À l’occasion de la commission de l’Agriculture du 28 septembre, les eurodéputés ont échangé avec la Commission européenne de manière plus approfondie sur la proposition visant à créer des stocks stratégiques alimentaires. Pour Bruxelles, ces stocks doivent permettre d’anticiper et de gérer des perturbations graves de l’approvisionnement tout en faisant en sorte que la Pac reste orientée vers le marché. Toutefois, elle précise que la proposition ne crée pas des stocks alimentaires au niveau européen et n’oblige pas non plus les États membres à créer ces réserves. L’exécutif européen insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une mesure d’intervention, ne visant donc pas à réglementer le marché agricole. « Notre objectif est de créer une culture plus robuste de la préparation et de la coopération sans créer des structures parallèles ou une surcharge bureaucratique et administrative », a averti Brigitte Misonne de la DG Agriculture de la Commission européenne.
Lire aussi : OCM : les eurodéputés souhaitent renforcer les outils de gestion des crises
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
De son côté, le rapporteur de la Comagri sur le règlement OCM, le socialiste français Éric Sargiacomo, qui organisait le lendemain un événement sur ce sujet, aimerait élargir le champ de ces stocks stratégiques au-delà des produits agricoles pour y intégrer des réserves d’intrants comme les engrais. À droite, l’Italien Herbert Dorfmann (PPE) et le Néerlandais Bert-Jan Ruissen (ECR) ont insisté sur la nécessité de ne pas utiliser ce système pour revenir à des réserves constituées pour garantir un certain niveau de prix. La question du financement de ces réserves avec des fonds de la Pac soulève également des interrogations. La centriste finlandaise Elsi Katainen a évoqué le modèle de son pays qui dispose de réserves de denrées alimentaires non transformées réparties sur tout le territoire et dont la localisation n’est pas connue du public. Enfin, l’Autrichien Thomas Waitz (Verts) soutient la constitution de stocks en cas de crise pour assurer la sécurité de l’alimentation mais estime qu’il serait moins coûteux pour le contribuable de s’attaquer à la spéculation pour limiter la volatilité des prix.