Engrais : Bruxelles débloque finalement un total de 540 M€ de la réserve agricole
La Commission européenne a annoncé, le 12 juin, la mobilisation de 540 millions d'euros (M€), soit 40 M€ de plus qu’attendu, dans le cadre de la réserve agricole pour soutenir les agriculteurs affectés par l’envolée des prix des engrais. Le 9 juin, Bruxelles avait déjà débloqué 300 M€ supplémentaires pour abonder cette réserve agricole, lesquels ont été ajoutés aux 240 M€ qui restaient disponibles. Cette proposition va maintenant être soumise au vote des États membres au sein du Comité sur l'organisation commune des marchés (dont la prochaine réunion est prévue le 22 juin). Les enveloppes nationales y seront précisées. Et, si elle est approuvée, son adoption définitive est prévue d'ici fin juillet. Les États membres pourront compléter leurs enveloppes à hauteur de 200 % de fonds nationaux, ce qui pourrait porter « le soutien financier total disponible à un total potentiel de 1,5 milliard d'euros », souligne Bruxelles. Par ailleurs, la Commission a présenté le même jour sa proposition d’ajustements ciblés de la Pac permettant aux États membres d’apporter des soutiens supplémentaires aux agriculteurs. Ce texte prévoit notamment un nouveau régime de liquidités cofinancé à hauteur de 65 % par le Fonds européen de développement rural (Feader) avec des crédits inutilisés qui pourraient autrement être perdus. Les États membres pourront, là encore, compléter ces aides avec un cofinancement national pouvant aller jusqu'à 200 %. Les autres ajustements portent sur le versement anticipé des paiements directs et des flexibilités dans les plans stratégiques pour 2027.
Engrais : les Vingt-sept ajoutent un mécanisme de sauvegarde au MACF
Les États membres de l’UE ont adopté, le 12 juin, leur position sur le paquet d’adaptation du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) qu’avait mis sur la table la Commission européenne au mois de décembre. Les Vingt-sept ont notamment ajouté des dispositions pour protéger le secteur agricole vis-à-vis d'une hausse des prix des engrais. Ils ont validé la proposition de Bruxelles d’introduire une disposition (article 27a) permettant « en cas de circonstances graves et imprévues susceptibles de porter gravement atteinte au marché intérieur » de lancer une procédure d’exemption temporaire du MACF pour certaines productions. Et ils ont introduit un autre article (27 bis), spécifiquement sur les engrais, qui prévoit un mécanisme de sauvegarde si les prix des engrais importés, hors MACF, augmentent de plus de 50 % par rapport à la moyenne des dix années précédentes. Seulement, déplorent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), « en pratique, un tel seuil rend le déclenchement du mécanisme extrêmement improbable ». Le Parlement européen doit encore, de son côté, adopter sa position sur ce dossier avant que des négociations en trilogue puissent débuter en vue de parvenir à un accord avant la fin de l’année.
Pesticides : pas d’accord entre les Vingt-sept, les discussions se poursuivent
Les Etats membres ne sont finalement pas parvenus à se mettre d’accord, le 12 juin, sur une position commune concernant la simplification des procédures d’autorisation de pesticides. Le projet de compromis préparé par la présidence chypriote n’a finalement pas reçu le soutien de la majorité des Etats membres. « Les efforts déployés pour parvenir à un compromis ont été largement salués, mais des discussions supplémentaires seront nécessaires pour aplanir les divergences persistantes entre les États membres. Le travail va se poursuivre au sein du groupe de travail afin de faire progresser les discussions », indique la présidence chypriote qui pensait pourtant avoir trouvé le bon équilibre. Elle proposait de réserver les autorisations illimitées (voulues par la Commission européenne) aux seules substances pesticides à faible risque. Et de porter à vingt-cinq ans au maximum (contre quinze ans dans la législation actuelle) la période de réautorisation de mise sur le marché d’une molécule et à quinze ans (contre dix actuellement) la période pour une première approbation. Le projet revenait également sur les nombreuses procédures facilitées initialement prévues par la Commission européenne pour les molécules de biocontrôle.
Chlordécone: l'indemnisation des victimes envisagée d'ici «un an»
La loi sur la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat dans le scandale du chlordécone aux Antilles, promulguée le 13 juin au JO, donne «un an» au gouvernement pour remettre au Parlement un rapport sur les modalités de l’indemnisation des victimes, dont le financement passera par une taxe sur les tabacs. «Dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, le gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant l’opportunité et la faisabilité d’une extension du bénéfice du fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (...) à l’ensemble des personnes souffrant d’une maladie (...) résultant d’une exposition au chlordécone», indique le Journal Officiel du samedi 13 juin. Et la charge pour l’Etat sera «compensée à due concurrence» par la «création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs», prévoit aussi l’article 5 de la loi votée le 3 juin. Le chlordécone est un pesticide utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et à la Martinique jusqu’en 1993 malgré des alertes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur sa dangerosité. Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate.
Zones de captage/humides : les rapporteurs du Sénat proposent des assouplissements
Dans les amendements qu'ils ont déposés en vue de l'examen du projet de loi d'urgence en commission des Affaires économiques le 17 juin, les rapporteurs LR et UDI, Cuypers, Duplomb et Menonville, proposent d'assouplir les dispositions relatives à la protection des zones de captage d'eau potable et des zones humides. En zones de captages prioritaires, ils demandent que les programmes d’action « tiennent compte des incidences économiques », et ne prévoient pas obligatoirement des « pratiques agroécologiques » visant à réduire l'usage des pesticides, ou le développement des systèmes bas intrants. Concernant la définition des points prioritaires, ils vont plus loin que l'Assemblée concernant le rôle des pesticides interdits, en proposant un seuil de tolérance pour les points de prélèvement dont la dégradation est « principalement imputable » à ces molécules. Pour les plans d'action, ils veulent rétablir la possibilité d'exemption de certaines collectivités, et supprimer le délai maximal de trois ans pour transmettre le plan d'action. Enfin, concernant la définition des zones humides, ils reprennent celle qui avait été proposée dans la proposition de loi Entraves, à laquelle le gouvernement s'est systématiquement opposé.
Eau/loi d'urgence : les sénateurs veulent renforcer la prise en compte des besoins agricoles
Les rapporteurs LR et UDI, Cuypers, Duplomb et Menonville, ont déposé plusieurs amendements relatifs à la gestion quantitative de l’eau en vue de l’examen du projet de loi d’urgence par la commission des affaires économiques le 17 juin. Les rapporteurs proposent notamment d’inscrire dans la loi un objectif de doublement des capacités de stockage d’eau à l’horizon 2035, et d’accélérer la réutilisation des eaux usées traitées. Ils souhaitent également consacrer un principe de « non-régression agricole » pour préserver les capacités de production des exploitations, mais aussi supprimer l’instauration d’un délai maximal de six mois pour le jugement des recours contre les projets d’ouvrages de stockage d’eau. En matière d’irrigation, les rapporteurs souhaitent que les demandes d’autorisation pluriannuelle de prélèvement déposées par l’organisme unique de gestion collective (OUGC), les volumes prélevables fixés par les préfets et les projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) tiennent compte des besoins actuels et prévisionnels des irrigants. Ils proposent également de supprimer l’obligation pour le préfet de fonder l’arrêt des volumes prélevables et l’approbation des PTGE sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles ou sur une étude hydrologie-milieux-usages-climat (HMUC). Enfin, les rapporteurs proposent de renforcer la représentation des organisations professionnelles agricoles au sein des commissions locales de l’eau (CLE).
Foncier : les rapporteurs du Sénat visent un moindre renforcement des droits des Safer
Via les amendements qu'ils ont déposés en vue de l'examen du projet de loi d'urgence agricole (LUA) en commission des Affaires économiques le 17 juin, les rapporteurs LR et UDI, Cuypers, Duplomb et Menonville, proposent de supprimer une partie des dispositions visant à renforcer les droits des Safer. Ils s’opposent à l’instauration d’un droit de visite avant l’exercice de leur droit de préemption. A l’Assemblée le 29 mai, des amendements du gouvernement et des socialistes l’avait introduit en complétant la LUA par une version retravaillée de la PPL Dufau sur le renforcement du droit de préemption des Safer. Les rapporteurs s’opposent aussi au doublement de cinq à dix ans de la durée pendant laquelle la Safer peut intervenir sur la préemption de bâtiments à vocation agricole. Dans un autre amendement, ils proposent d’exclure certains projets du droit d’opposition des Safer en cas de bail emphytéotique. Objectif : « Eviter de créer de l’insécurité juridique pour les porteurs de projets ». Les rapporteurs demandent ainsi que le droit d’opposition des Safer ne s’applique pas aux projets d’énergies renouvelables et de stockage ainsi qu’aux projets « ayant déjà fait l’objet, selon le cas, d’un permis de construire, d’une autorisation environnementale, d’une déclaration préalable ou de toute autre autorisation administrative » liée à l’urbanisme ou à l’environnement.
Foncier/A69 : au Conseil d'Etat, vers un rejet du pourvoi des opposants à l’autoroute
Le rapporteur public, magistrat qui a vocation à éclairer la prise de décision des juridictions administratives, demande le rejet du pourvoi devant le Conseil d’État des opposants à l'autoroute A69, ont-ils indiqué le 11 juin dans un communiqué. Le 30 décembre, la cour administrative de Toulouse a validé l'autorisation environnementale du chantier de l'autoroute A69 entre Toulouse et Castres, et donc la poursuite des travaux qui avaient été interrompus par une première décision de justice. Le 15 juin, le Conseil d'Etat, plus haute juridiction de l'ordre administratif, doit examiner le pourvoi contre l'arrêt de la cour toulousaine des opposants à cette autoroute. Comme c'est l'usage en droit administratif, le rapporteur public a communiqué sa position aux parties à quelques jours de l'audience. A l'issue des débats du 15 juin, la décision du Conseil d'Etat devrait prendre plusieurs semaines. Les travaux se poursuivent sur le terrain, après leur reprise effective au début de l'été 2025, et en vue d'une ouverture souhaitée pour octobre prochain. Selon Atosca, futur concessionnaire de l'autoroute qui assure la supervision du chantier, « 25 km de chaussées » sur les quelque 53 du tracé ont déjà reçu leur revêtement définitif. L'ensemble des terrassements a été réalisé, tout comme « 100 % des ouvrages d'art ».
Tunnels de prix : les rapporteurs du Sénat veulent que l'État soit décisionnaire
Dans les amendements qu'ils ont déposé en vue de l'examen du projet de loi d'urgence agricole en commission des Affaires économiques le 17 juin, les rapporteurs LR et UDI, Cuypers, Duplomb et Menonville, proposent, sans surprise, de rétablir l'article sur l'extension de l'expérimentation des tunnels à de nouvelles filières. Ce faisant, dans leur amendement, ils choisissent d'impliquer l'État dans la décision en cas d'absence d'avis conforme de l'interprofession au bout de six mois, comme souhaité par la FNSEA. Auditionnée par le Sénat quelques jours plus tôt, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, s'était dite opposée à ce que l'État soit décisionnaire en l'absence d'accord au sein de l'interprofession. Les trois sénateurs font, par ailleurs, plusieurs propositions de révision des articles relatifs aux relations commerciales : ils veulent revenir sur la possibilité, inscrite à l'Assemblée, de déroger à l'obligation de contractualisation, mais supprimer le renforcement des sanctions en cas de manquement en la matière. Ils proposent d'introduire une clause relative au partage de la valeur créée à l’export dans les contrats et les accords-cadres conclus entre le producteur et le premier acheteur. Et, enfin, ils plaident pour supprimer la possibilité pour un membre d’une OP ou d’une AOP de mettre fin à son adhésion avant l’échéance de la période de cinq ans en cas de changement de mode de production.
Ordonnances des Assises du sanitaire : les rapporteurs du Sénat veulent rallonger le délai
Alors que, dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole (PLUA), les députés avaient donné six mois au gouvernement pour publier les ordonnances de mise en œuvre des Assises du sanitaire animal, les rapporteurs du Sénat proposent de porter ce délai à douze mois, comme initialement voulu par l’exécutif. Déposé en vue de l’examen en commission des Affaires économiques le 17 juin, l’amendement n°146 indique que le délai de six mois – voulu par la FNSEA – « apparaît trop court au regard du champ de l’habilitation qui devrait permettre d’aboutir à une réforme globale du système sanitaire français ». Les sénateurs UDI et LR Duplomb, Cuypers et Menonville rappellent que ces ordonnances, prévues par l’article 15 du PLUA, aborderont de nombreux sujets : « financement du système sanitaire » ; « systèmes d’information en matière de collecte et de gestion des données d’identification et de mouvement des animaux » ; « statut des piégeurs agréés » ; « missions confiées aux vétérinaires sanitaires » ; et enfin « cadre juridique encadrant l’utilisation des médicaments vétérinaires ». Par ailleurs, les sénateurs relèvent que « cette réforme globale devra prendre en compte les conclusions des Assises du sanitaires animal qui sont toujours en cours ».
Loup/loi d’urgence : les rapporteurs du Sénat veulent faciliter l’usage des lunettes thermiques
Dans un amendement au projet de loi d’urgence agricole, les rapporteurs du Sénat proposent plusieurs mesures facilitant l’utilisation de lunettes thermiques par les éleveurs, autorisée sous conditions par les députés en première lecture. En vue de l’examen en commission des Affaires économiques le 17 juin, les sénateurs UDI et LR Duplomb, Cuypers et Menonville souhaitent que l’autorisation soit accordée pour un an (et non pour 30 jours comme stipulé par les députés) et que les lunettes puissent être utilisées entre le 1er mai et le 30 octobre « afin de couvrir la période des estives. Ils proposent aussi que les lieutenants de louveterie puissent assurer la formation préalable des éleveurs, au-delà des seuls agents de l’OFB mentionnés par le texte sorti de l’Assemblée. Les sénateurs suggèrent de supprimer l’obligation de participer à une « opération encadrée par un ou des lieutenants de louveterie » avant d’avoir accès à cet équipement. Par ailleurs, le même amendement propose de supprimer la possibilité pour les associations de louvetiers de détenir des armes de catégorie C (semi-automatiques), une mesure porteuse de « conséquences juridiques importantes » pour ces structures.
Loup/loi d’urgence : les rapporteurs du Sénat proposent de réécrire la copie des députés
Dans leurs amendements au projet de loi d’urgence agricole déposés en vue de l’examen en Coméco, prévu le 17 juin, les rapporteurs du Sénat proposent de réécrire largement l’article 14 du texte, consacré à la gestion du loup, revenant ainsi sur de nombreuses dispositions votées par l’Assemblée. L’amendement 144 propose de supprimer les tirs de « légitime défense » introduits par les députés RN. Selon les sénateurs, cette mesure est « insuffisamment encadrée », et « le risque d’une telle disposition serait que les éleveurs soient mis en cause ». Le même amendement prévoit d’inscrire dans le marbre législatif le caractère « non protégeable » des élevages bovins et équins, tout en revenant sur l’autorisation de tirs sans conditions votée par les députés pour les bovins. Via l’amendement 143, les rapporteurs veulent inscrire explicitement que le régime de déclaration des tirs de défense s’applique aux « troupeaux d’ovins, de caprins, de bovins, d’équins et d’asins » ; ils élargissent aussi ce régime déclaratif au cercle 3 (prédation « possible à moyen terme »), aujourd’hui soumis à autorisation. Enfin, les sénateurs proposent que le plafond de destruction des loups soit « fixé en fonction de la population lupine et de la pression de prédation » ou « en tenant compte du nombre minimal de loups compatible avec un état favorable de conservation » (la deuxième modalité ayant été introduite par les députés).
Produits laitiers : le mothais sur feuille obtient son AOP
Le Conseil national des appellations d’origine laitières (Cnaol) a indiqué le 11 juin que le fromage de chèvre mothais sur feuille avait été enregistré comme appellation d’origine protégée (AOP) par la Commission européenne. Il s’agit de la 52e AOP laitière française. Son aire de production couvre 237 communes réparties sur cinq départements : les Deux-Sèvres, la Vienne, la Charente, la Charente-Maritime et la Vendée. 148 tonnes de mothais ont été commercialisées en 2025 par treize producteurs fermiers (100 tonnes sont issues de la production fermière), quatre artisans et une laiterie à partir du lait de quatre producteurs. « Le mothais sur feuille est un fromage à pâte molle élaboré à partir de lait de chèvre entier et cru. Sa particularité réside dans son affinage sur une feuille de châtaignier brune qui participe à la régulation de son humidité et contribue à ses caractéristiques organoleptiques », détaille le Cnaol dans un communiqué. Le cahier des charges de l’AOP prévoit que les chèvres disposent d’un accès au pâturage ou à une aire extérieure au moins 120 jours par an, l’autonomie alimentaire des fermes (85% de la ration) et le moulage du fromage réalisé manuellement à la louche.
Lait : Lactalis réclame 15000 € après une manifestation devant une laiterie de Haute-Saône
Après un déversement de fumier par des adhérents de la FDSEA et des JA devant la laiterie Lactalis de Loulans-Verchamp (Haute-Saône) en février, la société laitière a porté plainte. « Outre la facture du nettoyage, du tri des déchets, l’usine estime que son portail a été touché. Elle réclame 15 000 euros de réparation », écrit l’Est républicain le 9 juin. La FDSEA a indiqué qu’elle réglerait l’amende en solidarité avec les manifestants. « On souhaitait mettre la pression sur Lactalis pour obtenir un rendez-vous auprès de la direction afin de demander une réévaluation du prix du lait payé au producteur. C’est notre rôle que de défendre nos éleveurs », rappelle Arnaud Grandidier, président de la FDSEA 70, dans le quotidien. Toutefois, l’affaire ne s’arrête pas là. Trois éleveurs qui participaient à la manifestement sont poursuivis individuellement. Ils risquent jusqu'à cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende. Interrogé par Agra Presse, Lactalis estime que « de telles dégradations ne sont pas compatibles avec un dialogue responsable » et qu’il « a rencontré les producteurs dans un second temps, dans un cadre plus apaisé, permettant des échanges de meilleure qualité. »
Fromage : feu de vert Bruxelles à une aide d’état italienne de 11,9 M€ pour Zanetti
La Commission européenne a approuvé le 12 juin une aide d’Etat italienne de 11,9 millions d'euros destinée à soutenir un projet d'investissement de l’entreprise Zanetti spécialisée dans la production de fromages italiens sous appellation d'origine protégée (AOP) en particulier le Grana Padano et le Parmigiano Reggiano. Certte aide versée sous la forme d’une subvention directe doit permettre de moderniser la ligne de production de Zanetti dans le but notamment de réduire sa consommation d’énergie. La Commission européenne a estimé au titre des règles de l'UE en matière d'aides d'État que « la mesure est proportionnée, car elle se limite au strict minimum nécessaire, et qu'elle aura un impact limité sur la concurrence et les échanges au sein de l'UE ».
Porc : Cooperl a augmenté de son résultat net de 24% en perdant 5,4 % de porcs
Lors de son assemblée générale le 11 juin, le groupe Cooperl s’est félicité d’avoir augmenté son résultat net consolidé de 24% en stabilisant son activité malgré la dépression du marché européen du porc. Dans son communiqué du 12 juin, le groupe fait état d’un résultat net de plus de 7,8 millions d’euros contre un peu plus de 6,3 millions en 2024. Il signale une diminution du nombre de porcs commercialisés par le groupement de 5,4% à 4,6 millions et un recul de 2,6% des abattages à 4,3 millions de porcs charcutiers. Puisque le chiffre d’affaires a diminué de 6% à un peu plus de 2,5 milliards d’euros, le groupe attribue l’amélioration de ses résultats au maintien de ses marges liée à la sélection de ses marchés et à l’augmentation de 12,8% des volumes de produits élaborés, selon les responsables de la communication. Ses investissements, passés de 76 à 69 millions d’euros, ont été partiellement consacrés à achever la construction du nouveau siège social à Lamballe (Côtes d’Armor), qui a été inauguré le 11 juin pour les soixante ans de la coopérative Cooperl. C’est un bâtiment de près de 7 000 m2 en matériaux locaux (briques de terre et paille), économe en énergie, où travaillent 350 salariés.
Orge : de toutes premières coupes moins mauvaises qu’attendues (analyste)
Lors d’une conférence tenue le 11 juin à Paris, l’analyste Clément Gautier du cabinet HSC (groupe StoneX), a indiqué que « les échos reçus des toutes premières coupes d’orge en France sont plutôt positifs, en tous cas moins mauvais que ce qui était espéré ». Aucun chiffre précis en matière de rendement n’a pu être communiqué, les récoltes en étant à leurs prémices, faites à moins de 5 %, précise l’analyste. Les fortes chaleurs survenues fin mai ont engendré des craintes sur les cultures céréalières françaises. Elles ont d’ailleurs provoqué des récoltes très inhabituellement précoces dans la zone Ouest/Sud-Ouest du pays, ce qui est en théorie mauvais signe. Mais finalement, bien que des dégâts aient été rapportés, plus de peur que de mal pour le moment : « les premières parcelles ont certes donné des rendements assez faibles, mais moins qu’ attendu. De plus, les PS sont plutôt bons ». Sachant que d’habitude, les premières coupes donnent les pires résultats, « on peut penser que le reste donnera des rendements plus élevés que ce qui a été observé fin mai, donnant une moisson honorable ». Bien entendu, l’analyste reste prudent : « les conditions climatiques dans les prochains jours détermineront si la récolte française sera vraiment bonne ou pas. La vague de chaleur ayant été inhabituellement précoce, des incertitudes demeurent quant à ses effets sur l’ensemble des parcelles ».
Céréales : légère amélioration des conditions de culture (FranceAgriMer)
Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 12 juin, FranceAgriMer révèle que, lors de la semaine du 2 au 8 juin, les conditions de culture de céréales se sont légèrement améliorées. Les précipitations et l’abaissement des températures ces derniers jours suivant la vague de chaleur ont ainsi quelque peu soulagé les cultures. Plus en détail, le taux de cultures de blé tendre se développant dans des conditions bonnes à très bonnes s’élève à 77 %, contre 76 % la semaine antérieure (70 % en 2025 à la même époque). En orge d’hiver, ce taux remonte de 2 % d’une semaine sur l’autre, à 75 %, contre 65 % l’an dernier à la même période. En maïs, il passe de 84 % à 86 %, contre 85 % en 2025 à la même époque. En revanche, celui en orge de printemps se stabilise, à 68 % (71 % en 2025). Un opérateur privé interrogé lors de la Bourse internationale de commerce de céréales à Paris, organisée par Agro Paris Bourse, a indiqué que la vague de chaleur a causé des dégâts irréversibles dans certaines régions, le système racinaire des orges semées au printemps étant moins développé que leurs équivalents d’hiver. En blé dur, le taux cède 1 %, à 64 % (73 % en 2025).
Céréales : l'USDA revoit à la hausse ses prévisions de production mondiale
Dans son rapport mensuel du 12 juin, le département états-unien de l'agriculture (USDA) a relevé sa projection de production mondiale de grains pour la campagne commerciale 2026-2027, passant de 2 945 Mt à 2 952 Mt entre mai et juin. La révision à la hausse émane essentiellement du maïs, dont la production planétaire a été rehaussée de 5 Mt d’un mois sur l’autre, à 1 300 Mt. Mécaniquement, les stocks de fin de campagne grimpent, d’un peu moins de 4 Mt, à 281,22 Mt. En blé, la production mondiale a également été revue à la hausse, mais dans une moindre mesure. L’USDA table sur 820 Mt, contre 819 Mt le mois antérieur. Les stocks passent de 275 à 275,4 Mt. Notons le relèvement de la production russe, passant de 86 à 88 Mt. Certains analystes privés évoquent des chiffres dépassant ce niveau, et même supérieur à 90 Mt. En soja, les bilans sont presque inchangés. La production mondiale est maintenue aux alentours des 441,5 Mt, tout comme les stocks de fin de campagne, à 124,8 Mt. L'analyste Matt Ammermann du cabinet d’analyse StoneX juge par conséquent le rapport plutôt baissier. Les cours sur Euronext de blé tendre et de maïs reculaient légèrement entre les séances du 10 et du 11 juin.
Céréales : la FNSEA fustige le projet de taxe poids lourd dans le Grand-Est
Intervenant lors d’une conférence tenue lors de la Bourse internationale de commerce de céréales de Paris le 12 juin, réunissant la filière céréalière française, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a pointé du doigt le projet d’instauration d’une taxe poids lourds dans la région Grand-Est, semblable à une écotaxe. Cette idée de taxation avait été lancée en octobre 2024, avec pour objectif une application en 2027. « On est exactement dans la fausse bonne idée », qui pénalise la compétitivité céréalière française, notamment pour exporter les grains, a lancé le dirigeant syndical. « Ma crainte est que tout le monde se remette à mettre des portiques », a-t-il renchéri. Arnaud Rousseau était interrogé sur les leviers logistiques à activer pour améliorer la performance hexagonale. Ce projet est selon lui l'un des freins réglementaires qui pourraient être levés. Pour rappel, la France exporte d’importantes quantités de céréales vers les pays du Benelux par camions, empruntant les voies routières du Grand-Est. De son côté, Christoph Büren, président de Vivescia et s’exprimant sur le même thème de compétitivité, a de nouveau plaidé pour « la création de hubs logistiques ».
CDB dans les aliments : les professionnels déposent leur recours devant le Conseil d’État
Comme pressenti, la filière du CBD a déposé un recours devant le Conseil d’État contre l’interdiction des produits alimentaires contenant du CBD, selon un communiqué du 12 juin de l’Uivec (industriels) et de l’UPCBD (acteurs de la filière). Dans le détail, ce recours – en référé et sur le fond – vise le plan de contrôle 2026 de la DGAL (ministère de l’Agriculture), qui « prévoit le retrait de l'ensemble des produits alimentaires mentionnant du CBD sur leur étiquetage », rappellent les professionnels. Le 21 mai, l’Uivec avait prévenu qu’elle saisirait la plus haute juridiction administrative si les discussions en cours avec le gouvernement achoppaient. Des négociations qui ont fait long feu : « Ce recours était inévitable », estime le président de l’Uivec, Ludovic Rachou, cité dans le communiqué. « Face à l'absence de réponse et à la publication d'un communiqué ministériel qui déforme la réalité scientifique, saisir le juge administratif est devenu notre seul recours », résume-t-il. L’interdiction « menace directement la viabilité » de la filière, dont « près de 2 000 producteurs de chanvre dont les semences sont actuellement en terre », soutiennent les organisations.
Cantines/objectifs Egalim : AgriParisSeine contre la prolongation de l'éligibilité de la C2E
Dans un communiqué du 5 juin, AgriParisSeine déplore que le projet de loi d’urgence agricole tel qu'adopté par l’Assemblée nationale prolonge de trois ans l’éligibilité des produits des fermes sous certification environnementale de niveau 2 (C2E) dans la part d’achats durables de la restauration collective (50% en vertu d’Egalim), et qu’une part de produits « équitables » n’y figurent pas. Le conglomérat de municipalités du bassin de la Seine (comprenant Paris) juge que la C2E « est trop peu ambitieuse pour engager de réels changements et apporter de véritables bénéfices environnementaux et sanitaires ». AgriParisSeine invoque à ce titre la conclusion de 2022 de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les collectivités proposent par ailleurs aux sénateurs, qui vont étudier à leur tour le projet de loi cette semaine, d’intégrer un objectif de 10 % de produits équitables parmi les objectifs EGalim de la restauration collective. Elles le justifient par le fait que la restauration collective et la commande publique « doivent se montrer exemplaires en matière de juste rémunération des agriculteurs et agricultrices ».
Nutrition : l’étiquetage chilien associé à une baisse de l’obésité infantile
La loi chilienne sur la composition nutritionnelle des aliments et leur publicité, entrée en vigueur en 2016, est associée à une baisse du surpoids et de l’obésité infantiles, selon une étude publiée le 11 juin dans la revue The Lancet. Les chercheurs se sont appuyés sur les données de corpulence de plus de 321 597 enfants âgés de 4 à 6 ans. Ils ont comparé l’évolution de ces indicateurs chez des enfants scolarisés en 2012 et 2013, qui n’avaient pas été exposés à la réglementation avant l’âge de 7 ans, à celles observées chez des enfants scolarisés en 2014 et 2015, qui ont connu son entrée en vigueur au cours de leurs premières années de scolarité. Les effets les plus marqués ont été observés chez les enfants exposés à la réglementation pendant dix-huit mois : leur risque de surpoids ou d’obésité était inférieur de 2,9 % chez les filles et de 2,4 % chez les garçons, par rapport aux enfants non exposés à la réglementation. Confronté à l’un taux de surpoids et d’obésité les plus élevés au monde, le Chili a fait le choix d’une réglementation reposant sur trois piliers : un étiquetage nutritionnel obligatoire signalant par un octogone noir les produits trop sucrés, gras, salés ou caloriques, l’interdiction de leur vente dans le milieu scolaire et l’interdiction de la publicité destinée aux enfants pour ces produits. En France, où le Nutri-Score demeure facultatif, plusieurs initiatives parlementaires plaident pour un encadrement plus strict de l’information nutritionnelle.