Fruits et légumes : l’AOP Cerafel envisage de mettre un pied dans le commerce
Depuis cet été, l’association d’organisations de producteurs (AOP) Cerafel, propriétaire de la marque Prince de Bretagne cherche à convaincre les expéditeurs de les rejoindre dans son association d’organisations de producteurs. L’objectif de l’AOP, propriétaire de la marque Prince de Bretagne: être acteur dans le commerce. Le Cerafel propose aux expéditeurs s’engageant à s’approvisionner en totalité en légumes Prince de Bretagne (marque de l’AOP) de rejoindre le Cerafel dans un collège qui leur serait dédié, aux côtés du collège des OP Sica Saint-Pol-de-Léon, des Maraîchers d’Armor et de Terres de Saint-Malo. Les entreprises désignées deviendraient alors des expéditeurs partenaires. Aujourd’hui, 86 entreprises de négoce (la moitié en Bretagne) sont inscrites dans la liste des expéditeurs agréés pour acheter les légumes du Cerafel. Une poignée s’approvisionne à 100 % auprès de la marque. En contrepartie, les expéditeurs partenaires auraient un accès prioritaire sur les volumes (360 000 tonnes de 47 légumes l’an passé issues de 1 300 exploitations). Les autres expéditeurs devraient alors se contenter des volumes restants. Le projet prévoit pour l’instant le maintien du marché au cadran (56 % des volumes y transitent) et des contrats. Si les négociations se révélaient concluantes, cette organisation pourrait voir le jour 18 mois après l’information faite courant juillet par courrier aux expéditeurs, soit vers le début 2028. (Franck Jourdain)
Légumes bio : la coopérative Biobreizh prend le contrôle de Poder, son principal client
Biobreizh, coopérative spécialisée dans le légume bio et basée dans le nord-Finistère (56 fermes adhérentes, 15 000 tonnes de 150 légumes différents, 23 millions d’euros de chiffre d’affaires) vient de racheter le négociant Poder (Plouvorn) avec lequel elle travaillait de longue date. Né en 1990, Poder commercialise près de 10 000 tonnes de légumes (17 millions de chiffre) dont les deux tiers proviennent de Biobreizh. Le négociant réalise 40 % de ses ventes auprès de Biocoop, son premier client. Pour Biobreizh, née en 1997, il s’agit d’un vrai changement de pied au moment où la consommation du bio redémarre. Son directeur Ludovic Laurent évoque « la volonté de la coopérative de prendre (son) destin en main ». Cette issue semblait, en fait, toute tracée. Les liens entre le négociant et Biobreizh sont solides « avec une planification de la production en fonction de la demande des clients », précise Ludovic Laurent. Avec Poder et ses 30 salariés, Biobreizh entend demain être plus attractive pour renouveler ses producteurs en « renforçant le projet collectif du bio en Bretagne, poursuit Ludovic Laurent. On a la capacité d’accueillir plus de producteurs de fraises, mais aussi de kiwis, de melons, etc. ». Les deux ateliers de conditionnement de Poder peuvent traiter 5 000 à 8 000 tonnes de production supplémentaire. Biobreizh vise 30 millions d’euros de chiffre en 2030 plus 20 millions avec Poder. (Franck Jourdain)
Agrofourniture : l’union 3A étend son périmètre géographique et change de président
Le 25 septembre, Matthieu Guiho, directeur général de la coopérative Oxagri (17) a été élu président de l’union d’appro 3A (Alliance Atlantique Agro). « Je remplace Frédéric Acker, directeur général de la CAPL (49) qui fera valoir ses droits à la retraite en fin d’année. Lors du conseil d’administration de janvier, il avait évoqué son départ : depuis, nous travaillons en binôme. » Ces derniers mois, au fil des rapprochements entre coopératives et négoces (Scar/Océalia ; Matha/Terre Atlantique ; Renaud/COC…), le périmètre géographique de l’union s’est agrandi. « La Tricherie nous a également rejoint le 1er juillet 2026, précise-t-il. 3A regroupe désormais huit coopératives (Cap Faye, CAPL, Cavac, COC, Océalia, Oxagri, Terre Atlantique et la Tricherie) et leurs six négoces filiales. Avec 600 M€ de chiffre d’affaires, nous représentons près de la moitié du marché de l’agrofourniture de notre territoire qui s’étend sur les Pays-de-la-Loire et la Nouvelle-Aquitaine. Pour l’heure, nous conservons notre typicité : fonctionner avec 25 collaborateurs de nos adhérents, détachés sur une partie de leur temps de travail pour assurer leurs missions au sein de l’union. » (Anne Gilet)
Agrofourniture : dans l'Ouest, fin d’activité pour l'union d'appro UDCA
Agra Business apprend que, fin septembre, l’union d’appro UDCA, basée à Foncouverte en Charente-Maritime, a cessé son activité. Les trois salariés de la structure ont été licenciés économiquement. Le départ de plusieurs membres de l’union vers d’autres structures - dont notamment La Tricherie, Matha et la Scar vers l’union 3 A, suite à de nouvelles alliances entre coopératives - et le contexte agricole actuel ont mis à mal le chiffre d’affaires de l’union.
Coopératives : décision fin novembre-début décembre au sujet de la fusion Terrena/Agrial
Contactés par Agra Presse le 7 octobre, les services communication des groupes coopératifs Agrial et Terrena ont expliqué que l’Autorité de la concurrence allait se prononcer sur leur projet de fusion fin novembre-début décembre. Pour rappel, la volonté de rapprochement entre les deux coopératives avait été annoncée il y a un an environ. Fin septembre, « une étape majeure avait été franchie, puisque les deux conseils d'administration de Terrena et d'Agrial ont approuvé le projet de traité de fusion », rappellent les services de communication. Ils ont confirmé que l’Autorité de la concurrence a bien reçu le 6 octobre la notification du projet, comme l’indique Ouest France dans un article aujourd’hui. « L'idée, c'est d'avoir une fusion vraiment équilibrée entre les deux coopératives », déclarent les services des deux groupes, contestant le terme d'absorption de Terrena par Agrial utilisé par nos confrères. Après la décision de l’Autorité de la concurrence suivra le vote des adhérents des deux coopératives sur l’opération mi-décembre. Si tout est approuvé, une nouvelle entité sera créée, avec un nouveau nom et un nouveau siège social, qui sera basé à Angers, où se trouve un site administratif historique de Terrena, détaillent les mêmes sources.
Lait : Savencia met fin à la relation commerciale avec l'OP Les 3 Rivières
La FNPL (éleveurs, FNSEA) s’est indignée le 7 octobre de l’attitude de Savencia qui « place des producteurs face à l'incertitude quant à l'avenir de leur collecte » après sa décision le 6 octobre de « mettre fin à ses relations commerciales avec l'organisation de producteurs (OP) Les 3 Rivières, avec un préavis de 18 mois ». L’OP des Pays de la Loire rassemble 330 producteurs qui vendent 240 millions de litres chaque année à l’industriel. En juillet, Anthony Daubert, président de l’OP, déplorait sur Oxygène Radio que le prix au premier semestre 2026 atteigne 410 € les 1000 litres alors que « notre prix de revient se situe plus à 460 €, au regard de ce qui est publié par l'interprofession ». Il demande une refonte du calcul du prix du lait en prenant en compte les coûts de production des éleveurs et non le marché de l’acheteur. Savencia précise à Agra Presse que l’OP, après avoir signé un protocole d’accord fin 2025, a remis en cause la formule de prix, en demandant une formule qu’il juge non compétitive par rapport à ses débouchés. L’industriel déplore que les discussions des derniers mois n’aient pas abouti, menant à la rupture de la relation commerciale, estimant que le dossier est désormais dans les mains de l’OP. Savencia souligne que six nouveaux contrats avec des OP ont été conclus depuis le début 2026.
Lait : Bel se dote d'un «jumeau numérique» de fromage pour accélérer sa R&D
Bel a indiqué le 6 octobre qu’il menait un projet de recherche consistant à se doter d'un « jumeau numérique d’un fromage » au profit de La Vache Qui Rit lui permettant tester ses recettes de façon virtuelle avant de passer à la phase des essais en laboratoire. Cette avancée, présentée par Bel comme une « première mondiale dans l’agroalimentaire », permet de « simuler ainsi des milliers de combinaisons de recettes avant de concentrer les essais physiques au pilote sur les pistes les plus prometteuses », selon un communiqué. « Les différentes dimensions d’un produit - ingrédients, formulation, propriétés physico-chimiques, perception sensorielle et préférences des consommateurs » peuvent ainsi être prise en compte virtuellement. Le principal intérêt de cette technologie est de raccourcir les durées de développement de nouveaux produits. Le projet qui sera déployé à l’échelle industrielle à horizon 2028 s’appuie sur un partenariat noué en 2024 avec Dassault Systèmes, dont « les technologies de modélisation 3D et de jumeaux numériques, déjà utilisées dans l’aéronautique, l’automobile ou encore les sciences de la vie, sont aujourd’hui mises au service de l’innovation alimentaire. »
Lait : Les Maîtres laitiers obtiennent gain de cause dans leur contentieux avec Synutra
La justice a « condamné solidairement Synutra France et Synutra International au règlement des factures restées impayées, augmentées des intérêts de retard, et au versement d'une indemnité au titre des frais de procédure », selon un communiqué de la coopérative Les Maîtres laitiers diffusé le 7 octobre. La coopérative fait référence à la décision rendue la veille par le tribunal des activités économiques de Paris dans le cadre du litige qui l’oppose à son ancien client, la société Synutra France ». « Le tribunal a écarté l'ensemble des griefs de non-conformité invoqués par le groupe Synutra à l'encontre des produits fabriqués sur le site de Méautis, ainsi que les demandes formées contre la coopérative », souligne la coopérative, saluant à cette occasion « la mobilisation et le professionnalisme de l’ensemble des équipes qui ont contribué au projet, en particulier les équipes industrielles, Qualité et R&D. » Cette décision est toutefois susceptible d'appel. L’usine de Méautis avait été construite dans la perspective d’un contrat de briquettes de lait infantile pour le chinois Synutra, lequel a été rompu en 2018. S’en est suivi une procédure devant les tribunaux opposant la coopérative et son client pour rupture abusive de contrat.
Volaille : Agri-Ethique fait son entrée dans la volaille de chair, avec Royal Bernard
Agri-Ethique France annonce dans un communiqué du 6 octobre la labellisation de la gamme « Le Poulet de mon enfance » de Royal Bernard, industriel volailler de la Drôme, précisant qu’il s’agit de sa première labellisation en volaille de chair. Cette gamme de découpes est produite à partir de poulets à croissance lente élevés dans des bâtiments à véranda dans la Drôme et l’Ardèche. Selon les principes du commerce équitable, Royal Bernard assure le «respect» de l’éleveur et sa «juste» rémunération. Les contrats de production sont signés pour au moins trois ans. « La certification AEF rend "le poulet de mon Enfance" éligible Egalim et nous permettra de démarcher de nouveaux clients de la collectivité chez qui nous souhaitons nous développer », commente Gaétan Marquet, directeur général, cité dans le communiqué. L’entreprise abat et transforme les dindes et poulets de plus de 150 éleveurs locaux et les commercialise principalement dans les grandes surfaces du Sud-Est. « Avec 300 salariés répartis sur ses deux sites industriels drômois, elle contribue fortement à l’économie locale », considère Agri Ethique dans le communiqué.
Oeufs/biosourcé : Circul’Egg se capitalise à nouveau pour financer son expansion
La société Circul’Egg, qui transforme en produits à valeur ajoutée les coquilles d’œufs des casseries de l’Ouest, prévoit d’arrondir de quelque 2,5 millions d’euros son capital, selon les informations transmises à Agra Presse par son cofondateur Yacine Kabèche. Cette nouvelle capitalisation suit d’un an l’apport de 1,3 millions d’euros de quatre casseries du Grand-Ouest. Près de 2 millions seront issus des investisseurs historiques (dont les fonds Asterion et MTF) auxquels se sont joints deux importants clients offrant aux professionnels du bâtiment des produits décarbonés issus du recyclage des coquilles. Outre ce montant « sécurisé », une campagne de financement participatif sur la plateforme numérique Sowefund auprès du grand public permet à l’entreprise d’espérer 500 000 euros lors d’une prochaine ouverture de capital. La DG de Circul’Egg Justine Lecallier a par ailleurs informé sur Linked’In le 6 octobre que l’entreprise avait obtenu de Bpifrance 1,6 millions d’euros dans le cadre de l’appel à projet Première usine de France 2030. L’usine, située à Janzé (Ille-et-Vilaine) « tourne déjà jusqu’à 16 heures par jour », indique-t-elle, présentant l’objectif de gagner en productivité et régularité.
Vin: Moët Hennessy annonce une avancée dans la prédiction du risque qualitatif grâce à l’IA
Le leader des vins et spiritueux Moët Hennessy, l’industriel ADI et l’Université de Californie à Davis ont annoncé le 7 octobre une avancée dans la prédiction du risque qualitatif sur le raisin et le vin, grâce à une technologie s’appuyant sur l’IA. Leurs équipes de recherche ont identifié la signature chimique de l’arôme de champignon frais avant son apparition au chai. « Nous sommes désormais capables de détecter et d'interpréter rapidement le langage chimique du raisin et du vin pour anticiper les risques qualitatifs avant qu'ils ne soient visibles », se réjouit le responsable R&D de Moët Hennessy Manuel Reman. Agissant « bien avant les méthodes conventionnelles, cette technologie aide les viticulteurs à passer d'une logique de réaction face aux risques qualitatifs à une logique d'anticipation », souligne Max Shulaker chez ADI. D’autres pistes de recherche sont envisagées, comme la détection précoce des maladies de la vigne, l'évaluation de la santé des sols et l'identification d'autres altérations, en particulier celles liées au changement climatique et aux phénomènes associés (tels que les retombées de fumée dues aux feux de forêt), poursuit le communiqué.