Robotique agricole : Océalia entre de façon minoritaire au capital de Cyclair
Le groupe coopératif Océalia vient d’officialiser son entrée minoritaire au capital de Cyclair, une opération réalisée en décembre dernier, pour un montant et à un niveau qui ne sont pas dévoilés (lire l’article complet). « L'investissement d'Océalia dans Cyclair est porté par une ambition claire : accélérer la transition agricole en offrant une alternative concrète et performante au désherbage chimique », explique la coopérative dans un communiqué du 8 juin. Océalia a donc choisi de s’appuyer sur Grillon Wide, le robot de désherbage autonome piloté par l’IA mis au point par Cyclair, pour donner à ses adhérents « les moyens d'agir directement sur leur empreinte écologique tout en sécurisant leurs rendements », ajoute la coopérative. L’objectif vise aussi à s’aligner sur des prix compétitifs par rapport au désherbage chimique. Pour Cyclair, il s’agit du troisième partenariat avec un groupe coopératif, après celui conclu avec le groupe céréalier COC (ex-Centre Ouest Céréales) basé dans la Vienne et avec Cérèsia à Reims. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Engrais : la FNSEA pousse un projet d'azote décarboné sur le site de Grandpuits
À l'occasion d'une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat, le 10 juin, le président de la FNSEA a indiqué qu'il poussait le gouvernement à aider la reconversion du site de production d’ammonitrates LAT Nitrogen (Agrofert) de Grandpuits, dont la fermeture est annoncée depuis un an et demi, vers la production d'engrais azotés décarbonés. « Nous sommes allés voir l'État pour dire : " C'est le moment de se poser la question de la production d'engrais décarbonés " », a expliqué Arnaud Rousseau, soulignant la proximité du site avec la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. L'agriculteur en a discuté avec le Premier ministre, la ministre de l'Agriculture et le ministre de l'Industrie, qu'il doit rencontrer prochainement pour discuter « du retour sur investissement, qui n'est pas garanti à ce stade ». Le président de la FNSEA s'est par la suite interrogé, au vu de la dépendance de la France aux importations de gaz : « Est-ce qu'on peut avoir une stratégie interne dans laquelle nous essayerions de passer un cap technologique avec des politiques publiques qui compensent le gap de prix au départ ? » Au printemps, l’État a déjà annoncé 144 millions d’euros d'aide pour soutenir l’entreprise Hynamics (filiale d'EDF) dans la production d'hydrogène renouvelable et bas carbone pour le secteur des engrais. Concrètement, le projet HyforSeeds installera et exploitera une unité de production d'une capacité de 50 MW sur le site de LAT Nitrogen dans la zone industrielle d'Ottmarsheim-Chalampé (Haut-Rhin).
Volailles/abattoirs : Allier Volailles et les Volailles Vey (Haute-Loire) fusionnent
Dans un communiqué paru le 1er juin, la société d'abattage-découpe Allier Volailles (groupe Solexia), spécialiste des Label rouges et IGP « volailles fermières d’Auvergne », annonce qu'elle « absorbe » son homologue les Volailles Vey (Polignac, en Haute-Loire) « et renforce sa position sur le marché français ». Cette fusion « permet notamment de consolider les capacités d’élevage et de production des deux sites », explique l'industriel, qui a été racheté par le fonds d'investissement lyonnais Solexia en 2020. Allier Volailles annonce un investissement de 1 M€ dans l’acquisition d’une « machine de découpe automatique de dernière génération », qui doit permettre « d’augmenter les volumes et surtout d’optimiser les performances industrielles, garantissant des prix plus attractifs pour les professionnels – bouchers, grande distribution, rôtisseurs, collectivités... » Pour l'entreprise, cet investissement « répond à la progression soutenue de la demande pour le poulet standard d’origine française, un segment clé du marché, qui offre un équilibre entre qualité et prix accessible ». En 2019, Allier Volailles commercialisait des volailles fermières d’Auvergne Label rouge et IGP, du poulet bio et du poulet du Bourbonnais, selon Linéaires. Elle réalisait 14,2 M€ de chiffre d’affaires. Quant à Vey, elle a généré un chiffre d'affaires de 9,5 M€ en 2024, selon la presse locale.
Insectes : l'australien Goterra en redressement judiciaire (presse)
La start-up australienne Goterra, spécialiste de l’élevage et transformation d’insectes, est en redressement judiciaire, selon un article du 9 juin publié dans le média Smart Compagny. « Un représentant de Goterra a déclaré que la start-up n'a pas réussi à sécuriser les investissements nécessaires pour développer ses activités de traitement des déchets », affirme le média. Deux administrateurs du cabinet Teneo ont été nommés pour superviser cette période d’incertitude. « Teneo a été nommé et leur objectif, tout comme le nôtre, est d'obtenir le meilleur résultat possible grâce au processus d'administration, y compris une vente globale de l'entreprise en activité », selon un porte-parole. La technologie de Goterra était différente des grandes usines développées notamment en France. Elle repose sur des unités autonomes de la taille d'un conteneur maritime où des larves de mouches soldats noires sont nourries de restes alimentaires. Ces unités sont capables de fonctionner en continu avec un minimum de surveillance. Les mouches soldat noires sont ensuite transformées en aliments pour animaux et leurs déjections en engrais.
Champagne : Maison Pommery obtient l’allongement d’un an de 45 M€ d’obligations
En difficulté financière, la maison de champagne Pommery a obtenu le report d’un an de la maturité d’obligations pour un montant de 45 millions d’euros, selon un communiqué du 9 juin. Ce prolongement, voté « à une très large majorité » en AG des obligataires, va lui permettre « de poursuivre les négociations exclusives avec Henkell International en vue d’un rapprochement stratégique (…), de continuer les discussions encadrées avec ses partenaires financiers, de conduire son programme de cession d’actifs non stratégiques », indique le groupe. Maison Pommery, plombée par ses dettes, avait annoncé le 2 juin être en négociations exclusives avec le fabricant allemand de mousseux « pour une période de deux mois » en vue d’être reprise. Ses comptes préliminaires publiés le 30 mars faisaient état d'un résultat net en forte reprise en 2025 à 32 M€ contre 900 000 € en 2024, année plombée par des ventes en baisse. Mais selon ces comptes, la dette financière nette ne s'était réduite qu'à 754,4 M€ fin 2025, contre 758,3 M€ au 31 décembre 2024.
Agroalimentaire : Nespresso va supprimer jusqu'à 178 postes en France
Nespresso, filiale de Nestlé, va supprimer jusqu'à 178 postes en France dans ses activités de marketing et de service clients, a-t-il annoncé le 10 juin. « Les équipes des 53 boutiques de Nespresso en France et les forces de vente ne sont pas concernées », souligne dans un communiqué l'entreprise qui compte 1300 salariés en France. Le regroupement des services de relations clients au siège de Nespresso France à Paris doit entraîner « la fermeture du site de Lyon dédié à cette activité ». L'entreprise affirme vouloir supprimer ces postes « dans le cadre d'un dialogue social constructif pour privilégier les mobilités internes, les départs volontaires et les dispositifs de fin de carrière ». Le projet de réorganisation ne prévoirait pas de notifications de licenciements avant 2027, selon Nespresso France. Ces projets s'inscrivent dans le plan annoncé en octobre 2025 par le nouveau directeur général Philipp Navratil prévoyant la suppression de 16000 postes dans le monde afin de réduire les coûts du groupe de plus d'un milliard d'euros à partir de 2027. Nestlé avait déjà annoncé en avril prévoir jusqu'à 180 suppressions d'emplois en France dans les fonctions support, notamment au siège basé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), ainsi que dans deux centres de recherche à Tours (Indre-et-Loire) et Lisieux (Calvados).