Agra Fil du 3 juillet 2026

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Budget de la MSA 2026-2030: consolidation d'objectifs, baisse des effectifs

Dans un communiqué de presse le 2 juillet, la MSA indique que son Conseil d'administration a adopté la veille la Convention d'objectifs et de gestion (COG) 2026-2030 qui fixe les priorités pour les cinq prochaines années. Les crédits de l'action sanitaire et sociale (FNASS) sont en augmentation. Le budget consacré à la prévention du mal-être agricole progresse également de 50 %. Les fonds dédiés à la prévention santé (FNPEISA) augmentent de 11% permettant de renforcer la contribution de la MSA aux politiques de santé publique au bénéfice de ses adhérents. Des investissements dans les systèmes informatiques et le patrimoine immobilier sont aussi prévus. Reste l’épineux dossier des effectifs. Un objectif de diminution de 575 CDI à l’horizon 2030 est fixé, ce qui correspond au remplacement d’environ deux départs à la retraite sur trois. Par ailleurs, le transfert complémentaire de 130 autres postes, initialement financés dans le cadre de la COG, vers les activités autofinancées de la MSA est également acté. « Après avoir connu durant les cinq dernières années une baisse de 15%, les moyens attribués au fonctionnement - indispensables à l'exercice des missions des agents et des délégués - sont stabilisés » note la MSA.

Foncier : les sénateurs rétablissent des droits renforcés pour les Safer

Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole (LUA) le 2 juillet, les sénateurs ont rétabli des dispositions visant à renforcer les droits des Safer, qui avaient été supprimées en commission. Ils ont adopté des amendements, issus du gouvernement et des bancs de la gauche jusqu’à la droite, portant de cinq à dix ans la durée pendant laquelle la Safer peut intervenir sur la préemption de bâtiments agricoles. Avec les avis favorables de la commission et du gouvernement, les sénateurs ont également réintroduit l’instauration d’un droit de visite avant l’exercice du droit de préemption des Safer, votée par les députés. À l’Assemblée le 29 mai, des amendements du gouvernement et des socialistes avaient introduit cette disposition en complétant la LUA par une version retravaillée de la PPL Dufau sur le renforcement du droit de préemption. Via d’autres amendements du gouvernement et de la gauche jusqu’à la droite, les sénateurs ont rétabli le 2 juillet l’obligation d’informer les Safer de l’ensemble des baux emphytéotiques portant sur des biens ou droits immobiliers à usage ou à vocation agricole. Il s’agit entre autres de « détecter d’éventuels contournements », soulignent plusieurs exposés.

Foncier/outre-mer: les sénateurs renforcent l’obligation de mise en valeur des terres incultes

Lors de l’examen de la loi d’urgence agricole le 2 juillet en séance publique, les sénateurs ont renforcé l’obligation de mise en valeur des terres incultes Outre-mer. Ils ont adopté, malgré les avis défavorables du gouvernement et de la commission, un amendement socialiste ramenant à deux ans (contre trois) le délai avant mise en demeure par le préfet. Les auteurs s’alarment d’une situation qui, laissée en l’état, « rendrait impossible la réalisation des objectifs de souveraineté alimentaire des territoires ultramarins ». Près de 12 000 hectares de zones agricoles sont aujourd’hui en friche à La Réunion, 12 000 en Martinique et 9 000 ha en Guadeloupe, d’après eux. En 2021, seuls 18 à 27 % de la superficie des départements et régions d’Outre-mer (hors Guyane) est destinée à l’agriculture, contre 52 % dans l’Hexagone, ajoutent-ils citant les données du ministère. Une plus forte artificialisation des terres est aussi relevée : 12 à 17 % dans les Drom (hors Mayotte et Guyane), contre 9,5 % en métropole. « Les terres agricoles en friche résultent de causes multiples : des difficultés pour les transmissions d’exploitation (occupations sans titre, indivisions non réglées), des retraites agricoles très basses, l’espoir de voir ses terrains déclassés en zone constructible, des jeunes qui manquent de moyens financiers », souligne l’exposé.

Zones humides : le Sénat pousse l'assouplissement encore plus loin

A l'occasion de l'examen du projet de loi d'urgence en séance publique le 2 juillet, les sénateurs ont à nouveau restreint la définition des zones humides, pour limiter le classement des zones agricoles dans cette catégorie et assouplir les conditions de construction d'installations hydrauliques. Un amendement a été adopté qui aménage une exception à la définition d'une zone humide pour « des parcelles agricoles cultivées depuis au moins cinq ans hors systèmes herbagés permanents » et les « zones humides créées consécutivement à des aménagements hydrauliques. » Il ajoute également que «les installations hydrauliques ayant pour objet le stockage de l’eau et contribuant à la création de milieux présentant des fonctionnalités écologiques équivalentes sont assimilées à des opérations de restauration de zones humides». Lors de l'examen en commission des affaires économiques, les sénateurs avaient remis sur la table la définition proposée dans la proposition de loi Entraves, à laquelle le gouvernement s'est systématiquement opposé. Dans le texte initial, le gouvernement visait à «proportionnaliser la compensation exigée des porteurs de projet en zone humide en fonction de l’état de fonctionnalité de ladite zone», et à assouplir es prescriptions techniques applicables aux plans d’eau de moins d’un hectare en zone humide. 

Eau/pesticides : actions d'ONG écologistes devant le Sénat contre la loi d’urgence

Plusieurs militants d’Action Justice Climat ont mené, tôt le 2 juillet, une action d’opposition à la loi d’urgence agricole à proximité du Sénat, où le texte est actuellement examiné, avant que la sécurité n’intervienne, a constaté une vidéaste de l’AFP. Les militants ont tenté de repeindre une palissade, attenante au Sénat, avec des slogans comme « Duplomb : Non, c’est non », « nourrir, pas détruire » et « pour des lois qui protègent », selon un communiqué du collectif. Cette mobilisation intervient après l’intégration, dans la loi d’urgence agricole, d’amendements visant à réintroduire, par dérogation et contre l’avis du gouvernement, deux pesticides interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe : l’acétamipride et le flupyradifurone. « Laurent Duplomb et d’autres sénateurs font quelque part un véritable bras d’honneur à la mobilisation citoyenne, qui s’est exprimée l’an dernier, en remettant, aujourd’hui, dans le texte, la réintroduction des néonicotinoïdes », a réagi de l’AFP Julien Rivoire, chargé de campagne chez Greenpeace. Pour rappel, une mesure similaire avait entraîné, en 2025 la signature d’une pétition par plus de deux millions de citoyens avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel. Plus largement, les associations environnementales conteste l’ensemble du projet de loi, dont elles dénoncent également les assouplissements adoptés ces derniers jours en matière de gestion de l’eau au profit des agriculteurs. 

Bio : les propositions de la Maison de la bio en vue de la présidentielle

La Maison de la Bio, fédération qui va des agriculteurs aux distributeurs de la filière, a publié le 2 juillet quinze propositions en vue de l’élection présidentielle, défendant l’agriculture biologique comme «une réponse crédible» aux défis sur la santé, l’eau, l’environnement et la souveraineté alimentaire. Parmi leurs propositions figurent deux points actuellement discutés au Sénat dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole. Prioriser l’agriculture bio dans les aires de captage d’eau potable - le gouvernement est favorable à ce que ce soit une solution parmi d’autres - et exiger de la distribution et de la restauration qu’ils communiquent la part annuelle de leurs achats en produits "durables et de qualité". La fédération demande aussi une "fiscalité différenciée selon l’impact écologique et social" des entreprises et l’installation d’une interprofession bio ainsi que de référents dans les ministères de l’Economie, de la Santé et de l’Education, en plus de l’Agriculture. Elle souhaite également un renforcement de l’Agence Bio, qui dépend du ministère de l’Agriculture, un temps menacée de disparition lors des débats budgétaires 2025. Depuis un changement de gouvernance, l’Agence Bio ne prend plus frontalement position sur des sujets politiques.

Herbicides : Bayer crée une entité distincte pour le glyphosate, et s'envole en Bourse

Le géant allemand de l'agrochimie Bayer s'envolait le 2 juillet à la Bourse à Francfort, après l'annonce d'un regroupement des activités glyphosate aux États-Unis dans une nouvelle entité, susceptible de limiter les risques judiciaires lié au désherbant controversé Roundup. Vers 14h00 GMT, le cours de l'action Bayer prenait 7,27% au sein d'un indice Dax prenant plus de 2%. Le même jour, le groupe a dit dans un communiqué vouloir créer une nouvelle entité, nommée Ruveon, afin « d' optimiser » et « aligner » la production de l'herbicide aux « besoins spécifiques du marché américain ». Basée à Saint-Louis (Missouri), elle « se concentrera sur tous les aspects du glyphosate aux Etats-Unis, notamment la tarification, les stratégies de mise sur le marché, la production et la logistique, et sera seul responsable de cette activité ». L'annonce intervient une semaine après la décision rendue par la Cour suprême des Etats-Unis en faveur de Bayer, qui pourrait rendre caduques des dizaines de milliers de plaintes visant son herbicide phare à base de glyphosate, le Roundup. Le regroupement des activités américaines du glyphosate dans une entité dédiée pourrait, à terme, faciliter une éventuelle cession de l'activité, et réduire son exposition à de nouveaux contentieux.

Phytos : le belge Tessenderlo acquiert 20 % du capital de l'américain FMC

Le fabricant de pesticides américain FMC Corporation et le groupe belge Tessenderlo annoncent le 30 juin avoir conclu un accord aux termes duquel Tessenderlo détient désormais 20 % des actions de FMC : une transaction de 400 millions de dollars américains (soit près de 13,3 $ l’action). Pour Luc Tack, directeur général de Tessenderlo (2,8 milliards de chiffre d’affaires, 7000 salariés, présence dans 100 pays), l’enjeu est de « développer une plateforme agricole via des investissements stratégiques phares », tout en précisant que « FMC présente un potentiel significatif à long terme, porté par une nouvelle génération de molécules ». FMC compte sur cette enveloppe pour « rembourser sa dette », « faire progresser son portefeuille de projets de R&D » et « accélérer la commercialisation de ses innovations », précise son PDG Pierre Brondeau. Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus globale de FMC pour « bloquer des capitaux, affiner son orientation stratégique et améliorer sa flexibilité financière ». Parmi les opérations déjà actées, citons le partenariat avec Corteva autour de la molécule rimisoxafen, la cession de ses activités commerciales en Inde ou la levée de 1,2 milliard de dollars dans le cadre d’une émission d’obligations. (Anne Gilet)

Céréales : importantes baisses de surfaces de blés aux USA et au Canada

Les autorités états-uniennes et canadiennes ont indiqué le 30 juin, dans des rapports, tabler sur des reculs sensibles de leurs assolements de blés (blé tendre d’hiver, de printemps, blé dur) entre 2025 et 2026. Selon le département américain de l’agriculture (USDA), la sole nationale de blé s’effriterait de 6 % par rapport à l’an dernier, à 42,7 millions d’acres (Ma), soit 17,28 Mha. Ce chiffre inclut le repli de celle de blé de printemps 2026, de 6 % par rapport à 2025, pour tomber cette année à 9,39 Ma, soit 3,8 Mha.  Celle de blé dur décrocherait de manière encore plus drastique, de 16 %, à 1,83 Ma, soit 740 000 ha. Le même jour, StatCan rapportait un recul de la sole canadienne de 5,9 %, à 25,3 Ma (10,2 Mha). Celle de blé de printemps décrocherait de 3,9 %, à 18,1 Ma (7,32 Mha). Comme aux USA, l’effritement en blé dur est particulièrement intense, de 10,3 %, à 5,9 Ma (2,38 Mha). Notons la hausse de surfaces d’oléagineux dans les deux pays. Aux USA, celle de soja atteindrait 85,4 Ma (34,56 Mha), en hausse de 5 % par rapport à 2025. Celle de canola au Canada atteindrait un record de 23,4 Ma (9,46 Mha), en hausse de 8,4 % par rapport à l’an dernier.

Céréales/coopératives : Cérèsia se diversifie dans la production de bières artisanales

Le 1er juillet, le groupe Cérèsia annonce avoir acquis la brasserie artisanale la Bouquine, implantée en périphérie de Reims, dans la Marne. Avec une production annuelle de 1600 hectolitres pour près de 100 tonnes de malt utilisé, cet établissement affiche un chiffre d’affaires d’un million d’euros et emploie sept personnes. Cet investissement s’inscrit, pour Cérèsia, dans sa feuille de route stratégique à l’horizon 2027 et articulée notamment autour de la diversification de ses activités pour « réduire la dépendance de son activité d’appro et de collecte dans un contexte de marchés agricoles fluctuants ». Ce rachat permet également à la coopérative de renforcer son ancrage territorial, de valoriser les ressources agricoles locales, de développer un projet en circuit court en misant sur une enseigne qui affiche une bonne notoriété et « une stabilité économique solide ». Distribuée régionalement dans les établissements de restauration et de boissons ainsi qu’au bar de la brasserie, la gamme de bières proposées a vocation à s’enrichir dans les mois à venir pour s’adapter au plus près des nouvelles tendances des consommateurs. (Anne Gilet)

Meunerie: Nestlé accuse la farine dans le scandale des Pizzas Buitoni, l’ANMF dément

Dans un article d’Ici (France Bleu) du 2 juillet, un porte-parole du groupe agroalimentaire Nestlé France affirme que la bactérie pathogène (E. coli STEC) à l’origine du scandale sanitaire des pizzas contaminées Buitoni, ayant conduit à la mort de deux enfants en 2022, se trouvait dans « la farine livrée à l’usine de Caudry (Nord) ». Également contacté par le média, l’ANMF (meunerie française) a contesté l’information. Nestlé France affirme avoir obtenu ces résultats via ses propres analyses sur la farine de son fournisseur, le groupe Moulins Familiaux. Le média a contacté le dirigeant du groupe meunier Thomas Maurey, qui s’est dit « très surpris par la démarche de Nestlé France », ajoutant qu’aucune contamination « n’a jamais été découverte depuis quatre ans ». L’ANMF assure de son côté qu’une étude « lancée dès 2022 avec le laboratoire national de référence, a porté sur près de 60 échantillons de farines françaises provenant de toutes les régions. Aucune E. coli STEC n’a été détectée ». L’association affirme enfin au média que les silos de l’usine Buitoni de Caudry « n’avaient pas été nettoyés depuis sept ans ».

Volailles/canicule : 2,5 à 3 millions de volailles mortes dans le grand Ouest, selon Anvol

L’interprofession Anvol de la volaille de chair comptabilise « entre 2,5 et 3 millions de volailles victimes de la canicule dans le grand ouest, soit moins de 1 % de la production annuelle nationale », a indiqué son directeur Yann Nédelec à Agra Presse le 2 juillet. Le Morbihan, premier département producteur de volailles du quotidien (vs en plein air) est celui qui enregistre le plus de pertes. La préfecture du Morbihan, a informé Agra Presse le soir du 1er juillet que 225 élevages avicoles avaient présenté une surmortalité liée à la canicule, selon la cellule de crise départementale, pour un poids total de 1880 tonnes. Pour un département comptant quelque 800 élevages avicoles, cela représente plus du quart d’élevages affectés. Selon Yann Nédelec, « les éleveurs se sont déjà bien équipés (brumisation  turbines, etc.) mais l'intensité de cette canicule a dépassé les prévisions et l'âge des poulaillers, leur orientations, etc. sont aussi des facteurs de risque ». La perspective de canicules plus fréquentes inspire à l’interprofession la nécessité de « poursuivre et optimiser les dispositifs pour faire face », selon le directeur, comme d’investir davantage en cooling (entrée d’air refroidi à travers une paroi mouillée).

Elevage/canicule : La CR demande de refonder la politique de l’équarrissage

Dans un communique du 2 juillet, la Coordination Rurale demande la prolongation des dispositions exceptionnelles de traitement des cadavres d’animaux victimes de la canicule de juin et une révision en profondeur de la politique française d’équarrissage. Alors que les arrêtés préfectoraux permettant l’enfouissement sur déclaration arrivaient à échéance le 1er juillet, le syndicat souhaite leur maintien « tant que l’enlèvement et le traitement des cadavres d’animaux n’auront pas retrouvé un fonctionnement normal » ainsi que la mobilisation des installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND) avec une prise en charge par l’Etat. Quant à la politique de l’équarrissage, la Coordination suggère que les chambres d’agriculture et organisations syndicales représentatives soient associées aux réflexions afin « d’apporter une vision concrète des réalités de terrain ». Elle constate, comme pendant l’épizootie de DNC (dermatose nodulaire bovine), que l’équarrissage « reste insuffisamment dimensionné » pour faire face à des crises sanitaires d’ampleur. Elle demande enfin « une clarification des responsabilités en période de crise » et une meilleure anticipation des crises.

Lait : Sodiaal a payé le lait 505 €/1000l en 2025, « contexte difficile » en 2026

La coopérative Sodiaal a dévoilé le 2 juillet le prix du lait payé aux adhérents en 2025 : 505 euros les 1000 litres, toutes primes et résultat inclus, soit un niveau « historique », selon Jean-Michel Javelle, président de Sodiaal. Mais « l'exercice 2026 s'ouvre dans un contexte sensiblement plus difficile pour la coopérative, et en particulier pour ses éleveurs » à cause de la surproduction mondiale, amorcée au second semestre 2025, qui « continue de peser sur les marchés et les cotations. » La coopérative souligne « les pressions inflationnistes sur l'énergie, les intrants et la logistique » qui renchérissent des charges de production déjà élevées, auxquelles s’ajoute les vagues de chaleur précoces. A l’aval, la situation est aussi difficile. Sodiaal « a reçu une fin de non-recevoir de la part des enseignes opposées à une réouverture des épineuses négociations annuelles », selon le Figaro, alors que la coopérative voulait revoir ses tarifs à cause de la hausse des emballages. « Les agriculteurs et notre coopérative ne peuvent pas encaisser l’ensemble de ces surcoûts. Il faut une responsabilité collective de toute la chaîne de valeur, y compris des consommateurs », plaide le directeur général Antoine Collette.

Protéines animales : la Chine pourrait devenir excédentaire d'ici 2040 (rapport)

Dans un document de travail, publié en avril, le cabinet d’étude anglo-saxon Systemiq estime que la Chine est capable d’atteindre un solde commercial positif pour les protéines animales d’ici 2030 et de devenir un « exportateur majeur » sur le marché mondial d’ici 2040. Les analystes s’appuient sur deux hypothèses fortes. Ils prévoient d’abord que la démographie déclinante de la Chine pèsera fortement sur la demande intérieure, avec une demande totale de protéine en déclin dès 2040. Ils estiment ensuite que la stratégie du pays dans les biotech (NGT, fermentation de précision, protéines alternatives) est comparable à celle qu’il avait suivie il y a trente ans avec les véhicules électriques et le photovoltaïque (clusters, financement, régulation). Et qu'elle pourrait connaître le même succès. « Des signaux précoces indiquent que la Chine est entrée dans l’année zéro de la transformation du système alimentaire », estiment les auteurs. « Des politiques gouvernementales nouvelles et émergentes ciblent la sécurité alimentaire, avec un pilier central autour de la reconfiguration de l’offre de protéine par l’innovation technologique, notamment les process alternatifs de production de protéine ». Ainsi, le cabinet prévoit que les protéines alternatives représenteront 35 %-55 % de la demande de viande bovine, produits laitiers et produits de la mer en 2050. Trois experts interrogés partagent à grands traits l’analyse, mais prennent leurs distances avec la vitesse des changements de consommation prévus par les auteurs (lire l'article complet)

Protéines alternatives : des projets d'usines pour se passer complétement d'agriculture

De premières usines de production de protéines issues de fermentation gazeuse (hydrogène, méthane, dioxyde de carbone) voient le jour depuis deux ans, pour les marchés de l'alimentation humaine et animale. Le gaz remplace ici le sucre, utilisé par la plupart des start-up de protéines in-vitro (viande, lait), et rompt ainsi complètement le lien avec l'agriculture (lire notre article complet). La start-up finlandaise Solar Foods vient d'obtenir 77,8 millions d'euros de subventions et prêts publics nationaux pour construire sa première usine de production à grande échelle. Selon Agfunder news, elle projette de produire 3200 tonnes de protéine pour l'alimentation humaine (compléments sportifs) d'ici 2028. Comme la viande in-vitro, elle a obtenu un feu vert sanitaire de Singapour et aux Etats-Unis, où elle est déjà commercialisée, mais pas encore en Europe ou en Chine. En Arabie saoudite, les danois d'Unibio sont actuellement en train de construire une vaste usine d'aliment pour animaux (aquaculture) ; elle sera capable de produire 50 000 tonnes de protéine par an au démarrage (prévu en 2028), et 300 000 tonnes à terme, selon Agfunder. Leur partenaire, le géant saoudien Siig, est l'un des plus gros producteurs de gaz au monde. En Chine, les californiens de Calysta opèrent avec l'ex-français Adisseo (groupe Sinachem) depuis 2024 une usine d'une capacité de 20 000 tonnes pour l'alimentation animale de l'aquaculture. Son produit est importé en Europe depuis 2025.

Maraîchage/canicule : Légumes de France veut un plan pour protéger les cultures

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur est annoncée, Légumes de France travaille à l’actualisation de sa proposition «cultures protégées» initialement présentée au dernier salon de l’agriculture, a appris Agra Presse. Elle vise à sécuriser la production, avec des objectifs d’augmentation de volumes, face aux effets des changements climatiques (intensification des aléas climatiques, ressource en eau, évolution des bioagresseurs et volatilité des rendements). Dans un document qu’Agra Presse a pu consulter, le syndicat considère que «sur le plan financier, les coûts d’investissement chiffrés par la filière sur 10 ans équivalents à 900 M€ en abris froids, 720 M€ en serres chaudes, 51 M€ pour les abris climatiques, dans l’hypothèse d’un soutien public à hauteur de 30% pour l’hexagone et 75% pour l’Outre-Mer, le besoin d’accompagnement s’élèverait de l’ordre de 52 M€/an. La mise en place de leviers financiers tels que le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) constitue un soutien essentiel à l’investissement». Pour Légumes de France, il s’agit d'augmenter de 20% les surfaces en cultures physiquement protégées d’ici 5 ans, et de 30% d’ici 10 ans.

Spiritueux : les ventes poursuivent leur déclin, alerte sur les entreprises (profession)

Recul en grandes surfaces et à l’export, léger mieux en cafés et restaurants : les ventes de spiritueux restent à la peine, a indiqué le 2 juillet la FFS (profession). L’an dernier dans les GMS, elles ont à nouveau baissé, de -2 % en volume et -1,6 % en valeur, avec une même tendance sur les cinq premiers mois de 2026, selon la fédération, citant Nielsen. Les ventes en café, hôtellerie, restauration (CHR) ont bien tenu, affichant +1,1 % en volume et +1,8 % en valeur. Ce débouché représente toutefois quelque 21 M de litres, contre 240 M en grandes surfaces. Pour la filière, le plus gros choc vient de l’international. Les exportations ont chuté en 2025 de 17,4 % en valeur (à 3,7 Md€), de 5,2 % en volume. Une baisse liée aux tensions commerciales avec les Etats-Unis et la Chine, les deux premières destinations des spiritueux français. Dans ce contexte, la situation des entreprises se tend. Elles sont exposées à l’alourdissement des coûts de production (énergie, matières premières, emballages, salaires, transport) et peinent à les répercuter auprès des distributeurs. Au premier semestre 2026, 65 % d’entre elles ont vu leurs marges se contracter, 57 % ont noté une baisse de leur chiffre d'affaires et 69 % de leur trésorerie, selon la FFS.

Agenda de la semaine agricole du 6 juillet 2026

Lundi 6 juillet
Session plénière du Parlement européen, jusqu'au 9 juillet (amendement à la Pac, UE/Mexique) 
Le Sénat examine en séance publique la PPL « montagne vivante et souveraine »
Congrès international du terroir (vin) à Angers
Présentation d'une filière éthanol bas carbone française, à Beine-Nauroy (51)
Conférence de presse Azura (tomates du Maroc)

Mardi 7 juillet
Présentation de la stratégie élevage et du plan Protéines de la Commission européenne
Présentation du 8ème rapport annuel du Haut conseil pour le climat
Réunion de la commission des comptes de l'agriculture de la Nation (CCAN)
Troisième carrefour des PAT, à Tours

Mercredi 8 juillet
Conférence de presse semestrielle du Sedima (machinisme)
Visioconférence sur les plants de châtaigniers résistants à l'encre

Jeudi 9 juillet
Conférence de presse de présentation du rapport annuel de l'Autorité de la concurrence
Visioconférence de l'Iris sur la « Géopolitique des fruits et légumes »
Voyage de presse IGP Sapin de Noël du Morvan