UE/Arménie : Bruxelles propose l’instauration de mesures commerciales autonomes
A l’occasion du voyage diplomatique d’Ursula von der Leyen, le 2 juillet à Erevan (Arménie), la Commission européenne a annoncé une série de mesures destinées à approfondir le partenariat commercial de l'UE avec l'Arménie. Elles interviennent au moment où le pays du Caucase du Sud subit d'importantes pressions économiques et des restrictions commerciales de la part de la Russie. Pour faciliter l'accès à son marché, l’UE propose donc la mise en place, pour une période de deux ans, des mesures commerciales autonomes qui devraient permettre de libéraliser environ 80 % des exportations arméniennes vers le marché commun. Au niveau agroalimentaire, Bruxelles indique que ces mesures concerneront près de 99 % des exportations arméniennes de fruits frais, de légumes et de plantes qui allaient initialement vers la Russie, et plus de 91 % des boissons et spiritueux. Au début du mois de juin, la présidente de la Commission européenne avait déjà annoncé des mesures facilitant l’importation de fleurs avant d’ajouter que d’autres mesures allaient suivre. Ces propositions doivent à présent être validés par le Parlement européen et le Conseil de l’UE avant d’entrer en vigueur.
Loi d'urgence agricole : le Sénat adopte un très largement remanié, CMP le 16 juillet
Le Sénat a adopté le 3 juillet le projet de loi d’urgence agricole dans une version nettement modifiée par la droite pour lever les contraintes au métier d’agriculteur, suscitant l’inquiétude des associations environnementales et du gouvernement avant des négociations incertaines au Parlement pour faire aboutir le texte. Après les députés début juin, les sénateurs ont donné leur feu vert à 219 voix contre 111 à ce projet gouvernemental. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a salué l’adoption d’un texte «fait avec et pour les agriculteurs», évoquant des «avancées importantes». La ministre de la Transition écologique Monique Barbut l’a en revanche comparé à «une nouvelle loi Duplomb» qui met «gravement en péril» la garantie du partage de l’eau, dans une déclaration à l’AFP. Les deux chambres du Parlement ont abouti à deux versions très différentes: celle des députés contient des dispositions jugées contraires au droit européen ou inapplicables par le gouvernement ; celle des sénateurs comporte de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales ainsi qu’un volet très abrasif sur la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits. Le texte aboutira-t-il définitivement avant la fin du mois de juillet, comme l’espère l’exécutif? Il faudra pour cela accorder les points de vue des parlementaires des deux chambres, ce qui s’annonce corsé. Une commission mixte paritaire (CMP), réunion de 14 députés et sénateurs, en sera chargée le 16 juillet, avant une adoption définitive envisagée la semaine suivante.
Tunnels de prix: le Sénat tient tête à l'exécutif, l'Ania dénonce des prix plancher
L’Ania (industriels) a réagi négativement le 3 juillet au vote par les sénateurs de la loi d’urgence agricole, qui ont maintenu en séance la version de la commission concernant les tunnels de prix. Elle dénonce l’article 21 donnant « la possibilité de mettre en oeuvre un tunnel de prix avec une borne basse obligatoire assise sur les coûts de production, en réalité un prix plancher, pour toutes les filières agroalimentaires, par décret et sans l’accord préalable des interprofessions ». L’article voté contre l’avis du gouvernement prévoit que le ministère puisse décider par décret à la place des interprofessions. Les industries refusent l’idée que leur soit imposée d'« un prix plancher déguisé, basée sur les seuls coûts de production », en contournant les interprofessions. L’Ania craint en particulier l’instauration de priw qui seraient décorrélés des prix mondiaux alors que « les marchés agricoles et agroalimentaires sont ouverts, mondialisés, mouvants ». Le gouvernement avait soumis un amendement (rejeté par le Sénat) qui proposait de limiter à la filière bovin viande la possibilité de se voir imposer un tunnel de prix en cas de désaccord interprofessionnel.
Tunnels de prix/bovins viande : risque pour Culture Viande, avancée pour la FNB
Dans un communiqué du 3 juillet, Culture Viande (industriels des viandes de boucherie) alerte sur le risque de déconnexion des prix français des viandes bovines après que le Sénat a adopté un amendement du gouvernement prolongeant l’expérimentation des tunnels de prix pour la filière bovins viande. « Ce n'est pas le principe d'un tunnel de prix qui est en cause, mais le choix d'en fonder la borne basse sur les coûts de production », préviennent les abatteurs à l’intention de la commission mixte paritaire qui doit examiner le 16 juillet le projet de loi d'urgence agricole intégrant cet amendement. En achetant à des prix progressivement déconnectés des réalités du marché européen, les entreprises françaises, débouchés des éleveurs, se fragiliseraient au profit des importations, font-ils valoir. Le syndicat argumente que le tunnel de prix expérimenté depuis 2021 n’est pour rien dans le doublement des prix des animaux entre 2020 et 2025, qui résulte « avant tout de la contraction de l'offre liée à la décapitalisation des cheptels. » Dans un communiqué le même jour, la FNB (éleveurs, FNSEA) estime à l'inverse qu'il s'agit «avancée majeure pour le respect du coût de production».
Relations commerciales/loi d'urgence: en séance, le Sénat donne des gages à l'agroalimentaire
La loi d’urgence agricole adoptée par les sénateurs le 3 juillet prévoit plusieurs dispositions, possiblement modifiées lors de leur examen prochain en commission mixte paritaire. Concernant les relations entre fournisseurs et distributeurs, les PME réalisant moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires par an ont obtenu gain de cause en profitant désormais d’un délai plus court pour les négociations commerciales. Elles s’arrêteront le 31 janvier au lieu du 1er mars. La question des déréférencements jugés abusifs par les industriels seront rendus plus difficiles : il est prévu que « toute réduction significative du niveau des commandes d'un distributeur à l'égard de son fournisseur pendant les négociations commerciales devra être justifiée par écrit par le distributeur ». En cas de manquement, ile est prévu 375 000 euros d’amende pour une personne morale. Autre mesure : le distributeur dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception des conditions générales de vente et du tarif pour motiver son refus ou son acceptation. Les fournisseurs voient leur poids renforcé lorsque la négociation n’a pas abouti le 1er mars : ils pourront « mettre fin à toute relation commerciale avec le distributeur, sans que ce dernier puisse invoquer la rupture brutale de la relation commerciale. » Cette dernière disposition est prévue à titre expérimental jusqu’au 15 avril 2028.
Relations commerciales : Olivier Mevel dénonce une tentative d’intimidation de la FCD
Olivier Mevel, économiste spécialiste des chaînes de valeur alimentaires, a dénoncé le 3 juillet « une tentative manifeste d’intimidation » de la part de la FCD (distributeurs), dans un post LinkedIn. « J’accuse la FCD, et sa déléguée générale, Judith Jiguet, d’avoir franchi une ligne rouge », tout comme « ses dirigeants, et en premier lieu Thierry Cotillard (Intermarché, NDLR) et Alexandre Bompard (Carrefour, NDLR), de se croire suffisamment puissants pour faire signifier par huissier à un universitaire auditionné par le Sénat une sommation interpellative de douze questions techniques », écrit-il. La FCD veut obtenir « des explications sur des travaux produits dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire » alors qu’une telle commission est « un organe constitutionnel de contrôle du pouvoir économique et politique » dont les « travaux sont protégés » et que les personnes auditionnées « bénéficient d’un cadre juridique protecteur précisément conçu pour éviter ce type de pressions ou de représailles. » Les données exposées par Olivier Mevel à l’occasion de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et des distributeurs sont au centre des reproches adressés par la FCD. Olivier Mevel a par ailleurs remis en cause les bases de la toute dernière campagne de la FCD visant à montrer son rôle central dans la baisse des prix.
Loup : contre l'exécutif, le Sénat assouplit à nouveau les règles de gestion
A l'occasion de l'examen du projet de loi d'urgence agricole le 2 juillet, les sénateurs ont assoupli à nouveau le cadre de protection des loups, le plus souvent contre l'avis du gouvernement. Trois amendements proposent respectivement, malgré l'avis négatif de l'exécutif, da laisser la possibilité au préfet d'autoriser les éleveurs touchés par des attaques «répétées» d'effectuer des tirs de prélèvements ; d'effectuer un report à l'année suivante du reliquat de quota de prélèvement lorsque le plafond national n'a pas été atteint ; et de «sécuriser juridiquement» les mesures d'effarouchement non létales pour l'ours brun et le vautour. Les sénateurs ont par ailleurs adopté deux amendements du gouvernement : le premier est de réintroduire la possibilité donnée aux lieutenants de louveterie, supprimée par en commission, de détenir des armes de catégorie C (semi-automatique). Par contre, ils n'ont pas adopté l'amendement gouvernemental qui visait à supprimer la disposition adoptée en commission autorisant les éleveurs à utiliser des lunettes de tir à visée nocturne. Pour rappel, en commission, les sénateurs avaient adopté deux modalités pour fixer le plafond de destruction des loups : « En fonction de la population lupine et de la pression de prédation » ou « en tenant compte du nombre minimal de loups compatible avec un état favorable de conservation ». Introduite par les députés, cette deuxième modalité ouvre potentiellement la voie à un nouveau mode de gestion.
Zones humides : les acteurs de l’environnement inquiets de la loi d’urgence
Dans un communiqué le 3 juillet, une coalition d’ONG et organisations environnementales (WWF, LPO, SNPN, Ramsar, parcs naturels régionaux, réserves naturelles…) dénonce un « affaiblissement sans précédent de la protection des zones humides » dans la loi d’urgence agricole adoptée la nuit précédente au Sénat. Elle rappelle que les zones humides (marais, tourbières, étangs) protègent des sécheresses, inondations et favorisent la qualité de l’eau. « Le cadre actuel permet le maintien d’activités agricoles compatibles avec ces milieux, telles que l’élevage extensif » souligne-t-elle, regrettant que « des cas isolés de blocage ou de complexité administrative, bien identifiés et souvent déjà traités localement » soient « érigés en justification d’un assouplissement généralisé ». Pour rappel, le gouvernement a introduit plusieurs assouplissements au cadre actuel dans le projet de loi (proportionnalisation de la compensation écologique, prescriptions techniques plus souples pour les plans d’eau de moins de 1ha). Des assouplissements qui ont été poussés encore plus loin dans la version votée au Sénat (restriction de la définition de zone humide, conditions de construction d’installations hydrauliques plus souples).
Climat/eau : plus d’un tiers du bassin Adour-Garonne exposé à des vulnérabilités multiples dès 2050
Le comité de bassin Adour-Garonne a dévoilé, le 2 juillet, un rapport cartographiant les vulnérabilités de son territoire au changement climatique en matière de ressource en eau, de milieux aquatiques et d’usages, selon la Tracc, qui retient un réchauffement de 2,7 °C en France en 2050 par rapport à l’ère préindustrielle. Les cartes couvrent sept grands enjeux : disponibilité des eaux de surface et souterraines, zones humides, habitats aquatiques, assèchement des sols, qualité de l’eau et risques naturels liés à l’eau. À travers ces enjeux, elles identifient ainsi des territoires où les fragilités actuelles pourraient s’amplifier et appeler à une action « plus rapide, plus ciblée et plus ambitieuse ». Le constat est préoccupant : d’ici 2050, 49 bassins versants de gestion, soit plus d’un tiers de ceux du territoire, devraient cumuler au moins trois enjeux de vulnérabilité « très forte à sévère ». À cet horizon, le rapport appelle à se préparer à des tensions quantitatives « accrues », à des arbitrages « plus fréquents » et à des situations de crise « plus difficile », afin que les décisions ne soient pas dictées par la répétition des crises ou par la réduction progressive des marges de manœuvre. Le bassin Adour-Garonne, qualifié de « hotspot national » du changement climatique, a enregistré entre 1960 et 2010 une hausse de sa température annuelle moyenne de 1,1 °Cette augmentation pourrait atteindre +1,5 °C dès le début des années 2030, par rapport à 1960.
Lac de Caussade: jusqu'à 20.000 euros d'amende requis en appel contre la chambre du Lot-et-Garonne
Des amendes allant jusqu’à 20.000 euros ont été requises le 5 juillet devant la Cour d’appel financière à l’encontre d’anciens dirigeants de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, notamment pour construction illégale d’une retenue d’eau. L’accumulation des faits, d’une «extrême gravité», «témoigne de la gestion profondément dysfonctionnelle» de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, dont les règles ont été «sciemment violées», a fustigé la procureure générale, Véronique Hamayon, devant la Cour d’appel financière, qui examine en appel les affaires jugées par la chambre du contentieux de la Cour des comptes. A l’encontre de l’ancien président de la chambre et militant de la Coordination rurale, Serge Bousquet-Cassagne, 20.000 euros d’amende ont été requis. La procureure générale a également réclamé 10.000 euros d’amende pour les deux anciens vice-présidents de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, Patrick Franken et Christian Girardi, et pour l’ancien comptable Nicolas Bousquet-Cassagne, fils de l’ancien président. Une amende de 4.000 euros a été requise contre un ancien membre du bureau, Didier Perrel.
Assurance récolte: près d’1/3 des agriculteurs assurés ont déclaré un sinistre lié à la canicule
Après deux épisodes de canicules de grande ampleur en moins d’un mois, les cabinets des ministres de l’Agriculture et de l’Économie ont réuni, le 1er juillet, les principaux assureurs du monde agricole pour dresser un premier état des lieux des dommages. La réunion a notamment permis d’apporter des solutions pour anticiper les versements aux agriculteurs assurés comme à ceux relevant de l’indemnité de solidarité nationale. Le ministère de l’Agriculture et les assureurs se sont notamment accordés pour accélérer les procédures d’indemnisation et de versement des acomptes. Selon France Assureurs, près d’un tiers des agriculteurs couverts par une assurance « multirisque climatique sur récoltes » ont déclaré un sinistre lié aux récents épisodes de canicule. « Les deux épisodes de canicule que nous avons récemment connus ont fragilisé de nombreux agriculteurs, touchés par des pertes de rendement et de bétail », détaille Florence Lustman, présidente de France Assureurs. Le bilan reste toutefois provisoire. « À ce stade, il est encore trop tôt pour disposer d'une évaluation consolidée des impacts par filière ou par type de culture. Les conséquences d'un épisode de chaleur extrême ne sont pas toujours immédiatement visibles et les expertises de terrain sont toujours en cours », indique Groupama à Agra presse le 3 juillet. Une nouvelle réunion est prévue mi-juillet, afin de préciser l'ampleur des dommages, les filières concernées et l’avancement des dossiers.
Bio et future Pac : la Fnab accuse Genevard de lutter contre l'aide au maintien
La Fnab (agriculteurs bio) dénonce, dans un communiqué du 3 juillet, la suppression, « à l’initiative de la ministre de l’Agriculture française », de l’obligation pour les Etats de financer le maintien de l’agriculture bio dans la future Pac. La Commission européenne a proposé pour la prochaine Pac 2028-2024 l’obligation pour les Etats de financer à la fois la conversion et le maintien en agriculture biologique. Mais, dans le projet de compromis mis sur la table fin juin par la présidence chypriote du Conseil de l’UE à l’issue de discussions avec les Vingt-sept, cette obligation de prévoir un dispositif pour le « maintien » a été remplacé par un dispositif de « soutien ». Un changement que la Fnab impute à Annie Genevard. Pourtant, déplore le syndicat, « le choix de la France de mettre tout le budget bio de la Pac 2023-2027 sur la conversion et d’abandonner le maintien a amené une sous consommation historique des enveloppes, un arrêt quasi total de la dynamique de conversion et, pour la première fois, une régression du nombre de fermes ». Le projet de compromis incriminé est toutefois appelé à encore évoluer au fil des prochains mois. Un accord entre les Vingt-sept sur ce dossier ne pourra être conclu au plus tôt qu’au premier semestre 2027 une fois le cadre financier pluriannuel finalisé. L’organisation européenne de défense du bio (Ifoam) vient aussi de remettre une déclaration sur la Pac 2028-2034 au commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, appelant à un soutien fort et spécifiquement dédié à l’agriculture biologique après 2027 via des dispositifs d’aide à a conversion et au maintien.
Transition écologique : Le Lierre lance une hotline pour aider les collectivités locales
Le réseau écologiste Le Lierre (hauts fonctionnaires, cadres de la fonction publique) lance une « hotline gratuite » pour accompagner les élus et agents des collectivités locales dans la transition écologique, selon un communiqué le 30 juin. L’idée est de mettre ces derniers en lien avec des « praticiens de l’action publique locale » pour leur prodiguer « retours d’expérience, partages, conseils et soutiens ». Baptisé « Allô Transition », la hotline permet d’échanger « par téléphone, visio ou mail ». « Que ce soit par le prisme de l’organisation, des finances, des ressources humaines, des achats ou par des thématiques directement liées à cette transition (eau, adaptation, déchets, alimentation, énergie, biodiversité...), la communauté de bénévoles expérimentés peut se mobiliser sur une trentaine de sujets différents » indique le communiqué. Le projet est porté par Le Lierre avec l’alliance Solutions transitions (acteurs publics et de la société civile tels le CNFPT, WWF, MACIF, I4CE…) qui a lancé en septembre, avant les élections municipales, une « boîte à outils » de fiches et ressources pour éclairer sur « la transition écologique et solidaire ».
Œufs/canicule : le cheptel de poules pondeuses réduit de 1% à 1,5% selon le CNPO
Selon la première estimation de perte en poules pondeuses établie par le Comité interprofessionnel des œufs (CNPO), la canicule de juin aurait réduit le cheptel de 1% à 1,5% du cheptel. Même si tous les producteurs n’ayant pas donné leurs chiffres, l'interprofession estime qu'entre 500 000 et 700 000 poules aurait péri, soit plus que du fait de l’influenza de 20025-2026, a confié la directrice Alice Richard au journal Les Marchés (article payant du 3 juillet). Quant aux types d’élevages, les bâtiment en ventilation statique (des élevages en plein air) et les bâtiments anciens de poules en cages sont les plus touchés. « Les pertes sont moindre dans les bâtiments avec volières », signale à Agra Presse par SMS le 3 juillet le président du CNPO, Yves-Marie Beaudet. C’est de ceux-ci que sortent les œufs de poules élevées « au sol », de code 2. L’impact serait donc supérieur en codes 1 (plein air) et 3 (cages). .
Volaille: au Sénégal, les investissements vont bon train dans la filière
Un article du 2 juillet de l’agence Ecofin (actualité économique en Afrique) rapporte qu’en un peu plus d’un an, plusieurs entreprises sénégalaises d’aviculture ont bénéficié « d’importants financements accordés par des institutions financières nationales et internationales ». Trois sont mentionnées : La Ripaille (modèle intégré de production d’œufs) qui développe son activité de reproduction, l’élevage de poules Gade Gui visant la production de 80 millions d’œufs par an, et Apran (modèle intégré de poulets de chair). Cette dernière est soutenue par la Société financière internationale (SFI) pour renforcer sa production d’aliments. Au total, l’équivalent de12 millions de dollars ont été investis récemment dans ces trois entreprises. Les investisseurs, selon l’article, sont en confiance depuis qu’en 2005 le Sénégal a bloqué les importations de volailles, viandes de volailles et œufs. Cette politique a permis à la production de viande de poulet de quintupler en vingt ans pour atteindre 160 000 tonnes (de source FAO en 2024). Ce développement accompagne une consommation en progression de 8 à 10 % par an selon l’interprofession avicole du Sénégal (Ipas).
Fruits et légumes/canicule : l’amont demande à la GMS d’accepter les lots avec défauts légers
Dans un communiqué de presse le 3 juillet, Légumes de France, la FNPFruits (producteurs, FNSEA), Felcoop (coopératives) et la Gefel (associations d'OP) interpellent les distributeurs suite à la forte vague de chaleur qui a frappé les productions de légumes et de fruits et leur demandent de ne pas refuser les lots portant quelques défauts. En effet, à côté des parcelles détruites par la chaleur, les producteurs font aussi état de brûlures, de pertes de calibre, de maturités accélérées pour les produits. « Refuser un lot sur un motif esthétique consécutif à cette période de canicule pénalise doublement les producteurs ; le coût de la culture et le risque climatique. Car l’aléa climatique se concentre à l’amont : c’est le producteur qui investit, qui irrigue et qui récolte, et qui perd tout lorsque le climat se dérègle », expliquent-ils. Les signataires rappellent par ailleurs que le partage de ce risque entre l’amont et l’aval « avait pourtant fait l’objet d’échanges prometteurs entre producteurs et distribution dans le cadre du dernier salon Medfel le 28 avril» (voir ici). Les producteurs demandent que ces intentions se traduisent dans les pratiques d’achat, en acceptant à la réception les défauts légers liés aux périodes de canicule.
Concombre : une production 2026 espérée proche de la campagne précédente
Selon les prévisions arrêtées au 1er juin 2026 par le ministère de l’Agriculture (Agreste), la production de concombres est estimée à 194 100 tonnes pour la campagne 2026, en hausse de 2 600 tonnes par rapport à 2025 (+ 1 %). Les rendements progresseraient dans la région Centre par rapport à 2025 (+ 7 %). La rotation des plants dans les serres a débuté fin avril, s’intensifiant à partir de mai dans les bassins Centre-Ouest et Est, ce qui entraine mécaniquement et temporairement une production moindre. Parallèlement, la production se développait dans le Sud-Est avec une offre en hausse dans le Languedoc-Roussillon, mais un manque de lumière au passage de l'hiver au printemps a entrainé un retard. Les surfaces pour 2026, estimées à 1105 hectares, seraient supérieures de 1 % à celles de l’année 2025. La demande à quant à elle été sensible à la météo. Ainsi, mars débute sous le soleil avec des températures douces, et une consommation active. Puis la météo plus fraîche entraîne un ralentissement de la demande. Sur l’ensemble du mois de mars les prix ont été supérieurs de 6 % à ceux de la même période l'an dernier. En avril, la météo chaude et ensoleillée a favorisé la demande et le commerce est fluide. Les fortes températures en dernière semaine de mai ont poussé la consommation. Les effets du second épisode caniculaire ne sont pas détaillés, tant pour la production que pour la consommation.
Fraises Label Rouge : forte hausse des volumes commercialisés en 2026
La filière Fraises Label Rouge a commercialisé 465 tonnes de fruits depuis le début de la saison, en février 2026, contre 360 tonnes en 2025, soit une hausse de près de 29 % indique l’Association des Fruits et Légumes du Lot-et-Garonne (AIFLG), à l’origine de la démarche, dans un communiqué du 2 juillet. Cette progression permet à la filière de retrouver un niveau situé dans la moyenne haute de ces dernières années, tandis que le prix moyen est resté relativement stable, autour de 12 euros/kg pour l’ensemble de la saison. « La filière retrouve un niveau solide, porté par la qualité des fruits, une saison particulièrement ensoleillée et l’engagement des producteurs », se félicite Sylvie Delaurier-Zanuttigh, présidente de l’AIFLG. Variété historique du Label Rouge, la gariguette représente 94 % des volumes commercialisés en 2026, contre 90 % l’an dernier. La mariguette complète la production Label Rouge, avec 6 % des volumes commercialisés en 2026. La filière reste toutefois vigilante après plusieurs épisodes de chaleur, notamment en mai et en fin de campagne. Ces périodes demandent une vigilance particulière, surtout sur les dernières semaines de production, qui ont nécessité une attention accrue des producteurs pour préserver la qualité des fruits et respecter les exigences du Label Rouge.
Légumes transformés: reprise des volumes et progression du bio en RHF en 2025
Après deux années de recul, les volumes de légumes surgelés en restauration hors foyer repartent à la hausse en 2025 (+3,8% à 223 000 tonnes) selon une étude du cabinet Circana pour le compte de l’Unilet (interprofession). La restauration collective représente 80% des volumes vendus (20% pour la restauration commerciale), avec une moyenne 1,3 tonne par établissement. « La reprise, combinée à une légère augmentation du prix moyen, soutient la croissance en valeur » précise l’étude. Sur le marché des conserves, la croissance du chiffre d'affaires est quant à elle principalement portée par l'augmentation des volumes (+2,8%), soit 105 000 tonnes ½ brut (une tonne ½ brut = 1000 boites format 4/4), malgré un léger recul du prix moyen. Côté produits, les légumes mélangés sont les principaux contributeurs à la croissance, aussi bien en conserve (+7,2% en volume) qu'en surgelé (+8,4%). En mono-légume, le petit pois affiche la plus forte croissance du marché en volume : +8 % en conserve et +7 % en surgelé. A noter, « les achats de légumes bio en conserve et surgelés représentent 17 % du montant total des achats de la catégorie en restauration collective, se rapprochant ainsi de l’objectif des 20 % fixé par la loi Egalim ».
Transport maritime: CMA CGM inaugure le plus grand porte-conteneurs français
CMA CGM a baptisé le 2 juillet au Havre (Seine-Maritime) le Notre-Dame, plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d’une série de dix navires géants commandés par l’armateur basé à Marseille. Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l’immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française. Fleuron d’une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l’Asie. Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine. Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l’équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d’une trentaine de personnes. Le choix de son nom s’inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l’armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l’honneur des symboles du patrimoine français.
Horticulture : Pascal Bricier, nouveau président de Verdir (producteurs et pépinières)
A l’occasion de sa première réunion depuis l’assemblée générale du 18 juin, le bureau exécutif du syndicat national des producteurs horticoles et des pépinières Verdir a porté à sa présidence Pascal Bricier, pépiniériste en Savoie, pour le mandat 2026-2029. Il succède à Marie Levaux, responsable des établissements horticoles du Cannebeth, à Mauguio (34). Pascal Bricier est l’actuel président de Verdir Auvergne-Rhône-Alpes. « Mon souhait est de faire évoluer les exploitants de notre filière d’une posture “d’agriculteur” (agriculteur que je suis, dont je suis fier, et que je revendique) vers une posture de “producteur-entrepreneur”», a déclaré le nouveau président
Légumes secs : Antoine Wassner, élu président de la FNLS
La Fédération nationale des légumes secs (FNLS) annonce l’élection d’Antoine Wassner à sa présidence. Il succède à Alexandre Cherki. À 45 ans, Antoine Wassner préside l’entreprise familiale Sabarot-Wassner implantée en Haute-Loire et spécialisée dans les légumes secs bien sûr mais aussi dans les céréales, les champignons et les escargots. L’objectif du nouveau président : augmenter la consommation de lentilles, pois chiches, haricots secs, fèves ou pois cassés, jugée encore « insuffisante malgré leurs atouts ». La FNLS regroupe aujourd’hui 24 entreprises - de la semence à la transformation en passant par la collecte, le courtage et la commercialisation - qui commercialisent près de 70 000 tonnes de légumes secs. La FNLS est aussi membre de Terres Univia, l’interprofession des huiles et des protéines végétales.