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OCM : le Parlement européen entame ses travaux sur la réforme

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Eric Sargiacomo (S&D, France) en commission de l'Agriculture du Parlement européen Crédits : © European Union

Les discussions sur la réforme du règlement OCM ont commencé au Parlement européen avec la présentation du rapport du Français Éric Sargiacomo. Un texte vu comme une bonne base de travail par les groupes politiques. Toutefois, Bruxelles prévient : il faudra maintenir l’orientation vers le marché.

Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen ont tenu, à l’occasion de leur réunion du 29 juin, un premier échange de vues autour du projet de rapport sur la révision du règlement OCM préparé par le socialiste français, Éric Sargiacomo. Ses principales propositions : la constitution de stocks stratégiques alimentaires sur le modèle finlandais, le renforcement du pouvoir de négociation des agriculteurs dans la chaîne de valeur ou encore l’amélioration des outils de gestion des crises. Un rapport vu comme un bon point de départ pour la négociation par les rapporteurs fictifs même si certaines questions nécessitent des discussions approfondies. C’est le cas notamment des dénominations de viande. Si le rapporteur estime que la révision ciblée du règlement OCM a permis de mettre fin au débat, ce n’est pas le cas pour certains parlementaires. Le Roumain Daniel Buda (PPE, droite) plaide pour aller encore plus loin. De son côté, l’Irlandais Luke Flanagan (La Gauche) estime qu’insister sur ce sujet est contreproductif et entraînera un « effet Streisand ».

Lire aussi : Éric Sargiacomo, rapporteur du Parlement européen sur la réforme de l’OCM « Le cœur du sujet, c’est la régulation »

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Le Français Gilles Pennelle (Patriotes, extrême droite) s’est réjoui de voir la question des prix agricoles au cœur du débat et en a profité pour réclamer la fixation des seuils d’intervention à 100 % des coûts de production (contre 80 % dans la proposition du rapporteur) et le rétablissement de prix d’entrée élevés pour les produits importés afin de contrer la concurrence déloyale des pays tiers. L’Allemand Martin Hausling (Verts), lui, a souligné que la dimension européenne du stockage public devait être renforcée avec une distinction claire entre stocks d’urgence et de réserve.

Une question d’orientation

Le centriste français Jérémy Decerle a insisté sur la nécessité de renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs afin de « reprendre la main sur les marchés et la manière dont les agriculteurs sont traités ». De son côté, la Commission européenne a partagé l’ambition des eurodéputés en matière de résilience du secteur agricole et de sécurité alimentaire. Toutefois, Bruxelles fait part de ses craintes quant à une éventuelle remise en cause de l’orientation vers le marché du règlement par le rapport de la Comagri. « Les instruments de gestion du marché sont importants pour assurer la stabilité dudit marché mais il est nécessaire de conserver ce filet de sécurité pour des circonstances exceptionnelles et s’en servir comme des mesures d’intervention publique permanentes », a indiqué Pierre Bascou de la DG Agriculture qui représentait l’exécutif européen. Les eurodéputés ont jusqu’au 15 juillet pour déposer leurs amendements.