Agra Fil du 22 juillet 2026

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Légumes conserve et surgelés: chute de rendement «historique» à cause de la sécheresse

Dans un communiqué paru le 21 juillet, l'interprofession des légumes de conserve et surgelé, Unilet, alerte sur les « chutes de rendements historiques en pleine récolte » subies par la filière à cause de la sécheresse. Selon les premières données, une baisse de 18 % de la récolte est attendue pour les petits pois, avec des disparités régionales. La chute serait de 14 % dans le Sud-Ouest où les récoltes sont achevées, 29 % sur neuf dixièmes des surfaces récoltées dans le Grand Ouest, 14 % sur les quatre cinquièmes récoltés dans les Hauts-de-France. Quant aux haricots, ils connaissent «des chutes de rendements, des abandons de récolte, voire des renoncements aux semis sur certaines parcelles non irriguées», rapporte Unilet. Les épinards présentent «des feuilles brûlées rendant parfois leur transformation impossible, tandis que carottes, betteraves et oignons enregistrent des arrêts de croissance et de très faibles rendements», poursuite l'interprofession. Pour l'interprofession, «des décisions urgentes s’imposent, à commencer par l’aménagement des restrictions d’eau là où cela reste possible, pour préserver les récoltes et le fonctionnement des sites industriels». La filière appelle par ailleurs les pouvoirs publics «à se projeter avec la filière pour accélérer sa transition et renforcer la résilience de ses production».

Salades en sachet/sécheresse : des pertes «historiques» pour la filière française

Dans un communiqué commun paru le 21 juillet, les représentants de la filière salade en sachet, le SVFPE (industriels) et l'Asso Leg 4G (maraîchers) font état des pertes «historiques» causées par la sécheresse sur leurs cultures, aggravées par des restrictions d'irrigation dans certaines régions. Ils déplorent «20 à 70 % de pertes de rendement au champ selon les zones et les espèces, probablement près de 40 % en moyenne», «à peine 70 % des volumes prévus disponibles pour les ateliers de transformation, un niveau rarement observé sur une période aussi longue», et «des surfaces que certains producteurs ont renoncé à planter, ce qui prolongera les tensions dans les semaines et les mois à venir». Les deux organisations précisent que la crise touche l'ensemble des bassins de production de la campagne estivale, et toutes les grandes catégories de salades : jeunes pousses, mâche et salades entières (laitue, iceberg, feuille de chêne, batavia et chicorées). Elles «en appellent à l’ensemble des acteurs de la distribution (GMS) et de la restauration (RHD), pour construire à la rentrée les conditions de redressement de la filière de ces produits plébiscités depuis plus de 40 ans dans les rayons des enseignes et les cuisines des restaurants.»

Eau/abattoirs : l'Assemblée valide la PPL sur la montagne, peu d'effet sur l'agriculture

Dans la soirée du 20 juillet, l'Assemblée nationale a adopté le compromis trouvé en commission mixte paritaire (CMP) sur la proposition de loi (PPL) « pour une montagne vivante et souveraine », qui prévoit des mesures de faible ampleur sur le stockage de l’eau et les abattoirs. L'Assemblée a confirmé la correction qu'avait apportée le Sénat concernant les abattoirs ; la chambre haute avait adopté un amendement du gouvernement supprimant l'article 7 bis, qu'avaient ajouté les députés, et qui instaurait pour les abattoirs de montagne une dérogation préfectorale au régime des installations classées pour l'environnement (ICPE). Le texte conserve également l'ajout des abris de bergers, cabanes pastorales, et bâtiments de stockage, à la liste des constructions et installations nécessaires aux activités agricoles en zone de montagne. Déposée fin mars par plus de 120 députés de différents bords, la PPL contient des dispositions à portée limitée visant la gestion de l'eau, les abattoirs, les circuits de proximité et les filières qualité. En commission, les sénateurs avaient supprimé la définition de l'«abattoir paysan» (gouvernance par les agriculteurs, approvisionnement dans le «bassin d'élevage»). Le texte conserve des objectifs de maintien du maillage d'abattoirs et une «reconnaissance des spécificités des abattoirs situés en zone de montagne».

Loi d'urgence : Barbut annoncée sur le départ à l'issue de l'adoption (presse)

Selon les informations de TF1-LCI, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut pourrait démissionner après le vote à l'Assemblée nationale de la loi d'urgence agricole, notamment en raison d'un désaccord sur la réautorisation de l'acétamipride. Selon son entourage, la ministre est en désaccord avec le gouvernement «sur le fond comme sur la forme» sur ce texte, rapporte TFI1-LCI. Au cours des débats, Matignon a refusé que les députés de son camp examinent un amendement de suppression de la réautorisation de l'acétamipride déposé par plusieurs députés Renaissance, du MoDem, et du groupe Liot, pourtant l'entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu avait indiqué à l'AFP que, même si le gouvernement ne déposerait lui-même d'amendement de suppression, il laissait «au Parlement» le soin de «trancher» ou «faire évoluer» le texte. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé ce 21 juillet à ne pas «instrumentaliser à des fins politiciennes» la loi d’urgence agricole votée la veille à l’Assemblée, qui provoque de profondes divergences jusque dans son camp autour de la possibilité de réintroduire certains pesticides. «Qu’on démissionne sur un arbitrage gouvernemental qu’on perd, on peut en débattre, qu’on démissionne sur un vote au Parlement qui ne va pas dans notre sens. C’est à mon avis, un peu plus complexe», a commenté sur France 2 Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, sans confirmer la démission de Monique Barbut.

Flupyradifurone/loi d’urgence : un délai trop court pour l’Anses, selon sa directrice

Indignée par les dérogations au flupyrardifurone - ainsi qu’à l’acétamipride - contenues dans le projet de loi d’urgence agricole (PJLUA) et finalement adoptées tard dans la nuit à l’Assemblée, l’ONG Générations futures soulève un problème de délai concernant le flupyradifurone. Elle affirme que le délai de deux mois prévu par le PJLUA dont dispose l’Anses pour accorder la dérogation est « totalement irréaliste », dans un communiqué le 20 juillet. « Le flupyradifurone n'a jamais été autorisé en France ni évalué par l'Anses et l’usage par traitement de semences n’a jamais été évalué au niveau européen par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). En deux mois l’Anses n’aura pas le temps de faire un travail sérieux sur le sujet », explique l’ONG. Durant la séance publique d’hier soir, la ministre de l’Agriculture a elle-même confirmé que le délai de deux mois est trop court. « J'ai interrogé la directrice générale de l'Anses sur cette disposition, et celle-ci m'a dit très explicitement qu'en faisant tous les efforts possibles il n'était pas possible de rendre un avis robuste avant six mois », a déclaré Annie Genevard dans l’Hémicycle. Malgré ses propos, les députés ont rejeté un amendement de l'exécutif visant à faire passer de deux à six mois le délai d'examen préalable de l'Anses. 

Loi d'urgence : satisfecit du syndicalisme majoritaire et de la CR, les ONG vent debout

A l'issue de l'adoption par l'Assemblée du projet de loi d'urgence agricole dans la nuit du 20 au 21 juillet, la FNSEA a déclaré, dans une déclaration écrite à la presse, que ce vote «ouvre une perspective d'espoir pour les agriculteurs». Le syndicat «remercie l'ensemble des députés qui ont pris leur responsabilités en apportant leur soutien aux agriculteurs français.» De son côté, la CGB (betteraviers, FNSEA) se félicite du vote, et attend que l'Anses valide «dès cet automne» l'usage de la flupyradifurone. Les Jeunes agriculteurs se félicitent également de cette adoption, «particulièrement de l'inscription des plans et contrats d'avenir à l'article 1er, qui permettront de sécuriser nos débouchés». Du côté de la Coordination rurale, la satisfaction est plus mesurée : le syndicat minoritaire considère que ce texte «ne constitue pas une révolution, mais qu'il apporte des avancées concrètes permettant de débloquer, avant les prochaines échéances électorales, plusieurs situations qui pénalisent lourdement un secteur en grande difficulté économique.» Et de citer les dossiers de l'eau et de la prédation comme avancées notables. Sans surprise, les ONG environnementales ont dénoncé le contenu du texte. Pour Générations futures, qui pointe un «accaparement de l'eau», «une atteinte à la gouvernance de l'eau», une facilitation de la destruction des zones humides», il s'agit d'un «texte de la honte».

Pesticides : BASF plus optimiste pour 2026, bons résultats dans l'agrochimie

Le géant allemand de la chimie BASF a relevé le 15 juillet ses prévisions annuelles, porté par un deuxième trimestre plus fructueux du fait de la hausse de ses prix liés à la guerre au Moyen-Orient, mais reste prudent face aux tensions géopolitiques. Le résultat opérationnel (EBITDA) hors effets exceptionnels, indicateur clé pour le groupe, est désormais attendu entre 6,9 et 7,7 milliards d’euros, une fourchette supérieure de 700 millions d’euros aux dernières projections de février. Cela est dû à «une activité meilleure que prévue», selon un communiqué de résultats anticipé qui formule des prévisions pour le deuxième trimestre. Ainsi, entre avril et juin, l’EBITDA hors exceptionnels a bondi de 50% sur un an à 2,4 milliards d’euros. En mars, le groupe a augmenté d’environ 30% les prix de certains de ses produits industriels en Europe. Mais cette hausse des prix a mécaniquement gonflé son chiffre d’affaires au deuxième trimestre: il a bondi de 16% sur un an, à 17,2 milliards d’euros, aussi aidé par de meilleurs volumes de vente. En terme d’EBITDA avant effets exceptionnels, les technologies de surface et les produits chimiques de base ont déçu au deuxième trimestre, tandis que l’agrochimie, les matériaux et les solutions industrielles ont «nettement dépassé» les attentes.

Engrais : le groupe martiniquais CGFI acquiert la Compagnie des Engrais de Longueil

Dans un communiqué du 10 juillet, la société d’avocats Kalliopé a indiqué avoir conseillé le groupe martiniquais CGFI dans son acquisition de la Compagnie des Engrais de Longueil (CEL), basé dans l’Oise. Le montant de cette opération n’a pas été communiqué. CEL est spécialisée « dans la granulation et la commercialisation de magnésie, de soufre » et d’autres spécialités destinées à l’agriculture. « CEL dispose d’un site industriel implanté sur un terrain de près de 6 hectares en bordure de l’Oise avec une desserte ferroviaire et fluviale », précise le communiqué. Elle intégrera donc la branche agrofourniture de CGFI, entité fondée il y a plus de quarante ans à Fort-de-France, qui s’est spécialisée dans la production d’engrais minéraux et organiques, « la distribution d’intrants agricoles ainsi que dans la production de réactifs environnementaux ». La transaction s'inscrit « dans la stratégie de CGFI visant à renforcer sa position sur le marché de la fertilisation ». Elle permettra également « d’accompagner le développement de CEL en lui faisant bénéficier des synergies du groupe et d’un élargissement de son offre de produits ». 

Biogaz/sécheresse : JA, FRSEA et méthaniseurs bretons appellent à éviter les fourrages

Dans un communiqué commun du 15 juillet, les JA, la FRSEA Bretagne, mais aussi la Chambre d’agriculture de Bretagne et l’association des agriculteurs méthaniseurs bretons appellent à éviter la compétition sur l’offre disponible fourragère dans la région. Par conséquent, les fourrages doivent aller en priorité à l’alimentation des élevages plutôt que vers une potentielle valorisation énergétique, assurent les organisations bretonnes. Pour rappel, le maïs dispose d’un important pouvoir méthanogène. La réglementation actuelle autorise sous conditions l’usage de cultures énergétiques en méthanisation. Mais la sécheresse actuelle engendre d’importantes craintes sur les stocks fourragers disponibles en Bretagne. Les récoltes de maïs, que ce soit en grains ou en fourrages, s’annoncent d’ailleurs particulièrement mauvaises cette année sur l’ensemble du territoire français. « Nous appelons aussi à privilégier les échanges maïs/fumier de manière à mobiliser prioritairement la biomasse végétale vers l’affouragement », précisent les auteurs du communiqué. Ils appellent ainsi à la solidarité entre méthaniseurs et éleveurs. « La méthanisation doit rester au service de l’agriculture et ne saurait justifier toute surenchère sur le prix des fourrages », alertent-ils.

Forêts : le gouvernement promet un plan d’investissement face au changement climatique

Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a annoncé le 20 juillet que les moyens consacrés au renouvellement forestier seraient « très importants » dans le prochain budget, sans dévoiler les détails du plan forêt présenté aujourd’hui. Rappelant que le gouvernement compte porter le Fonds vert à un milliard d’euros, après avoir réduit sa dotation de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 837 millions d’euros (M€) dans le budget 2026, M. Lefèvre a indiqué que 438 M€ avaient été consacrés au « renouvellement forestier » depuis 2021. « La forêt est en première ligne face au dérèglement climatique (...) et ce qui était impensable il y a de ça quelques années encore, c’est-à-dire que les forêts au nord de la Loire connaissent de tels épisodes de sécheresse » et des incendies, est devenu « malheureusement possible » a souligné M. Lefèvre, lors d’un déplacement ans la forêt de Chantilly (Oise). Ces quinze derniers jours, en forêt de Chantilly, « l’ONF a éteint trois départs de feux », a expliqué Daisy Copeaux, directrice du Domaine forestier et immobilier du château de Chantilly. Face aux multiples incendies de forêts liés à la canicule et la sécheresse, Mme Barbut a annoncé le 15 juillet vouloir réunir « prochainement l’ensemble des acteurs de la forêt, ainsi que les entreprises et les financeurs, pour engager un grand plan d’investissement pour la forêt française » sans en préciser les détails et les modalités de financement.

Famine : la faim dans le monde a reculé en 2025, mais les menaces persistent (FAO)

Quelque 645 millions de personnes ont encore souffert de la faim l'an dernier, soit 7,8% de la population mondiale, une légère amélioration qui risque de se heurter cette année aux chocs de la guerre au Moyen-Orient et du climat, estime le 21 juillet la FAO. Cette prévalence de 7,8%, la plus faible jamais enregistrée, « montre que la faim n'est pas inévitable », a souligné le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, devant la presse. « Mais les progrès restent lents, inégaux et fragiles ». Après la crise économique post-Covid, qui avait plongé dans la faim des millions de personnes supplémentaires (688 millions d'êtres humains concernés en 2022), la situation s'est redressée, mais sans retrouver les niveaux d'avant la pandémie, selon la FAO. « Le centre de gravité de la faim s'est déplacé de l'Asie jusqu'en Afrique », décrit à l'AFP David Laborde, directeur de la division économie agroalimentaire de l’organisation. « Les agriculteurs, les systèmes alimentaires ont fait preuve de résilience : on a des conflits internationaux, des chocs climatiques, le Covid qui est une crise macro-économique d'ampleur... et on n'a pas des famines majeures comme on avait vu dans les années 80. Mais il y a une capacité d'absorption des systèmes » limitée, met-il en garde. 

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.