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OCM : les eurodéputés souhaitent renforcer les outils de gestion des crises

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Eric Sargiacomo (S&D, France) en commission de l'Agriculture du Parlement européen Crédits : © European Union

Le renforcement des outils de gestion des crises a été un sujet central pour les groupes politiques de la commission de l’Agriculture du Parlement européen lors du débat sur la réforme de l’OCM. Face à ces positions, Bruxelles a encore averti : il faut maintenir l’orientation vers les marchés pour garantir la compétitivité du secteur.

À l’occasion de leur réunion du 2 septembre, les eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont eu l’occasion d’échanger au sujet les amendements au projet de rapport sur la révision du règlement OCM préparé par le socialiste français Éric Sargiacomo. Ce dernier s’est d’ailleurs félicité des 1 411 amendements déposés, ce qui, selon lui, marque l’importance accordée au texte. Il note également « beaucoup de convergence vers l’approche générale de [son] rapport », notamment la volonté de renforcer les outils de stabilisation des marchés. Pour lui, il ne s’agit pas de remettre en cause le jeu de l’offre et de la demande mais d’avoir des outils efficaces pour limiter les variations dans les deux sens.

D’une manière générale, les groupes politiques ont défendu la nécessité de disposer de mécanismes permettant d’agir de manière précoce en cas de crise et d’anticiper les difficultés. Mais à droite, le conservateur roumain Claudiu-Richard Târziu prévient « qu’il ne faudra pas construire plus de bureaucratie et respecter la compétence des États membres ». Les centristes Jérémy Decerle et le démocrate-chrétien Daniel Buda y voient l’opportunité de renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement. Au-delà, le rapporteur plaide également une hausse des prix d’intervention de 80 % par rapport au niveau moyen des coûts de production. Un seuil que les Patriotes souhaiteraient voir passer à 100 %. Enfin, sur la constitution de stocks stratégiques, Éric Sargiacomo se félicite qu’un « tabou [soit] tombé » et appelle maintenant à élargir le périmètre tandis que la Verte italienne Cristina Guarda a reconnu que ces stocks pourraient servir de levier vers un système plus résilient face au changement climatique.

Tourné vers les marchés

De son côté, la Commission européenne a mis en garde les députés contre le risque d’une remise en cause de l’orientation de la Pac vers les marchés. « Nous devons avoir un filet de sécurité pour les circonstances véritablement exceptionnelles mais celui-ci ne doit pas devenir un instrument pour piloter les marchés par le biais de déclenchement automatique ou d’intervention publique permanente », a donc répondu la représentante de la DG Agriculture. Et d’ajouter que « lier les seuils aux mesures de production et demander des actions quand les prix tombent au-dessous d’un certain niveau risque de faire plus de mal que de bien. Les seuils de référence risquent de devenir des prix d’orientation et ce qui affecterait la compétitivité des agriculteurs ».

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Les négociateurs des différents groupes politiques vont pouvoir à présent entamer leurs négociations en vue de parvenir à des compromis. Pour le rapporteur, il sera crucial « d’avoir un mandat de négociation clair et ambitieux du Parlement européen par rapport à la proposition de la Commission ».

FM