UE/États-Unis : les Vingt-sept finalisent les textes issus de l’accord transatlantique
Comme prévu, le Conseil de l’UE a adopté, le 25 juin, les deux règlements mettant en œuvre les engagements tarifaires convenus dans le cadre déclaration transatlantique conclu en juillet à Turnberry (Écosse), finalisant ainsi la procédure avant la date butoir fixé par le président américain Donald Trump. Ces textes, qui visent à améliorer l’accès au marché européen pour certains produits agroalimentaires américains, vont à présent être signés et publiés au Journal officiel de l’UE. Ils entreront en vigueur le lendemain de leur publication. Toutefois, un certain nombre de garde-fous ont été ajoutés comme une clause de suspension en cas de non-respect des engagements ou encore une clause de sauvegarde renforcée. Une clause de déchéance (ou « sunset clause ») figure également dans le texte prévoyant la fin automatique des mesures au 31 décembre 2029. Dans l’intervalle la Commission européenne devra présenter une évaluation complète de l’incidence de ces règlements sur les flux commerciaux transatlantiques. Elle l’accompagnera, le cas échéant, d’une proposition visant à étendre leur application.
Guerre en Iran : Trump demande une rallonge budgétaire de 11 Md$ pour l’agriculture
Le président américain Donald Trump a demandé, le 24 juin, au Congrès des États-Unis un complément budgétaire de 88 milliards de dollars (Md$) dont la très grande majorité doit lui permettre de répondre à « des besoins urgents » liés à la guerre en Iran. Si une très large partie de ce montant est destinée à la Défense, 11,1 Md$ seraient dédiés à l’agriculture afin d’aider les producteurs américains, dont 10 milliards comme aide temporaire pour les semis de 2026. Le reste est demandé pour aider les producteurs de Floride ayant subi une tempête dévastatrice. Une proposition saluée par le président de l’American Farm Bureau, Zippy Duvall, qui appelle maintenant les deux camps politiques au Congrès à « répondre à l’appel de la Maison Blanche ». Mais celle-ci pourrait bien se heurter à un mur car la quasi-totalité des démocrates s’opposent au conflit depuis le début, et certains élus de la majorité républicaine commencent à s’interroger sur les coûts qui en découlent, avance l’AFP. « Le président Trump demande aux contribuables de nettoyer le bordel qu’il a engendré », a ainsi résumé le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, dans un communiqué.
Santé : les eurodéputés plaident pour l'étiquetage nutritionnel et des dangers de l'alcool
La commission de la santé publique du Parlement européen a adopté, le 24 juin, son projet de rapport d’initiative en réponse au plan européen de lutte contre les maladies cardiovasculaires, présenté en décembre par Bruxelles. Les parlementaires saluent la volonté de lutter contre les principaux facteurs de risque comme le tabagisme, la consommation d’alcool « en particulier à des niveaux dépassant les recommandations sanitaires scientifiquement établies » et une alimentation malsaine. Leur texte préconise de rehausser les taxes appliquées à l’alcool ainsi que l’introduction d’étiquettes d’avertissement sanitaire obligatoires sur les boissons alcoolisées, comprenant des informations sur les risques cardiovasculaires. Le projet de rapport appelle aussi à adopter des mesures contraignantes pour améliorer l’environnement alimentaire, notamment un étiquetage nutritionnel obligatoire sur la face avant des emballages, des objectifs juridiquement contraignants de réduction du sel, du sucre et des graisses saturées, ainsi que des restrictions concernant la commercialisation des aliments considérés comme préjudiciables pour la santé. Les eurodéputés préviennent toutefois qu’il faudra prendre en compte les spécificités des produits bénéficiant d’une indication géographique protégée (AOP ou IGP) dans l’UE. Ce rapport sera soumis à un vote en plénière en septembre.
Pesticides : le Nodu agricole en hausse en 2024, en baisse pour les CMR (association)
Mettant en avant un retard de plusieurs semaines de la réunion annuelle du comité de suivi d'Ecophyto et l'absence de communication du gouvernement, l'association Générations a publié son propre calcul du Nodu agricole (doses/ha) pour 2024, en hausse de 6% par rapport à l'an passé. Le Nodu des substances CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) est en baisse de 5% sur un an, alors qu'il stagnait depuis 2020. Cette baisse est notamment due au retrait du S-métolachlore, a indiqué l'association dans une conférence de presse le 25 juin. La tendance générale masque la hausse d'usage importante de certains CMR, comme le metaldehyde ou le folpel, souligne Générations futures. Le Nodu des pesticides perturbateurs endocriniens est stable, alors qu'il suit une tendance à la baisse depuis 2019. Enfin, l'association a calculé un Nodu pour les substances PFAS, qui est en hausse depuis 2019, et sur un an. Cumulés, les pesticides CMR, perturbateurs endocriniens et PFAS représentent 44% du Nodu agricole, estime l'association. Pour rappel, le Nodu agricole n'est plus la référence du gouvernement depuis deux ans, mais il continue jusqu'alors de le publier. Il a été remplacé par un indicateur très critiqué pour sa méthodologie, le HRI (volumes/risques santé). Le calcul de Générations futures aboutit à des valeurs absolues supérieures, mais dont l'évolution est identique à celui calculé par le gouvernement.
Glyphosate: la Cour suprême américaine bloque la voie à des dizaines de milliers de plaintes
La Cour suprême des Etats-Unis a tranché le 25 juin en faveur du géant allemand de l’agrochimie Bayer qui cherche à annuler des dizaines de milliers de plaintes reposant sur le risque supposé de cancer lié à l’herbicide Roundup, fabriqué par sa filiale Monsanto. Sept des neuf juges de l’institution ont estimé qu’il ne pouvait être reproché au fabricant de ne pas avoir apposé un avertissement sanitaire supplémentaire sur ses produits, car il aurait alors contrevenu à ce que lui prescrivent les autorités fédérales américaines. Embarqué dans des procès coûtant plus de 10 milliards de dollars à cause du Roundup, Bayer s’est félicité de cette décision. Elle «devrait contribuer de manière significative à contenir les litiges liés à Roundup après près d’une décennie de batailles judiciaires», a déclaré le groupe de Leverkusen (ouest) dans un communiqué. A la Bourse de Francfort, vers 14H30 GMT, l’action de Bayer bondissait de 15,69% après l’annonce de la décision de la Cour suprême américaine, dans un indice Dax en progression de 1,28%.
Pesticides/eau : WWF et Greenpeace étrillent la loi d'urgence sortie de la Coméco du Sénat
Alors que l'examen du projet de loi d'urgence agricole doit débuter le 29 juin en séance publique au Sénat, WWF France et Greenpeace France dénoncent, dans deux communiqués distincts parus le 25 juin, la version du texte adoptée par la commission des affaires économiques de la chambre haute. Plusieurs dispositions «menacent d’affaiblir durablement la protection du vivant et la politique de l’eau», estime WWF. Et de citer la réautorisation de l'acétamipride proposée par les sénateurs, alors que les députés avaient considéré cette disposition comme hors du périmètre de cette loi ; le « principe de non régression agricole», les assouplissements réglementaires relatives aux points de captage d'eau potage, et la redéfinition des zones humides. De son côté, Greenpeace France cite la «réintroduction de pesticides aux effets toxiques avérés, l'accaparement de la ressource en eau, la facilitation des élevages industriels, l'affaiblissement du débat démocratique». Pour l'association, ce texte organise «un recul sans précédent des protections environnementales au profit d’un modèle agricole intensif à bout de souffle.»
Haies : en AG, le Réseau haies craint que le guichet unique ne favorise l'arrachage
A l'occasion de son assemblée générale le 25 juin, le président de Réseau Haies France (anciennement Afac-Agroforesteries), Philippe Hirou, a fait part d'inquiétudes que la création du guichet unique pour la gestion des haies ne favorise l'arrachage de «grandes linéaires». Et d'évoquer les discussions actuelles autour des montants de compensation pour arrachage, selon lui dérisoires, au vu du temps nécessaire à la repousse des haies. Philippe Hirou a par ailleurs regretté que le Pacte pour la haie «ne soit pas doté budgétairement cette année», malgré l'utilisation rapide des fonds les années précédentes. Il se félicite toutefois que le Pacte ait été transformé en une Stratégie, dotée d'une instance de concertation et de suivi à laquelle participe son réseau. Grâce à cette structure, il ne désespère pas de pouvoir doter les politiques de la haie de financement à l'avenir. De même, son réseau plaidera pour un crédit d'impôt dédié dans les prochains projets de loi de finances (PLF).
Maïs: la canicule pourrait occasionner des pertes de 10 à 30%, estime le ministère
A l'occasion d'un point avec la presse le 25 juin, le cabinet de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a indiqué que la canicule pourrait occasionner des pertes allant de 10 à 30% selon les scénarios de pluie des prochains jours. « Pour le maïs, on évalue à 10 à 15% la perte de rendement liée à cet épisode », a expliqué le cabinet, qui précise que ces chiffres sont «à prendre avec des pincettes». Le ministère souligne que la culture va bientôt entrer en floraison, un stade critique pour la céréale. Or «la plante sera en stress hydrique et comme il n'y a pas de pluie prévue, la filière nous faire remonter des estimations plutôt de perte de 20 à 30% en rendement», indique l'équipe de la ministre. Pour rappel, plusieurs professionnels de la filière céréalière ont alerté ces derniers jours sur les effets de la vague de chaleur sur les cultures de printemps, incluant le maïs et le tournesol. Reflet de cette inquiétude : les cours de la graine jaune sur Euronext grimpaient de manière notable entre les séances du 18 et du 22 juin, d’environ 6-7 €/t selon les échéances.
Céréales : le CIC relève ses perspectives de production mondiale 2026-2027
Dans son rapport mensuel du 25 juin, le Conseil international des céréales (CIC) a revu à la hausse sa projection de production mondiale de céréales pour la campagne commerciale 2026-2027. Elle atteindrait 2 426 Mt, contre 2 414 Mt le mois antérieur, et 2 488 Mt l’an passé. Les stocks prévisionnels de fin de campagne sont relevés dans une moindre mesure, de 3 Mt d’un mois sur l’autre, à 618 Mt (640 Mt en l’an passé), compte tenu d’une consommation elle aussi corrigée à la hausse de 11 Mt, à 2 448 Mt. La progression est essentiellement portée par le maïs, dont la production planétaire est attendue à 1 310 Mt, en hausse de 10 Mt par rapport à mai (1 339 Mt en 2025-2026). Les réserves mondiales grimpent de 7 Mt, à 298 Mt (313 Mt en 2025-2026). En blé, les bilans ne sont guère modifiés. La prévision de production est augmentée de 1 Mt, à 821 Mt (845 Mt l’année dernière). Les stocks décrochent de 2 Mt, à 280 Mt (286 Mt l’an dernier). Le CIC précise le contexte incertain : le phénomène El Nino devrait se renforcer lors du second semestre 2026. Ajoutons à cela les incertitudes quant à l’accessibilité économique des engrais, bien que la récente baisse de leurs cours redonne de l’espoir
Pomme de terre : repli de 9,7 % de la sole française 2026 attendu par la profession
Dans un communiqué commun du 25 juin, l’UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA) et le CNIPT (interprofession de la pomme de terre fraîche) estiment que la sole hexagonale de pomme de terre de conservation (pour les débouchés frais et industrie) va baisser de 9,7 % entre 2025 et 2026, pour tomber à 173 415 ha. Pour rappel, le ministère de l’Agriculture tablait, dans son rapport Agreste de juin, sur un effritement plus intense encore, de 13,3 %, à 166 000 ha. La baisse de la surface fait suite au déséquilibre du marché, marqué par une offre surabondante par rapport à la demande, provoquant une dégringolade des prix, et une nécessité de gérer les excédents vers des débouchés alternatifs (dons, alimentation animale, méthanisation etc.) La baisse de la surface fait suite au déséquilibre du marché, marqué par une offre surabondante par rapport à la demande, provoquant une dégringolade des prix, et une nécessité de gérer les excédents vers des débouchés alternatifs (dons, alimentation animale, méthanisation etc.). « À ce stade de la campagne, il demeure très prématuré de tirer des conclusions sur le potentiel des cultures », poursuit le communiqué. Les organisations précisent que ce potentiel était bon suite aux plantations. Mais « le déficit hydrique et les épisodes caniculaires extrêmes observés ces derniers jours pourraient toutefois en limiter l'expression ».
Fruits : un premier bilan contrasté de la canicule sur les cultures fruitières
Alors que la France traverse un deuxième épisode de canicule en un peu plus d’un mois, les effets sur les productions fruitières semblent pour l’heure contrastés. Interrogée par Agra presse le 25 juin, la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF, FNSEA) indique que les conditions restent globalement favorables en arboriculture. Les campagnes de fruits à noyaux se déroulent pour le moment dans de bonnes conditions, avec des fruits de qualité, des calibres satisfaisants et moins d’écarts de tri. Un premier bilan qui devra toutefois être confirmé dans les semaines à venir. Du côté des pommes et des poires, il est encore « trop tôt » pour se prononce, estime l’Association nationale pommes poires (ANPP) auprès d’Agra presse. Les premiers retours font état d’une situation hétérogène selon les bassins de production. La filière espère disposer d’une vision plus précise des conséquences de la canicule au cours de la semaine prochaine. Des inquiétudes émergent toutefois pour le melon. La canicule fait peser de « vrais risques de pénurie dans trois-quatre semaines » pour le melon, a estimé le président du groupement Les Mousquetaires, Thierry Cotillard. Une analyse que nuance fortement l’Association interprofessionnelle du melon (AIM), estimant qu’il est « beaucoup trop tôt » pour parler de pénurie, un mot qualifie de bien « trop fort » par l’AIM.
Poires : la Thaïlande ouvre son marché aux poires françaises
A l'occasion de l’assemblée générale de l’interprofession fruits et légumes (Interfel) le 23 juin à Paris, le président d’Interfel, Daniel Sauvaitre a indiqué, en marge de l’évènement, qu'un protocole d’exportation avait été signé pour l'exportation de poires françaises en Thaïlande. L'objectif est d'élargir la gamme des exportateurs dans ce pays où les Français exportent déjà des kiwis et des pommes, indique-t-on à Interfel. La France est déjà le premier fournisseur européen de pomme dans ce pays, avec 5000 à 6000 tonnes expédiées chaque année. Pour leurs débuts dans ce pays, les poires françaises sont plutôt destinées à une clientèle haut de gamme dans la restauration et l'hôtellerie. Par ailleurs, Daniel Sauvaitre a indiqué lors de cette assemblée générale avoir signé la semaine précédente un accord de coopération entre Interfel et Abou Dabi Hub «qui implante aux Emirats sous licence Rungis un marché de gros avec la volonté de promouvoir un corridor d’approvisionnement pour les productions françaises. »
Elevage/émissions industrielles : les Vingt-sept confirment les simplifications
Les États membres ont validé le 24 juin leur position sur une partie de la proposition omnibus de simplification de la législation environnementale qui comprend notamment quelques allègements de la directive sur les émissions industrielles (IED). Le Conseil de l’UE confirme que les agriculteurs seront exonérés de certaines déclarations. Ce sont les États membres que seront chargés de les fournir à leur place. Le texte prévoit aussi des simplifications du mode calcul du seuil pour les élevages et exclut les élevages de volailles biologiques de son champ d’application. Mais le Parlement européen qui prépare de son côté sa position sur ce dossier voudrait saisir l’occasion pour revenir plus largement la directive IED en excluant totalement l’élevage de son champ d’application. Les discussions se poursuivront sous présidence irlandaise du Conseil, en vue d’un accord final avec le Parlement européen.
Lait de chèvre : en AG, la filière s'inquiète des installations et de la création de valeur
« Des fragilités structurelles persistent, en particulier sur le renouvellement des générations et la création de valeur », souligne l’Anicap (interprofession caprine) à l’occasion de son assemblée générale du 24 juin. « Le prix du lait sur trois ans est stable malgré l’explosion due à l’inflation », déplore Joël Mazars (Fnec), à la tête du collège éleveurs et président de la Fnec. Le prix du lait atteint 920 euros/1000 litres (+0,3% au 1er trimestre 2026). « On s’attend à une inflation des facteurs de production en lien avec la hausse du GNR, des engrais et des salaires, et de l’alimentation si les céréales augmentent aussi », craint Mickaël Lamy, président de l’Anicap. « Les coûts d’investissement ont fortement augmenté : +35 % en 5 ans pour les bâtiments et salles de traite. Il faut désormais un investissement d’environ 1 800 €/chèvre pour une chèvrerie, 400 €/chèvre pour une salle de traite », souligne l’Anicap. En conséquence, le nombre de producteurs est en baisse de 10 % en dix ans, et les installations sont surtout nombreuses en production fermière (environ 50 chèvres), qui demande moins de capitaux, qu’en « élevage laitier » (500 chèvres et plus). Côté consommation, le marché est en légère croissance en GMS (+1,3% en volume et +1% en valeurs sur un an), au profit de l’ultra-frais et des segments les moins valorisés.
Lait : signature d'un contrat tripartite autour de la laiterie Saint-Père
L’organisation de producteurs (OP) Saint-Père, qui rassemble 200 éleveurs, la Laiterie Saint-Père, détenue par Agromousquetaires, et Intermarché/Netto ont annoncé le 24 juin la signature d’un accord tripartite. Ce contrat signé pour une durée de trois ans « représente un volume de plus de 175 millions de litres de lait, destinés à la production de briques de lait, de beurre et de crèmes pour les enseignes Intermarché et Netto au sein de la Laiterie Saint-Père », précisent les trois signataires. Le contrat permet « une visibilité sur la rémunération du lait avec un prix annuel garanti basé sur les coûts agricoles pour les éleveurs » et « le renforcement de la démarche « Les éleveurs vous disent merci » avec le lancement du lait entier brique 1 litre ». Le contrat prévoit la réalisation sous deux ans de diagnostics carbones dans les exploitations des éleveurs partenaires, pour identifier les actions à mener pour réduire l’impact carbone de la filière. Ce contrat tripartite n’est pas le premier du genre pour Intermarché. En octobre 2025, le distributeur avait déjà signé ses premiers contrats tripartites pour la filière laitière, s’engageant sur le long terme avec les 800 éleveurs membres de l'OP APLBC qui fournissent LSDH et Novandie. En 2025, plus de 32 millions de litres de lait « Les éleveurs vous disent merci » ont été vendus chez Intermarché et Netto.
Porc : nouvelle hausse des porcs vendus chez Porc Armor Evolution
A son assemblée générales le 23 juin, le groupement d’éleveurs Porc Armor Evolution a affiché une croissance de 6,24 % du nombre de porcs commercialisés en 2025, pour atteindre 2,18 millions de porcs commercialisés, dont 58% sous filières certifiées. C’est une nouvelle progression importante après 4,13% en 2024. Dans le même temps, les ventes de porcs ont stagné (+0,85%, à 405 millions d’euros de chiffre d’affaires) en France. Le 3e groupement français (576 adhérents, répartis sur 23 départements du Grand Ouest) vante son attractivité en déclarant 32 nouvelles adhésions et 15 installations de jeunes au cours de l’année 2025. Cependant 41 % des adhérents ont plus de 55 ans « et pourraient cesser leur activité dans les dix prochaines années », relève le communiqué. Aussi a-t-il renforcé son service Projets, désormais composé de quatre personnes spécialisées dans l'accompagnement des installations, des transmissions et des évolutions d'exploitations. En dépit d’une importante zone d’influence, Porc Armor Evolution garantit à chaque adhérent «un accompagnement de proximité ».
DNC/affaire Lyhanna : la crise sanitaire a possiblement ralenti l’enquête (rapport)
Le rapport d’inspection sur l’affaire Lyhanna montre comment la crise de la dermatose nodulaire (DNC) a peut-être retardé l’enquête visant son meurtrier présumé Jérôme Barella. C’est ce que souligne La Dépêche le 24 juin : la forte mobilisation des gendarmes du Gers pendant la crise agricole survenue durant l’hiver 2025-2026 s’ajoute aux nombreux dysfonctionnements de la machine judiciaire. « Il est à noter, entre le 17 décembre 2025 et le 27 janvier 2026, un fort engagement des militaires du groupement de gendarmerie départementale au titre de la gestion de la crise d’ordre public dans le Gers », liée à l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse, retranscrit le rapport de l’IGJ publié le 22 juin. « 100 % de la ressource disponible, y compris sur le ressort de la compagnie de gendarmerie départementale de Condom, a été engagée durant sept semaines continues, avec une suspension des repos hebdomadaires », poursuivent les experts. « Il en résulte un report de traitement de la majorité des procédures administratives et judiciaires dont le stock ne sera majoritairement résorbé qu’en avril 2026 ».
Egalim/loi d’urgence : Genevard propose de sanctionner les baisses brutales de commandes
Lors de la convention annuelle de l’Ania (industriels) le 24 juin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé qu’elle fera des propositions sur la loi d’urgence agricole qui sera examinée par les sénateurs à partir du 29 juin. « Nous avancerons sur la sanction des baisses brutales de commandes qui ont lieu parfois en plein milieu des négociations. Je proposerai demain un amendement en ce sens. Il en va de même pour l'expérimentation Descrozailles », a-t-elle déclaré. Annie Genevard est également revenue sur le rapport sénatorial d’Antoinette Guhl sur les marges de l’industrie et de la distribution, soulignant que « le constat est assez clair, la répartition de la valeur est très déséquilibrée, au détriment d'amont. » Selon elle, « ce travail constitue un moment politique majeur et une mise en lumière des positions portées de longue date par l'Ania, ce qui a fait de ces conclusions une reconnaissance très forte de notre travail collectif à tous. » Pour rappel, les conclusions et propositions de ce rapport sont très vivement critiquées par la FCD (distributeurs) qui a multiplié les prises de parole sur le sujet et a lancé une campagne de communication visant les parlementaires et le grand public.
Commerce équitable: les ventes bondissent en France, à plus de 3 Mrd d'euros
Originaires de pays tropicaux, mais aussi de France de plus en plus, les produits labellisés commerce équitable ont vu leurs ventes bondir en 2025, dépassant pour la première fois les 3 milliards d’euros, indique le 25 juin le collectif Commerce équitable France. Cafés, chips, yaourts ou lait... les ventes sous ce logo qui garantit un revenu décent aux cultivateurs ou éleveurs ont crû de 23% sur un an, à 3,27 milliards d’euros, dans un marché alimentaire globalement atone, se félicite l’association dans son bilan annuel. Avec 600 marques et 13.500 références (contre 3.500 en 2014), le commerce équitable est «un des rares relais de croissance de l’agroalimentaire français», même s’il représente juste 2,3% du marché, souligne Commerce équitable France, qui réunit les huit labels (Fairtrade Max Havelaar, Fair for life, Agri-Ethique...). Les produits français gagnent du terrain et portent depuis 2024 la croissance du secteur, dont ils représentant désormais plus de la moitié des ventes. En 2025 pour la première fois plus de la moitié des ventes du commerce équitable ont été réalisées en grandes et moyennes surfaces.
Saisonniers : rencontre interministérielle à venir sur le logement sous tente
A l’issue de la rencontre entre le ministre du travail Jean Pierre Farandoux et les syndicats professionnels sur l’impact de la canicule le 24 juin, Eric Gautron, secrétaire confédéral Force ouvrière (FO) Protection sociale collective s’est félicité que le ministre ait accepté la proposition de tenir une réunion interministérielle sur le sujet du logement de saisonniers agricoles sous la tente. Cette réunion, dont la date est encore à confirmer, associera Varenne et les organisations syndicales. Le syndicat avait d’ailleurs été reçu par le ministère du Travail quelques jours plus tôt (16 juin) sur ce thème. Il y avait rappelé la vive préoccupation de la FGTA-FO face au recours encore trop fréquent aux dérogations permettant ce type d’hébergement : « Une tente ne peut être considérée comme un logement digne : elle ne garantit ni l’accès à l’eau potable, ni des sanitaires adaptés, ni des conditions de vie respectueuses de la santé, de la sécurité et de la dignité des travailleurs » avait expliqué Éric Cadet, permanent fédéral de la FGTA-FO, rappelant que l’encadrement de ces pratiques repose sur un arrêté datant de près de trente ans.
Enseignement: plus d'étudiants en vue à AgroParisTech, le volume de cours sur la table
Anticipant une hausse des effectifs d’étudiants, AgroParisTech envisage des horaires réduits, a indiqué le 25 juin l’école d’ingénieurs, « au vu du contexte budgétaire ». « La croissance des effectifs ne sera pas accompagnée par une augmentation des moyens via la subvention au service publique », a déclaré le directeur général Laurent Buisson, lors d’une conférence de presse sur le campus de Palaiseau (Essonne). « Pour y faire face et à moyens constants, on réfléchit au volume des enseignements. » La loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 vise, avant 2030, une hausse de 30 % (par rapport à 2017) du nombre d'ingénieurs agronomes formés. Cette équation est d’autant plus complexe qu’AgroParisTech développe une personnalisation de l’enseignement. « Nos emplois du temps vont au-delà du raisonnable, ce qui a un impact sur les étudiants, leur capacité d’attention, leur bien-être général, a-t-il poursuivi. On est largement au-dessus des standards de la CTI » (commission des titres d'ingénieur). Selon ses critères, le volume d’heures de formation encadrées durant les six semestres du cycle ingénieur doit impérativement être supérieur à 1 800 heures et inférieur à 2 000 heures. AgroParisTech qui « avait jusqu’à quatre créneaux d’enseignement par jour, a décidé de passer à trois en s’arrêtant à 16 h 30 contre 18 h aujourd’hui », a-t-il précisé.
Incendies : les ETA demandent une reconnaissance officielle de leur rôle dans la lutte
Dans un communiqué du 25 juin, la FNEDT, représentant les entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers (ETARF), réclame l’intégration de ses adhérents « aux concertations et la reconnaissance officielle de leur place dans la prévention et la lutte contre les incendies ». Elle permettrait une formalisation de leur rôle auprès des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), « aujourd’hui encore souvent fondé sur des pratiques informelles ». Cette formalisation se traduirait dans les faits par « un accès simple et réactif aux informations sur les restrictions et niveaux de risque ». La FNEDT rappelle que « les ETARF constituent un réseau de proximité essentiel à la prévention et à la lutte contre les incendies grâce à leur connaissance du terrain, leurs équipements spécialisés, et leur capacité d’organisation ». Elle avait en 2025 émis plusieurs demandes auprès du gouvernement (identification des entreprises mobilisables, intégration dans les dispositifs DFCI et OLD, soutien financier et logistique etc.), restées « sans réponse structurante de l’Etat ».
Coopératives : le gouvernement veut pousser la féminisation et autoriser l'AG en visio
Dans deux amendements déposés au projet de loi d'urgence agricole en vue de l'examen en séance publique au Sénat à partir du 29 juin, le gouvernement veut pousser la féminisation des élus de coopératives et y autoriser que les assemblées générales se déroulent en visioconférence. Bien qu'en progrès, le taux de féminisation des conseils d’administration des coopératives agricoles est « encore insuffisant », estime le gouvernement qui veut imposer que ce taux «se rapproche à chaque renouvellement de la proportion respective de femmes et d’hommes associés-coopérateurs au sein de la société coopérative agricole concernée». Un décret doit définir précisément les modalités d'application de cette mesure. Par ailleurs, le gouvernement propose d'ouvrir «la possibilité pour les coopératives agricoles de tenir les assemblées générales de façon dématérialisée». L'exécutif estime que cette mesure relève «d'une logique de simplification et de modernisation des procédures, attendue des acteurs professionnels». Dans «les situations d’urgence ou pour des sujets très spécifiques», le gouvernement veut aussi ouvrir la possibilité, après avis du Haut Conseil de la coopération agricole, d'assemblées tenues «exclusivement par voie de consultation écrite.»
Coopératives : résultat net en hausse chez Le Gouessant, bilan 2025 «solide»
Dans un communiqué du 25 juin, le groupe coopératif Le Gouessant a annoncé une progression annuelle de son résultat entre 2024 et 2025 de 5 M€, à 10,8 M€. Le chiffre d’affaires s’affiche à 779 M€, et l’Ebitda à 20,6 M€. L’entité bretonne juge ainsi son bilan 2025 comme « solide ». Ses bonnes performances lui permettent d’accorder un soutien direct de 2 M€ à ses adhérents, décidé lors de son assemblée générale de juin 2026. Les résultats sont notamment portés par la bonne tenue de l’activité nutrition animale à destination des ruminants. « Les volumes d’aliments commercialisés par le groupe ont atteint 819 000 t, dont 71 000 tonnes en bio, tirés par une croissance soutenue des activités, notamment en ruminant (+12 %) », peut-on lire dans le communiqué. Autre facteur porteur : la collecte jugée exceptionnelle de céréales et d’oléoprotéagineux en 2025. Sur sa zone d’influence, Le Gouessant a pu constater « une récolte historique, avec plus de 218 600 t collectées »,relève le directeur général Rémi Cristoforetti. Petit bémol, le contexte qui reste toutefois contrasté : « les prix des céréales se sont globalement inscrits en retrait sur l’année, tandis que les marchés du lait et du porc se sont retournés en fin d’exercice ».
Coopératives : Sandrine Guzman nommée directrice générale d'Arterris (presse)
Selon les informations de nos confrères d'Agrodistribution, Sandrine Guzman a été nommée directrice générale de la coopérative Arterris, en remplacement d'Éric Foucault, arrivé en mai 2025 en provenance d'un cabinet de conseil. Selon le média spécialisé, Sandrine Guzman était jusqu'alors directrice gestion finances et systèmes d'information d'Arterris. Lors de l'assemblée générale de cet hiever, Éric Foucault avait indiqué la poursuite de son plan de redressement pour « optimiser ses outils industriels, recentrer ses activités sur les métiers stratégiques et relancer sa dynamique commerciale » et ainsi, « redonner à la coopérative les moyens de se développer ».
Sénatoriales : le président des Irrigants de France candidat en Dordogne
Le président d’Irrigants de France, Éric Fretillère, également maire de Saint-Rémy-sur-Lidoire (Dordogne) et conseiller départemental, a annoncé le 19 juin aux élections sénatoriales en Dordogne. Agriculteur depuis plus de 30 ans, il se présente sans étiquette avec l’ambition de « défendre les intérêts de la ruralité et de poursuivre son engagement dans la défense du secteur de l'eau et de l'adaptation au changement climatique. « J'ai envie de défendre notre département et je pense que c'est d'un point de vue législatif qu'on fait avancer les choses », précise-t-il à Ici Dordogne le 19 juin. M Frétillère précise avoir été approché par Horizons, le parti d’Édouard Philippe, et Renaissance, le parti présidentiel, mais il a préféré refuser. « Je ne me reconnais pas dans un appareillage politique aujourd’hui », précisant vouloir construire avec l’ensemble des autres partenaires qui ne sont pas aux extrêmes. « Mon seul dogmatisme politique ça sera la ruralité, la grande oubliée de la République », affirme-t-il. Le président d’Irrigants de France indique vouloir mener une campagne de terrain auprès des maires et des grands électeurs pour « co-construire un véritable projet avec eux ». Face à lui Serge Mérillou (PS) et Marie-Claude Varaillas (PCF), les deux sénateurs de Dordogne ont déjà annoncé être candidat à leurs réélections.
Luzerne déshydratée : Éric Masset élu président du Cide (industriels européens)
Dans un communiqué du 25 juin, la Coopération Agricole (LCA) Luzerne de France a annoncé l’élection le 22 juin d’Eric Masset à la présidence de la Commission intersyndicale des déshydrateurs européens (Cide). Il succède au néerlandais Eiko Jan Duursema, en poste depuis 2004. Ancien président de LCA Luzerne de France de 2016 à 2024, son élection intervient « à un moment clé pour le secteur, malmené depuis 2024 par un contexte de marchés déprimé et qui s’efforce de rebondir, porté par ses fondamentaux », relate le communiqué. Ce dernier rappelle les principales demandes de la filière française : « une aide couplée à la production augmentée et des programmes opérationnels renouvelés pour structurer son offre, gagner en compétitivité et renforcer la résilience de sa chaîne de valeur ».
Agenda de la semaine agricole du 29 mai 2026
Lundi 29 juin
Examen du projet de loi d'urgence en séance publique au Sénat
Commission de l’Agriculture du Parlement européen
Comité permanent des végétaux, animaux, denrées alimentaires et aliments pour animaux
Visioconférence de l'Idele sur les femmes en agriculture
Mardi 30 juin
Conférence de presse AGPM-CEPM (maïsiculteurs, FNSEA) sur l'intégration de l'Ukraine dans l'UE
Assemblée générale du Bik (kiwi), à Mauzac-et-Grand-Castang (Dordogne)
Conférence annuelle du SIMV (médicaments vétérinaires)
Séminaire de fin du programme Bovi'Biodiv
Rencontre technique « sol et agroécologie » du CTIFL (fruits et légumes), à Carquefou (44)
Assemblée générale de l’Anifelt (fruits et légumes transformés)
Les députés de la Coméco auditionnent le président d'Interapi (miel)
Mercredi 1er juillet
7ème édition des indicateurs de gestion durable des forêts françaises
Jeudi 2 juillet
Commission de l’Environnement du Parlement européen
L'Opecst (parlementaires) examine un rapport sur la décarbonation des transports