Etats-Unis : feu vert à un plan pour financer la guerre en Iran et aider les agriculteurs
La Chambre des représentants des Etats-Unis a, le 22 juillet, donné de justesse (pars 216 voix contre 214) sont feu vert à un plan de 95 milliards de dollars (Md$) afin de financer la guerre contre l’Iran. Concrètement, si la vaste majorité des fonds (73 Md$) est destinée aux forces armées et aux agences de renseignement, 12 Md$ d’aide sont réservés aux agriculteurs affectés par la guerre commerciale menée par le président Donald Trump. Le texte se dirige à présent vers le Sénat où son sort est incertain. Le projet des républicains représente leur dernière grande offensive législative avant les élections de mi-mandat en novembre, dont les résultats décideront s’ils gardent leur majorité au Congrès et détermineront donc la suite du second mandat de Donald Trump. La résolution, qui n’est pour l’instant qu’un cadre budgétaire, permettrait aux républicains, si elle est adoptée à présent par le Sénat, d’élaborer plus tard dans l’été un projet de loi détaillé. Le but serait ensuite de tenter de le faire adopter au Sénat à la majorité simple grâce à une procédure budgétaire accélérée, contournant ainsi le seuil habituel de 60 voix nécessaires et l’opposition des démocrates.
Sécheresse/canicule : le gouvernement prépare un plan «pour la rentrée» (Genevard)
«Nous élaborons un plan global en lien avec le ministère des Comptes publics pour la rentrée, dès qu’on aura les réponses sur l’étendue des pertes», a indiqué la ministre de l'Agriculture, dans un entretien accordé à nos confrères de Ouest France le 22 juillet. «Si la situation continuait de se dégrader, il faudra évidemment aller plus loin, comme on l’a fait avec des mesures dédiées à l’équarrissage et un plan pour des prêts garantis pour équiper les bâtiments d’élevage de brumisateurs et de ventilateurs », ajoute Annie Genevard. En attendant, la ministre indique avoir prévu de réunir les préfets de région le 27 juillet pour « disposer d’un état des lieux précis, territoire par territoire ». Elle a également demandé à la Commission européenne «que des dispositions en cas de circonstances exceptionnelles puissent être mobilisées.» Les principaux syndicats agricoles ont chacun fait part de leur demande d'un plan de soutien d'urgence pour les agriculteurs les plus touchés. Des demandes sectorielles ont aussi émané des productions de maïs, de fruits et légumes, et des élevages de ruminants. De son côté, la Coordination rurale également appelé à désobéir aux interdictions préfectorales d'irriguer. «Cela n’est pas possible !», a simplement réagi la ministre auprès de nos confrères.
ZNT: le Conseil d'Etat annule cinq chartes de voisinage du Centre-Val-de-Loire
Dans un avis rendu public le 23 juillet, le Conseil d'Etat a confirmé l'annulation des arrêtés préfectoraux validant les chartes de bon voisinage sur l’utilisation de pesticides dans cinq départements du Centre-Val-de-Loire (Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret). La plus haute juridiction administrative estime que ces chartes «ne comportent pas d’obligations d’information préalable définies avec une précision suffisante». Ces chartes renvoient «à chaque utilisateur le soin de déterminer la modalité d’information adaptée» et «elles se bornent à indiquer que différents moyens de type visuel ou numérique peuvent être mis en oeuvre», estiment les juges. Et d'ajouter que l’utilisation du gyrophare, comme prévu par charte d’engagements du Cher, «ne constitue pas, en toute hypothèse, une information préalable». Dans un communiqué paru le jour même, Générations futures, qui fait partie des requérants, demande au ministère de l'Agriculture «de tirer toutes les conséquences de cette décision et d'imposer la réécriture de l'ensemble des chartes départementales encore en vigueur». Selon l'association, un rapport du CGAAER (ministère) est attendu en octobre sur la mise en oeuvre de l'obligation d'informer les riverains. En 2022-2023, Générations futures et l’UFC Que choisir avaient déposé «43 contentieux» de ce type.
Pesticides/TFA : l’Efsa abaisse la DJA, vers un durcissement des contrôles dans l’eau
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a durci ses recommandations sur les doses admissibles de TFA (acide trifluoroacétique), un polluant omniprésent dans l’eau issu la dégradation de pesticides et de gaz utilisés par l’industrie, ce qui ouvre la voie à des contrôles plus stricts de l’eau potable sur le continent, rapporte l’AFP le 22 juillet. Après avoir examiné de nouvelles données scientifiques, l’Efsa a fixé la nouvelle dose journalière admissible (DJA) pour les consommateurs à 0,014 milligramme par kilogramme de poids corporel et par jour. Ce seuil correspond à la quantité de substance qui peut être consommée quotidiennement tout au long de la vie sans présenter de risque notable pour la santé. Cette nouvelle valeur est environ 3,5 fois plus basse que la précédente limite de 0,05 mg/kg, qui avait été établie en 2017. Pour justifier ce durcissement des normes sanitaires, l’Efsa s’appuie sur de récentes expérimentations animales qui ont mis en évidence des effets néfastes du composé sur le développement, la reproduction et surtout sur les niveaux de thyroxine, une hormone thyroïdienne qui joue un rôle important dans la régulation du métabolisme. Pour rappel, une étude de l’Anses publiée en décembre identifiait du TFA dans 92% des échantillons d’eau. La France a retenu à ce stade un seuil limite de 60 microgrammes par litre d’eau, avec une trajectoire de réduction à plus long terme. Il devrait être revu à la baisse à la suite de l’annonce de l’Efsa.
Acétamipride/loi d'urgence : tensions entre Lecornu et Attal, Genevard au centre
L’affaire de l'acétamipride a révélé des tensions exacerbées entre Sébastien Lecornu et Gabriel Attal et, plus largement, dans le camp gouvernemental, rapporte l'AFP. Le psychodrame de la vraie-fausse démission de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, finalement restée en poste, a fait passer au second plan la «colère» d’une bonne partie des députés macronistes à l’encontre du Premier ministre, pour reprendre les termes d’un de leurs dirigeants. En cause, l’adoption définitive de la possibilité de réautoriser l'acétamipride. Alors qu’il avait promis de laisser les parlementaires «trancher» lors d’un ultime vote, Sébastien Lecornu a finalement fait barrage à l’examen d’amendements déposés pour supprimer cette mesure lundi soir à l’Assemblée nationale. «Les députés étaient ulcérés», raconte à l'AFP ce cadre du groupe macroniste après leur réunion mardi matin. D’autant que Gabriel Attal, président du groupe, déplore le silence radio du chef du gouvernement, qui ne répond à aucun de ses appels et messages. Après s’en être ouvert, pour s’en plaindre, à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, celle-ci lui répond un sms... visiblement destiné à Sébastien Lecornu, dans lequel elle lui dit: «c’est toi qui m’a demandé de ne pas lui répondre». Message aussitôt supprimé et remplacé par un autre, mais l’ambiance est fraîche.
Céréales : les prix du blé tendre et du maïs au plus haut depuis plus de 2 ans
Lors de la séance du 22 juillet, les prix du blé tendre sur Euronext ont clôturé en spot à 244,25 €/t, soit un niveau plus observé depuis juin 2024, et en hausse de 9,50 €/t par rapport à la veille. Ceux du maïs s’affichent à 259 €/t, en progression de 2,75 €/t en spot, soit un plus haut depuis mars 2023, mais de 8 €/t sur les échéances nouvelle récolte. Le principal facteur haussier est l’intensification des combats entre Ukrainiens et Russes sur la zone mer Noire. Le principal port d’exportation de blé tendre de Russie, Novorossiysk, aurait décidé de suspendre les chargements nocturnes, en raison des attaques de drones ukrainiens, rapportent des sources privées au média Reuters le 22 juillet. Rappelons que c’est par la mer Noire que deux des plus gros exportateurs internationaux de grains et dérivés (blé tendre pour la Russie, maïs et huile de tournesol pour l’Ukraine) font transiter leurs marchandises (dont le plus gros exportateur en blé tendre, à savoir la Russie). À cela s’ajoutent des inquiétudes sur la production de blé de printemps aux États-Unis, sachant que la production de blé tendre en France s’avère plutôt décevante. Rappelons qu’Argus Media (ex-Agritel) table désormais sur un volume 2026 à seulement 30,8 Mt.
Céréales : l’Ukraine accuse la Russie d’entraver l'export en ciblant les navires cargo
L’Ukraine a accusé le 22 juillet la Russie d’entraver ses exportations agricoles en prenant de plus en plus souvent pour cible les navires cargo utilisant ses ports, alors que Moscou et Kiev accentuent leurs frappes ces derniers mois. « La Russie tient en otage la sécurité alimentaire mondiale. Au moins trois navires de fret civils ont été bombardés ces derniers jours par la Russie. Plusieurs dizaines de membres d’équipage ont été tués ou blessés », a assuré sur X le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga. Selon lui, « aujourd’hui, aucun navire n’a emprunté le couloir maritime ukrainien de la mer Noire, alors que la récolte bat son plein ». L’Ukraine a « demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU » à ce sujet pour le 27 juillet, a-t-il ajouté. L’Ukraine avait elle-même multiplié les frappes sur les navires cargo alimentant les ports russes de la mer Noire, revendiquant plus d’une centaine d’attaques de drones ces dernières semaines. Ces frappes ukrainiennes avaient poussé la Russie à examiner des routes alternatives de transport en mer d’Azov. La Russie a de son côté frappé à répétition le port ukrainien d’Odessa et des navires à proximité ces derniers jours.
Céréales : vers une baisse de la production dans l’UE de 6,6 % en 2026 (Copa-Cogeca)
Dans un communiqué du 23 juillet, le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles européennes) a indiqué tabler sur un recul de la production céréalière dans l’UE de 6,6 % entre 2025 et 2026, pour tomber à 264 Mt. Celle de blé tendre reculerait de 4,3 %, à 123 Mt environ, d’orge de 3,5 %, à 52,15 Mt, et de maïs de 13,9 %, à 53,9 Mt. « Cette situation est en partie liée à la crise actuelle des engrais, bien que son impact sur la récolte de 2026 devrait rester limité par rapport aux effets beaucoup plus importants attendus pour l’année prochaine », explique le Copa-Cogeca. Ces prévisions sont amenées à évoluer encore, selon les conditions climatiques, les récoltes n’ayant pas débuté pour certaines cultures, telles que le maïs ou le tournesol. Rappelons que divers pays européens souffrent de la sécheresse. L’organisation explique que la Hongrie et l’Espagne sont particulièrement touchées. Du côté des oléagineux, la production devrait grimper de 6,8 % annuellement, pour atteindre 33,25 Mt. Celle de colza s’élèverait à 20 Mt environ (+ 6,4 %), et de tournesol à 10,27 Mt environ (+ 11,2 %). Notons la légère baisse en soja, de 4,3 %, à 2,9 Mt.
Maïs/vigne: le scarabée japonais fait une incursion dans l'est de la France
Un scarabée japonais a été capturé à Strasbourg, un an après la première détection en France de cette espèce invasive pouvant causer des ravages sur la vigne, le maïs et bien d’autres cultures, a annoncé la préfecture du Grand Est. «Le 26 juin, un premier spécimen d’insecte a été capturé dans un piège situé sur la commune de Strasbourg. Cette première capture a été suivie, quelques jours plus tard, de celle d’un second individu dans le même secteur», a expliqué la préfecture du Grand Est dans un communiqué le 20 juillet. «Les conditions dans lesquelles ces insectes ont été capturés laissent supposer qu’il s’agit d’individus +auto-stoppeurs+ qui se seraient déplacés via le transport humain (camion, voiture)», a-t-elle précisé. Le scarabée japonais est susceptible de s’attaquer à plus de 300 plantes, notamment la vigne, le maïs, les arbres fruitiers ainsi que de nombreuses autres cultures, alerte la préfecture. Les larves s’en prennent quant à elles aux gazons, en particulier ceux des terrains de sport. «Un renforcement du piégeage a été immédiatement mis en place et des prospections intensives sont menées par les agents de la Draaf afin de détecter l’éventuelle présence d’autres individus et ainsi confirmer qu’il s’agit bien d’individus isolés», indique la préfecture.
Lait : Lactalis entre en négociations exclusives pour acquérir Triballat
La laiterie familiale Triballat, à Rians (Cher), est entrée en négociations exclusives avec Lactalis en vue de la cession potentielle de 100% de son capital, annonce un communiqué des deux sociétés diffusé le 23 juillet. « La transaction est soumise à l'information et à la consultation préalable des instances représentatives du personnel compétentes ainsi qu’à l’obtention des autorisations requises en matière de contrôle des concentrations », détaille le communiqué. « Nous partageons la même ambition : préserver un héritage remarquable tout en lui donnant les moyens de poursuivre son développement en France et à l'international », déclarent Hugues Triballat, président de Triballat, et Emmanuel Besnier, président de Lactalis. Triballat (à ne pas confondre avec Olga, ex-Triballat-Noyal), plus connu à travers sa marque Rians, a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2025 et collecte 55 millions de litres de lait de vache par an. La société fabrique des desserts ultra-frais, dont la faisselle Rians, un produit dont il est le leader, et des fromages AOP tels que l’époisses, le crottin de chavignol ou le selles-sur-cher. La société possède 17 sites de production en France, en Espagne et aux États-Unis et emploie 1600 collaborateurs.
Lait : la FNPL prête à demander les tunnels de prix, en l'absence d'indicateur beurre-poudre
Yohann Barbe, le président de la FNPL (éleveurs, FNSEA), a indiqué le 22 juillet qu’il demandera la mise ne place d’une expérimentation sur les tunnels de prix si aucun accord n’est trouvé au sein du Cniel (interprofession laitière) sur les indicateurs de prix d’ici la fin de l’année 2026. Ces indicateurs, notamment l’indicateur beurre poudre, ne font toujours pas l’objet d’un consensus au sein de l’interprofession, et cela depuis plusieurs années. Il s’agit d’un point de blocage majeur ayant déjà provoqué une crise de gouvernance au sein du Cniel en 2025. L'adoption récente de la loi d’urgence agricole pourrait modifier le rapport de force ; elle prévoit l’instauration de tunnels de prix basés sur les coûts de production par un décret du ministre de l’Agriculture, si aucun accord n’est trouvé au sein de l’interprofession. En menaçant de demander la mise la place des tunnels de prix, la FNPL met la pression sur les autres maillons de l’interprofession pour aboutir sur le dossier des indicateurs. Pour rappel, la Fnil (industriels), la FCD (distributeurs) et la Coopération agricole sont opposés aux tunnels de prix.
Bovins/DNC : le Conseil d'Etat rejette la question prioritaire de constitutionnalité sur les vaccins
Dans un avis rendu le 23 juillet, le Conseil d'Etat a rejeté la demande de renvoi au Conseil constitutionnel de la question de la légalité des mesures nationales de gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), notamment la vaccination obligatoire. Déposée par le micro-syndicat Verte France, cette question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a été rejetée sur le fond - mais pas sur la forme, comme le proposait également le rapporteur public. Sur le fond, le Conseil d'Etat estime que les entraves au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre sont à ses yeux justifiées par l'intérêt général. Cette affaire fait suite au recours en référé déposé en début d'année par Verte France, et qui a été rejeté le 2 février par le Conseil d'Etat. Le syndicat attaquait l’arrêté du 11 décembre 2025 qui instaure une obligation de vaccination préventive dans cinq départements (Aude, Haute-Garonne, Gers, Landes et Pyrénées-Atlantiques), en plus des zones réglementées. Le même jour (voir dans ce numéro), le Conseil d'Etat a confirmé la légalité d'arrêtés préfectoraux pris à l'encontre des éleveurs rejetant la vaccination (accès interdit aux abattoirs, déplacements restreints...)
Bovins/DNC: le Conseil d'Etat maintient des arrêtés contre les élevages non vaccinés
Dans des avis publiés le 23 juillet, le Conseil d'Etat a rejeté, de manière lapidaire, les recours en référé suspension de quatorze exploitations agricoles contre des arrêtés préfectoraux prononçant la suspension de l'activité de leur atelier bovin (limitation totale des mouvements) en raison de l'absence de vaccination du cheptel contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Comme l'avait suggéré le rapporteur public, le Conseil d'Etat confirme, sans élaborer son jugement, que le caractère disproportionné de la décision avancé par les requérants n'est pas de nature à justifier une suspension de la décision. Lors de l'audience le 9 juillet, le rapporteur avait souligné le classement européen de la maladie en catégorie A. Selon le collectif Libre, qui soutenait les requérants, une soixantaine d'éleveurs ont refusé la vaccination dans des zones réglementées. Le collectif a récemment soutenu le recours des éleveurs du Doubs, Cédric et Céline Lhomme, contre l'abattage de leur troupeau devant le tribunal administratif de Besançon où ils ont été déboutés. Le collectif veut désormais porter leur dossier auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme. Il a également déposé un dossier auprès du médiateur européen contre le classement de la maladie.
Poulet : les abattages progressent à nouveau moins vite que la consommation en 2025
Dans une synthèse publiée le 8 juillet, le service de statistique du ministère de l'Agriculture (Agreste) constate que, sur le territoire français, les abattages de poulets ont à nouveau progressé moins vite l'an passé que la consommation, qui s'accélère et pourrait dépasser celle du porc d'ici 2030. En 2025, la consommation apparente de viande de poulet a augmenté de 5,6 %, après une hausse de 6,2 % l’année précédente, soit des niveaux bien supérieurs taux de croissance annuel de 2,2% constaté entre 2000 et 2006. Face à cette consommation dynamique, les abattages de poulets (en têtes) sont en hausse de 2,8 % sur un an (sans effet notable de l'influenza), après + 7,0 % en 2024. En volume, les abattages de poulets augmentent de 4,4 % sur un an. La tendance est ancienne ; entre 2000 et 2025, l’offre de viande de poulet disponible sur le marché français (production nationale – exportations) progresse en moyenne de 1,4 % par an, contre 3,3 % pour la consommation). Mais on observe un agrandissement de cet écart depuis 2021. Dans le détail, les analystes estiment que la progression de la production depuis 2000 a surtout reposé sur l’alourdissement des animaux (+0,9 % par an) plutôt que sur l’augmentation des effectifs abattus (+ 0,2 %).
Œufs : rappel d’œufs polonais chez Lidl, la CFA appelle à privilégier l’origine France
Les aviculteurs de la CFA (FNSEA) reprochent à l’enseigne Lidl, dans un communiqué publié le 23 juillet, de privilégier des œufs importés alors que, selon elle, le filière française est capable de répondre aux attentes des consommateurs « en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de disponibilité ». Cette annonce intervient après le rappel d'œufs d'origine polonaise commercialisés par Lidl, en raison d'une contamination par des salmonelles. « La France applique l'un des dispositifs de surveillance des salmonelles les plus exigeants d'Europe, offrant aux consommateurs un niveau élevé de garanties sanitaires », souligne la CFA. Elle met en avant les résultats du plan de filière de l’interprofession, estimant qu’il commence « à porter ses fruits ». Selon elle, la production devrait ainsi augmenter de 5 % en 2026 pour répondre à la demande croissante des consommateurs. Aussi, la CFA appelle les distributeurs à continuer de privilégier les approvisionnements nationaux et à renforcer leurs engagements en faveur des « œufs de France ». Pareillement, elle invite également les consommateurs à privilégier les œufs portant la mention « œufs de France » ou identifiés « origine France ».
Elevage bio : la Fnab dénonce la position du Parlement européen sur la taille des élevage
Dans un communiqué du 23 juillet, la Fnab s’inquiète de la position, adoptée le 14 juillet, par la commission de l’Agriculture du Parlement européen (Comagri) concernant la mise à jour du règlement bio. « La Commission européenne souhaitait déjà inciter le développement de modèles bio intensifs en volailles de chair en levant les limitations dans la taille des élevages. Cette fois, c’est à la filière bovine que le Parlement s’attaque en réduisant l'exigence de pâturage », dénonce le syndicat. Et d’ajouter qu’en « assouplissant les règles des productions animales, toute la logique du label est remise en question » en particulier en France où « les logiques d’intensification et d’agrandissement, que l'on voit déjà sur les filières volailles en bio dans certains pays, ne sont pas encore à l'œuvre ». Le compromis adopté en Comagri doit encore être validé en plénière en septembre, puis des négociation en trilogue avec le Conseil de l’UE se tiendront à l’automne. Un accord doit absolument être trouvé avant la fin de l’année, la réglementation actuelle concernant les importations de produits bio expirant le 31 décembre 2026.
Élevage : aux Pays-Bas, feu vert à un nouveau programme de fermeture d’exploitations
La Commission européenne a approuvé, le 23 juillet, un régime d’aides d’État néerlandais de 715 millions d’euros visant à soutenir la fermeture « volontaire, définitive et irrévocable » d’élevages afin de réduire durablement les émissions d’ammoniac dans des zones sensibles. Ce programme est ouvert aux petits et moyens élevages de bovins laitiers, de dindes, de poulets, de porcs, de veaux, de chèvres laitières, de lapins ou encore de canards de chair. Il privilégie les exploitations situées partiellement ou entièrement dans une zone Natura 2000 surexploitée ou dans un rayon de 1 000 mètres autour d’une telle zone. L’aide prendra la forme de subventions directes représentant entre 100 et 110 % des coûts éligibles. Le dispositif sera en vigueur pendant cinq ans. Cette aide s’inscrit dans la vaste politique des Pays-Bas pour tenter de satisfaire aux obligations de la directive Nitrates. Des aides d’État d’un montant de 2,9 milliards d’euros avaient déjà été débloquées en 2024 pour financer la fermeture définitive d’exploitations d’élevage dans certaines zones sensibles.
Fruits et légumes : après les épisodes caniculaires, la filière appelle à un soutien « renforcé »
Après avoir dressé un premier bilan des effets de la canicule il y un mois, l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) alerte, dans un communiqué du 23 juillet, sur l’aggravation des conséquences des épisodes climatiques extrêmes pour les producteurs français de fruits et légumes. Le maraîchage de plein champ est particulièrement touché, mais les cultures sous abri sont également affectées, tandis que les conséquences pour certaine productions arboricoles pourraient se faire sentir dans les prochaines semaines. « Ce que nous vivons cet été dépasse l’épisode conjoncturel », prévient Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, évoquant un « signal d’alerte de plus pour notre souveraineté alimentaire ». L’interprofession appelle à un soutien « renforcé » des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs économiques, L’interprofession appelle à un soutien « renforcé » des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs économiques, avec la mise en place « rapide » d’aides d’urgence, notamment en trésorerie, pour les exploitations « les plus durement touchées » et un plan d’investissement pour adapter « durablement » la production française, « notamment par le développement du stockage de l'eau, la protection des cultures et l’innovation ».
Fruits et légumes : Familles rurales alerte sur la forte hausse des prix en dix ans
Dans son vingtième Observatoire des fruits et légumes, publié le 23 juillet, l’association Familles rurales alerte sur la forte hausse des prix des légumes en un an, qu’elle considère comme un frein économique à une alimentation saine. Comme chaque année, l’association a réalisé 118 relevés de prix en grandes surfaces du 8 au 21 juin, dans 40 départements, pour un panier de neufs fruits et de dix légumes. Si le prix moyen des fruits se stabilise en agriculture conventionnelle (-0,2 %) et recule en bio (-10 %), les légumes repartent fortement à la hausse, avec une augmentation de 10 % en conventionnel et de 7 % en bio. Les plus fortes hausses concernent les courgettes (+32 %), les tomates (+31 %) et les haricots verts (+24 %). Depuis 2015, les prix des fruits frais ont progressé de 54 % et ceux des légumes frais de 62 %, contre 21 % pour l’inflation générale. Ils sont ainsi devenus « l'une des catégories alimentaires dont les prix augmentent le plus rapidement, alors même qu'ils sont au cœur des recommandations de santé publique », déplore l’association. Pour faciliter l’accès aux fruits et légumes sans nuire aux producteurs, l’association appelle à une meilleure répartition de la valeur entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Elle enjoint en outre les parlementaires à adopter la proposition de loi « 100 produits sains à prix coûtant » du député Boris Tavernier (Écologiste, Rhône).
Agriculture urbaine : «difficultés croissantes à trouver des financements» (rapport)
Dans une étude diffusée le 23 juillet, l'association française de l'agriculture urbaine (Afaup), évalue, sur la base de 150 structures interrogées, l'état de forme des opérateurs, tout en proposant une nouvelle typologie pour ce secteur réputé difficile à décrypter. Les auteurs distinguent quatre catégories de structures: les producteurs (42% des répondants), les producteurs-animateurs (24%), les animateurs (29%), et bureaux d'étude (5%). A l'exception des producteurs, la majorité des structures est financée par d'autres activités «plus rémunératrices» (paysage, nettoyage, team building/conception de jardins). Toutes catégories confondues, l'Afaup rapporte des «difficultés croissantes à trouver des financements». Les principaux financeurs, les acteurs publics «font face à une réduction significative de leurs moyens d’action», et «aucun dispositif public n’a pris le relais du plan de relance et du programme Quartiers Fertiles», qui avait soutenu le secteur. De même, «les entreprises et les fondations réduisent leur budget». Les modèles les plus solides sont les producteurs spécialisés sur des produits à forte valeur ajoutée et ayant peu investi, les fermes publiques et les producteurs animateurs tournés vers les entreprises ; les plus fragiles sont les producteurs diversifiés sur petites surfaces, les producteurs high-tech, et les structures associations dépendant de subvention/mécénat.
Incendies : les Cuma veulent intégrer les SDIS parmi leurs sociétaires
Dans un message posté sur Linkedin le 23 juillet, la FNCuma indique que les coopératives de matériel veulent « ouvrir leur sociétariat aux acteurs d'intérêt général notamment les SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) ». Lors de l'examen de la loi d’urgence agricole, la fédération avait proposé un amendement en ce sens, porté par le groupe socialiste à l’Assemblée. Mais il a été jugé « irrecevable » par la présidence de l'Assemblée, déplore l’organisation. L'objectif est de faciliter « la mise en place d'une procédure d'urgence conforme à leur statut coopératif pour que les Cuma puissent se mobiliser rapidement sans risque juridique », dans un contexte ou les épisodes de sécheresse et d’incendies se multiplient sur le territoire français. La FNCuma rappelle qu’elle se mobilise « depuis plusieurs années » auprès des SDIS « dans une logique citoyenne d’entraide ». L’organisation a par ailleurs diffusé début juillet à l'ensemble de son réseau « un message de mobilisation avec des modèles de courrier à adresser notamment aux SDIS afin de faire connaître les moyens mobilisables des Cuma et les contacts référents ».
Gaza: la sécurité alimentaire s'améliore mais reste fragile, selon une agence de l’ONU
La sécurité alimentaire et la nutrition infantile se sont améliorées dans toute la bande de Gaza mais restent fragiles car un seul point de passage pour l’aide est ouvert limitant l’acheminement de l’aide humanitaire, a indiqué le 23 juillet le Programme alimentaire mondial (PAM). L’agence onusienne assure que l'aide alimentaire et nutritionnelle a connu une augmentation « significative » depuis la conclusion de l’accord de cessez-le-feu en octobre 2025. « Rien qu’en mai 2026, les colis alimentaires ont permis de venir en aide à environ 1,5 million de personnes, une aide financière a été offerte à environ 700.000 bénéficiaires », précise-t-elle, ajoutant que « l’aide nutritionnelle a concerné 60% des enfants de moins de 5 ans ». A la mi-juin, Tom Fletcher, chef des opération humanitaires de l’ONU à Gaza, avait plaidé pour l’ouverture de tous les points de passage vers l’enclave palestinienne et la « levée immédiate des restrictions israéliennes » pour l’entrée de produits de première nécessité comme les équipements médicaux, les pièces détachées pour les systèmes d’assainissement ou le carburant.