UE/Mexique : le Parlement européen entérine la modernisation de l’accord commercial
Comme prévu, les eurodéputés, réunis le 8 juillet en séance plénière à Strasbourg, ont très largement donné leur approbation à l’accord global modernisé UE/Mexique (par 479 voix contre 119 et 65 abstentions). Ils ont également validé (par 474 voix contre 131 et 60 abstentions) l’accord intérimaire qui permettra d’appliquer provisoirement le volet commercial du texte, sous compétence exclusive de l’UE, le temps que le traité global soit complètement ratifié par les Etats membres. Une fois que le Conseil de l'UE aura procédé à la conclusion formelle, il entrera en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la date de notification de l'achèvement des procédures internes par l’UE et le Mexique. Il sera remplacé par le texte global une fois que ce dernier entrera pleinement en vigueur. En parallèle, les parlementaires européens ont adopté (par 388 voix contre 161 et 120 abstentions) une résolution saluant notamment la suppression de presque tous les droits de douane restants pour les exportateurs agroalimentaires de l’UE ainsi que la protection de 568 indications géographiques européennes au Mexique.
Machines agricoles : le commerce en recul de 9% sur un an, selon les distributeurs
Lors d’une conférence de presse à Paris le 8 juillet, le Sedima (distributeurs de machines agricoles) a indiqué que le marché de l’agroéquipement en France était en berne, confirmant le constat d'Axema (constructeurs de machines agricoles), quelques mois plus tôt. Les prises de commandes sont en baisse de 9 % en moyenne entre les premiers semestres 2025 et 2026, selon l’enquête menée par le Sedima en juin auprès de ses adhérents. Il s’agit de la deuxième année consécutive de recul, puisqu’une baisse de 7 à 9 % avait déjà été constatée entre les premiers semestres 2024 et 2025. Le matériel neuf est particulièrement touché, voyant ses commandes baisser de 10 % sur la période, contre 4 à 5 % pour le matériel d’occasion. Sans surprise, les secteurs de la viticulture et des grandes cultures sont les plus touchés. Les stocks progressent dans les concessions, qui se montrent naturellement prudentes dans leurs achats auprès des constructeurs, précise le syndicat. Les adhérents du Sedima ayant répondu à l’enquête ne s’attendent pas à un regain de dynamisme du marché lors du second semestre 2026, au vu, entre autres, des difficultés de trésorerie rencontrées par les agriculteurs, particulièrement les céréaliers.
Consommation/bio : le député Tavernier a déposé une PPL pour un panier à prix coûtant
Le député écologiste Boris Tavernier a déposé le 8 juillet une proposition de loi afin de garantir «l’accès à un panier de produits sains vendus à prix coûtant», en écho à la demande de nombreuses associations de consommateurs. Le panier consiste en au moins 80 produits variés et de saison offerts dans tout magasin de plus de 400 m2 en réseau (d’au moins 5 points de vente). Le texte prévoit qu’un décret en Conseil d’État donne les modalités de définition des produits et la proportion de Bio (après consultation des autorités compétentes et des associations de défense des consommateurs agréées). Le « prix coûtant de distribution », selon l’exposé des motifs, inclut les différentes charges liées à sa distribution (coûts de manutention, de stockage, de conservation, de préparation, de mise en rayon, pertes ...). Le texte stipule que les producteurs agricoles ou fournisseurs ne sont pas mis à contribution de l’effort tarifaire et de mise en avant des magasins.
Restauration collective : à 50% de bio cette année, Paris n’atteindra pas les 75% en 2027
La restauration publique de Paris a atteint au titre de 2025 50% d’achats de denrées bios (contre 42% pour 2024) et 25% achetées dans un rayon de 250 km, a informé début juillet la ville, à l’issue d’un travail de compilation Elle n’atteindra vraisemblablement pas les objectifs respectifs de 75% et 50% en 2027 visés dans son plan d’alimentation durable lancé en 2022. « Nous allons commencer à voir des tensions sur le bio et local », admet l’adjoint en charge de la restauration collective, Antoine Guillou. Loin d’accaparer la denrée biologique produite dans son périmètre, « Paris entraîne les communes voisines à en commander davantage, ce qui donne un signal à la filière, et motive l’augmentation de la production », assure Antoine Guillou. Le conseiller municipal ne chiffre pas l’augmentation de la production biologique mais renvoie au bilan d’Agri Paris Seine. Selon le site internet de cette association de 446 communes du bassin de la Seine, en 2025, 385 000 hectares étaient cultivés en agriculture biologique sur le territoire, soit 7 % de la surface agricole utile totale (contre 13 % en France). Paris a fondé en 2025 avec Agri Paris Seine le « démonstrateur territorial de transition agricole et alimentaire » Seine nourricière, doté d’un budget de 22 millions d’euros. *données recueillies auprès des 17 caisses des écoles et crèches, des Ehpad, publics, des restaurants administratifs, du portage de repas et des cantines solidaires.
Grossistes : Rungis va implanter un hub agro-logistique sur le port de Dunkerque
Le Marché international de Rungis et le Grand Port Maritime de Dunkerque vont construire un hub agro-logistique dédié aux activités de logistique, de transformation et de valorisation, est-il annoncé dans un communiqué de presse le 8 juillet. S'appuyant à la fois sur les importantes réserves foncières du port et sur l'expertise reconnue des deux plateformes, ce projet, baptisé Rungis-Dunkerque, ambitionne d'attirer de nouveaux investissements, et de conforter le rôle stratégique de Rungis et de Dunkerque au sein de la chaîne agroalimentaire française et européenne. Le futur hub sera implanté au sein de la zone Dunkerque Logistique Internationale (DLI), labellisée « Choose France », qui dispose de plus de 350 000 m² dédiés au développement d'activités logistiques et agroalimentaires. Bénéficiant d'une proximité immédiate avec les terminaux à conteneurs et transmanche, il profitera d'un positionnement stratégique au cœur des grands flux d'échanges maritimes. Les deux plateformes mettront en œuvre des actions conjointes de prospection commerciale, de communication et de mise en réseau ainsi que des partenariats renforcés sur les contrôles phytosanitaires et douaniers. Le développement d'une liaison ferroviaire directe entre Dunkerque et Rungis est aussi envisagé.
Forêts : des députés appellent à l’examen rapide d’une PPL face au changement climatique
Alors que la France est confrontée à une nouvelle vague de chaleur et à un risque élevé d’incendies, plusieurs députés ont appelé, en conférence de presse le 8 juillet à l’Assemblée nationale, à l’examen rapide d’une proposition de loi visant à mieux protéger les forêts françaises et les adapter aux effets du changement climatique. Cosigné par 55 députés, principalement écologistes mais aussi issus des partis Horizons et LFI, ce nouveau texte entend prolonger la loi adoptée en 2023, dont plusieurs dispositions restent inappliquées faute de moyens. Ses auteurs espèrent son inscription à l’ordre du jour d’une semaine réservée aux initiatives transpartisanes, la prochaine étant prévue en décembre. La PPL prévoit notamment la création d’un fonds national d’adaptation des forêts aux risques d’incendies, pour équiper les services de lutte contre les incendies et soutenir les communes forestières et les propriétaires soumis à l’obligation de débroussaillement. Le texte entend par ailleurs favoriser une sylviculture qui préserve le couvert continu et qui protège les sols forestiers, notamment par l’interdiction du dessouchage. Cette adaptation doit aussi passer par le recrutement de près de 1 300 personnes à l’Office national des forêts (ONF) d’ici 2030. Les députés souhaitent également porter la question forestière dans le débat présidentiel.
Adaptation au changement climatique : la Compagnie nationale du Rhône soutient 65 exploitations
La Compagnie nationale du Rhône (CNR) a annoncé consacrer 1,4 million d’euros, au titre du « Plan 5Rhône » doté de 27 millions d’euros, pour soutenir huit projets visant à renforcer la résilience des exploitations agricoles face au changement climatique, dans un communiqué du 3 juillet. Retenus dans le cadre d’un appel à projets baptisé « Terres de transition agroécologique », les huit projets regroupent 65 fermes de la vallée du Rhône. Elles couvrent 1 020 hectares engagés dans les expérimentations, au sein d’un périmètre de 3500 hectares de surface agricole. « En vallée du Rhône, les agriculteurs éprouvent déjà les conséquences du changement climatique sur l’accès à l’eau, la biodiversité et la qualité des sols », souligne Laurence Borie-Bancel, présidente de CNR. Accompagnés pendant trois à cinq ans, les lauréats expérimenteront des pratiques culturales permettant d’améliorer la résilience des parcelles face au changement climatique, en restaurant la biodiversité et en facilitant l’infiltration et le stockage naturel de l’eau. Les résultats seront diffusés au moyen de démonstrations, journées techniques, partenariats avec l’enseignement agricole, communication scientifique ou ouverture à d’autres agriculteurs des territoires.
Soja : le Parlement européen rejette la proposition visant à l'interdire dans le biodiesel
Le Parlement européen a, comme attendu, rejeté (par 388 contre 248 et 24 abstentions), lors d’un vote le 8 juillet, le projet d’acte délégué de la Commission européenne visant à classer le soja comme matière première présentant un risque élevé de changement indirect d’affectation des sols (ILUC) dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables. L’objectif de cette proposition, présentée en début d’année, était de progressivement ramener à zéro l’utilisation de soja dans la production de biodiesel de l’UE. Mais de nombreuses parties prenantes, ainsi que plusieurs ministres de l’Agriculture l’ont critiquée, craignant une déstabilisation de la filière européenne du soja dans laquelle la production de biodiesel peut constituer un débouché important. Alors que Bruxelles a présenté la veille un plan sur le développement des protéines végétales, le Parlement européen fait valoir dans sa résolution que cette interdiction risquait « d’augmenter la dépendance de l’UE à l’égard des importations de protéines ». Venue pour tenter de sauver sa proposition, la Commission européenne a assuré qu’une « réflexion était en cours sur la modification de la procédure de classement du risque ILUC » promettant que certains produits européens pourraient être exemptés du classement à haut risque. En vain. Elle va donc devoir revoir sa copie ou abandonner sa proposition.
Céréales : Quideos va lancer des outils de couverture pour les marchés de gré à gré
Dans un communiqué du 2 juillet, l’agence de reporting de prix Expana a annoncé que la société d’investissement Quideos allait lancer des outils de couverture sur les marchés agricoles de gré à gré (OTC en anglais, pour « over the counter »), incluant les céréales, adossés sur ses références de prix : les Expana Benchmark Prices (EBP). De tels outils n'existent pour l'instant que sur les marchés à terme. Ces références de prix incluent, pour les céréales, celles de La Dépêche-Le Petit Meunier (groupe Réussir/Agra). Le partenariat entre Quideos et Expana permettra « aux utilisateurs des EBP de gérer leur risque de prix sur les indices qu’ils suivent déjà », résume le communiqué. Les outils de couverture en question sont des instruments à règlement financiers de type call spread et put spread, limitant les gains pour les acheteurs de ces produits (agriculteurs, coopératives, industries etc.) mais aussi les pertes pour le vendeur, en l'espèce Quideos, afin d’assurer une certaine sécurité des échanges. Quideos affirme avoir les moyens financiers suffisants pour assurer le risque de contrepartie (dans ce cas le risque de défaillance du vendeur) et de verser les gains potentiels à ses clients, étant soutenu par divers investisseurs, dont le Crédit Agricole, Breega ou encore Demea. Il limite également les risques en diversifiant son portefeuille d’activités, se positionnant sur divers marchés (lait, fruits etc.).
Pruneaux : des pertes très importantes dans certains vergers après la canicule
La filière française du pruneau alerte, dans un communiqué du 7 juillet, sur l’ampleur des pertes de production provoquées par la canicule qui a touché l’ensemble de l’aire de production, à un mois du début de la récolte. Entre le 17 et le 27 juin, les températures maximales sous abri ont dépassé 35 °C, tandis que les températures minimales sont restées supérieures à 20°C, avec des humidités moyennes de l’air basses. Ces conditions ont provoqué des brûlures et des chutes de fruits, avec des pertes entre 10 % et 100 % selon les vergers. « Les dégâts sont évolutifs et dépendront notamment des conditions météorologiques dans les prochains jours et les prochaines semaines », prévient le Bureau national interprofessionnel du pruneau (BIP). Pour la première fois, des dégâts sur les arbres ont également été observés, avec des brûlures de feuilles voire de branches entières et des mortalités d’arbres, qui affecteront à moyen terme le potentiel de production du verger français, selon le BIP. La baisse du volume disponible va en outre créer des tensions d’approvisionnement en pruneau français, dans un contexte de faible niveau de stocks engendré par plusieurs années consécutives de production « médiocre ». La filière appelle donc les pouvoirs publics à apporter une réponse économique à court terme, mais également à renforcer le soutien aux travaux de recherche et aux investissements techniques nécessaires à son adaptation au changement climatique.
Vin : la marque «Soutenons nos vignerons» en tête des ventes parmi les innovations 2025
Le producteur et négociant Grands Chais de France (GCF) présente sa marque « Soutenons nos vignerons » comme numéro un des ventes parmi les innovations 2025 dans la catégorie vin. Plus de 914 000 équivalents bouteilles ont été commercialisés sur un an, indique-t-il à partir des données Circana. Cette initiative solidaire promet « une juste rémunération à nos vignerons », qui perçoivent 48 % du prix de vente. Ainsi « près d’un million d’euros (ont été) reversés aux producteurs depuis 2025 », selon GCF. La marque, vendue chez Intermarché, Leclerc, Carrefour, Casino et Franprix, concerne cinq appellations et divers partenaires : corbières (cave coop Mont Tauch), côtes-du-rhône (coop La Romaine), bordeaux (collectif Grains de conscience), buzet (cave Vignerons de Buzet) et bergerac (4 caves coops et 11 vignerons indépendants).
Bovins/DNC : des éleveurs de cheptels non vaccinés montent un collectif national
Un collectif national d'éleveurs refusant la vaccination de leurs troupeaux contre la dermatose nodulaire collective (DNC) s'est fondé au printemps sous le nom de collectif Libre. Proche du micro-syndicat Verte France, avec qui il a conduit plusieurs actions en justice, le collectif revendique une soixantaine d'éleveurs sympathisants et non vaccinés dans des zones réglementées, indique le porte-parole Romain Lefebvre à Agra Presse. Des contacts sont par ailleurs pris avec des éleveurs italiens et espagnols pour fédérer le mouvement au niveau européen. Très présent sur les réseaux sociaux, le collectif revendique un millier de sympathisants. « Le collectif s'est monté contre les abattages totaux et les vaccins, retrace-t-il. Nous lançons beaucoup de recours pour faire valoir nos droits ». Le collectif a soutenu le recours des éleveurs du Doubs, Cédric et Céline Lhomme, contre l'abattage de leur troupeau devant le tribunal administratif de Besançon où ils ont été déboutés. Le collectif veut désormais porter leur dossier auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme. Il a également déposé un dossier auprès du médiateur européen contre le classement de la maladie.
Bovins/DNC : vers un rejet de la question prioritaire de constitutionnalité sur les vaccins
Lors d'une audience au Conseil d'Etat le 8 juillet, le rapporteur public a proposé de ne pas renvoyer au Conseil constitutionnel la question de la légalité des mesures nationales de gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), notamment la vaccination obligatoire. Déposée par le micro-syndicat Verte France, cette question prioritaire de constitutionnalité (QPC) doit être, selon lui, rejetée à la fois sur le fond et sur la forme. Sur la forme, le dossier a été envoyé en retard, selon une très longue analyse du rapporteur ; sur le fond, les entraves au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre sont à ses yeux justifiées par l'intérêt général. Cette affaire fait suite au recours en référé déposé en début d'année par Verte France, et qui a été rejeté le 2 février par le Conseil d'Etat. Le syndicat attaquait l’arrêté du 11 décembre 2025 qui instaure une obligation de vaccination préventive dans cinq départements (Aude, Haute-Garonne, Gers, Landes et Pyrénées-Atlantiques), en plus des zones réglementées. Le 9 juillet, c'est la légalité d'arrêtés préfectoraux qui sera examinée par le Conseil d'Etat. Des éleveurs rejetant la vaccination attaquent les sanctions prises par l'administration déconcentrée (accès interdit aux abattoirs, déplacements restreints...)
Porc : les Pays-Bas ont exporté 21% de porcelets en moins au premier semestre
Les exportations néerlandaises de porcelets, concentrées sur l’Espagne et l’Allemagne, ont reculé de 21% au premier semestre 2026 à 2,4 millions, constatent les observateurs du média spécialisé, 333 dans un article du 1er juillet. La première destination reste l’Espagne avec 1,06 million de porcelets, après une chute de 30% par rapport au premier semestre de 2025. La seconde est l’Allemagne, avec 1,04 million, en recul de 11%. Les spécialistes de la filière porcine soulignent qu’il y a dix ans, les Pays-Bas couvraient plus d’une douzaine de destinations et que les exportations avaient culminé à 3,63 millions de porcelets pendant le premier semestre de 2018. Les exportations néerlandaises se sont depuis largement concentrées sur l’Allemagne et l’Espagne. Or, l’heure est plutôt à baisse de production dans ces deux pays. L’Espagne a perdu des marchés hors d’Europe du fait de la peste porcine africaine qui persiste en Catalogne, et la demande intérieure reste insuffisante d’après le rapport hebdomadaire du MPF (Marché du porc français) pour la semaine 29 juin au 5 juillet, publié le 6 juillet. Et en Allemagne la rentabilité insuffisante pourrait accélérer les arrêts de production, selon le même rapport.
Porc : l’élevage de Xenothera, aux fins de santé humaine, joue sa survie (presse)
La société de biothechnologie Xenothera, qui élève près de Nantes des porcs transgéniques producteurs de molécules à des fins de santé humaine et, à terme, de tissus et d’organes transplantables chez l’humain, fait état, dans le quotidien Les Echos du 8 juillet, sa périlleuse situation de trésorerie. Alors qu’elle vise une première rentrée d’argent par la commercialisation d’une molécule active contre le rejet de greffe, elle exprime le besoin de 5 à 10 millions d’euros d’urgence et de 50 millions d’euros dans les cinq ans à venir. Selon la présidente de Xenothera, Odile Duvaux, la France a intérêt à conserver cet actif. Si les « xénogreffes » (venant d’un animal) ne sont encore ni possibles ni autorisées, elle souligne que les réflexions avancent sur l'évolution du cadre bioéthique et que les programmes américains s'accélèrent, mentionnant ceux des sociétés United Therapeutics et eGenesis. Elle regrette que Bpifrance n’ait toujours pas répondu à sa demande d’aide. Fondée en 2014, Xenothera a investi depuis 54 millions d’euros dont 7 millions dans son élevage. Elle emploie vingt personnes et n’a pas de chiffre d’affaires pour l’heure.
Volaille/porc : les propositions de Welfarm pour adapter les élevages aux canicules
Dans un communiqué du 6 juin, Welfarm suggère d’adapter les élevages aux canicules. L’association de protection animale propose en premier lieu de réduire les densités (sans préciser de voie législative) pendant les périodes chaudes et d’interdire les transports au-delà de températures spécifiques aux espèces. «L’UE interdit de dépasser 30°C avec une tolérance de +/-5°C dans la remorque, quelle que soit l’espèce », souligne un porte-parole. Sur le plan de la réglementation française, Welfarm déplore que les pouvoirs publics n’aient pas retenu la recommandation du CGGAER en 2021 de suspendre les dérogations aux densités de poulets entre le 1er mai et le 15 août. Afin que les volailles soient plus résistantes, l’association propose d’intégrer la thermorésistance aux critères de sélection génétique, de favoriser les croisements avec les races plus tolérantes à la chaleur, et plus fondamentalement d’abandonner les souches dites « à croissance rapide » au motif qu’elles « dégagent généralement plus de chaleur ». Enfin, en matière structurelle, Welfarm souhaite que les bâtiments soient plus ouverts (accès au plein air, vérandas, courettes), construits en tenant compte du réchauffement climatique, et que les parcours soient ombragés.
Lait/tunnels de prix : FNPL et Fnil opposés sur les indicateurs de coût de production
Par voie de communiqué, la Fnil (industriels) et la FNPL (éleveurs) se sont opposés les 7 et 8 juillet sur les tunnels de prix contenus dans la loi d’urgence agricole, tel qu'adoptée par les sénateurs le 3 juillet. Les industriels ont réitéré leur opposition à ce que prévoit l’article 21, ouvrant « la voie à ce que le coût de production devienne le prix plancher par défaut sauf accord écrit entre les parties. Si l’interprofession ne donne pas son avis au bout de six mois, l’Etat pourra l’imposer par décret ». La Fnil craint que « le tunnel de prix expose les producteurs et les industriels laitiers, dont les marges sont déjà très faibles, à un arbitraire », surtout pour les segments exportateurs qui seraient confrontés à un prix national déconnecté des prix internationaux. Elle veut que l'interprofession puisse décider des indicateurs et non l’Etat. Les éleveurs, en revanche, estiment que « le tunnel de prix constitue un outil de sécurisation du revenu des producteurs et de prise en compte des coûts de production dans la construction du prix ». Cette protection doit « s'appuyer sur l'indicateur interprofessionnel de coût de production. » Députés et sénateurs doivent se réunir en commission mixte paritaire à partir du 16 juillet pour étudier la loi d’urgence.
Lait : USA et Argentine mieux placés que l’UE pour répondre à la hausse de la demande (étude)
Selon une étude de Rabobank publiée le 7 juillet, les Etats-Unis et l’Argentine sont mieux placés que l’Europe pour répondre à la hausse mondiale de la demande en produits laitiers estimée à 2% par an dans les prochaines années. « Les États-Unis et l'Argentine disposent d'un potentiel de croissance beaucoup moins contraint » que l’Europe, est-il écrit. Aux USA, la production laitière dispose encore d'un important potentiel d'expansion grâce à des prix élevés de la viande bovine, une forte demande mondiale en protéines, un cheptel laitier record de 9,65 millions de vaches, des coûts de production compétitifs et des investissements massifs dans les capacités de transformation, en particulier dans le secteur fromager (capacités de transformation du fromage en hausse de 6 % rien qu’en 2025). Le pays sud-américain a vu de son côté sa production de lait augmenter de 10 % en 2025, puis de 7 % au premier trimestre 2026. A l’inverse, en Europe, « l'augmentation de la production de lait devient de plus en plus difficile » à cause des « contraintes réglementaires », du « vieillissement de la population agricole » et « de niveaux de productivité (…) parmi les plus élevés au monde » laissant peu de marges de progression. Au global, Rabobank prévoit un marché mondial où les échanges progresseront régulièrement et des flux commerciaux appelés à évoluer en permanence.
Beurre : les USA à l’origine du bond des échanges mondiaux en 2025 (étude)
Les États-Unis sont à l’origine d’un « bond spectaculaire des échanges » mondiaux de beurre en 2025, selon une étude de Rabobank publiée le 7 juillet. « Depuis 2018, les échanges internationaux évoluaient autour de 2 millions de tonnes par an », mais « en 2025, ils ont atteint 2,23 millions de tonnes, soit une progression de 9 % par rapport à l'année précédente », selon Rabobank. Cette forte hausse est essentiellement imputable aux États-Unis, devenus un acteur majeur des exportations de beurre, sous l’effet d’une forte hausse de leur production de lait et de coûts de production compétitifs. Les exportations US ont ainsi presque triplé, passant de 45 000 tonnes en 2024 à 123 000 tonnes en 2025 par rapport à 2024. L’année dernière, les autres exportateurs ont connu des hausses de leurs exportations, mais plus modérées : +44 000 tonnes en Nouvelle-Zélande, et +19 000 tonnes en Argentine. À l'inverse, les exportations européennes sont restées quasiment stables. Les volumes de lait supplémentaires produits dans l’UE sont allés vers d'autres fabrications offrant une meilleure valorisation économique, notamment le fromage et les ingrédients à forte valeur ajoutée.
Développement agricole : Juliette Leclaire nommée à la direction de la fondation Farm
Dans un communiqué paru le 8 juillet, la fondation Farm (développement agricole/pays du sud) annonce la nomination de Juliette Leclaire au poste de directrice générale. Elle succède à Catherine Migault qui fait valoir ses droits à la retraite après cinq ans au sein de la fondation. Juliette Leclaire, 51 ans, est ingénieure agronome. Elle occupait précédemment une fonction de directrice conseil dans le cabinet de conseil Reset, et auparavant de responsable de marchés (dont l'agriculture) chez GS1 (traçabilité).
Erratum sur l'année des Comptes de l’agriculture publiés par l'Insee
Contrairement à ce que nous avons indiqué par erreur dans le titre d'une brève de l'Agra Fil du 8 juillet, ce sont les Comptes de l’agriculture pour 2025, et non 2024 qui ont été récemment publiés par l'Insee.