À l’occasion d’une conférence de presse, le 21 mai, les industriels de l’Uivec (filière CBD) ont annoncé leur intention, si les discussions en cours avec le gouvernement achoppaient, de lancer avec deux autres syndicats sectoriels un recours au Conseil d’État contre le plan de contrôle des produits alimentaires contenant du CBD, présenté le 15 avril par la DGAL (ministère de l’Agriculture). L’administration sanitaire a annoncé, il y a un mois, son intention d’interdire les produits alimentaires contenant du CBD à partir du 15 mai. « Sauf retournement de situation de dernière minute, les organisations professionnelles vont attaquer la décision en référé, potentiellement début juin », a indiqué le président de l’Uivec Ludovic Rachou. Sur la forme, l’union des fabricants dénonce « un revirement unilatéral, sans concertation, et assorti d’un mois de délai seulement ». Sur le fond, ses membres continuent de dénoncer une confusion entre le CBD extrait de plantes et le CBD synthétique, selon eux seul responsable d’intoxications.
Dans une lettre ouverte à la ministre de l’Agriculture, la Confédération paysanne demande également que le gouvernement renonce à cette mesure, soulignant l’implication de « plus de 1 500 fermes » dans cette filière. Une réunion entre le ministère de l’Agriculture et les professionnels est prévue très prochainement, selon l’Uivec. Même la FNSEA a donné de la voix dans ce dossier. Dans un communiqué commun avec l’AFPC (producteurs de cannabinoïdes), le syndicat majoritaire estime que ce dispositif « mis en place sans concertation avec la filière ni délai d’adaptation, marque une rupture avec la politique appliquée jusqu’à présent par l’administration ».