Agra Fil du 16 juin 2026

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Conflit au Moyen-Orient : les États-Unis et l’Iran annoncent la conclusion d’un accord de paix

Après plusieurs semaines de négociations laborieuses, un accord de paix a finalement été trouvé entre les États-Unis et l’Iran dans la nuit du 14 au 15 juin afin de mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Donald Trump a annoncé, dans la foulée sur son réseau Truth Social, la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage, ainsi que la levée immédiate du blocus naval américain. « Que le pétrole coule à flots ! », a ainsi indiqué le président américain, tout en précisant que cette ouverture interviendra « dès la signature de l'accord vendredi afin de permettre le déminage ». L’accord doit, en effet, être signé le 19 juin lors d’une cérémonie à Genève (Suisse). De leur côté, les dirigeants européens ont salué l’obtention de ce compromis. « J’attends avec impatience la fin de cette guerre coûteuse », a déclaré le président du Conseil européen, le portugais Antonio Costa. Quant à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, elle appelle maintenant « à ce que toutes les parties mettent rapidement en œuvre l'intégralité de l'accord ». Le sujet devrait être à l’ordre du jour des dirigeants des pays du G7, qui se retrouvent du 15 au 17 juin à Évian-les-Bains.

Conflit au Moyen-Orient/céréales : l’annonce de l’accord Iran-USA a pesé sur les prix

À la suite de l’annonce de l’accord entre l’Iran et les USA pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient le 15 juin et permettre la réouverture du détroit d’Ormuz, les cours du blé tendre, du maïs et surtout du colza décrochaient dans la matinée sur Euronext. À titre illustratif, à 11 h ce matin, les valeurs du colza décrochaient d’environ 9 €/t sur les échéances de la récolte 2026, et de 2 €/t environ en blé tendre et en maïs. En effet, l’accord en question a fait chuter les cours du pétrole, sachant que le colza et, dans une moindre mesure, le blé tendre et le maïs en France servent à la production de biocarburants. De plus, la nouvelle rassure les opérateurs quant au marché des engrais, dont les prix pourraient reculer après l’annonce. Malgré des difficultés, le retard pris dans les couvertures des agriculteurs est encore rattrapable dans une certaine mesure à cette période de l’année. Néanmoins, la prudence reste de mise. D’une part, il s’agit de voir si l’accord sera vraiment respecté, ce qu’il contient en détail, et de suivre les négociations prévues durant les prochaines semaines. D’autre part, la logistique dans le détroit d’Ormuz mettra un certain temps avant de reprendre son rythme de croisière, que ce soit pour l’énergie ou les engrais, lissant la potentielle baisse de leurs cours. En fin de journée, vers 17h45, la baisse des prix du blé tendre n'était plus que de 1-2 €/t environ, et du colza de 8-9 €/t environ. Ceux du maïs se stabilisaient.

Taxes américaines/vin : Trump menace encore une fois les vins français de droits de douane

Dans un entretien accordé le 14 juin au journal américain The New York Post, Donald Trump a une nouvelle fois menacé la France d'appliquer des droits de douane de 100 % sur ses exportations de vins vers les États-Unis si Paris ne retire pas sa taxe sur les services numériques. « Cette nouvelle menace est [...] une mauvaise nouvelle pour notre filière fortement exportatrice », a indiqué le 15 juin à l'AFP Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), appelant les parties « à la responsabilité et au maintien d’une relation commerciale équilibrée et constructive ». De son côté, le président Emmanuel Macron a réagi le 15 juin, en amont de la réunion du G7 où il accueillera le locataire de la Maison Blanche, souhaitant de la stabilité dans les relations transatlantiques, tout en rappelant que « les tarifs, ça ne fait du bien à personne ». Et d’expliquer, lors du journal télévisé de TF1, qu’il « aura une discussion respectueuse mais ferme » avec Donald Trump. En 2019, la France a instauré une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les entreprises technologiques, y compris les géants américains comme Facebook, Amazon, Apple et Alphabet, maison mère de Google.

Vin : relance du guichet d’aide à la distillation de crise (FranceAgriMer)

FranceAgriMer prolonge l’aide de 40 M€ à la distillation de crise de vins rouges et rosés, selon un communiqué. « Une seconde période de dépôt des engagements du 16 au 30 juin 2026 » est ouverte », précise-t-il. Le guichet d’aide avait été initialement ouvert du 20 avril au 12 mai, puis prolongé du 18 au 21 mai. Il est relancé, car « une partie de l’enveloppe mobilisable au titre du dispositif demeure disponible », selon la décision publiée le 11 juin au Bulletin officiel. Les volumes pouvant être engagés au titre de cette nouvelle vague correspondent « aux vins rouges et rosés détenus par chaque opérateur au 31 juillet 2025, déduction faite des volumes déjà engagés par ce même opérateur lors de la première période de dépôt », indique l’établissement national. Pour rappel, le dispositif prévoit 30 €/hl pour le détenteur des vins et 3 €/hl pour le distillateur. L’aide, financée dans le cadre de la réserve de crise européenne, vise à « retirer du marché une partie des volumes excédentaires et à les orienter vers des usages industriels ou énergétiques ». Peuvent en bénéficier les producteurs vitivinicoles, mais aussi les caves coopératives, organisations de producteurs, négociants et négociants vinificateurs.

Alcools : la consommation mondiale prévue en baisse lors de la prochaine décennie

La consommation mondiale d’alcool devrait reculer au cours de la prochaine décennie, malgré la croissance démographique, selon le cabinet d’études de marché IWSR. Un recul des ventes du secteur est déjà observé depuis 2023. En cause, la flambée du coût de la vie, conjuguée à l’évolution des habitudes de consommation, aux préoccupations sanitaires et à l’essor des médicaments amaigrissants, susceptibles de réduire la consommation d’alcool, selon les fabricants. Dans sa première prévision sur dix ans, IWSR indique ne pas s’attendre à un arrêt du cycle de baisse des volumes de consommation mondiale d’alcool avant 2031. Même en 2035, ils resteraient inférieurs de 1 % aux niveaux de 2025, malgré une hausse de 9 % du nombre mondial de consommateurs en âge légal de boire, selon le cabinet. La baisse de consommation mondiale d’alcool pur représentera d’ici là l’équivalent de deux bouteilles de spiritueux ou d’une caisse de vin par personne et par an. Selon IWSR, les volumes de spiritueux, de bière et de vin devraient reculer d’ici 2035, au profit de nouvelles catégories de boissons, comme les cocktails en canette. Le cabinet prévoit une baisse de plus de 18 % de la consommation d’alcool d’ici 2035 sur les plus grands marchés, à savoir la Chine et les États-Unis. Des baisses seront également observées en Allemagne, au Japon et au Royaume-Uni.

Pac : le rapporteur du Parlement européen remet en cause la plupart des propositions de Bruxelles

Le rapporteur du Parlement européen sur la future Pac, l’allemand Norbert Lins (PPE), veut réserver les grandes lignes de la Pac actuelle et rejette la plupart des nouveautés introduites dans la proposition de Bruxelles, selon les premiers éléments de son projet de rapport, qui sera officiellement présenté le 29 juin en commission de l’Agriculture (Comagri). Il plaide en particulier pour le maintien d’une Pac à deux piliers (aides directes et développement rural) avec, d’un côté, un financement entièrement européen des paiements directs de base et, de l’autre, des mesures structurelles et de développement rural cofinancées. Celui qui est aussi vice-président de la Comagri s’oppose à l’introduction d’une dégressivité uniforme des paiements à l’hectare, mais se dit toutefois favorable à la mise en place d’un plafonnement des aides directes limité aux personnes physiques, afin de protéger les exploitations familiales ainsi que les petites et moyennes exploitations. Il fixe ce plafond à 500 000 € contre 100 000 €dans la proposition de Bruxelles. Il se prononce également pour qu’un seuil minimal de 8 % des paiements directs soit dédié aux jeunes agriculteurs et appelle à un fléchage contraignant des fonds destinés à rémunérer les services environnementaux, climatiques et de bien-être animal, sans s’engager à ce stade sur un chiffre – celui-ci devant être défini une fois le budget de la Pac définitivement adopté.

NGT : la Comenvi valide le texte sans amendement, vote final en plénière le 17 juin

Les eurodéputés de la commission de l’Environnement du Parlement européen (Comenvi) ont validé le 15 juin le compromis trouvé avec les États membres en décembre sur la libéralisation de la culture de plantes obtenues par les nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT) sans y apporter aucune modification. Les 36 amendements déposés par les groupe de gauche (S&D, les Verts, the Left) ont tous été rejetés. Toutefois, pour être définitivement validé, cet accord doit encore être examiné en plénière le 17 juin à Strasbourg. Les amendements, qui pour beaucoup demandent à restreindre la brevetabilité des semences NGT de catégorie 1 (celles considérée comme équivalente à des plantes conventionnelles), y seront de nouveau présentés. Ce sujet est loin de faire l’unanimité, y compris dans le secteur agricole. Dans une lettre commune adressée aux eurodéputés le 12 juin, l'Association d’agriculteurs allemands (le DBV) et la Fédération allemande de l'industrie alimentaire biologique (BÖLW) demandent d’ailleurs aux parlementaires d’adopter les amendements qui permettent de « garantir une exemption totale pour les obtenteurs et le libre usage du matériel de reproduction ». Pour être adoptés, ces mesures devront recevoir le soutien de la majorité des membres du Parlement européen (et non pas de la majorité simple des membres présents). Si tel était le cas, des négociations devraient alors reprendre sur ce point spécifique avec les Vingt-sept.

Céréales : rendements attendus « dans la moyenne » en Centre-Val de Loire (chambre)

Lors d’une conférence de presse le 12 juin, Maxime Buizard, président de la chambre régionale d’agriculture du Centre-Val de Loire, a indiqué que les rendements en céréales étaient « attendus dans la moyenne » pour la récolte 2026. Il a précisé qu’une certaine hétérogénéité était à attendre entre les zones nord et sud. Plus en détail, les rendements en orge d’hiver sont attendus pour le moment à 73 q/ha en moyenne, d’après la Draaf (préfecture), contre 68 q/ha en moyenne en 2021-2025. Les récoltes devraient débuter autour du 17 ou 18 juin, les cultures ayant 12 à 15 jours d’avance dans leur développement. En colza, la productivité globale est projetée à 32 q/h (33 q/ha en moyenne quinquennale). En blé tendre, aucun chiffre n’a été avancé, mais les récoltes devraient, là aussi, être dans la moyenne, avec 8 à 10 jours d’avance par rapport à d‘habitude. Attention : des mauvaises nouvelles pourraient survenir concernant les blés tardifs et les orges de printemps cultivées dans les sols superficiels, prévient l’élu. Maxime Buizard pointe par ailleurs « de vraies inquiétudes que des agriculteurs fassent un choix de ne pas mettre en culture » à l’automne 2026, en raison de la flambée des engrais, cumulée à la faiblesse des prix des céréales, générant un effet ciseaux. La zone sud est encore plus concernée, les rendements y étant habituellement au-dessous de la moyenne.

Accord UE-Mercosur/maïs : les producteurs européens alertent sur les risques sanitaires

Dans un communiqué de presse publié le 15 juin, la Confédération européenne des producteurs de maïs (CEPM) appelle une nouvelle fois les dirigeants français et européens à mettre en place une véritable réciprocité des normes dans le cadre de l’accord UE-Mercosur en raison du risque sanitaire qu’il fait peser. Point de départ de leur demande : la publication, le 26 mai, d’un article du journal brésilien Folha de Sao Paulo qui met en avant les résultats d’une étude de l’administration brésilienne mentionnant 306 cas de dépassement des seuils de détection de pesticides autorisés par l’UE. Le CEPM considère que ces révélations sont « une nouvelle preuve de l’absence totale de contrôle de l’UE qui laisse rentrer sur [son] territoire du maïs qui ne respecte pas [ses] normes ». Les maïsiculteurs européens ajoutent « que les limites maximales de résidus ne sont pas suffisantes pour mettre en place une réciprocité des normes puisque de nombreuses substances actives sont utilisées pendant le cycle de production ».

Protéines végétales : les ventes de substituts à la viande en hausse de 16,8 % en 2025

Les ventes au détail en France de produits alimentaires végétaux alternatifs à la viande ont progressé de 16,8 % en volume (et de 13,5 % en valeur) en 2025 par rapport à 2024, selon les données communiquées le 9 juin par l’ONG Good Food Institute Europe. Ces données, issues de Circana, montrent également une hausse généralisée des ventes d’alternatives végétales. « En 2025, les ventes dans cinq catégories d’alternatives végétales – viande, lait et boissons, fromage, yaourt et crème – ont atteint une valeur totale de 572 millions d’euros, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024 », est-il écrit. Les laits et boissons végétales sont en forte progression, avec +14,8 % en volume et +13,4 % en valeur, comme les yaourts végétaux qui poursuivent leur croissance (+6,6 % en valeur), tandis que les fromages végétaux progressent de 5,4 % en valeur. L’ONG constate toutefois que les alternatives végétales représentent encore une faible part dans les ventes globales de protéines. « Les options végétales représentaient 5,5 % de l’ensemble des laits et boissons lactées vendus par les distributeurs français en 2025, tandis que la viande végétale ne représentait que 2,1 % des ventes de viande préemballée réfrigérée. »

Agriculture régénératrice : Earthworm Foundation et InTent visent 500 000 ha

Dans un communiqué commun du 11 juin, les spécialistes de l’agriculture régénératrice Earthworm Foundation et InTent ont annoncé viser l’accompagnement de 500 000 ha dans des territoires autour du Rhône afin d’y développer des pratiques de production plus durables. Ce projet se traduit par un partenariat entre les deux entités appelé Résiliences. Il ambitionne « d’accélérer la régénération des sols agricoles et d’accompagner 8 000 agriculteurs, pour transformer l’équivalent de 500 000 ha en sols résilients », peut-on lire dans le communiqué. Earthworm Foundation et InTent rappellent que 60 % à 70 % des sols sont dégradés en Europe. De son côté, la région du Rhône « a connu une forte détérioration de ses sols ces dernières années ». Plus en détail, le projet se concentrera sur trois territoires pilotes au cours des cinq prochaines années : en France, « la région Rhône-Alpes et la Camargue » et, en Suisse, « l’arc lémanique incluant les cantons de Vaud, du Valais et de Genève ».

Coopératives : les fusions « devraient se poursuivre », selon LCA Nouvelle-Aquitaine

Le 12 juin s’est tenue à Gradignan (Gironde) l’assemblée générale de La Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine (250 coopératives, 29 000 salariés, 48 000 agriculteurs, pour un chiffre d’affaires de 10,5 Md€). Difficile pour le président, le viticulteur Denis Baro, de rester positif dans un contexte agricole mis à mal quelles que soient les productions. « Et pourtant, je suis d’un naturel optimiste », confie-t-il à Agra Business. « Mais les exploitations agricoles vont mal et les situations financières des coopératives se fragilisent, [et ce] davantage dans nos régions du Sud de la Loire que plus au Nord. À mon sens, l’une des solutions passe par le regroupement des entreprises : des fusions ont déjà eu lieu. Cela devrait se poursuivre. » Pour l’élu, ces regroupements sont « une nécessité absolue pour faire tourner les usines, saturer les silos, rentabiliser les outils de production ». Si, en grandes cultures, les coûts de production plombent les résultats, en viticulture, c’est la déconsommation continue qui devrait entraîner de nouvelles restructurations. « En Gironde, il reste aujourd’hui 25 caves coopératives », précise-t-il. « Il faudrait en garder cinq ou six, une par grande région de production ! » Denis Baro n’exclut pas que La Coopération agricole elle-même repense son modèle « pour accompagner au mieux nos adhérents » et identifier les économies possibles entre régions. (Anne Gilet)

Prunes : récolte attendue à des niveaux proches de 2025, avec des fruits « premium » (AOP)

Les premières récoltes de prunes françaises ont débuté avec une semaine d’avance, selon les derniers éléments communiqués par l’AOPn Prune. La commercialisation des variétés précoces débutera dès la fin de semaine, avant l’arrivée des premiers volumes significatifs partir du 25 juin. Malgré les fortes chaleurs enregistrées fin mai, et celles à venir cette semaine, les producteurs se montrent globalement confiants. « Nous nous attendons à une belle récolte, avec de beaux calibres. Les fruits présentent un profil premium au verger et nous n’avons pas d’inquiétudes particulières », a indiqué André Graglia, directeur de l’AOP, à Agra Presse le 15 juin. Selon les prévisions présentées par l’AOPn Prune lors du Medfel, fin avril à Perpignan, le potentiel national destiné au marché du frais est estimé entre 56 000 et 58 000 t en 2026, un niveau proche de celui de la campagne précédente. Dans le Sud-Ouest, principal bassin de production français, le potentiel est estimé à 90 % d’une récolte normale, avec des variétés de juillet plutôt légèrement inférieures à 2025 et des variétés d’août à éclaircir selon les situations pour avoir de bons calibres. Dans le Grand Est, le potentiel est évalué entre 70 % et 80 % d’une récolte normale, tandis que le Sud-Est (seulement 5 % de l’offre AOPn Prune) affiche un potentiel proche de 100 %.

MSA : inquiétudes croissantes sur les suppressions de postes avec la COG 2026-2030

Le 6 juin, la députée Murielle Lepvraud (LFI, Côtes-d’Armor) a questionné, par écrit, la ministre de l’Agriculture sur la convention d'objectifs et de gestion (COG) 2026-2030 en cours de négociation pour la MSA. « Le 8 avril 2026, il a été annoncé par les ministères de tutelle que la COG négociée produirait la suppression de 950 postes à l'échelle des 35 caisses du pays », avance-t-elle. Depuis le printemps, les inquiétudes ne font qu’augmenter sur les possibles suppressions de postes. D'après un communiqué de la CGT, la suppression de 950 ETP équivaudrait à 1 200-1 300 postes en moins, soit environ 10 % des effectifs. Une évaluation confirmée par Pascal Seligour, délégué Unsa de la MSA à Vannes (Finistère) à l’occasion d’une manifestation en mai rapportée par Le Télégramme : « Sur les 485 salariés en poste à Bruz et à Vannes, 50 à 60 postes sont menacés ». Dans un communiqué en avril, le syndicat des cadres dirigeants du secteur agricole (SnadMSA) indiquait « ne peut plus accepter l’hémorragie des effectifs qui ont baissé de 22 % depuis 2010 alors que sa population assurée reste globalement stable et que les besoins et sollicitations sont en augmentation ». Contacté par Agra Presse, la MSA a indiqué « ne pouvoir rien communiquer à ce stade », la négociation étant toujours en cours.

Porc : en congrès, la FNP engage une réflexion sur la valorisation du lisier

Lors de l’assemblée générale de la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA), le 12 juin à Angoulême (Charente), les éleveurs ont vu dans leur production de lisier « une carte à jouer dans le contexte de renchérissement des engrais », rapporte à Agra Presse la nouvelle directrice de l’association spécialisée, Lara Berthelot. Selon elle, le prochain conseil d’administration pourrait aborder la question de la faisabilité d’outils de production d’engrais à la ferme et de la sécurisation de revenu permise par cette technique. Considérant que la conjoncture porcine dégradée limite fortement les moyens d’investir, la directrice pense que des travaux sont à envisager avec les pouvoirs publics sur un éventuel accompagnement. La filière porcine « participe activement aux cycles agronomiques », rappelle dans son communiqué François Valy, président de la FNP : « Les effluents d’élevage fournissent environ un tiers des apports en azote et la moitié des apports en phosphore aux sols, contribuant à la fertilisation et à la réduction du recours aux engrais minéraux ». C’est l’un des trois modes de contribution à la bioéconomie circulaire qu’il mentionne, les deux autres étant la valorisation d’aliments non consommables par les humains et le développement d’énergies (impliquant aussi les effluents).

Lait : rappel d'un lot de lait infantile Novalac, sans lien avec la céréulide (ministère)

Du lait infantile Allernova AR, des laboratoires Novalac, a fait l'objet d'un rappel après des signalements d'effets indésirables chez des nourrissons, a annoncé le gouvernement le 12 juin. L'un des nourrissons a été hospitalisé et des analyses ont relevé la présence d'un « adénovirus, agent pathogène responsable de gastro-entérite qui n'est pas susceptible de provenir du lait », explique le gouvernement. « Les analyses réalisées par l'exploitant ne montrent aucune présence de pathogène. En particulier, il n'y a pas de détection de la toxine céréulide, » ajoute l’exécutif. Des couleurs et odeurs inhabituelles ont également été signalées par les consommateurs pour le même lot. Les analyses menées par Novalac sur le lot concerné, fabriqué en Allemagne, ont mis au jour « une durée de chauffe trop importante d'une partie du lot », pouvant être à l'origine de ces anomalies. Si le lot est impropre à la consommation du fait de ces caractéristiques altérées, il ne peut pas « être conclu, à [ce jour], à un éventuel caractère préjudiciable à la santé », assure le gouvernement. Pour rappel, en décembre 2025, Nestlé, Danone, Lactalis et d’autres fabricants de lait infantile ont rappelé de nombreux lots à cause de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né.

Ours : en Grèce, trois ours tués en deux jours, des ONG dénoncent l'inertie des autorités

Deux ONG environnementales grecques ont dénoncé le 15 juin de « graves défaillances » des autorités après la mort de trois ours dont « deux par arme à feu et un par appât empoisonné » et appelé à la « pleine élucidation » de ces incidents. « Trois ours morts en deux jours ne constituent pas des incidents malheureux », mais « la preuve (...) que la préparation des mécanismes compétents continue de présenter de graves défaillances », déplore Arcturos, organisation de protection de la faune sauvage, spécialisée dans la protection des ours et des loups. Deux ours ont été tués par balles dans le nord-ouest de la Grèce, habitat principal des ours bruns, rapporte l’AFP. Une troisième jeune ourse, Kirki, qu'Arcturos avait soignée depuis 2025 et réintroduite dans la nature il y a quelques mois, a également été découverte morte victime d'« un appât empoisonné », selon les premiers indices, indique cette ONG. Pour sa part, l’Organisation environnementale pour la faune sauvage et la nature Callisto a appelé à « la pleine élucidation et la traduction en justice des responsables » pour ces incidents. « La mise à mort ou la blessure d’un ours constitue un acte illégal passible de poursuites pénales » ajoute Callisto, rappelant que l’ours est une espèce strictement protégée par la législation grecque et internationale.

Restauration collective : le lobbying transpartisan pour l’achat local va démarrer en Pays de la Loire

À l’invitation des députés Guillaume Garot (socialiste, Mayenne) et Loïc Kervran (Horizons, Cher) au Palais Bourbon le 11 juin, le CNRA (Conseil national pour la résilience alimentaire) et la jeune association écologiste Nuances d’avenir ont présenté leur projet commun de lobbying, nommé Ma cantine locale, visant à faire changer d’échelle la part d’aliments locaux dans la restauration publique maternelle et élémentaire. Les associations partenaires ont indiqué avoir ciblé les Pays de la Loire pour étudier les achats locaux (choisissant la région administrative comme périmètre d’achat local) et engager, dès septembre, des actions de sensibilisation des décideurs de toutes familles politiques. Cette région, ont-ils expliqué, dispose de ressources variées, et sa situation est extrapolable au territoire national. Nuances d’avenir a fait réaliser une étude par le cabinet Vertigo Lab montrant « l’effet levier socio-économique » d’achats régionaux. Ceux-ci représentent 33 % en restauration maternelle et élémentaire publique, selon l’étude, en dépit des freins identifiés – volumiques, logistiques et réglementaires. Monter à 44 % serait un « changement d'échelle » selon le projet.

Pôles de compétitivité : Innov’Alliance sort d’un plan de redressement

Le pôle de compétitivité Innov’Alliance, positionné sur la thématique transversale de la naturalité et du végétal, sort d’un plan de redressement amorcé au second semestre 2025 et finalisé au printemps 2026. Cette démarche a été menée « pour garantir la pérennité du pôle » dans un contexte de « baisse des subventions publiques » – notamment de la région Paca – et de « diminution des prestations réalisées ». C’est le fait marquant de sa 21e assemblée générale, qui s’est tenue le 2 juin à Montélimar (Drôme), accueillie par Montélimar Agglomération, adhérent premium du pôle. Ce plan s’est traduit par des économies sur les prestations externes et par une réduction des frais salariaux, avec le départ de sept collaborateurs, afin de « préserver la capacité d’action du pôle et de définir pour 2026 une trajectoire budgétaire équilibrée ». Malgré ce contexte, Innov’Alliance a présenté un bilan d’activité positif, avec 54 projets accompagnés en 2025. Les événements « phares », comme les Journées de la Naturalité, devraient se maintenir. Pour cette année, les priorités sont réaffirmées : renforcer sa présence auprès des adhérents et les activités dans la naturalité ; maintenir une ambition européenne ; soutenir les activités d’études sensorielles et consommateurs ; développer la formation (virage stratégique développé depuis la fusion des anciens pôles Terralia et Pass). (Florence Rabut)

ONG environnementalistes : Nicolas Richard élu président de FNE

Dans un communiqué paru le 13 juin, France nature environnement (FNE) indique que Nicolas Richard a été élu président de la fédération d'associations environnementalistes, en remplacement d'Antoine Gatet, qui occupait cette fonction depuis trois ans. Jusqu’à présent vice-président de FNE, représentant FNE Anjou et élu au Cese depuis cinq ans, Nicolas Richard est ingénieur des Eaux et forêts de formation et expert indépendant en transition écologique.

Conseil/expertise comptable : Agnès Petit élue présidente de Cerfrance

À l’occasion de l’assemblée générale de Cerfrance le 11 juin, Agnès Petit a été élue présidente de son conseil national, annonce dans un communiqué le réseau de conseil et d'expertise comptable aux entreprises. Elle succède à Benoît Hureau, qui assurait ce mandat depuis 2021. À la tête de Cerfrance Seine-Normandie depuis 2020, Agnès Petit est associée au sein d’une exploitation en polyculture et élevage laitier en Seine-Maritime, dans le Pays de Caux.