La filière va engager 170 M€ pour d’ici à cinq ans pour faire face aux conséquence de la sécheresse sur la production et l’outil industriel.
Face une récolte calamiteuse due à la sécheresse et à la canicule, le SVFPE (Syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts à l'emploi) a décidé d’accélérer son adaptation au changement climatique. Les maraîchers fournisseurs réunis au sein d’Asso Leg 4G et les fabricants ont défini un socle commun d’équipements dans une feuille de route, annoncée le 9 octobre. «Nous vivons désormais une crise structurelle qui engage la viabilité de la filière à moyen terme» explique pierre Meliet, président du SFVPE, contacté par Agra Presse «L’investissement s’élève à 170 millions d’euros pour un déploiement des actions sur les cinq prochaines années. Il est réparti relativement à parité, sachant que pour la production, tout dépends des variétés produites, entre jeunes pousses et salades adultes»
Un programme tout azimut
Du coté des maraichers, l’eau est un point crucial : «Sécuriser la ressource passera par des équipements d’irrigation comme le goutte-à goutte et de nouvelles capacités de stockage des eaux hivernale, spécialement dans la bassin Ouest. Nos voisins espagnols ont depuis longtemps intégré la gestion de l’eau et de la chaleur», explique-t-il. La protection des cultures suppose aussi le développement de surfaces supplémentaires sous abri, tout comme l’installation de filets d’ombrage et anti-insectes : «L’adaptation variétale et la modernisation des équipements de récolte – le poste main-œuvre pour les salades adultes est important – sont aussi prévues».
Côté industriels, la feuille de route prévoit l’évolution des bains de lavage afin d’améliorer l’élimination des insectes et de renforcer l’équipement des lignes en trieurs optiques. L’automatisation du parage constitue un autre axe d’investissement : des robots capables de repérer en temps réel les parties à retirer permettraient de traiter plus efficacement des produits présentant davantage d’imperfections. «La réutilisation de l’eau utilisée au cours de la préparation, grâce à l’ultrafiltration et à un traitement en circuit fermé, est importante dans un contexte de hausse des coûts et de tensions croissantes sur la ressource. On peut atteindre des économies de 40%» précise Pierre Meliet .
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Pour le président de la SFVE, le déploiement de cet important plans d’actions devra passer par une revalorisation de la catégorie en distribution. « Sans quoi, l’origine France serait en péril alors quel consommateur plébiscite les légumes prêts à consommer : en 1990, dix ans après l’apparitions des premiers produits, le marché représentait 23 000 tonnes, en 2025, il a atteint 110 000 tonnes», conclut-t-il.
PG