Agra Fil du 23 juin 2026

hero

Elevage : les premiers éléments de la stratégie de Bruxelles

Promotion, gestion des risques, simplification administrative, tels sont les grands axes de la stratégie européenne sur l’élevage que la Commission européenne doit publier le 1er juillet, selon une première version du texte qu’a fait fuiter le média Politico. Avec cette stratégie combinant des mesures déjà promises dans différentes initiatives en cours (plan engrais, réforme de la Pac…) ou à venir (mise à jour de la directive Nitrates) avec quelques annonces nouvelles, Bruxelles prend surtout un engagement à ne pas abandonner le secteur, notamment de l’élevage bovin « là où il a naturellement sa place et où il est souhaitable pour ses avantages environnementaux, sociaux et économiques ». Le projet prévoit notamment la création d’un label d’« excellence européenne » sur une base volontaire, « permettant une communication crédible et harmonisée » avec des critères comme : la production à faible émission de carbone, les pratiques respectueuses de la biodiversité, l’utilisation d’aliments locaux ou des normes élevées en matière de bien-être animal. La politique de promotion agricole de l'UE devrait consacrer un volet spécifique « aux systèmes d'élevage territorialement ancrés ». Une feuille de route sur les abattoirs locaux devrait aussi être élaborée. Enfin la Commission européenne consacre un volet de sa stratégie à la gestion des risques notamment liés aux maladies animales, promettant de lever les obstacles administratifs à la mise en place d'outils tels que les fonds de mutualisation, afin de remédier à leur faible utilisation.

Ours: cinqs Etats membres militent pour réduire la protection

A l’initiative de la Roumanie et de la Slovaquie, cinq pays européens ont lancé le 22 juin une offensive pour réduire la protection des ours bruns en Europe, qu’ils présentent comme des «superprédateurs» menaçant les hommes et le bétail. Ce sujet a été discuté lors d’une réunion des ministres de l’Agriculture organisé à Luxembourg. «L’espèce nécessite une gestion efficace et urgente», estiment la Roumanie et la Slovaquie, dans un document soutenu par la Croatie, la République tchèque et la Finlande. Ces pays s’appuient sur l’exemple du loup, dont la protection a été assouplie en 2025 dans l’Union européenne, passant d’espèce «strictement protégée» à «protégée», ce qui facilite les possibilités d’abattage. Ils réclament une «approche similaire» pour les ours bruns, afin de «garantir un niveau raisonnable et équilibré de risque social et économique». «C’est très important pour la Finlande, car notre population d’ours atteint près de 2.600 individus. A l’heure actuelle, cela représente aussi une menace pour les humains. Nous devons recourir à la chasse préventive», a aussi plaidé la ministre finlandaise de l’Agriculture Sari Essayah, à son arrivée à Luxembourg.

Lait : Sodiaal améliore son chiffre d'affaires en 2025, mais pas sa rentabilité

La coopérative Sodiaal, qui vient de tenir son assemblée générale le 10 juin, indique que son chiffre d’affaires 2025 a atteint 6,2 milliards d’euros, en progression de 8,7% par rapport à 2024, selon les données de son dernier rapport intégré qu’elle vient de publier. En revanche, sa rentabilité mesurée par l’Ebitda a reculé de 7% à 205,9 millions d’euros. La coopérative a collecté 4,2 milliards de litres de lait en 2025, stable par rapport à 2024 (4,1 milliards de litres avaient été collectés), soit 20% de la collecte nationale, auprès de 13900 coopérateurs. « Le démarrage réussi du partenariat avec Arla, illustré par les premières productions réalisées en 2025, une très bonne performance de la valorisation de la matière grasse, une croissance continue de la gamme Skyr, la dynamique des activités Ingrédients, particulièrement Bonilait, ainsi que le succès de l’intégration de Yoplait Liberté Canada ont contribué à ce résultat solide », estime Philippe Teisseire, directeur administratif et financier du groupe Sodiaal. L’année 2025 s’est toutefois déroulée dans un environnement chahuté. « Le contexte économique et géopolitique ainsi que le retournement de la production laitière que nous enregistrons depuis fin août 2025, nous ramènent à une situation instable, challengeant notre trajectoire », relèvent de leur côté le président Jean-Michel Javelle et le directeur général Antoine Collette.

Foie gras : 26 ans après le canard, l’oie du Sud-Ouest tient ses IGP

Dans un communiqué du 16 juin, l’Inao annonce la reconnaissance européenne de trois IGP protégeant l’oie du Sud-Ouest : l’oie, le confit et le foie gras. Ces IGP sont reconnues vingt-six ans après celles du canard à foie gras du Sud-Ouest, même si le gavage de l’oie est bien antérieur, puisqu’il remonte au moyen-âge. L'oie est « une filière de niche en sauvegarde », bien moins développée que celle du canard, rappelle Agnès Loth, directrice du Palso (organisme de défense des palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest). Selon elle, l’IGP va aider à « au moins maintenir la production » chez des petits producteurs pratiquant la vente directe et pourrait faire naître des compléments de gamme sous les marques de foie gras et confit. Entre 120 000 et 150 000 oies sont élevées par an, contre plusieurs millions de canards. La production de confit d’oie est d’environ 45 tonnes par an et celle du foie gras entre 40 et 60 tonnes par an. Grâce à la publication au JOUE du 11 juin 2026, ces produits peuvent arborer le logo IGP et être protégés contre les contrefaçons et détournements de notoriété. L’aire géographique couvre les départements de la Corrèze, Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn et-Garonne et quelques communes de Haute-Vienne et de l’Aude.

Négociations commerciales: la GMS revendique 27% de baisse de prix sur panier de produits

Cinq enseignes membres de la FCD (Carrefour, E. Leclerc, Intermaché, Coopérative U et Auchan) ont demandé au cabinet Deloitte de comparer les prix de « 12 produits de grandes marques du quotidien, vendus sans interruption dans les cinq enseignes depuis 2021 » en rapprochant le prix demandé par l’industriel et celui obtenu après négociation. Le prix de ce panier de produits alimentaires est 27% moins cher après négociation commerciale, selon l'étude présentée le 22 juin. Les industriels ont présenté « des hausses continues des tarifs industriels depuis 2021, avant négociation : +159 % sur le café Carte Noire, +127 % et +112 % sur les biscuits Petit Ecolier et Granola, +78 % sur la pâte à tartiner Nutella, +65 % sur le papier toilette Lotus, +45 % sur le Coca Cola ». Le total du panier après négociation est de 52,12 euros contre 71,49 euros avant négociation, selon cette étude dont le but est de présenter les distributeurs comme les grands défenseurs du pouvoir d’achat, et de dénoncer le comportement des grandes multinationales. Cette prise de position intervient alors que la loi d’urgence agricole prochainement étudiée par les sénateurs contient des dispositions défavorables à la distribution et qu’un récent rapport sénatorial pointe le déséquilibre entre fournisseurs et distributeurs, au détriment des premiers, et propose des pistes pour y remédier.

Négociations commerciales/loi d’urgence : la GMS opposée à de nouvelles contraintes

Lors d’un point presse le 22 juin, la FCD (distributeurs) a lancé un appel aux parlementaires pour dire son opposition à plusieurs dispositions de loi d’urgence agricole. Les enseignes sont contre toute nouvelle obligation dans la négociation commerciale, notamment celle faite à un distributeur de justifier par écrit tout arrêt de commande et l’obligation de répondre sous un mois après l’envoi par le fournisseur des conditions générales de vente. Les distributeurs dénoncent un empilement législatif concernant les négociations commerciales, qui est défavorable aux distributeurs. Ces derniers se sont posés en défenseurs du pouvoir d’achat des consommateurs, alors que le texte législatif fait la part belle aux grands industriels internationaux, selon eux. Pour étayer son propos, la FCD a présenté une étude démontrant les vertus de la négociation commerciale pour faire baisser les prix d’un panier de denrées alimentaires. Pour rappel, la loi d’urgence agricole a été adoptée par les députés et doit être examinée par les sénateurs la semaine prochaine. Dans un amendement, le gouvernement propose une réforme de la clause de révision des prix, constatant qu'elle est souvent négociée dans de mauvaises conditions lors des négociations commerciales, ne permettant pas son activation effective. 

Consommation : la démographie française devient «un enjeu économique majeur» (étude)

A l'issue de la quatrième édition des Rencontres d’Unigrains, le fonds d'investissement a présenté, dans un communiqué paru le 19 juin, une étude sur les conséquences du déclin démographique français sur le secteur agroalimentaire. «En 2023, seulement 2% de nos entreprises-partenaires identifiaient la transition démographique comme leur principal chantier prioritaire. Trois ans plus tard, le sujet s'impose comme un enjeu économique majeur», soulignent les analyses. La raison : en 2025, le solde naturel français est devenu négatif (- 6000), ce qui constitue «un point de bascule historique en matière démographique». Ainsi, l'immigration devient «le seul moteur de la croissance démographique (solde migratoire : +176 000), tandis que s'accélèrent le vieillissement de la population et la multiplication des ménages solos». Unigrains identifie quatre «ondes de choc pour le secteur agri-agroalimentaire». D'abord : la contraction des volumes, car « une population qui vieillit est une population qui consomme moins, les besoins énergétiques diminuant avec l’âge». Ensuite la recomposition des marchés avec «un ralentissement des segments les plus dépendants des familles" (laits infantiles, compotes, céréales…), et un segment senior qui devient «structurant». Par ailleurs, ils prévoient une «fragmentation des circuits de distribution» (reflux des hypermarchés, hausse de la livraison/restauration hors domicile), et des «tensions sur les ressources humaines».

GNR : feu vert de Bruxelles au 2e volet d'aide du gouvernement aux agriculteurs

La Commission européenne a donné son aval le 22 juin mai au second volet d'aide du gouvernement français aux agriculteurs pour lutter contre la hausse du gazole non routier (GNR) au mois d'avril. Fin mars, le gouvernement avait annoncé un premier dispositif, en renonçant au prélèvement de tout droit d’accise sur le GNR durant le mois suivant, pour un montant estimé alors à 14 millions d’euros. Cette mesure avait reçu l'aval de Bruxelles fin mai. Fin avril, la Commission européenne a adopté un cadre plus souple en matière d’aides d’État pour permettre aux Vingt-sept de soutenir leur économie face aux impacts de la guerre au Moyen-Orient. Cela a permis au Premier ministre Sébastien Lecornu d'annocner le renforcement des aides pour les pêcheurs et agriculteurs sur le mois de mai, pour atteindre 15 centimes d’euros par litre. Le dispositif a été reconduit depuis jusqu'au mois d'août. C'est ce dispositif qui vient de recevoir le feu vert de Bruxelles, qui le juge «nécessaire, approprié, et proportionné». Entre février et avril, le prix moyen du GNR est passé de 0,70 €/l à 1,22 €/l (hors taxe), ce qui représente une hausse de 74 %.

Aléas climatiques : une aide d’urgence de 56,6 M€ débloquée pour cinq Etats membres

Les Etats membres ont validé, le 22 juin, une proposition de la Commission européenne permettant de débloquer plus de 56 millions d'euros (M€) provenant de la réserve agricole pour cinq Etats membres touchés par des phénomènes climatiques défavorables. Dans le détail, le Portugal recevra 30 M€ en raison de la tempête Kristin en janvier et février. La Roumanie obtient 14,8 M€ après une grave sécheresse et des vagues de chaleur répétées entre juin et août 2025 affectant les rendements du maïs et du tournesol. 4,6 M€ sont accordés à Chypre a connu une sécheresse prolongée et une chaleur extrême en mai 2025 entraînant des pertes dans la production végétale et une augmentation des coûts de l’alimentation du bétail. La Croatie va percevoir 4,4 M€ à la suite de températures glaciales, ainsi que de précipitations excessives et d’épisodes de sécheresse qui ont endommagé les cultures de fruits, la vigne et la betterave sucrière. Enfin la Slovénie, qui a connu des gelées printanières avec des conséquences la production de pommes, se voit attribuer 2,8 M€. Ces montants peuvent être complétés jusqu'à 200 % par des fonds nationaux et devront être distribués au plus tard le 28 février.

Reliquats bio: la stratégie Engrais rouvre la redistribution vers l'écorégime bio

Suite à l'adoption par les Etats membres le 17 juin de la proposition de la Commission européenne d’ajustements ciblés de la Pac, la Fnab (agriculteurs bio) souligne que la France dispose de nouvelles latitudes pour redistribuer l'enveloppe de reliquats d'aides européennes à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimée à 120 M€/an. Grâce à l'assouplissement des règles de transferts de crédits entre les deux piliers de la Pac, le ministère de l'Agriculture peut redistribuer ces aides du second pilier vers l’écorégime dédié à l’agriculture biologique (premier pilier), alors que ce n'était plus permis pour la fin de programmation. Le recours à l'écorégime a l'avantage pour le gouvernement de ne pas nécessiter de cofinancement national, souligne un observateur du dossier. Pour rappel, Annie Genevard a annoncé au printemps que 40 millions d'euros issus de ces reliquats seraient fléchés vers les Maec, pour les zones intermédiaires et la bio. Mais l'inquiétude monte concernant le cofinancement de ces aides, après que deux conseils régionaux - qui n'ont plus la compétence des Maec sur cette programmation - ont été contactés de manière informelle sur leur capacité à prendre le relais de l'Etat, qui en a la charge. Selon nos informations, le ministère de l'Agriculture demanderait par ailleurs 40 M€ pour les aides à l'investissement, qui sont quant à elles cofinancées par les régions. De son côté, Bercy cherche à mettre à faire réaliser des économies à l'Etat en jouant sur les taux de cofinancement de ces aides.

Chlordécone : la cour d’appel de Paris confirme le non-lieu, pourvoi attendu

Après 20 ans de procédures, la cour d’appel de Paris a confirmé le 22 juin le non-lieu, fermant la porte à une réouverture de l’enquête pénale dans le scandale sanitaire du chlordécone utilisé aux Antilles en dépit des alertes sur sa nocivité. La confirmation du non-lieu, prononcé en 2023 par deux juges d’instruction parisiennes, a été annoncée par Mes Rachid Madid, Olivier Tabone et Christophe Lèguevaques, avocats parties civiles, à l’issue du délibéré à huis clos. «À l’heure d’une grande défiance des Français à l’égard de leur institution judiciaire, c’est un rendez-vous manqué avec les Français, en particulier ultramarins», a tancé Me Madid. «Le combat judiciaire se prolongera sans doute devant la Cour de cassation», a-t-il ajouté, à l’unisson des autres avocats parties civiles. «À l’instar des victimes de l’amiante qui ont fini par gagner grâce à leur opiniâtreté, nous allons poursuivre notre combat», a prévenu dans un communiqué Me Harry Durimel, partie civile. Me Lèguevaques annonce aussi «une nouvelle salve judiciaire pour trouver les responsables et les empêcher de dormir tranquilles dans leur belle villa à Saint-François (Est de la Guadeloupe)».

Légumes/saisonniers : des difficultés dans l’obtention de cartes de séjour

Dans son bulletin hebdomadaire Direct Légumes le 19 juin, Légumes de France (producteurs, FNSEA) indique avoir identifié avec son partenaire conventionné FM Recrutement, « des difficultés récurrentes rencontrées par certains travailleurs saisonniers dans le cadre de l’instruction de leurs demandes de cartes de séjour pluriannuelles (CSP) via la plateforme Anef (Administration numérique des étrangers en France) » et cela depuis plusieurs semaines. La situation entraîne des délais de traitement anormalement longs et générer des situations administratives complexes pour les travailleurs concernés. Légumes de France souligne avoir engagé une démarche de concertation avec le ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Intérieur. Lors d’une réunion de travail avec les équipes de l’Anef, le syndicat a  transmis un diagnostic consolidé fondé sur les remontées terrain et identifié de concert les solutions de traitement prioritaire pour les situations les plus sensibles. « Les services de l’État ont pleinement pris la mesure de ces difficultés et un travail de résolution est en cours », précise Légumes de France qui invite les employeurs concernés à continuer de signaler les situations rencontrées afin de permettre un suivi consolidé des dossiers.

Légumes/emballage : Légumes de France veut un moratoire sur l’application de la REP

Les producteurs de Légumes de France (FNSEA) demandent la mise en place d’un moratoire sur la mise en œuvre de la REP (responsabilité élargie du producteur) Emballage qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, indique le bulletin hebdomadaire de leur syndicat le 19 juin. Légumes de France souligne deux points de crispation sur le texte. Le premier porte sur le manque de précision de la définition de producteur d’emballage au niveau communautaire: «Qui est "producteur" de la caisse en carton qui part pliée de chez le fabricant, qui est "construite" et remplie chez le maraîcher, à la coopérative, l’OP ou chez l’expéditeur, et qui est vidée et jetée chez le distributeur ?» s’interroge l'association spécialisée. L'enjeu : désigner l'opérateur qui devra payer l’écotaxe. L’autre point de crispation est l’absence d’information de la part des éco-organismes (Citeo Pro, Léko et Twiice) en charge de sa collecte: «A 15 jours de la mise en œuvre, nous ne connaissons ni le montant, ni les conditions d’application !» tonne Légumes de France. Et ce n’est pas tout : le syndicat fustige aussi la très forte différence de taxe entre les emballages de 5 kg domestiques et professionnels : « Qui va croire qu’un plateau de légumes de 5 kg est à destination domestique ? » 

Ail : un grossiste du Min de Toulouse sanctionné pour francisation

Dans une communication du 19 juin, la DGCCRF (fraudes) indique que la société Julien Distribution (enseigne Agruprim) située sur le marché de gros de Toulouse a été sanctionnée pour la francisation de lots d’ail. La Dreets d’Occitanie a prononcé une amende administrative de 50 000 € à l’égard de l’entreprise  pour avoir, entre les mois de janvier 2024 et février 2025, remis à la grande majorité de ses clients des factures de vente d’ail indiquant une origine « France » pour de l’ail originaire d’Espagne, d’Egypte ou de Chine, « facilitant ainsi les pratiques de francisation au stade de la vente au détail ». La constatation de ces pratiques a été effectuée par des agents de la Dreets d’Occitanie et de la DDPP de Haute-Garonne dans le cadre d’une enquête lancée par la DGCCRF sur la traçabilité et l’origine des fruits et légumes. Spécialisée à l’origine dans le commerce de détails de fruits et légumes, Julien Distribution s’est installée au MIN de Toulouse et a acquis Agruprim, société familiale et historique  du marché, en 2023

Sols/agriculture régénératrice : Agrosolutions lance une évaluation de six outils

Agrosolutions, cabinet d’expertise-conseil d’InVivo, lance un programme d’évaluation comparative de six solutions AgTech dédiées à la santé des sols, a-t-il annoncé le 22 juin. Objectif : « Identifier les outils les plus fiables et les plus utiles pour accompagner les agriculteurs, les techniciens et les coopératives dans le pilotage de leurs pratiques agroécologiques », selon un communiqué. L’initiative, menée avec Ombrea (TotalEnergies), FCA Fertilisants et InVivo Ag°, est prévue sur trois campagnes agricoles et deux sites dans l’Essonne, à savoir une plateforme expérimentale à Milly-la-Forêt et un démonstrateur agrivoltaïque à Valpuiseaux. Il s’agit d’« objectiver les outils disponibles, de mieux comprendre leurs usages et d’aider les acteurs agricoles à choisir les solutions les plus pertinentes pour suivre l’évolution des sols, adapter les pratiques et accompagner la transition vers des systèmes plus résilients », expliquent les partenaires. Les six solutions AgTech de diagnostic des sols seront évaluées selon deux critères principaux : leur performance technique – cohérence scientifique, sensibilité, fiabilité des indicateurs – et leur expérience d’usage, notamment leur simplicité de mise en oeuvre et leur intérêt pour l’utilisateur final.

Sucre: accord amiable entre Tereos et la Wallonie sur la pollution de l'Escaut

La région belge de Wallonie a annoncé le 22 juin avoir obtenu 12 millions d’euros de Tereos, dans le cadre d’un accord amiable clôturant leur bataille judiciaire autour d’une pollution de l’Escaut causée par une usine du géant sucrier français en 2020. En avril 2020, la rupture d’une digue de l’usine Tereos d’Escaudoeuvres (Nord) avait entraîné le déversement d’environ 100.000 m3 d’eaux de lavage de betteraves dans le milieu naturel. Très chargées en matière organique, ces eaux avaient rejoint l’Escaut et provoqué sur le territoire wallon «une chute brutale et prolongée du taux d’oxygène. La vie aquatique du fleuve a été massivement détruite, en particulier les populations de poissons», a rappelé le 22 juin la région wallonne. En 2023, Tereos avait été reconnu coupable par la justice française de «négligence» notamment concernant l’entretien des installations de son usine d’Escaudoeuvres. Le groupe avait été alors condamné à verser plus de 9 millions d’euros de dommages et intérêts, principalement à la région de Wallonie, au titre d’un «préjudice écologique». Tereos avait fait appel de sa condamnation, puis avait dans un second temps limité son appel au seul volet civil, celui des dommages-intérêts. Une audience devant la cour d’appel de Douai (Nord), qui avait été reportée à plusieurs reprises, s’est finalement tenue lundi.

Spiritueux : Patrick Piana, nouveau président de l’organisation européenne

L’organisation européenne de l’industrie des spiritueux (Spirits Europe) a élu, lors de son assemblée générale le 18 juin, son nouveau président pour un mandat de deux ans. Patrick Piana, directeur général Europe du groupe Campari, succède donc à Ian McLernon (Rémy Cointreau) qui occupait le poste depuis 2024. Patrick Piana a rejoint Campari en 2021 après avoir exercé diverses fonctions chez Philip Morris, Moët Hennessy, Pernod Ricard et Rémy Cointreau. « Dans un contexte de tensions géopolitiques et de volatilité économique, ma priorité sera de faire progresser le programme ambitieux de notre secteur : accélérer nos efforts en matière de développement durable, défendre et élargir l’accès au marché, améliorer l’information des consommateurs grâce à l’étiquetage numérique, favoriser l’innovation et renforcer encore notre engagement de longue date en faveur d’une consommation responsable, tout en assurant une juste reconnaissance de la contribution plus large du secteur à la culture, aux communautés et aux interactions sociales conviviales », a-t-il déclaré après son élection.