Agra Fil du 23 juillet 2026

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Taxes américaines : Donald Trump s’attaque aux vins et produits laitiers canadiens

Le président américain Donald Trump a décidé, le 20 juillet, d’imposer à compter du 19 août des surtaxes douanières de 50 % à l’encontre de plusieurs produits canadiens importés, parmi lesquels les boissons alcoolisées et certains produits laitiers, pour un montant total d’environ 20 milliards de dollars. Pour ce faire, le locataire de la Maison Blanche a invoqué l'article 338 de la loi tarifaire de 1930 qui l’autorise à mettre en place des surtaxes afin de compenser la charge ou le préjudice résultant d’une discrimination d’importations en provenance d’un pays étranger. L’administration américaine reproche notamment à Ottawa de « retirer les produits alcoolisés américains des rayons canadiens » mais aussi d’offrir « meilleur accès au marché aux produits laitiers de l’UE ». « Alors que l’administration continue de conclure des accords commerciaux justes et réciproques avec nos partenaires commerciaux, le Canada […] continue de prendre des mesures de rétorsion contre les États-Unis en réponse à nos efforts visant à rééquilibrer les échanges commerciaux et à protéger l’industrie américaine dans des secteurs sensibles pour la sécurité nationale », a ainsi déclaré le représentant américain au Commerce Jamieson Greer pour justifier la décision.

Irrigation/sécheresse : la CR appelle désormais à braver les interdits au niveau national

Dans un communiqué du 22 juillet, la Coordination rurale union nationale (CRUN), l’organe national du syndicat, appelle à ne pas respecter les interdictions et restrictions d’irrigation émises par les préfectures. « Les interdictions et restrictions d’irrigation ne cessent de pleuvoir de toutes les préfectures de France. Paysans, ne les respectez pas et continuez d’irriguer pour sauver les cultures qui peuvent encore l’être », peut-on lire dans le communiqué. Quelques jours plus tôt, des appels similaires ont été lancés par des antennes locales du syndicat dans le Sud-Ouest, grand bassin de production de maïs, très touché par la sécheresse et les restrictions. La CR ajoute agir pour « sauver les éleveurs et leur cheptel », préserver « ce qu’il reste de la balance commerciale agricole française », et protéger le pouvoir d’achat des consommateurs, « car les légumes, les fruits et la viande risquent de connaître une inflation des plus marquées par un manque d’offre très rapidement ». En plus de pointer la responsabilité de « trente années d’écologie punitive », la CR dénonce le rôle « des syndicats agricoles qui ont combattu la création de nouvelles réserves hydrauliques, ou bien de ceux qui se réveillent trop tard ».

Stockage de l’eau : en Nouvelle-Aquitaine, les JA demandent un plan régional à l’Etat

Alors que les épisodes de sécheresse se multiplient, les Jeunes Agriculteurs (JA) de Nouvelle-Aquitaine demandent, dans un communiqué du 22 juillet, la mise en place d’un plan régional de stockage de l’eau, financé par des fonds publics. « D'un côté, on interdit ou on retarde année après année les projets de retenues (…) De l'autre, les rayons de nos supermarchés se remplissent de fruits et légumes cultivés dans des pays en plein stress hydrique », dénoncent les JA. La syndicat réclame, par ailleurs, des études de faisabilité pour identifier de nouveaux sites de retenues dans chaque département, sur le modèle de la démarche déjà engagée dans les Landes. Les JA demandent, par ailleurs, une simplification « radicale » des procédures administratifs afin d’accélérer les projets de stockage destinés à l’irrigation et à la sécurité incendie. Selon eux, « pendant que les dossiers s’enlisent », le coût de construction de ces infrastructures « a été multiplié par cinq à dix en vingt ans », rendant les projets « de moins en moins finançables ». Le syndicat plaide enfin pour une gestion de l’eau organisée à l'échelle des bassins, avec davantage de flexibilité dans le partage des volumes entre agriculteurs, le développement des démarches collectives, comme les Associations syndicales autorisées (ASA) ainsi qu’un renforcement des aides accordées la maintenance des réseaux existants et à la création de nouvelles réserves.

Eau : la Banque des territoires abonde l’enveloppe des « aquaprêts » aux collectivités

Face à la multiplication des épisodes de canicule et de sécheresse, le gouvernement et la Banque des territoires ont annoncé, le 21 juillet, porter l’enveloppe des « aquaprêts » de quatre à six milliards d’euros d’ici 2028. Ces financements doivent permettre d’accompagner les collectivités locales dans le développement de projets «permettant d’assurer un accès équitable à la ressource en eau, en qualité comme en quantité, de préserver durablement la ressource en eau et les milieux associés, de sécuriser les usages et les infrastructures face aux tensions croissantes sur la ressource et de renforcer la prévention des inondations et l'adaptation des territoires au changement climatique». À cette enveloppe s'ajoutent 15 millions d'euros d'ingénierie afin d'accompagner les collectivités dans l'émergence, la structuration et le financement de leurs projets liés à l'eau. Ils pourront notamment financer des stress test d’adaptation au changement climatique pour les infrastructures dédiées à la prévention des inondations, rapporte un communiqué commun du gouvernement et de la banque des territoires. Depuis le lancement du Plan eau en 2023, 4,4 milliards d’euros d’aquaprêts, financés principalement par l’épargne du Livret A, ont été déployés, ainsi que 15 millions d’euros en crédits d’ingénierie. Le même jour, le Sénat a adopté la loi d'urgence agricole, critiquée par plusieurs associations qui estime qu’elle affaiblit la protection de la ressource en eau et la gouvernance locale.

Sécheresse/canicule : les régions consultées pour financer un soutien d'urgence

Alors que plusieurs filières végétales connaissent des chutes de rendements considérables (légumes, salades, maïs...), le ministère de l'Agriculture travaille sur les moyens de venir en aide aux agriculteurs. Dans un contexte de pression sur le budget du ministère de l'Agriculture (-100 M€ prévu par Bercy pour 2027), qui cherche déjà des leviers pour financer les futurs « projets d'avenir », les régions ont été consultées pour abonder un soutien d'urgence aux exploitations les plus touchées. Toutefois, elles n'ont «ni les outils, ni les moyens de faire de l'aide d'urgence, sauf sur des cas très spécifiques et limités», indique-t-on à Régions de France. Plusieurs conseils régionaux réfléchissent à «bonifier les aides à l'investissement pour l'adaptation climatique», mais une action concertée à l'échelle nationale n'est pas à l'ordre du jour. Des annonces devraient se multiplier de la part des collectivités où l'agriculture est la plus touchée, notamment dans le Sud-Ouest. Dans un courrier adressé le 16 juillet à la ministre de l'Agriculture, le conseil départemental des Landes a annoncé qu'il vient de voter «plus de 850 000 € de crédits à destination des agriculteurs impactés par des crises», via les dispositifs « agriculteurs en difficultés » et « fonds d’urgences sanitaires et climatiques ».

Fourrages : les éleveurs laitiers de la FNPL demandent des aides pour les éleveurs

La FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) a lancé un appel le 22 juillet aux pouvoirs publics pour faire face aux conséquences de la canicule et de la sécheresse qui touchent les pâturages. « Les éleveurs commencent à entamer leur stock de fourrage d’hiver pour nourrir les animaux, ce qui va les obliger à acheter pour tenir jusqu’à l’année prochaine », indique Yohann Barbe, président de la FNPL. Constatant le manque de fourrages dans les territoires, la FNPL formule plusieurs demandes à l’Etat : d’abord, que les cartes satellitaires mesurant la pousse de l’herbe soient complétées par des relevés sur les zones concernées pour avoir une vision plus précise des pertes herbagères. Pour les éleveurs touchés mais non-assurés, la FNPL demande de mettre en place l’indemnisation de solidarité nationale (ISN). Ensuite, le syndicat souhaite que les éleveurs concernés suspendent le paiement des prochaines échéances de cotisations sociales à la MSA et qu’ils bénéficient d’un fonds d’allègement des cotisations, d’un fonds d’allègement des intérêts d’emprunts, et d’un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti qui doit être appelée à l’automne. A plus long terme, la FNPL alerte sur un risque de décapitalisation si les éleveurs n’ont pas assez pour nourrir les animaux, ce qui entraînerait mécaniquement une baisse des volumes de lait et donc des revenus des agriculteurs.

Bovins viande : le prix des broutards décroche, de manière «injustifiée» selon la FNB

En France, les cours des broutards sont en recul depuis quelques semaines. Au marché de Bourg en Bresse, le charolais de conformation U de 350-400kg âgé de 6 à 12 mois était coté à 4,1 € le kilo le 21 juillet, contre 4,8 €/kg le 30 juin, et 5,25 €/kg le 17 juin, et 5,6 €/kg l'an dernier mi-juillet. Dans un communiqué paru le 21 juillet, les éleveurs de bovins viande de la FNB (FNSEA) estiment que ces pressions sont «totalement injustifiées» et demandent au ministère de l'Agriculture d'investiguer le bon fonctionnement du marché. Pour les éleveurs, «contrairement aux fake news qui circulent, le prétexte d'un prétendu arrêt de l'export ne tient pas. Sur juin et juillet, près de 150 000 animaux vifs ont été exportés vers l’Italie et l’Espagne, soit un niveau équivalent à celui de 2025». À cette période, la DNC touchait toutefois la Lombardie et une partie de la France, précise l'institut de l'élevage dans sa dernière note de conjoncture. La FNB ajoute qu'«en parallèle, les disponibilités ne vont pas s’améliorer, en effet il manquera au moins 70 000 broutards sur le 2e semestre 2026 du fait des baisses de naissance». Notons que les cotations des jeunes bovins finis ont continué de fléchir début juillet «sous l’effet d’un marché européen figé par la canicule», souligne l'institut de l'élevage.

Acétamipride/loi d'urgence: Barbut va finalement «poursuivre sa mission»

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a présenté le 22 juillet sa démission à Emmanuel Macron qui «ne l’a pas acceptée», et elle a décidé de «poursuivre sa mission à la demande» du président «qui l’a assurée de son soutien», a annoncé son cabinet à l’AFP. Elle a accepté de rester au gouvernement «face à l’urgence d’agir contre les conséquences du changement climatique qui frappent durement notre pays et pour répondre aux enjeux de santé environnementale», a-t-on ajouté de même source, tout en assurant qu’elle avait «confirmé son désaccord sur la version définitive du projet de loi d’urgence agricole» avec la mesure controversée sur l'acétamipride. Le matin même, la ministre avait confirmé, dans un message posté sur le réseau Linkedin le 22 juillet, qu’elle présenterait sa «démission au Président de la République aujourd’hui», après l’adoption définitive par le Parlement de la loi d'urgence agricole, qui ouvre la possibiltié de réautoriser l'acétamipride. «Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure, pourtant souhaitée également par les députés», écrit-elle, estimant que «ce revirement constitue (...) le recul environnemental de trop».

Loi d'urgence agricole : la FCD craint un risque inflationniste à cause des tunnels de prix

La FCD (distributeurs) s’est montrée réservée le 21 juillet quant à la possibilité offerte au gouvernement, dans la loi d’urgence agricole, d'instaurer des tunnels de prix assortis d’indicateurs de coûts de production pouvant servir de référence minimale. « Un tel mécanisme risque d'affaiblir la compétitivité des filières françaises et de contribuer à une hausse des prix pour les consommateurs, sans garantir pour autant une meilleure rémunération durable des producteurs », estime la FCD. Les distributeurs déplorent aussi que ces tunnels de prix puissent être imposés par décret aux filières, en faisant fi du rôle des interprofessions. Parmi les autres griefs reprochés à la loi, la FCD cite « l'asymétrie entre distributeurs et industriels » pour ce qui concerne les conditions générales de vente et les baisses de tarif, le maintient de l’encadrement des appels d’offres pour les marques de distributeurs, et le fait que les dispositions en faveur des PME ne soient maintenues qu’à titre d’expérimentation. « Une loi agricole, a fortiori loi d’urgence, doit fixer des règles équitables pour tous les acteurs. Elle doit défendre les agriculteurs et les PME françaises, et non céder aux sirènes des influences et renforcer la position de géants qui dominent déjà le marché », estime Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD.

Semences : RAGT et Deleplanque réunis sous la bannière « RAGT Semences France »

« Pourquoi faire compliqué quand l’agriculture demande de la clarté ? » C’est avec cette question que les deux semenciers RAGT et Deleplanque annoncent, sur leur compte LinkedIn, un nouveau cap dans leur processus de rapprochement, acté fin avril 2025. « Pour simplifier les échanges et rendre notre expertise plus lisible, nous faisons évoluer notre communication. Nos deux structures se rassemblent désormais sous une seule et même bannière RAGT Semences France », précisent-ils. Concrètement, toutes les actualités, conseils techniques et innovations seront centralisés au même endroit, sous une seule voix et via un seul logo. Les deux groupes souhaitent ainsi en finir avec « la dispersion des informations ». En revanche, les équipes et l’expertise de Deleplanque restent en place et s’intègreront pour enrichir l’offre globale de RAGT. L’entité ainsi constituée représente près de 500 M€ de chiffre d’affaires dans plus de 50 pays, 1 500 salariés, 15 usines de semences, dont 7 en France et 65 programmes de sélection sur près de 40 espèces agricoles. (Anne Gilet)

Installation : la foncière Feve franchit la barre des 60 millions d'euros collectés

Créée en 2020, la foncière Feve, spécialisée dans le rachat d'exploitations agricoles, a annoncé dans un communiqué le 21 juillet, qu'elle venait de franchir le cap des 60 millions d'euros collectés, mobilisés auprès de 3 900 investisseurs «citoyens». Les fonds collectés ont permis de financer 59 exploitations sur des productions variées (maraîchage, élevage, arboriculture ou polyculture, pour un investissement moyen d'environ 600 000 euros par ferme, et une surface comprise entre 50 et 150 hectares. La foncière prévoit d’acquérir 15 fermes supplémentaires au cours des quatre prochains mois. Parmi les 3900 investisseurs, l’investissement moyen s'élève aujourd'hui à 11 150 euros. La foncière a aussi attiré plusieurs soutiens institutionnels, dont ceux de la Banque des Territoires, du fonds Entrepreneurs du Vivant de France 2030, d'Allianz, ainsi que ceux de plusieurs fonds solidaires (Mirova, Crédit Mutuel AM et Ecofi), pour un total de 16,5 millions d’euros.

Japon : le nombre d’agriculteurs passe sous le million et plus du tiers ont 75 ans ou plus

Sous l’effet du vieillissement de la main d’œuvre agricole et de l’augmentation des départs à la retraite, le nombre d’agriculteurs professionnels au Japon est passé en février pour la première fois sous la barre du million, rapporte le 21 juillet, le pôle Agriculture & Alimentation du service économique régional (SER) de la DG Trésor à Tokyo citant une enquête du ministère japonais de l’Agriculture. Cela représente un déclin de 4,8 % sur un an. Et d’ajouter que plus de 35% des agriculteurs nippons ont plus de 75 ans tandis que seulement 12,6 % ont moins de 50 ans portant l’âge moyen à 67,7 ans. « La capacité des grandes exploitations à absorber les terres libérées montre ses limites, posant un enjeu de maintien de la production nationale », précise le SER de Tokyo. Au-delà, le nombre d’exploitations agricoles s’établit à 799 700, en baisse de 4,4 % sur un an, passant ainsi sous la barre 800 000. Dans le détail, le SER Tokyo indique que les exploitations familiales reculent (-4,6 %) alors que les structures sociétaires progressent (+1,2 %).

Biosolutions : Elicit Plant et Mosaic Biosciences s’allient autour du stress hydrique du colza

Le français Elicit Plant et l’américain Mosaic Biosciences annoncent, le 21 juillet, avoir signé un accord pour identifier et développer, de façon conjointe, une nouvelle solution pour le colza (canola) en Amérique du Nord pour, notamment, aider les producteurs à préserver le potentiel de leurs cultures même lors d’un stress hydrique. Les deux partenaires comptent s’appuyer sur la plateforme technologique EliTerra d’Elicit Plant, dédiée aux biosolutions et qui teste l’efficacité des phytostérols sur différentes cultures : ces molécules d’origine végétale aident les plantes à mieux utiliser l’eau – en réduisant leur consommation jusqu’à 20 % -, notamment « quand la disponibilité de celle-ci devient un facteur limitant », explique Eran Kosover, directeur commercial d’Elicit Plant. L’objectif est de mettre en place un vaste programme d’évaluation agronomique dans les principales régions de production de canola en Amérique du Nord. Basé en Floride, Mosaic Biosciences est l’un des principaux producteurs et distributeurs d’engrais à base de potasse et de phosphate. Elicit Plant propose déjà des solutions pour le maïs, le soja, le tournesol et le blé en Europe, au Brésil, aux États-Unis et en Ukraine. (Anne Gilet)