UE/Etats-Unis : Trump menace à nouveau l’UE de sanction en cas de taxe sur le numérique
Alors que le Conseil de l’UE a finalisé, le 25 juin, la mise en œuvre des engagements tarifaires convenus dans le cadre de la déclaration transatlantique de juillet, le président américain menace à nouveau les Européens de surtaxes douanières. Dans un message posté le 26 juin sur son réseau social Truth Social, Donald Trump avertit qu’il mettra « immédiatement » un droit de douane de 100 % sur toutes les marchandises expédiées aux États-Unis pour les pays de l’UE qui appliqueront une taxe sur les services numériques pour les entreprises américaines. Et d’ajouter : « Ce droit de douane prévaudra sur tous les accords commerciaux conclus avec ce pays, qu'ils soient mis en œuvre, signés ou non ». Une démarche similaire a déjà été utilisée à la mi-juin par le locataire de la Maison Blanche pour faire pression sur la France, promettant d’instaurer de 100 % sur les exportations françaises de vins et de champagnes. De son côté, la Commission européenne a fait savoir qu’elle réagirait « rapidement et avec détermination » en cas d’exécution de ces menaces. Et d’ajouter que « les mesures unilatérales visant des politiques légitimes sont injustifiées ».
Revenus agricoles : la FAO et l’OCDE soulignent les risques liés à la multiplication des crises
L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont publié, le 29 juin, leur rapport conjoint sur les perspectives agricoles à l’horizon 2035. Parmi leurs principales conclusions, les auteurs estiment que le revenu agricole brut moyen au niveau mondial devrait augmenter de 9% sur la prochaine décennie (2026-2035) grâce notamment aux gains de productivité. Ils mettent, cependant, en garde contre la volatilité des marchés consécutive aux crises et aux conflits. Les auteurs affirment ainsi que si la fréquence des chocs reste la même qu’actuellement, il existe une probabilité de 25% que les revenus agricoles en 2035 soient inférieurs aux niveaux actuels. Ils n’en omettent pas pour autant les risques immédiats. Ainsi, la production agricole en 2027 devrait probablement subir les conséquences de la flambée du prix de l’énergie et de la baisse de la consommation d’engrais issue du conflit au Moyen-Orient. A ce titre, ils avancent que si les pays à revenu élevé sont à même d’absorber ces chocs, les pays à faible revenu voient la sécurité alimentaire de leur population se détériorer.
OCM : les Vingt-sept finalisent l'accord sur les contrats écrits et les dénominations de viande
Après la validation par la plénière du Parlement européen le 16 juin, le Conseil de l’UE a entériné, le 29 juin, la révision ciblée du règlement sur l’organisation commune des marchés (OCM). Ce texte, présenté par la Commission européenne en décembre 2024 en réponse aux manifestations agricoles, est destiné à renforcer la position des producteurs dans la chaîne agroalimentaire ; concrètement, cette révision prévoit, sous conditions, la généralisation des contrats écrits, notamment dans le secteur laitier. À cela s’ajoute la possibilité pour les organisations de producteurs, même non reconnues, de déroger au droit de la concurrence dans certains cas. Enfin, le texte permet de réserver aux produits à base de viande l’utilisation d’une trentaine de noms liés aux découpes de viande ou aux espèces (dont « blanc », « bacon » ou « steak »). Toutefois, les termes « burger » ou « saucisse » n’y figurent pas. Le règlement révisé doit à présent être publié au Journal officiel de l’UE pour entrer en vigueur. Les nouvelles règles concernant les dénominations de viande ne s’appliqueront qu’après une période de transition de trois ans afin de laisser au secteur le temps de s’adapter.
A69 : le Conseil d'Etat valide l'autorisation environnementale de l’autoroute
Le Conseil d’État a validé le 29 juin l'autorisation environnementale de l'A69, rendant « définitive » une décision de la cour administrative d'appel de Toulouse. Dans un communiqué, « le Conseil d’État relève que le projet autoroutier répond à quatre objectifs : réduire le temps de trajet entre Castres et Toulouse, améliorer le cadre de vie des riverains, procurer un gain de sécurité routière et contribuer au développement de l'agglomération castraise ». Pour l'institution, « ni l'aménagement du réseau routier existant, ni la mise à deux fois deux voies de l'actuelle route nationale 126, ni l'amélioration de la liaison ferroviaire ne constituent une "solution alternative satisfaisante" dès lors qu'aucune de ces options ne permet de répondre de manière aussi efficace que la liaison autoroutière aux quatre objectifs ». En février 2025, le tribunal administratif de Toulouse avait annulé les autorisations environnementales de l'A69, estimant que le projet ne répondait pas à une « raison impérative d'intérêt public majeur » (RIIPM). La cour administrative d'appel de Toulouse avait annulé cette décision en décembre. Le Conseil d’État a ensuite été saisi par des associations qui, comme certains scientifiques, dénoncent les destructions de zones humides, de terres agricoles, d'arbres, d'écosystèmes et de nappes phréatiques liées au chantier.
Climat : les puits de carbone, notamment forestiers, diminuent en France, alerte Canopée
L’association de protection des forêts Canopée alerte, dans un rapport publié le 29 juin, sur le recul des puits de carbone forestiers en France, indispensables à l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Les forêts, principal puit de carbone du pays, doivent permettre de compenser une partie des émissions de CO2 que les efforts de sobriété et les progrès technologiques n’auront pas permis d’éliminer d’ici 2050. Or, selon le Citepa (pollution climatique), leur capacité d’absorption a baissé de plus de moitié depuis le début des années 2000. Une chute qui s’explique par trois facteurs : la hausse de la mortalité des arbres, leur croissance plus lente et l’augmentation des « prélèvements », précise Canopée. L’association estime que cette dégradation est « pour une part significative, le résultat de choix politiques identifiables et réversibles ». Elle critique en particulier la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), qui va « précipiter » cette chute, en augmentant la récolte en forêt de plus de 13 % d’ici à 2030, soit une dégradation du puits de carbone de 11 millions de tonnes équivalent CO2 par an. Aussi, l’association appelle à diminuer les prélèvements en bois et à « geler le développement des projets industriels augmentant la pression » sur les forêts.
Porc : le MPF modifie sa gouvernance et élit Laurent Ferchal à sa présidence
A l’issue de son assemblée générale, le 18 juin, le Marché du porc français (MPF) a élu à sa présidence Laurent Ferchal, représentant d’Eureden au conseil d’administration. Il succède à François Pot (Porélia), qui présidait l’outil de Plérin depuis 2015. Au préalable, le MPF a décidé en assemblée générale extraordinaire d'élargir la gouvernance de ses postes clés, en créant deux nouveaux postes de vice-présidents, et en réservant les postes de président et vice-présidents aux quatre principaux groupements participants (Porélia, Evel’Up, Porc Armor Evolution et Ereden), informe le MPF dans son communiqué du 18 juin. Jusqu'alors, le MPF était représenté par un président et un vice-président, issus de deux OP différentes. La nouvelle équipe est aux commandes pour un an. Deux collèges d’organisations constituent l’association, rappelle le directeur Pascal Le Duot: le collège des producteurs (OP) et le collège à vocation générale (chambres d’agriculture, Uniporc…).
Porc/volailles: en raison de la canicule, enfouissement permis dans l'Ouest jusqu'au 1er juillet
Un arrêté du 25 juin du préfet de Bretagne et de la Zone de défense et de sécurité Ouest (englobant Bretagne, Centre–Val de Loire, Normandie et Pays de la Loire) autorise exceptionnellement l’enfouissement de cadavres de porcs ou de volailles, pour un tonnage n’excédant pas 3 tonnes, jusqu’au 1er juillet « pour tenir compte de l’inertie de la crise caniculaire sur la mortalité animale ». L’arrêté oblige les propriétaires de cadavres de porcs et de de volailles à respecter un protocole et déclarer au préalable l’opération aux services de l’Etat. Le préfet souhaite ainsi encadrer le traitement de la surmortalité due à l’épisode caniculaire, « considérant les informations remontées par les organisations professionnelles et les maires d’enfouissements non déclarés ». Il veut aussi « préserver les capacités des outils industriels d’équarrissage pour le traitement des cadavres de ruminants ». Saturés, ceux-ci ont cessé de collecter des volailles et ne collectent qu’une partie des cadavres porcins, est-il considéré. Le préfet considère une surmortalité de 30% pour toutes les filières animales et des mortalités massives dans les espèces porcines et volailles.
Ovins : la production laitière par brebis en hausse de 4,6% en 2025
Le compte rendu du contrôle laitier ovin pour 2025 fait apparaître une hausse de la production par brebis de 13,8 litres (+4,58%), celle-ci atteignant « 314,9 litres pour une durée de 174 jours de traite, en hausse d’un jour par rapport à celle de l’année précédente », écrit l’Idele (institut de l’élevage) dans son compte-rendu publié le 22 juin. La hausse est constatée pour toutes les races. « En 2025, les races Lacaune, Manech Tête Rousse Basco Béarnaise et Manech Tête Noire voient leurs productions moyennes augmenter de respectivement 17,5 litres, 7,7 litres, 6,9 litres et 6,7 litres par lactation. » Seule la race Corse a une production moyenne stable par rapport à 2024. Le nombre d’animaux par troupeau augmente aussi pour atteindre désormais à 466 brebis par élevage, un chiffre en hausse de quatre brebis par rapport à l’année précédente. Le contrôle laitier ovin est basé sur les données de 741 exploitations qui ont fourni des résultats de lactations en 2025, soit neuf de plus que l’année précédente. « En 2025, le nombre total de brebis présentes à la mise-bas s’élève à 345 655, soit une hausse de 6 662 (+2%) », note l’Idele.
Engrais : l’AGPB presse l’exécutif de « concrétiser » l’aide européenne
Annoncée le 12 juin pour soutenir les agriculteurs face au renchérissement des engrais, l’aide européenne de 540 M€ tarde à être versée, s’impatiente l’AGPB (céréaliers, FNSEA). Et son président Éric Thirouin de réclamer au gouvernement français une « mise œuvre immédiate » dans des conditions « simples et accessibles à tous les producteurs », selon un communiqué le 29 juin. « Dans quelques semaines, une partie de nos récoltes sera achevée et nous ne savons toujours pas si nous aurons les moyens d’acheter de l’engrais pour la prochaine campagne, déclare-t-il. C’est pourtant aujourd’hui que nous devons anticiper nos assolements et nos approvisionnements avant les prochains semis, après il sera trop tard. » Alors que la récolte de céréales à paille s’annonce moyenne (lire notre enquête), l’AGPB fait part d’une « inquiétude » chez les céréaliers, dont « les trésoreries sont désormais dans le rouge pour la quatrième année consécutive ». Le 12 juin, la Commission européenne avait annoncé la mobilisation de 540 M€ dans le cadre de la réserve agricole, une enveloppe que les États membres peuvent compléter à hauteur de 200 % de fonds nationaux. Cette proposition de règlement, non encore votée à l’échelle à l’UE, doit être examinée mi-juillet en comité d'experts.
Cultures végétales: première détection de Popillia japonica en Bourgogne-Franche-Comté
Un scarabée japonais (Popillia japonica) a été capturé le 16 juin à Écot (Doubs) dans le cadre d’un plan de surveillance renforcée par piégeage déployé sur le territoire depuis 2021, rapporte le réseau Fredon, spécialisé dans la surveillance des risques sanitaires, dans un communiqué du 26 juin. Originaire d’Asie, ce ravageur est classé « organisme de quarantaine prioritaire » par l’Union européenne (UE), en raison de sa nuisibilité importante. Il s’attaque à plus de 400 espèces de plantes, parmi lesquelles la vigne, les arbres fruitiers, les petits fruits ou encore le maïs. Il s'agit de la première détection de Popillia japonica en région Bourgogne-Franche-Comté, et de la première détection sur le territoire national en 2026. « Les conditions laissent supposer qu’il s’agit d’un individu isolé (…) ayant vraisemblablement voyagé via le transport routier », souligne Fredon. A la suite de cette détection, la surveillance a immédiatement été renforcée. Des prospections sont actuellement menées par la Draaf, et se poursuivront dans les semaines à venir afin de confirmer qu’il s’agit d’un cas isolé. Cette situation fait écho aux premières détections enregistrées en France au cours de l’été 2025, dans le département du Haut-Rhin. L’insecte a également été identifié en Suisse, où il est établi depuis 2017, et en Italie, où il est présent depuis 2014.
Consommation : le naturel a moins la cote, selon le cahier de tendances du Sial 2026
Les nouveaux produits alimentaires lancés en France et à travers le monde affichent de moins en moins un caractère naturel ou une certification bio, selon le Baromètre mondial de l’innovation alimentaire de ProtéinesXTC, un des « partenaires experts » du Sial 2026 (Salon international de l’alimentation, du 17 au 21 octobre) dont les observations figurent dans les cahiers de tendance du salon. Parmi ces observations diffusées le 24 juin, « la naturalité » cède la place aux promesses de meilleure santé de « l’alimentation fonctionnelle » depuis plusieurs années, selon ProtéinesXTC. Le Bio pour sa part, apparaît pénalisé par « les arbitrages guidés par le prix dans un contexte d’érosion du pouvoir d’achat ». La preuve en est que les efforts de prix attractifs de Biocoop ou de Jardin Bio relancent la consommation. Si le naturel n’est plus l’argument clé des innovations, les consommateurs, eux, restent attachés pour la plupart à des ingrédients sûrs, aussi bien en France que dans le monde. A quatre mois du salon bisannuel, les cahiers font aussi ressortir la montée en flèche de l’offre mondial en produits estampillés locaux (également selon le Baromètre de ProtéinesXTC) , répondant à la recherche de proximité et de savoir-faire.
Semences potagères : Simon Walter prend la direction de Nunhems
Simon Walter prendra la direction de Nunhems, l’activité mondiale semences potagères de BASF au 1er septembre. Il succédera à Maximilian Becker qui a rejoint le directoire de la division Agricultural Solutions de BASF le 1er mai. Il est actuellement responsable de l’unité d’affaires Légumes au sein du groupe KWS. Simon Walter dispose de plus de sept ans d’expérience dans l’industrie mondiale des semences. Il a rejoint le groupe KWS en 2019 et a depuis occupé plusieurs postes de direction au sein de l’organisation.
Bovins viande : Stéphane Peultier élu nouveau président d’Elvea France
Stéphane Peultier a été élu président d’Elvea France pour la mandature 2026-2029 lors du conseil national du réseau d’organisations de producteurs de bovins viande, tenu le 25 juin. Il est éleveur en Meurthe-et-Moselle, en race Salers, en Gaec. « Après douze années à la présidence d’Elvea France, Philippe Auger a fait valoir ses droits à la retraite. Les membres du conseil, ainsi que le réseau, le remercient chaleureusement de son engagement et de son implication au sein de la fédération », écrit Elvea France dans un communiqué du 29 juin. Stéphane Peultier « a rappelé sa détermination pour renforcer le réseau Elvea ainsi que les relations avec les commerçants, mais également pour accompagner les organisations de producteurs adhérentes sur les sujets qui les animent. » Elvea France, section de la Fédération nationale bovine (FNB), fédère 37 associations d'éleveurs.