eau restent à venir et pourraient peser sur la collecte à court et moyen terme. » Avec le manque de fourrage, sa piètre qualité, et ses effets sur la reproduction, tout comme la hausse des prix des intrants, « la production de lait de l’UE pourrait être sous pression dans les prochains mois. »
En France, l’impact des fortes chaleurs sur les bêtes et de la sécheresse sur les pâturages est contrebalancé par les vêlages décalés à cause de la FCO de 2025, ce qui a soutenu la production en volume. « En septembre, malgré des températures encore anormalement élevées, la collecte pourrait progresser par rapport à 2025, portée par la présence de nombreuses vaches en pleine lactation », note l’Idele. Et à l’échelle du Grand Ouest, premier bassin laitier national, « les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer laissent encore entrevoir une collecte inférieure à celle de l’an dernier en août. La situation pourrait toutefois s’inverser en septembre. »
En France, pour ce qui est du lait biologique, la collecte est en net recul depuis le printemps à cause des vêlages décalées en avril et mai, de la sécheresse en juillet (-6,2% vs juillet 2025), et des arrêts d’activités en 2025 (217 arrêts d’activité en lait bio dont 62% d’arrêts de certification). « Une réduction du cheptel pourrait devenir nécessaire si les ressources fourragères ne se reconstituent pas suffisamment à l’automne », prévient l’Idele.
CB