UE/Ukraine : Kiev s’oppose à une adhésion avec une limitation de ses exportations agricoles
L’Ukraine s’oppose aux restrictions qui s'appliqueraient à ses exportations agricoles dans le cadre du processus d'adhésion à l'UE, a fait savoir le 7 octobre le ministre ukrainien de la Politique agraire, Taras Vyssotsky. Cette prise de parole intervient au lendemain de la publication par la Commission européenne d’un document de préparation à l’élargissement de l’UE dans lequel elle propose des « dispositions ciblées » pour limiter l’accès au marché de l'UE pour les produits sensibles ukrainiens. Interrogé à ce sujet par l'AFP, Taras Vyssotsky a affirmé que l'Ukraine serait prête à d'éventuelles mesures temporaires mais s'opposerait à « une restriction permanente », qui « contredirait la logique même de l'adhésion pleine et entière à l'UE ». Selon lui, un dispositif comme celui-ci s’apparenterait « en réalité d'un modèle différent d'adhésion ». Et de conclure : « L'Ukraine ne peut pas accepter une telle approche ». Une position également soutenue par les représentants ukrainiens de l’industrie agroalimentaire (UCAB - Ukrainian Agribusiness Club) qui s’estiment, dans un communiqué publié le même jour, « de plus en plus préoccupés par une approche excessivement protectionniste de l'intégration de l'agriculture ukrainienne ».
Sécurité alimentaire: le FMI se prépare à soutenir les pays «vulnérables» face à El Niño
Le Fonds monétaire international (FMI) « se prépare à soutenir » les pays « vulnérables » face au phénomène météorologique El Niño, susceptible de menacer la sécurité alimentaire, a indiqué sa directrice générale Kristalina Georgieva à l’AFP, le 7 octobre à Singapour. « Nous sommes très préoccupés par El Niño, d'une intensité supérieure à la moyenne, nous nous inquiétons pour la sécurité alimentaire », a-t-elle indiqué. El Niño provoque déjà des conditions climatiques extrêmes dans plusieurs endroits du monde. En Amérique centrale, une sécheresse provoque champs arides, récoltes en baisse et pertes de bétail. En Inde, de fortes perturbations de la mousson compromettent les cultures. La situation est particulièrement préoccupante pour les petits États insulaires du Pacifique, le Bangladesh, le Laos, ainsi que pour certaines régions du continent africain. « Nous nous préparons à soutenir les pays vulnérables si la situation devait les frapper durement », a assuré Mme Georgieva, rappelant que c'est le rôle du FMI d'offrir « un filet de sécurité » face aux chocs extérieurs. « Je suis consciente que pour certains de nos membres, il pourrait s'avérer nécessaire de recourir à des financements extérieurs », a-t-elle ajouté, notant la « combinaison » d'El Niño avec la flambée des prix énergétiques due à la guerre au Moyen-Orient.
Pac post-2027 : en cas de plafonnement des aides, la FNSEA veut qu'il soit européen
À l'occasion d'une conférence de presse le 6 octobre au Sommet de l'élevage, le vice-président de la FNSEA, en charge des affaires européennes, Franck Sander, a plaidé pour que le plafonnement des aides, s'il devait être mis en place dans le cadre de la prochaine Pac, soit défini à une échelle européenne, et non laissé à la main de chaque Etat membre. «Nous voulons éviter un scénario où la Roumanie instaurerait un plafond de 300 000 euros et la France de 100 000 euros», a-t-il précisé à Agra Presse. Interrogé sur la position de la FNSEA concernant l'opportunité elle-même de plafonner les aides, Franck Sander n'a pas répondu. De son côté, le Copa (agriculteurs européens) dont il est aussi vice-président, s'oppose frontalement à l'instauration de plafonnement des aides : « Le Copa ne souhaite pas ouvrir cette discussion. » La question du plafonnement des soutiens agricoles est un des points particulièrement débattus dans le cadre de la réforme de la Pac, que ce soit au Parlement européen ou du côté des Etats membres. Dans les deux cas, la majorité semble pencher pour rendre ce dispositif facultatif. La Commission européenne (anticipant une future entrée de l'Ukraine dans l'UE) insiste, elle, pour fixer ce plafond de manière obligatoire à 100 000 euros par exploitation mais le commissaire Christophe Hansen s'est récemment dit ouvert à la discussion pour relever ce seuil.
Présidentielle : moins de taxes, moins de règles, le programme de l'institut Montaigne
Dans une note dédiée à l'agriculture publiée le 6 octobre en vue de l'élection présidentielle, l'institut Montaigne (cercle de réflexion libéral) propose un programme d'allègement de la fiscalité et des normes, ainsi que d'augmentation des aides à la production, qui vise à consolider l'auto-approvisionnement national en alimentation et en engrais. Pour un budget de 3,9 à 9 Md€, l'institut propose d'exempter les jeunes installés d'impôt sur le revenu, de tripler l'investissement dans l'ammoniac vert, constituer des stocks d'engrais pour 90 jours, tripler le stockage d'eau hivernal, renforcer cinq filières « stratégiques », rehausser le taux d'approvisionnement local des cantines. En matière réglementaire, le cercle de réflexion propose un « guichet unique agricole » (fiscalité, foncier), un « moratoire sur les importations de produits non conformes », une réduction des délais de recours contre les projets agricoles. Les Safer sont particulièrement visées : limitation du droit de préemption, suppression d'avantages fiscaux, réorientation vers « le regroupement d'exploitations et le remembrement ». Seule mesure qui ne vise pas à déréglementer : l'institut veut « restructurer les négociations commerciales », pour favoriser le revenu agricole, sans préciser comment.
Sécheresse/fourrages : les éleveurs suisses achètent du foin au Canada (presse)
En raison de la sécheresse et de la pénurie de fourrages en Europe, la Suisse importe du foin en provenance du Canada, apprend-on dans un article de RTS. Le média public fait témoigner un exportateur de la province d’Alberta (ouest), qui « livre pour la première fois du foin à la Suisse ». Selon RTS, « le foin canadien est acheminé jusqu’en Suisse par train, bateau et camion ». Un voyage de plus de 8 000 km qui dure « environ 45 jours ». Ces exportations sont rendues possibles « notamment par l’utilisation de conteneurs vides qui doivent retourner en Asie et en Europe », ce qui permet de « maintenir les coûts de fret à un niveau raisonnable », selon l'exportateur canadien. La flambée du prix du foin, provoquée par la sécheresse historique de cet été, contribue aussi à rendre le trajet rentable : « Depuis le printemps, le prix du foin importé a presque doublé, passant de 22 à près de 40 francs les 100 kg » (soit 42,80 €), selon RTS. Le média public indique que la fédération helvète doit importer « entre 600 000 et 800 000 t » de fourrages. Des volumes qu’elle ne trouve pas chez ses fournisseurs habituels européens, également frappés par la sécheresse. En 2025, la France y avait livré 92 000 t de foin, et l’Allemagne 54 000 t. Cet été, des affaires de trafic de fourrages entre la Suisse et le Doubs ont défrayé la chronique.
Loup : vers un relèvement du plafond de tirs pour 2026 (syndicat)
Alors que le plafond de prélèvements de loups pour 2026 est bientôt atteint, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) annonce le 7 octobre qu’un relèvement temporaire de ce seuil, prévu par la réglementation, devrait bientôt intervenir. « Le gouvernement va activer les +2 %, j’en ai eu l’assurance hier », a indiqué le vice-président Claude Font lors d’une conférence de presse au Sommet de l’élevage. L’arrêté du 23 février 2026 fixe le plafond de prélèvements à 21 % de la population estimée de loups ; le texte prévoit aussi la possibilité pour le préfet coordonnateur de passer à 23 % en cas d’atteinte avant la fin de l’année. Selon M. Font, si elle était activée, cette disposition permettrait « 22 prélèvements de plus », sachant que « 216 loups ont déjà été prélevés sur le plafond annuel de 225 individus ». « Il y a déjà eu des limitations des interventions des lieutenants de louveterie », ajoute le responsable syndical, afin d’éviter d’atteindre le plafond. Par ailleurs, un décret paru cet été a facilité la possibilité, pour le préfet coordonnateur, de suspendre les tirs dans certains territoires. « Il est inconcevable d’arrêter des tirs de défense, qui doivent être réalisés sur des loups proches des élevages, alors qu’ils ont été autorisés », martèle l’élu de la FNO, opposé à toute « gestion territorialisée des tirs ».
Ruminants/chevaux : 1er cas équin de Shamonda-Europe en France, le virus arrive en Irlande
La présence du nouvel orthobunyavirus Shamonda-Europe a été détectée pour la première fois chez un cheval en France, le 30 septembre dans l’Hérault, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin hebdomadaire du 6 octobre. Ces analyses ont été réalisées « à la suite de l’apparition de signes neurologiques » chez cet animal, selon le Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine (Respe). La présence du virus West Nile a aussi été recherchée, sans résultat positif. Toutefois, comme le précise le Respe, « à ce stade, la détection du virus Shamonda ne permet pas d’affirmer qu’il est responsable des signes neurologiques observés ». Concernant les bovins, le virus a été confirmé dans 49 départements français, principalement dans l’ouest et dans un large croissant allant du nord-est au sud-ouest (en passant par le Massif central). Dans tous ces territoires, Shamonda-Europe a été détectée « chez des bovins présentant tous des symptômes » (fièvre, diarrhée, baisse de production laitière). Des cas ovins sont rapportés dans l’Oise et l’Aveyron, avec « malformations congénitales » sur des agneaux. Enfin, le virus a été détecté le 5 octobre dans un nouveau pays européen, l’Irlande, avec des cas sur « trois bovins de deux exploitations laitières du comté de Cork », selon ESA.
Lait : Les Maîtres laitiers obtiennent gain de cause dans leur contentieux avec Synutra
La justice a « condamné solidairement Synutra France et Synutra International au règlement des factures restées impayées, augmentées des intérêts de retard, et au versement d'une indemnité au titre des frais de procédure », selon un communiqué de la coopérative Les Maîtres laitiers diffusé le 7 octobre. La coopérative fait référence à la décision rendue la veille par le tribunal des activités économiques de Paris dans le cadre du litige qui l’oppose à son ancien client, la société Synutra France ». « Le tribunal a écarté l'ensemble des griefs de non-conformité invoqués par le groupe Synutra à l'encontre des produits fabriqués sur le site de Méautis, ainsi que les demandes formées contre la coopérative », souligne la coopérative, saluant à cette occasion « la mobilisation et le professionnalisme de l’ensemble des équipes qui ont contribué au projet, en particulier les équipes industrielles, Qualité et R&D. » Cette décision est toutefois susceptible d'appel. L’usine de Méautis avait été construite dans la perspective d’un contrat de briquettes de lait infantile pour le chinois Synutra, lequel a été rompu en 2018. S’en est suivi une procédure devant les tribunaux opposant la coopérative et son client pour rupture abusive de contrat.
Lait : Savencia met fin à la relation commerciale avec l'OP Les 3 Rivières
La FNPL (éleveurs, FNSEA) s’est indignée le 7 octobre de l’attitude de Savencia qui « place des producteurs face à l'incertitude quant à l'avenir de leur collecte » après sa décision le 6 octobre de « mettre fin à ses relations commerciales avec l'organisation de producteurs (OP) Les 3 Rivières, avec un préavis de 18 mois ». L’OP des Pays de la Loire rassemble 330 producteurs qui vendent 240 millions de litres chaque année à l’industriel. En juillet, Anthony Daubert, président de l’OP, déplorait sur Oxygène Radio que le prix au premier semestre 2026 atteigne 410 € les 1000 litres alors que « notre prix de revient se situe plus à 460 €, au regard de ce qui est publié par l'interprofession ». Il demande une refonte du calcul du prix du lait en prenant en compte les coûts de production des éleveurs et non le marché de l’acheteur. Savencia précise à Agra Presse que l’OP, après avoir signé un protocole d’accord fin 2025, a remis en cause la formule de prix, en demandant une formule qu’il juge non compétitive par rapport à ses débouchés. L’industriel déplore que les discussions des derniers mois n’aient pas abouti, menant à la rupture de la relation commerciale, estimant que le dossier est désormais dans les mains de l’OP. Savencia souligne que six nouveaux contrats avec des OP ont été conclus depuis le début 2026.
Volaille : Agri-Ethique fait son entrée dans la volaille de chair, avec Royal Bernard
Agri-Ethique France annonce dans un communiqué du 6 octobre la labellisation de la gamme « Le Poulet de mon enfance » de Royal Bernard, industriel volailler de la Drôme, précisant qu’il s’agit de sa première labellisation en volaille de chair. Cette gamme de découpes est produite à partir de poulets à croissance lente élevés dans des bâtiments à véranda dans la Drôme et l’Ardèche. Selon les principes du commerce équitable, Royal Bernard assure le «respect» de l’éleveur et sa «juste» rémunération. Les contrats de production sont signés pour au moins trois ans. « La certification AEF rend "le poulet de mon Enfance" éligible Egalim et nous permettra de démarcher de nouveaux clients de la collectivité chez qui nous souhaitons nous développer », commente Gaétan Marquet, directeur général, cité dans le communiqué. L’entreprise abat et transforme les dindes et poulets de plus de 150 éleveurs locaux et les commercialise principalement dans les grandes surfaces du Sud-Est. « Avec 300 salariés répartis sur ses deux sites industriels drômois, elle contribue fortement à l’économie locale », considère Agri Ethique dans le communiqué.
Fruits et légumes : l’AOP Cerafel envisage de mettre un pied dans le commerce
Depuis cet été, l’association d’organisations de producteurs (AOP) Cerafel, propriétaire de la marque Prince de Bretagne cherche à convaincre les expéditeurs de les rejoindre dans son association d’organisations de producteurs. L’objectif de l’AOP, propriétaire de la marque Prince de Bretagne: être acteur dans le commerce. Le Cerafel propose aux expéditeurs s’engageant à s’approvisionner en totalité en légumes Prince de Bretagne (marque de l’AOP) de rejoindre le Cerafel dans un collège qui leur serait dédié, aux côtés du collège des OP Sica Saint-Pol-de-Léon, des Maraîchers d’Armor et de Terres de Saint-Malo. Les entreprises désignées deviendraient alors des expéditeurs partenaires. Aujourd’hui, 86 entreprises de négoce (la moitié en Bretagne) sont inscrites dans la liste des expéditeurs agréés pour acheter les légumes du Cerafel. Une poignée s’approvisionne à 100 % auprès de la marque. En contrepartie, les expéditeurs partenaires auraient un accès prioritaire sur les volumes (360 000 tonnes de 47 légumes l’an passé issues de 1 300 exploitations). Les autres expéditeurs devraient alors se contenter des volumes restants. Le projet prévoit pour l’instant le maintien du marché au cadran (56 % des volumes y transitent) et des contrats. Si les négociations se révélaient concluantes, cette organisation pourrait voir le jour 18 mois après l’information faite courant juillet par courrier aux expéditeurs, soit vers le début 2028. (Franck Jourdain)
Légumes bio : la coopérative Biobreizh prend le contrôle de Poder, son principal client
Biobreizh, coopérative spécialisée dans le légume bio et basée dans le nord-Finistère (56 fermes adhérentes, 15 000 tonnes de 150 légumes différents, 23 millions d’euros de chiffre d’affaires) vient de racheter le négociant Poder (Plouvorn) avec lequel elle travaillait de longue date. Né en 1990, Poder commercialise près de 10 000 tonnes de légumes (17 millions de chiffre d'affaires) dont les deux tiers proviennent de Biobreizh. Le négociant réalise 40 % de ses ventes auprès de Biocoop, son premier client. Pour Biobreizh, née en 1997, il s’agit d’un vrai changement de pied au moment où la consommation du bio redémarre. Son directeur Ludovic Laurent évoque « la volonté de la coopérative de prendre (son) destin en main ». Cette issue semblait, en fait, toute tracée. Les liens entre le négociant et Biobreizh sont solides « avec une planification de la production en fonction de la demande des clients », précise Ludovic Laurent. Avec Poder et ses 30 salariés, Biobreizh entend demain être plus attractive pour renouveler ses producteurs en « renforçant le projet collectif du bio en Bretagne, poursuit Ludovic Laurent. On a la capacité d’accueillir plus de producteurs de fraises, mais aussi de kiwis, de melons, etc. ». Les deux ateliers de conditionnement de Poder peuvent traiter 5 000 à 8 000 tonnes de production supplémentaire. Biobreizh vise 30 millions d’euros de chiffre en 2030 plus 20 millions avec Poder. (Franck Jourdain)
Vin : un projet de décret sur la reconnaissance des OP attendu « d’ici fin 2026 » (coopératives)
Évoqué le 23 avril par Annie Genevard au congrès de la Cnaoc (vignerons d’appellations), le projet de décret sur la reconnaissance des organisations de producteurs (OP) viticoles est en passe d’aboutir, selon les Vignerons coopérateurs (VCF). « On espère que, d’ici la fin de l’année, la ministre de l’Agriculture signera ce décret » sur les OP, a déclaré en conférence de presse le président Joël Boueilh. « Ça pourrait nous aider à structurer l’offre », ce dont la filière vin a « bien besoin dans le contexte » actuel. Défendu de longue date, le dossier butait sur « des incompréhensions » entre acteurs de l’amont. Une allusion notamment aux Vignerons indépendants, qui s’opposaient à des OP comme condition d’accès aux aides européennes. « Je ne varierai pas d’un mot », a insisté Joël Boueilh sur l’idée « que l’OP ne soit pas un passage obligé pour bénéficier des aides ». Dans son rapport d’activité 2025, VCF parlait déjà d’« un accord obtenu entre les principales organisations représentatives de la production viticole autour d’un projet de décret ». Reste aujourd’hui « des discussions techniques » avec le ministère pour écrire le texte, a indiqué la directrice Anne Haller. Le seuil d’accès, le taux d’apport à l’OP font partie des points abordés.
Vin : mieux que prévu dans le Sud, la vendange se rapproche du faible niveau de 2025
Les vendanges 2026, « désormais presque terminées », s’élèveraient à 34,9 Mhl (contre 33,9 Mhl en septembre), a indiqué le 7 octobre le service statistique du ministère de l’Agriculture. Cette prévision « légèrement révisée à la hausse » s’explique par les pluies tardives de la fin d'été, bénéfiques dans certaines zones « notamment en Languedoc-Roussillon ou dans le Sud-Ouest, où les rendements se révèlent meilleurs que prévu ». Le niveau de la production viticole française resterait faible, à -2 % sur un an et -14 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Un recul qui est lié à l’évolution des surfaces (-1,9 % sur un an), ainsi qu’aux effets d’un été chaud et sec. « Les disparités restent toutefois fortes entre bassins viticoles », note le ministère. Dans le Sud-Ouest, les rendements varient beaucoup selon les départements, l'âge des vignes, la nature des sols ou la répartition des pluies estivales. La production serait à +12 % sur an (-1 % par rapport à 2021-2025). En Languedoc-Roussillon, elle afficherait +20 % comparée à la très faible récolte 2025 (+2 % par rapport à 2021-2025). Cette hausse masque toutefois « de fortes disparités locales, selon le recours des exploitations à l’irrigation, avec un vignoble très touché par la sécheresse dans le Roussillon ». Dans les autres régions, la nouvelle prévision au 1er octobre marque des changements moins notables par rapport au mois précédent.
Vin: Moët Hennessy annonce une avancée dans la prédiction du risque qualitatif grâce à l’IA
Le leader des vins et spiritueux Moët Hennessy, l’industriel ADI et l’Université de Californie à Davis ont annoncé le 7 octobre une avancée dans la prédiction du risque qualitatif sur le raisin et le vin, grâce à une technologie s’appuyant sur l’IA. Leurs équipes de recherche ont identifié la signature chimique de l’arôme de champignon frais avant son apparition au chai. « Nous sommes désormais capables de détecter et d'interpréter rapidement le langage chimique du raisin et du vin pour anticiper les risques qualitatifs avant qu'ils ne soient visibles », se réjouit le responsable R&D de Moët Hennessy Manuel Reman. Agissant « bien avant les méthodes conventionnelles, cette technologie aide les viticulteurs à passer d'une logique de réaction face aux risques qualitatifs à une logique d'anticipation », souligne Max Shulaker chez ADI. D’autres pistes de recherche sont envisagées, comme la détection précoce des maladies de la vigne, l'évaluation de la santé des sols et l'identification d'autres altérations, en particulier celles liées au changement climatique et aux phénomènes associés (tels que les retombées de fumée dues aux feux de forêt), poursuit le communiqué.
Agrofourniture : l’union 3A étend son périmètre géographique et change de président
Matthieu Guiho, directeur général de la coopérative Oxagri (17), a été élu, le 25 septembre, président de l’union d’appro 3A (Alliance Atlantique Agro). « Je remplace Frédéric Acker, directeur général de la CAPL (49) qui fera valoir ses droits à la retraite en fin d’année. Lors du conseil d’administration de janvier, il avait évoqué son départ : depuis, nous travaillons en binôme. » Ces derniers mois, au fil des rapprochements entre coopératives et négoces (Scar/Océalia ; Matha/Terre Atlantique ; Renaud/COC…), le périmètre géographique de l’union s’est agrandi. « La Tricherie nous a également rejoint le 1er juillet 2026, précise-t-il. 3A regroupe désormais huit coopératives (Cap Faye, CAPL, Cavac, COC, Océalia, Oxagri, Terre Atlantique et la Tricherie) et leurs six négoces filiales. Avec 600 M€ de chiffre d’affaires, nous représentons près de la moitié du marché de l’agrofourniture de notre territoire qui s’étend sur les Pays-de-la-Loire et la Nouvelle-Aquitaine. Pour l’heure, nous conservons notre typicité : fonctionner avec 25 collaborateurs de nos adhérents, détachés sur une partie de leur temps de travail pour assurer leurs missions au sein de l’union. » (Anne Gilet)
Engrais : l'institut Montaigne imagine la création d'un «Airbus de l'engrais»
Dans une note dédiée à l'agriculture publiée le 6 octobre en vue de l'élection présidentielle, l'institut Montaigne (cercle de réflexion libéral) explore plusieurs scénarios qui ne sont pas repris dans les recommandations finales, dont la prise de participation de l'Etat dans un entreprise du secteur des engrais pour consolider l'autosuffisance. Dans un volet de mesures agricoles diverses, au coût global compris entre 5,5 à 11,5 Md€, ils proposent de créer un « Airbus de l'engrais ». Le plan consisterait en une prise de participation publique de 11% dans une société d'engrais, associé au lancement d'un plan «ammoniac vert» et à la constitution de 90 jours de stocks d'engrais sur le territoire. La constitution de ce champion passerait par «le rachat et la fusion d'usines en Europe», puis la valorisation d'une maximum de ressources (recyclage des nutriments, digestats, algues...). Dans un entretien accordé au Parisien le 10 septembre (article payant), la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon a annoncé l’ouverture d’un nouvel appel d’offres de 1,2 Md€ sur 15 ans pour soutenir les projets industriels d’hydrogène vert, matière première servant notamment à la production d’ammoniac, puis d’engrais azoté minéral.
Biocarburant : l'Indonésie va augmenter sa production à partir de canne à sucre
L'Indonésie va « ouvrir de nouvelles plantations » de canne à sucre destinées à la production de bioéthanol, a déclaré le gouvernement. Ce dernier a annoncé le mois dernier qu'il porterait de 5 % à 20 % la teneur en éthanol des biocarburants destinés aux transports, afin de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers dont le coût ne cesse d'augmenter. Pour atteindre cet objectif, le pays aurait besoin d'augmenter très sensiblement sa production annuelle d'éthanol, a indiqué le ministère de l'Énergie. Le carburant « E20 peut être produit à partir de canne à sucre, de manioc, entre autres (...) Si nous voulons de la canne à sucre, nous devons créer de nouvelles plantations », a déclaré le 6 octobre le ministre de l'Alimentation, Zulkifli Hasan, cité par l'agence indonésienne Antara. Le mois dernier, le ministre de l'Agriculture, Andi Amran Sulaiman, a indiqué que le gouvernement souhaitait aménager environ un million d'hectares pour la culture de la canne à sucre. Il a ajouté que le gouvernement chercherait à convertir des terres déjà dégradées avant de s'attaquer aux zones forestières, sans toutefois exclure cette possibilité.
Forêts : une mortalité qui a plus que doublé depuis vingt ans en France
La forêt française continue de s’étendre, avec une progression de 100 000 hectares par an en moyenne au cours des quinze dernières années, mais elle va de plus en plus mal. Sous l’effet du changement climatique et des pressions biologiques et humaines, sa mortalité « a été multipliée par 2,5 entre les deux dernières décennies », a annoncé le 7 octobre l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). La mortalité annuelle des forêts du territoire métropolitain a atteint en moyenne 18,1 millions de mètres cubes par an entre 2016 et 2024, contre 7,4 Mm³/an sur 2005-2013. Même si cela ne représente que 0,6 % du volume total de bois vivant sur pied, l’augmentation est « inquiétante », a souligné mercredi Nathalie Derrière, ingénieure à l’IGN. La production biologique, soit la croissance de tous les arbres, annuelle moyenne est « en diminution significative » d’environ 8 % sur les dix dernières années, par rapport à la période 2005-2013. Cette mauvaise santé des forêts françaises affecte également leur capacité à séquestrer du carbone, avec un bilan du puits forestier français s’élevant à 39 millions de tonnes de CO₂ séquestrées par an en moyenne entre 2016 et 2024, soit un « ralentissement (...) notable » d’environ 38 % par rapport à 2005-2013.
Coopératives : décision fin novembre-début décembre au sujet de la fusion Terrena/Agrial
Contactés par Agra Presse le 7 octobre, les services communication des groupes coopératifs Agrial et Terrena ont expliqué que l’Autorité de la concurrence allait se prononcer sur leur projet de fusion fin novembre-début décembre. Pour rappel, la volonté de rapprochement entre les deux coopératives avait été annoncée il y a un an environ. Fin septembre, « une étape majeure avait été franchie, puisque les deux conseils d'administration de Terrena et d'Agrial ont approuvé le projet de traité de fusion », rappellent les services de communication. Ils ont confirmé que l’Autorité de la concurrence a bien reçu le 6 octobre la notification du projet, comme l’indique Ouest France dans un article aujourd’hui. « L'idée, c'est d'avoir une fusion vraiment équilibrée entre les deux coopératives », déclarent les services des deux groupes, contestant le terme d'absorption de Terrena par Agrial utilisé par nos confrères. Après la décision de l’Autorité de la concurrence suivra le vote des adhérents des deux coopératives sur l’opération mi-décembre. Si tout est approuvé, une nouvelle entité sera créée, avec un nouveau nom et un nouveau siège social, qui sera basé à Angers, où se trouve un site administratif historique de Terrena, détaillent les mêmes sources.
Titres-restaurant : la proposition de loi examinée mardi en commission à l'Assemblée nationale
La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale examinera le 13 octobre la proposition de loi qui vise à pérenniser l’achat de denrées alimentaires avec des titres-restaurant, une mesure qui divise restaurateurs et grande distribution, avant son examen dans l’hémicycle le 12 octobre. Face à l’inflation, différentes lois se sont succédé depuis 2022 pour permettre ces achats par les quelque 6 millions de salariés qui en bénéficient. Le texte déposé début juin vise à pérenniser la possibilité d’utiliser les titres-restaurant pour l’achat de tout produit alimentaire, sauf exceptions qui seront précisées par décret (alcool, confiseries, aliments infantiles et animaliers)". Car les Français, du fait du télétravail notamment, déjeunent moins au restaurant qu’auparavant. La proposition de loi ancre aussi la possibilité de donner de tels titres-restaurant à des associations d’aide alimentaire. Elle prévoit leur dématérialisation complète et la publication annuelle par les émetteurs de titres-restaurant des frais et commissions appliquées, au nom de la transparence. L’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2028 et prolonge la loi existante jusqu’à cette date.
Parmi les 73 amendements déposés, plusieurs — notamment de députés Modem et Renaissance — veulent instaurer un "double plafond" : 25 euros pour un repas au restaurant et 10 euros pour des achats dans un magasin.
Cognac : le syndicat du négoce élit Richard Costa-Savelli à sa tête
Le Syndicat des maisons de cognac (SMC) a élu Richard Costa-Savelli à sa présidence pour la mandature 2026-2029, selon un communiqué le 5 octobre. Directeur général de Courvoisier et directeur des opérations cognac du groupe Campari, Richard Costa-Savelli succède à Éric Le Gall (Rémy Martin & Co). Son élection intervient dans « un contexte économique qui demeure difficile pour le cognac et, plus largement, pour les spiritueux », souligne le SMC. Affichant une volonté de dialogue, le négoce souhaite travailler avec la viticulture « pour rechercher des positions partagées et porter au sein de l’interprofession, auprès des services de l’État et des élus, la voix la plus unie possible ».