Agrafil du 18 juin 2026

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NGT : feu vert définitif du Parlement européen, les critiques sur la brevetabilité écartées

Deux jours après sa commission de l’Environnement, le Parlement européen dans son ensemble a adopté le 17 juin, sans modification, le compromis trouvé avec les Etats membres en décembre sur la libéralisation de la culture de plantes obtenues par les nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT). Tous les amendements déposés par les groupes de gauche (S&D, les Verts, the Left) ont été rejetés. Beaucoup d’entre eux s’opposaient à la brevetabilité des semences NGT de catégorie 1 (celles considérées comme équivalentes à des plantes conventionnelles). Pour être adoptés ils auraient eu besoin du soutien de la majorité absolue des eurodéputés soit 361 voix, mais ils n’ont globalement recueilli qu’autour de 280 (contre environ 340). Le règlement s'appliquera deux ans après sa publication au Journal officiel de l'UE.

Acétamipride : en Coméco, les sénateurs en ont débattu et veulent le réautoriser

Comme attendu, et en dépit de l'opposition du gouvernement, les sénateurs de la commission des Affaires économiques ont proposé, le 17 juin, d'ajouter au projet de loi d'urgence agricole un article aménageant des dérogations à l'interdiction de l'acétamipride et du flupyradifurone. Cette décision s'oppose à celle de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, dont le président avait décidé début mai de déclarer irrecevables les amendements allant dans ce sens, au motif qu'ils n'avaient pas de lien direct avec le texte initial déposé par le gouvernement. Le cabinet de la ministre de l'Agriculture avait pourtant indiqué, lors d'un point avec la presse début avril, que les parlementaires « pourront avoir le débat s'ils le souhaitent ». Par ailleurs, le gouvernement est jusqu'ici resté opposé à ce que cette réintroduction soit adoptée dans ce véhicule, quand bien même elles avaient obtenu un avis en début d'année positif sous conditions du Conseil d'État. Selon la position jusqu'ici tenue par le gouvernement, le débat sur l'acétamipride pouvait compromettre la possibilité de faire adopter et promulguer le texte avant l'été. Introduites dans la loi Entraves de 2025, ces dispositions avaient fait l'objet d'une censure sur la forme par le Conseil constitutionnel, pour des carences (limitation temporelle, le ciblage des filières, dispersion des substances), que les auteurs estiment avoir comblées.

Carburants : un régime d’aides d’Etat irlandais de 85 M€ validé par Bruxelles

La Commission européenne a approuvé, le 17 juin en vertu du cadre temporaire pour les aides d'État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), un régime irlandais d’aides d’Etat d'un montant de 85 millions d'euros (M€) destiné à soutenir les entreprises agricoles confrontées à la hausse des prix des carburants et à en réduire l’impact. Dans le détail, ce régime prendra la forme de subventions directes se fondant sur la consommation de carburant en 2025. Les entreprises éligibles pourront recevoir 0,20 € pour chaque litre de gazole acheté entre mars et juillet. Dans son analyse, la Commission européenne a conclu que le régime irlandais est « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique » mais également « qu’il ne fausse pas les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun ». Le régime irlandais sera d’application jusqu’au 31 décembre. Le METSAF permet aux États membres d'apporter une aide aux entreprises de l'agriculture pour couvrir jusqu’à 70 % des coûts supplémentaires dus à la hausse des prix du carburant et des engrais en raison de la crise et jusqu'à 50 000 € sur la base d'une estimation générale de la consommation de carburant dans le secteur.

Zones de captage/humides : en Coméco, les sénateurs adoptent des assouplissements

Lors de l'examen du projet de loi d'urgence agricole le 17 juin, les sénateurs de la commission des Affaires économiques ont adopté tous les amendements des rapporteurs LR et UDI Cuypers, Duplomb et Menonville, qui ont proposé d'assouplir les dispositions relatives à la protection des zones de captage d'eau potable et des zones humides. En zones de captages prioritaires, ils demandent que les programmes d’action « tiennent compte des incidences économiques », et ne prévoient pas obligatoirement des « pratiques agroécologiques » visant à réduire l'usage des pesticides, ou le développement des systèmes bas intrants. Concernant la définition des points prioritaires, ils vont plus loin que l'Assemblée concernant le rôle des pesticides interdits, en proposant un seuil de tolérance pour les points de prélèvement dont la dégradation est « principalement imputable » à ces molécules. Pour les plans d'action, ils veulent rétablir la possibilité d'exemption de certaines collectivités, et supprimer le délai maximal de trois ans pour transmettre le plan d'action. Enfin, concernant la définition des zones humides, ils reprennent celle qui avait été proposée dans la proposition de loi Entraves, à laquelle le gouvernement s'est systématiquement opposé.

Zan : en commission, les sénateurs excluent les bâtiments agricoles du décompte

Lors de l’examen du projet de loi d'urgence agricole en commission des Affaires économiques le 17 juin, les sénateurs ont exclu les bâtiments agricoles du décompte de l'artificialisation des sols, inscrit dans un dispositif de sobriété foncière. Ils ont adopté un amendement des rapporteurs LR et UDI, Cuypers, Duplomb et Menonville, pour que « l’ensemble des constructions, ouvrages, installations ou aménagements nécessaires à l’activité agricole ne soient pas considérés comme artificialisés, y compris après 2031 ». Cela déroge à la loi Climat et résilience du 22 août 2021. Dans le viseur de la commission, les modalités du décompte du Zan : après 2031, « la construction de bâtiments et installations agricoles pourrait se voir empêchée en raison de l’insuffisance de l’enveloppe d’artificialisation de la commune d’implantation », selon les rapporteurs. Leur amendement avait déjà été adopté par le Sénat à deux reprises. En 2023, l’exclusion des bâtiments agricoles de l'artificialisation des sols figurait dans le projet de loi visant à faciliter la mise en œuvre du Zan, avant d’être écartée en CMP. Puis en 2025, cette dérogation était prévue dans la loi d’orientation agricole, mais le Conseil constitutionnel l’avait censuré, y voyant un cavalier législatif.

Foncier : en commission, les sénateurs atténuent le renforcement des droits des Safer

Lors de l’examen du projet de loi d'urgence agricole (LUA) en commission des Affaires économiques le 17 juin, les sénateurs ont supprimé une partie des dispositions visant à renforcer les droits des Safer. Ils ont adopté un amendement des rapporteurs LR et UDI, Cuypers, Duplomb et Menonville, qui annule l’instauration d’un droit de visite avant l’exercice de leur droit de préemption, votée par les députés. A l’Assemblée le 29 mai, des amendements du gouvernement et des socialistes avait introduit cette disposition en complétant la LUA par une version retravaillée de la PPL Dufau sur le renforcement du droit de préemption des Safer. Les sénateurs ont également supprimé le doublement de cinq à dix ans de la durée pendant laquelle la Safer peut intervenir sur la préemption de bâtiments à vocation agricole. Via un autre amendement des rapporteurs, ils ont exclu certains projets du droit d’opposition des Safer en cas de bail emphytéotique. Objectif : « Eviter de créer de l’insécurité juridique pour les porteurs de projets ». Les sénateurs ont ainsi soustrait au droit d’opposition des Safer les projets d’énergies renouvelables ainsi que les projets « ayant déjà fait l’objet, selon le cas, d’un permis de construire, d’une autorisation environnementale, d’une déclaration préalable ou de toute autre autorisation administrative » liée à l’urbanisme ou à l’environnement. 

Tunnels de prix : en Coméco, les sénateurs veulent que l'État soit décisionnaire

Lors de l'examen en commission des Affaires économiques le 17 juin, les sénateurs de la commission des affaires économiques ont adopté les amendements des rapporteurs LR et UDI, Cuypers, Duplomb et Menonville, qui proposent de rétablir l'article sur l'extension de l'expérimentation des tunnels à de nouvelles filières. Ce faisant, dans leur amendement, ils choisissent d'impliquer l'État dans la décision en cas d'absence d'avis conforme de l'interprofession au bout de six mois, comme souhaité par la FNSEA. Auditionnée par le Sénat la semaine dernière, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, s'était dite opposée à ce que l'État soit décisionnaire en l'absence d'accord au sein de l'interprofession. Par ailleurs, la commission a adopté plusieurs propositions de révision des articles relatifs aux relations commerciales : sur proposition des rapporteurs, ils veulent revenir sur la possibilité, inscrite à l'Assemblée, de déroger à l'obligation de contractualisation, mais supprimer le renforcement des sanctions en cas de manquement en la matière. Ils proposent d'introduire une clause relative au partage de la valeur créée à l’export dans les contrats et les accords-cadres conclus entre le producteur et le premier acheteur. Et, enfin, ils plaident pour supprimer la possibilité pour un membre d’une OP ou d’une AOP de mettre fin à son adhésion avant l’échéance de la période de cinq ans en cas de changement de mode de production.

Grossistes : la CGF organise un pôle alimentaire en son sein

Alors que se tient le salon Restauco à Paris, les grossistes de la CGF annoncent, dans un communiqué paru le 17 juin, la création au sein de la confédération d'un pôle alimentaire, intitulé CGF Alimentaire, qui sera présidé par Olivier Feno-Feydel, président de l’UNCGFL (Fruits et Légumes). « La CGF souhaite renforcer la représentation des grossistes alimentaires dans toute leur diversité et porter d’une seule voix les intérêts des différentes filières alimentaires représentées par les 11 fédérations adhérentes de la CGF », explique la confédération dans son communiqué. Parmi les «sujets prioritaires», les grossistes identifient la « souveraineté alimentaire» et les «évolutions règlementaires» ; les grossistes « font face à une accumulation de normes administratives, environnementales et sanitaires», regrette CGF Alimentaire. Les sénateurs examinent actuellement le projet de loi d'urgence agricole, dont plusieurs dispositions visent à encadrer l'approvisionnement des cantines. Le gouvernement souhaite notamment interdire à la restauration publique l'approvisionnement en provenance du Mercosur. En première lecture à l'Assemblée, les députés ont ajouté de nombreuses obligations, comme celle de respecter un prix plancher, ou de privilégier l'approvisionnement local. Le commerce de gros alimentaire représente près de 6 000 entreprises et 150 000 salariés répartis dans toutes les régions de France, rappelle la CGF.

Mal-être agricole : les députés votent la proposition de loi Santé mentale en la renforçant

Début juin, l’Assemblée nationale a adopté la PPL visant à prévenir le mal-être et le risque suicidaire dans le monde agricole. Les députés ont introduit un nouvel article facilitant les conditions d’accès au répit pour les agriculteurs en mal être psychique qui constitue un motif pour bénéficier du crédit d’impôt pour remplacement avec un taux porté à 80 % des dépenses engagées. Le guichet départemental unique et la consolidation du dispositif des sentinelles sont confirmés. Pour le premier, sont ajoutées à ses missions la facilitation de l’autodéclaration des besoins et la coordination des conventions prévoyant des aides dédiées au financement d’emplois de gestion administrative et comptable des petites et moyennes exploitations agricoles. Pour le second point, une formation aux premiers secours en santé mentale est intégrée aux modules de formation des sentinelles. Celles-ci ont aussi la possibilité, sous certaines conditions de transmettre au guichet unique les données personnelles des agriculteurs accompagnés. Les députés ont aussi voulu que la mission nationale pour la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs, y associant les organisations syndicales agricoles, soit placée sous la tutelle des ministres du travail et de l’environnement, aux côtés des ministres de la santé et de l’agriculture. 

Saisonniers : une PPL pour garantir la remise des documents de fin de contrat

Le député Denis Fégné (Socialistes et apparentés) a déposé, le 9 juin, une proposition de projet de loi visant à garantir aux travailleurs saisonniers la remise effective et rapide des documents de fin de contrat. «Ces documents – certificat de travail, attestation destinée à France Travail, reçu pour solde de tout compte – demeurent traditionnellement considérés comme quérables, c’est‑à‑dire à retirer par le salarié auprès de l’employeur», est-il expliqué dans l’exposé des motifs. Or du fait du caractère temporaire de l’emploi et de la grande mobilité qui caractérise le travail saisonnier, «ces salariés ont souvent quitté leur lieu de travail avant que l’employeur ne soit en mesure de leur remettre ces pièces indispensables». Avec les conséquences qui en découlent : impossibilité de s’inscrire en temps utile auprès de France Travail, décalage dans le versement des allocations chômage. Le projet de loi propose de faire évoluer le Code du travail pour substituer le caractère « quérable » des document par le caractère « portable » : il s’agit d’imposer à l’employeur d’adresser ces documents au salarié, par voie postale ou électronique sécurisée, « et par tout moyen conférant date certaine ». Pour le député, une telle évolution permettrait aux saisonniers d’accéder plus facilement et plus rapidement à leurs droits sociaux.

Muguet/1er Mai : le Sénat adopte le projet de loi autorisant le travail des salariés

Le 16 juin, le Sénat a adopté à une forte majorité ( 229 pour, 110 contre) le projet de loi « Travail le 1er mai des boulangers-pâtissiers artisanaux et artisans fleuristes » du gouvernement. Le texte est passé malgré deux motions de rejet portées par les sénateurs de gauche. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu devant les sénateurs un projet de loi qualifié de «clarification». Long de seulement quelques lignes, le texte prévoit la possibilité pour ces deux corps de métier uniquement de faire travailler leurs salariés sous réserve qu’un accord de branche fixe les conditions de recueil de leur volontariat et de leur rémunération. En avril, le gouvernement avait dû faire marche arrière sur un projet de loi similaire incluant beaucoup plus de métiers, provoquant une levée de boucliers de la gauche, menaçant censure, et des syndicats. Par la suite, le dossier s’est embrouillé (communication peu lisible de Matignon sur l’autorisation d’ouverture, dépôt de deux requêtes, dont un référé-suspension, auprès du Conseil d’Etat, par le syndicat Sud Commerce) avant l’arrivée du nouveau texte débattu hier dans la Chambre Haute. Le texte a été transmis à l’Assemblée nationale et sa lecture, où il y a fort à parier qu’elle fera l’objet d’âpres discussions, ne devrait pas intervenir avant la rentrée, selon plusieurs sources.

Ail : récolte 2026 normale en volume, bonne en qualité, très forte précocité

A l’occasion d’une visioconférence le 16 juin, l’interprofession Ail de France a donné les premières indications sur la récolte 2026, qui devrait être particulièrement précoce, les premiers volumes étant attendus pour la mi-juillet, contre le début août habituellement. Les conditions météorologiques depuis quelques semaines ont accéléré les fins de récolte dans la plupart des bassins de production, avec des chantiers qui ont pu se dérouler sans interruption. Côté volumes, «  nous nous dirigeons vers une année normale en quantité, avec un qualité plutôt bonne mais une certaine hétérogénéité dans les calibres », a précisé Christiane Pieters, présidente d’Ail de France. Pour rappel, en 2025, l’ail français avait représenté 29 000 tonnes, en légère hausse sur un an. L’interprofession espère que la distribution profitera de cette précocité pour enclencher le basculement sur l’origine France et une meilleure tenue des prix : l’ail premier prix, qui représente 40% des volumes (20% il y a deux ans), est passé de 2,5€ à 1,99€ en un an. « L’ail petit calibre ne doit pas être un régulateur de la guerre des prix », considère Christiane Pieters qui plaide par ailleurs pour une valorisation de l’ail français issu de stockage frigo plutôt qu’un basculement vers d’autres origines.

Pomme de terre : le CNIPT présente un plan d’actions pour faire place à la récolte 2026

Dans un communiqué du 17 juin, le CNIPT (interprofession de la pomme de terre fraîche) a présenté « un plan d’actions coordonné reposant sur des engagements concrets de chaque maillon de la filière », afin d’assurer dans les meilleures conditions la transition vers la récolte 2026 de pommes de terre. Via ce plan, les producteurs ainsi que leurs organisations s’engagent à dynamiser l’écoulement « des volumes excédentaires de la récolte 2025 qui ne trouvent plus de débouchés commerciaux ». Parmi eux, le CNIPT cite divers débouchés alternatifs : méthanisation, épandage, mise en tas ou encore dons aux associations. Les conditionneurs s’attelleront de leur côté à mettre fin « aux opérations de promotion et aux mises en avant commerciales de l’ancienne récolte dès la date de bascule définie collectivement ». Enfin, les commerçants s’attacheront à « accueillir les pommes de terre primeurs et les nouvelles récoltes 2026 comme les produits phares de la saison ». Diverses actions sont citées : « référencement progressif », « mise en avant en rayon » et « valorisation auprès des consommateurs ». Le CNIPT rappelle enfin qu’il avait précédemment instauré, avec le GIPT (interprofession des pommes de terre industrielles), un dispositif « de prise en charge forfaitaire destiné à contribuer aux coûts engagés pour l’écoulement des volumes excédentaires ».

Pomme de terre : l’UNPT (producteurs) lance un outil d’analyse des contrats

Dans un communiqué du 16 juin, l’UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA) a annoncé le lancement d’un outil d’analyse des contrats « pour aider les producteurs à sécuriser leurs engagements commerciaux dans le frais ». Dénommé LexiPom, l’outil « est basé sur l’intelligence artificielle et développé à partir de l’expertise contractuelle » du syndicat, ainsi que « de son contrat type régulièrement actualisé au regard de l’évolution du droit et des réglementations interprofessionnelles ». Il permet d’offrir une première analyse, afin d’identifier les points de vigilance. Il examine « des clauses relatives au prix, aux volumes, aux conditions de livraison, aux critères de qualité, aux pénalités, à la résiliation ou encore à la force majeure ». Anonymisé et confidentiel, il constitue davantage une aide à la lecture et à la compréhension des contrats, plutôt qu’une substitution à un conseil juridique. L’UNPT rappelle « qu’en cas de doute ou d’enjeu particulier », le recours à un professionnel reste indispensable. Les adhérents du syndicat peuvent accéder à l’outil via le lien : lexipom.softr.app. D’abord utilisable dans le secteur du frais, le dispositif devrait être étendu à l’industrie.

Amidon: 310 suppressions de postes envisagées en France chez Roquette

Le groupe Roquette, spécialiste des ingrédients d’origine végétale, a annoncé le 17 juin un projet de réorganisation de ses activités en France, qui pourrait conduire à la suppression de 310 postes, tout en créant 89 postes en parallèle. Cette restructuration s’inscrit dans un programme de transformation global du groupe lancé en janvier et visant à l’adapter à une conjoncture difficile, marquée par «un ralentissement de la demande et une pression concurrentielle accrue», explique Roquette dans un communiqué. La réorganisation va concerner l’ensemble des activités et des fonctions du groupe, qui a son siège social près de Lille et qui dispose de plusieurs sites de production en France: à Lestrem (Pas-de-Calais), Vic-sur-Aisne (Aisne), Vecquemont (Somme) et Beinheim (Bas-Rhin). Des «mesures d’accompagnement adaptées seront négociées avec les organisations syndicales et mises en oeuvre afin de favoriser les départs volontaires, les mobilités internes, les reclassements et l’accompagnement des transitions professionnelles» promet le groupe. Fournisseur d’ingrédients d’origine végétale, d’excipients et de solutions pharmaceutiques à l’échelle internationale, Roquette a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires d’environ 4,9 milliards d’euros (+8% grâce notamment à des acquisitions récentes, mais -5% à données comparables).

Céréales : relèvement des stocks prévisionnels en blé tendre et en maïs (FranceAgriMer)

Dans ses bilans céréaliers mensuels publiés le 17 juin, FranceAgriMer (FAM) a revu à la hausse ses prévisions de stocks français de fin de campagne commerciale 2025-2026 en blé tendre et en maïs. Par rapport à mai, ils passent de 3,277 Mt à 3,5 Mt concernant la céréale à paille (2,48 Mt en 2024-2025), et de 2,366 Mt à 2,497 Mt du côté de la graine jaune (2,192 Mt l’an dernier). Ces chiffres confirment la lourdeur du marché hexagonal. Sur la moyenne 5 ans, les stocks en blé tendre sont évalués à 2,662 Mt, et ceux en maïs à 1,982 Mt. Cette progression mensuelle sur 2025-2026 s’explique par la correction à la hausse de la collecte, qui passerait entre mai et juin de 30,425 Mt à 30,818 Mt en blé tendre, et de 11,767 Mt à 12,085 Mt en maïs. Une des hypothèses émises pour justifier cette modification est que les agriculteurs vendraient tardivement, « au vu de la faiblesse actuelle des prix. Il se pourrait que certains cherchent de meilleures opportunités de marché. Il y a encore beaucoup de stocks en dépôt en blé tendre », s’est exprimé lors de la conférence de presse en visio suivant le Conseil spécialisé grandes cultures Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques de FAM. En orge, les stocks régressent légèrement, passant de 1,456 Mt à 1,372 Mt d’un mois sur l’autre (1,16 Mt en 2024-2025). Mais ils restent à un niveau élevé, car la moyenne 5 ans s’affiche à 1,064 Mt.

Nitrates : en Centre-Val de Loire, la chambre menace d'attaquer le zonage en justice

Dans une motion adoptée en session le 12 juin, la chambre régionale d'agriculture du Centre-Val de Loire menace d'attaquer en justice la prochaine délimitation des zones vulnérables (au titre de la directive Nitrates) du bassin Loire-Bretagne, dont un projet a été récemment présenté à la profession. L'instance consulaire estime que « le nombre de mesures réalisées par station apparaît insuffisant pour garantir une représentativité statistique robuste », ce qui est « de nature à conduire à des classements contestables et à des conséquences disproportionnées pour les exploitations ». La profession demande « un minimum de onze mesures par an et par point de suivi, afin d’assurer la solidité scientifique et juridique des décisions ». L'administration n'en imposerait que six pour les eaux superficielles. La question de la méthode de mesure des taux de nitrates induisant le classement en zone vulnérable fait actuellement l'objet d'un contentieux entre la commune de Sidiailles (Cher) et la préfète de région coordonnatrice du bassin Loire-Bretagne. Dans son jugement du 26 février, la cour d'appel de Versailles a estimé que l'arrêté de 2015, qui cadre les méthodes de mesure, était incompatible avec la directive nitrates qui impose au minimum douze mesures par an pour les eaux superficielles.

Loup/sanitaire : la Coméco du Sénat adopte tous les amendements des rapporteurs

Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole le 17 juin, les sénateurs de la Coméco ont adopté tous les amendements sur la gestion du loup déposés par les rapporteurs LR et UDI Duplomb, Menonville et Cuypers, réécrivant ainsi largement la copie des députés. L’amendement 144 inscrit dans le marbre la non-protégeabilité des élevages bovins et équins, tout en supprimant la notion de tirs de « légitime défense », introduite par le RN lors de l’examen par la chambre basse. Via l’amendement 143, les sénateurs ont inscrit explicitement que le régime de déclaration des tirs de défense s’applique aux « troupeaux d’ovins, de caprins, de bovins, d’équins et d’asins » ; ils élargissent aussi ce régime déclaratif au cercle 3 (prédation « possible à moyen terme »), aujourd’hui soumis à autorisation. Et, à travers l’amendement 145, ils facilitent l’accès aux lunettes de tir à vision nocturne pour les éleveurs, en assouplissant la procédure d’autorisation. Par ailleurs, comme proposé par les rapporteurs, la Coméco a décidé de raccourcir le délai pour publier les ordonnances de mise en œuvre des Assises du sanitaire animal, à douze mois. Ce faisant, ils sont revenus à la version initiale du gouvernement, alors que l’Assemblée avait raccourci ce délai à six mois.

Lait : un pic de collecte avancé de cinq semaines cette année, à cause de la FCO

Les dernières données indiquent une baisse de la collecte de lait de vache en France depuis la semaine du 16 mars, après un pic de collecte. « Cette avancée du pic de la collecte, par rapport aux années précédentes, a pour conséquence que la collecte des semaines les plus récentes baisse par rapport à la même période en 2025 », indique FranceAgriMer dans sa conjoncture lait de vache pour mai. La collecte est en recul de 1,1% la semaine du 4 mai, par rapport à la même semaine de 2025. « Ainsi, en 2026, le pic laitier aura été plus précoce, avec cinq semaines d'avance, et également plus fort (+ 2 %/pic laitier 2025). » « Cette baisse récente de la production est la conséquence d’un décalage des vêlages dans l’ouest de la France, en liaison avec des problèmes de reproduction survenus l’été dernier du fait de la FCO », indique le Cniel (interprofession) dans sa note de conjoncture publiée début juin. Ce décalage des vêlages devrait induire une hausse de la collecte sur les mois de juin et juillet surtout dans l’Ouest. La collecte présente toutefois « une évolution globale très dynamique sur le début de l’année 2026, avec une croissance de 4% sur les quatre premiers mois de l’année 2026 », indique le Cniel, à cause des prix bas de l’alimentation, des fourrages de bonne qualité et du développement de la robotisation.

Lait : les cours de la protéine toujours en hausse, ceux du beurre se stabilisent

Les cours des produits issus du lait atteignent des records et sont toujours orientés à la hausse. « Le prix de la poudre de lait écrémé a sensiblement progressé depuis la fin de l’année 2025 pour se situer désormais à 2 900 € la tonne, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 4 ans. Cette revalorisation concerne les différents ingrédients protéiques. Les tendances sont, en effet, similaires pour la poudre de lactosérum et les différents concentrés de protéines », écrit le Cniel (interprofession) dans sa dernière note de conjoncture pour le mois de mai. En France, les prix des produits laitiers vendus en magasin affichent des augmentations modérées au cours des douze derniers mois : +1,7% pour le beurre, +0,8% pour le lait liquide. En dépit de ces valorisation haussières, le prix du lait de vache conventionnel payé aux producteurs en France est de 417 €/1000 litres en mars 2026, soit -11% sur un an. En outre, les producteurs sont confrontés à des coûts de production qui repartent à la hausse (+3% en mars 2026 sur un an selon l’indice général Ipampa Lait de vache) après une baisse modérée au cours des derniers mois. « Ce mouvement risque de s’amplifier dans les mois à venir, compte tenu de l’augmentation du prix de l’énergie et des engrais », prévoit le Cniel.

Lait bio : hausse de la collecte et des prix au 1er trimestre 2026

Le lait biologique reprend des couleurs au premier trimestre 2026 si l’on en croit la dernière note de conjoncture mensuelle sur la filière lait de vache de FanceAgriMer. La collecte est orientée à la hausse à +3,6% au premier trimestre 2026, comparé à la même période de 2025, grâce à la qualité des fourrages, et alors que les livreurs continuent à être de moins en moins nombreux. Le prix standard du lait biologique s'est amélioré de 3,1% à 521,8 €/1000 litres. Les fabrications sont aussi en progression au T1 2026 : le lait conditionné bio a augmenté de 1,6 %, les yaourts ont augmenté de 10,2% et les desserts lactés frais ont également été très soutenus à + 39%, mais les fabrications de beurre sont en léger retrait. En revanche, les achats des ménages sont mitigés selon les données Worldpanel by Numerator. Les quantités achetées ont reculé pour le lait conditionné de 5,7% et pour le beurre de 19,3 %. L’ultra-frais a été en hausse grâce aux progressions des quantités achetées de desserts frais (+ 6,4 %) et de fromages frais (+ 8,2 %), tandis que les volumes de yaourts ont reculé de 7,6 %. « Cette divergence entre fabrications et achats des ménages suggère que la consommation en restauration hors domicile est restée solide en ce début d'année 2026 », selon FranceAgriMer.

Lait : « belle année » 2025 pour la branche lait d’Agrial portée l’ultra-frais

Première activité d’Agrial avec 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 (sur un total de 7,3 milliards), la branche lait signe une « belle année » 2025, selon le rapport annuel de la coopérative dévoilé le 16 juin. « Le bilan est globalement satisfaisant pour la branche Lait, porté par des cours du prix du lait payé aux producteurs de lait de vache et de chèvre qui ont franchi des seuils inédits », est-il écrit, même si « le cours des commodités laitières (beurre, poudre de lait, mozzarella...) s’est effondré du fait d’un contexte de surproduction mondiale » au second semestre 2025. Principal motif de satisfaction : l’ultra-frais qui a atteint « un niveau de rentabilité au-delà des attendus » et profite du développement du « skyr sous marques de distributeurs, produit dont Agrial est leader. » Les yaourts à marque Soignon au lait de chèvre et de brebis et Les 300 Laitiers bio renouent avec la croissance « après deux années difficiles. » Pour répondre à l’attente du marché pour le sky, Agrial rappelle que « des investissements importants ont été réalisés pour augmenter la capacité de production sur le site de Jouy (Yonne). D’autres sont prévus en 2026. » Soignon va être doté d’une nouvelle usine à horizon 2027. Et la mise en service d’une nouvelle tour de séchage à Herbignac (Loire-Atlantique) est prévue courant 2026.

Bovins viande : au Brésil, un quart des animaux engraissés en feedlots, en hausse

En progression quasi continue depuis vingt ans, l’engraissement en feedlots (parcs d’engraissement) concerne désormais « 20 à 25 % » de la production de bovins au Brésil, a-t-on appris lors de la conférence de l’Institut de l’élevage (Idele) sur les marchés mondiaux de la viande, le 12 juin. Cette pratique concernait 8,5 millions d’animaux en 2025, selon les chiffres officiels, soit plus du triple des effectifs de 2007 (2,55 millions). La part d’animaux engraissés en feedlots augmente régulièrement, de 8 % par an depuis 2017. Une pratique qui vise à « accélérer l’engraissement, réduire l’empreinte carbone par kg de viande », ou encore « avoir des animaux mieux finis pour des marchés plus exigeants (USA, UE, etc.) », selon la présentation de l’Idele. L’institut français fait état de 1 960 feedlots, et précise que 62 % des bovins sont engraissés dans des établissements de plus de 10 000 places. Plus largement, l’institut technique s’attend pour 2026 à un « essoufflement » de la production brésilienne de viande bovine (-2 % sur un an), après un « emballement » depuis 2023, nourri par un cycle de décapitalisation. Les volumes exportés, eux, ont atteint un « sommet » en 2025 (4,14 Mtéc, +21 % en un an), et ont démarré 2026 sur un rythme « accéléré ».

Financement : le fonds Entrepreneurs du vivant rejoint une initiative pour la biodiversité

Le fonds Entrepreneurs du vivant (EDV) arrive au sein de l’initiative de place Objectif biodiversité, a annoncé le 17 juin la Banque des Territoires. Son opérateur rejoint ainsi une vingtaine d’investisseurs institutionnels ayant comme objectif de « valoriser la biodiversité dans les portefeuilles de placements financiers », selon un communiqué. Deux fonds, l’un coté en 2024 et l’autre non coté en 2025, avaient été lancés ensemble pour un montant de plus de 400 M€. « Rejoindre une initiative dédiée à la biodiversité permet à Entrepreneurs du vivant de renforcer la résilience des filières agricoles qu’il soutient, en protégeant les ressources essentielles de la production agricole : des sols vivants, une biodiversité préservée et de l’eau en quantité et qualité suffisantes, souligne la Banque des Territoires. Cet investissement s’inscrit dans une approche systémique, où la protection des écosystèmes devient un pilier de l’innovation et de la compétitivité agricole française à long terme. » Le programme EDV, doté de 395 M€ de France 2030, vise à créer un effet d’entraînement auprès des investisseurs privés afin de massifier le financement de la transition agricole. Au 14 avril, 116 M€ étaient déjà été engagés dans ce fonds ouvert aux candidatures jusqu’à mi-2028.

Salon de l’agriculture : la ferrandaise sera la race égérie de l’édition 2027

La vache égérie du prochain Salon de l’agriculture (Sia), du 27 février au 7 mars 2027 à Paris, sera une ferrandaise, ont annoncé ses organisateurs dans un communiqué le 17 juin. Un choix hautement symbolique : alors que cette race auvergnate à petit effectif a failli disparaître, la ferrandaise « signera le retour des bovins au Sia », espèrent-ils, après une édition 2026 marquée par l’absence des bovins. Alors qu’on comptait 140 000 ferrandaises au début du 20e siècle, « la spécialisation et la mécanisation de l’agriculture dans les années 1960 auraient pu lui être fatales », retrace le Sia. Délaissée en raison de sa rusticité et de sa polyvalence (mixité lait/viande), elle a frôlé l’extinction, avec « moins de 200 femelles recensées à la fin des années 70 ». Comme le rappelle Alain Guéringer, président de l’association de sauvegarde de la race, « il faut savoir qu’il n’y a jamais eu de travail de sélection sur la race ferrandaise, pour améliorer son potentiel de production ». En 1978, des éleveurs créent l’Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise. Après quoi un plan de sauvegarde – « soutenu notamment par l’Institut de l’élevage » – permet de la relancer : en 2025, on compte 4 000 femelles ferrandaises et 750 éleveurs (dont « 150 environ en élevages exclusifs »).

Cabinets ministériels : Lecornu demande des dépistages inopinés de stupéfiants

Sébastien Lecornu a ordonné à ses ministres de procéder à des dépistages inopinés de leurs collaborateurs pour déceler une éventuelle consommation de stupéfiants au sein de l’État, selon une circulaire citée par Politico le 17 juin, que l’AFP a pu consulter. Dans cette circulaire datée du 16 juin, le Premier ministre demande aux membres de son gouvernement « d’organiser (...) des dépistages inopinés et obligatoires, sous la forme de tests salivaires » dans leurs cabinets, auprès des hauts fonctionnaires ou encore des agents ayant accès à des « informations sensibles » ou porteurs d’une « habilitation » notamment dans la défense ou la sécurité. Car, explique-t-il, la consommation de stupéfiants par des agents publics « constitue, au-delà de leur propre mise en danger et de l’impact sur le service, une vulnérabilité personnelle susceptible d’être exploitée par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manœuvres d’ingérence ». Selon le Canard enchaîné daté du 17 février, un membre du cabinet du Premier ministre, conseiller sur les questions agricoles déjà en poste avant M. Lecornu, avait dû être exfiltré de Matignon à la suite d’une consommation de drogue fin 2025.