Biocarburant aérien : des entreprises avec Tereos vont créer un site de production à Dunkerque
Dans un communiqué du 9 juin, le groupe Tereos a annoncé s’être accordé avec un pool d’entreprises* pour la création d’une coentreprise afin de développer un site de production de biocarburants aériens. La nouvelle entité (joint-venture) portera le nom de Rebound. « La création de la coentreprise est soumise aux conditions de clôture et approbations d'usage, et devrait être finalisée au second semestre de cette année », précise Tereos. Rebound disposera d’un site de production basé sur le port de Dunkerque, d’une capacité de 160 000 t/an « de carburants d’aviation durables (SAF en anglais, CAD en français NDLR) utilisant la technologie « Alcohol-to-Jet ». L'idée est de convertir de l’éthanol produit à partir de résidus agricoles et forestiers, en SAF « pouvant être mélangés au kérosène conventionnel et utilisés dans les moteurs et les avions existants ». L’installation constituera « l’une des plus grandes usines de ce type en Europe, renforçant la souveraineté énergétique européenne ». Les parties prenantes du projet espèrent profiter de la réglementation européenne qui pousse pour le développement de ces carburants. Elles rappellent que le règlement « ReFuelEU Aviation » va permettre une augmentation des obligations d’incorporation de biocarburants aériens, pour atteindre 6 % en 2030, et 70 % d’ici 2050, « entraînant une multiplication par huit de la demande entre 2030 et 2050 ». *Tereos, Airbus, Safran et Technip Energies.
Blé dur : Panzani et Axéréal déploient leur démarche d’agriculture régénérative
Dans un communiqué du 8 juin faisant suite à une visite d’exploitation le 5 juin lors des journées nationales de l’agriculture, Panzani et Axéréal ont annoncé le déploiement « d’une démarche d’agriculture régénérative appliquée au blé dur français, en expérimentation depuis 2 ans », en parallèle du renouvellement pour 3 ans de leur contrat cadre d’approvisionnement en blé dur. L’initiative s’appuie sur le programme CultivUp d’Axéréal et le cahier des charges Blé Responsable Français de Panzani. Contacté par Agra Presse, le pastier a expliqué avoir pour objectif de s’approvisionner à hauteur de la moitié de ses volumes contractualisés avec Axéréal via cette démarche d’agriculture régénérative à horizon 2028. Le projet inclut diverses pratiques : allongement des rotations, couverture des sols, réduction du travail mécanique (lorsque c’est possible), pilotage de l’azote. Elles doivent améliorer la santé des sols, la biodiversité, et permettre une réduction de l’impact carbone de la production. La démarche intègre, « sur certains critères, des obligations de résultat, au-delà des moyens mis en œuvre », précise le communiqué. Actuellement expérimentées dans le Centre-Val de Loire, Panzani espère appliquer ces pratiques de l’agriculture régénératrice à l’ensemble de ses bassins d’approvisionnement.
PPAM/mildiou : Amoéba obtient une autorisation temporaire en Italie pour un biofongicide
Dans un communiqué du 8 juin, le groupe français Amoéba a annoncé avoir obtenu « en Italie une autorisation d'urgence de 120 jours pour son biofongicide contre le mildiou du basilic », soit du 5 juin au 2 octobre, de la part du ministère de la Santé italien. Plus en détail, la plante qui serait particulièrement concernée serait le basilic de type Genovese, servant, entre autres, à la production de pesto. L’entreprise précise que les solutions disponibles sont limitées, du fait de molécules pesticides utilisables qui diminuent chaque année, spécialement pour les producteurs convertis à l’agriculture biologique. Or, l’Italie fait face à une recrudescence de la maladie ces dernières années. Le fongicide en question est utilisé en traitement préventif. La demande d’autorisation d’urgence a été portée par des associations de producteurs italiens de basilic. L’autorisation s’inscrit « dans la stratégie d'Amoéba et de son partenaire Koppert de déploiement de la solution de biocontrôle sur les maladies fongiques en Europe », relate le communiqué. Ainsi, il s’agirait d’une première étape pour obtenir en Italie une autorisation globale de mise sur le marché.
Lait : la fromagerie Dongé se diversifie dans l’ultra-frais végétal-animal
La fromagerie Dongé a dévoilé le 9 juin un nouveau produit, nommé le Végé du fromager, à partir de lait de vache pasteurisé, de farine de féverole et de ferments lactiques. Ce dessert ultra-frais sera commercialisé auprès des fromagers et des commerces traditionnels où sont déjà diffusés les produits de Dongé. La fromagerie s’est équipée d’un atelier d’une capacité actuelle de 5000 pots par semaine, pouvant être augmentée par la suite. Les 27 éleveurs qui livrent la fromagerie en lait pourront cultiver de la féverole utilisée comme ingrédient dans les produits. En lançant ce nouveau produit hybride, alliant les protéines animale et végétale, Dongé entend répondre à plusieurs attentes : la demande des consommateurs pour des produits incluant une part de protéine végétales et riches en protéines, la réduction de l’empreinte environnementale de la laiterie en agissant sur les émissions de l’amont, une rémunération supplémentaire pour les éleveurs qui cultiveront la féverole. Le Végé du fromager est aussi un relais de croissance pour la PME familiale qui transforme chaque année 10 millions de litres de lait, dont les ventes du principal produit, le brie de Meaux AOP (1000 tonnes sur 1200 tonnes), sont aujourd’hui stagnante, à l’image de ce marché.
Lait : Lactalis France justifie le prix du lait face au mécontentement de l’Unell
Lactalis France a justifié le prix du lait pratiqué dans le cadre de son accord avec l’association d’organisations de producteurs Unell. Interrogé sur la question par Agra Presse, Lactalis France a indiqué, le 8 juin, qu’il avait engagé sur les cinq premiers mois de l’année « un ajustement positif au-delà de la formule de prix, correspondant à un total de 5 millions d’euros. Cet effort visait à maintenir un prix du lait égal ou supérieur à 400 €/1000 litres, malgré des négociations commerciales marquées par une faible prise en compte de l’évolution des charges et une tendance à la déflation. » Pour expliquer le prix trop bas selon l’Unell, soit en juin « 400,05 €/1000 litres en moyenne nationale (38/32) et à 415,05 €/1000 litres (41/33), hors prime RSE », Lactalis France rappelle que la formule de prix a été arrêtée avec l’Unell en novembre : « 50 % de produits de grande consommation vendus sur le marché national, 20 % à l’export et 30 % d’ingrédients de type beurre-poudre ». Or, comme le rappelle l’industriel, d’une part, les ingrédients de type beurre-poudre ont des cours très volatils, et d’autre part, « la légère amélioration du marché de la poudre (…) compense en partie le recul du beurre ». Pour rappel, l’Unell estime que le prix du lait actuellement payé par Lactalis France est trop bas alors que les éleveurs subissent des hausses de charges.
Santé/nutrition animale : le français Idena veut doubler sa production
Dans un communiqué paru le 9 juin, l'entreprise française Idena (50 M€ de chiffre d'affaires), spécialiste des produits de santé/nutrition animale à base de plantes et d'huiles essentielles, annonce une « nouvelle phase d’investissement destinée à doubler ses capacités de production d’ici cinq ans ». Elle prévoit une « mise en service progressive des nouveaux équipements avant une inauguration globale prévue en 2027 ». Créée en 1995 en Loire-Atlantique, l'entreprise travaille avec des fabricants d'aliments auxquels elle fournit des « actifs botaniques, des phytogéniques et des alternatives aux antibiotiques ». Elle réalise déjà 50 % de son chiffre d'affaires à l'export, avec le Brésil comme « axe stratégique majeur ». Elle dispose de trois sites de production, et travaille avec 115 collaborateurs.