Agra Fil du 7 juillet 2026

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Loi d'urgence agricole : pour Travert, Retailleau «veut planter le texte»

A dix jours de la commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi d'urgence agricole, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, Stéphane Travert (LREM) s'interroge sur la façon pourrait se dégager un accord en Commission mixte paritaire (CMP) qui puisse ensuite être ensuite adopté par l'Assemblée. «Les sénateurs sont allés très loin, et sont en position de force avec le Rassemblement national en CMP», explique l'ancien ministre de l'Agriculture. Mais pour être adopté, le texte doit ensuite trouver une majorité à l'Assemblée, qui inclurait vraisemblablement le Rassemblement national (RN), la droite et le bloc central. Pour Stéphane Travert, la position dure de la droite sénatoriale est guidée par l'approche de l'élection présidentielle : « Retailleau (président du groupe LR au Sénat, et candidat à la présidentielle, NDLR) veut planter le texte, pour dire à ses anciens collègues restés ministres que le bloc central n'est pas capable de faire voter un texte ». Le député s'interroge également sur l'attitude des députés RN: «vont-ils pousser le texte tel qu'il a été adopté par le Sénat, ou laisser négocier puis décider de ne pas le voter ? Le RN va jouer l'arbitre mais tous les députés de leur groupe ne sont pas d'accord. » De son côté, Stéphane Travert espère dégager une position commune du bloc central, qui soit suivie d'un vote unitaire en plénière. «Il faut montrer que ce n'est pas le bloc central qui chercher à bloquer ce texte. 

Vin : vers un prix d’orientation pour le bordeaux rouge (interprofession)

Réunie en AG le 6 juillet, l’interprofession du vin de Bordeaux (CIVB) a fait part d’un accord entre ses deux familles, production et négoce, sur le lancement d’un prix d’orientation pour l’AOC bordeaux rouge. « Notre dernier bureau (début juillet) a validé les premières propositions en vue de publier prochainement des indicateurs de prix pour certaines de nos AOC », a déclaré dans son discours le président Bernard Farges, parlant d’« un vieux sujet maintes fois écarté par le passé mais qui mûrit et qui avance ». Le lancement est prévu « à l’automne », a-t-on appris. Des discussions ont lieu avec Inter Rhône, autre interprofession en passe de lancer un prix d’orientation, pour « aligner » les deux projets. Rappelons que le paquet vin, adopté ces derniers mois dans l’Union européenne, ouvre cette possibilité de déroger au droit de la concurrence, via l’article 172 ter de l’OCM. Le 23 avril au congrès de la Cnaoc, le président de la Fraoc (vignerons AOC du Sud-Est) Damien Gilles avait annoncé qu’un prix d’orientation pour le côtes-du-rhône rouge attendait l’avis favorable de la DGCCRF. Il intègre les coûts de production, mais aussi les évolutions des stocks, des sorties de chais en conditionné, des prix de vente en GMS, chez les grossistes, à l’exportation. Enfin, la formule comprend une « marge de pérennité » des exploitations.

Tunnels de prix/vin : « premiers effets » des accords en IGP pays d’Oc (interprofession)

Inter Oc (interprofession) a signalé le 6 juillet les « premiers effets » des tunnels de prix, mis en place fin 2025, sur les vins IGP pays d’Oc bio et HVE. « Les volumes commercialisés dans les tranches de prix les plus basses reculent nettement, tandis que les transactions sur les niveaux de prix supérieurs progressent », selon un communiqué. Une analyse plus fine ternit le bilan. « En vin blanc HVE, les prix des transactions sont largement dans le tunnel, constate le président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie Fabien Castelbou, interrogé par Agra Presse. Mais côté rouge et rosé, ils se situent en moyenne 3 €/hl sous le plancher : à 89 €/hl pour l’un, 88 €/hl pour l’autre. » S’agissant du bio, le constat ressemble à un échec. « Notre grille de prix d’orientation n’a pas fonctionné », admet Florence Barthès. Pour la récolte 2026, de nouveaux tunnels sont donc lancés pour le bio, en les recentrant sur le marché du vrac. Inter Oc reconduit ainsi le dispositif, notant « des premiers résultats encourageants ». Les tunnels « constituent désormais un véritable outil de dialogue économique entre producteurs et metteurs en marché ». Reste à atteindre les prix d’orientation. L’interprofession annonce son projet d’« associer la distribution ».

Méthanisation : vers un affaiblissement du dispositif de tarifs d'achats (professionnels)

Dans un communiqué du 6 juillet, la filière française de la méthanisation* a fait part de son fort mécontentement face aux propositions du gouvernement présentées le 25 juin, estimant qu’elles « compromettent l’atteinte des objectifs de la PPE3 pour 2030 en sacrifiant les projets agricoles ». Si elle voit d’un bon œil les avancées sur les certificats de production de biogaz (CPB), elle s’inquiète des autres évolutions annoncées par les autorités, qui se tourneraient davantage vers un système d’appels d’offres dès janvier 2027, jugé plus économe pour les finances publiques, au détriment de celui des tarifs d’achats, et ce sans concertation préalable avec les acteurs de la filière, pointe le communiqué. Autre projet très critiqué : l’annonce d’une baisse du tarif d’achat, qui pourrait survenir par décret durant l’été prochain, alors même que « les CPB ne seront pas encore pleinement opérationnels avant la publication du décret », ce qui conduirait « à bloquer tous les projets de nouvelles installations ». En conséquence, la profession demande au gouvernement de suspendre ces propositions « pour engager sans délai une concertation afin de préserver les investissements déjà engagés », de préserver « la dynamique de développement des projets » et « de démontrer son soutien réel au développement de la méthanisation agricole ».

Biocarburant : Vivescia, Roquette et Siplec E.Leclerc créent une filière bioéthanol

Dans un communiqué du 6 juillet, le groupe coopératif Vivescia, l’industriel Roquette et la filiale du distributeur E. Leclerc, Siplec E.Leclerc, ont annoncé la création  d’une filière éthanol « bas carbone » française afin d’approvisionner les véhicules routiers. Le projet se matérialise via un partenariat entre les trois acteurs d’une durée de trois ans, et vise « une réduction maximum des émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à 100 % par rapport aux références fossiles ». Les matières premières (du blé) seront issues du programme d’agriculture régénérative Vivescia. Elles seront traitées dans l’usine de Benheim appartenant à Roquette, doté d’un processus de production d’éthanol bas carbone. L’industriel peut ainsi respecter ses engagements SBTi et les attentes de son client Siplec E. Leclerc, explique le communiqué. Le distributeur intégrera l’éthanol produit par Roquette dans les essences SP95-E5 (essence à 5 % d’éthanol), SP95-E10 (10 % d’éthanol) et E85 (85 % d’éthanol). « L'ensemble de la filière est certifié 2BSvs1, standard de durabilité reconnu par la Commission européenne pour les biocarburants », précise le communiqué. Les volumes concernés (blé servant à la production de bioéthanol, production de biocarburant) n’ont pas, pour l’instant, été divulgués. 

Soja : le Parlement européen envisage de rejeter son interdiction dans les biocarburants

Le Parlement européen pourrait rejeter, lors d’un vote prévu le 8 juillet, le projet d’acte délégué de la Commission européenne visant à classer le soja comme matière première présentant un risque élevé de changement indirect d’affectation des sols (ILUC) dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables. Cette proposition, présentée en début d’année, prévoit de progressivement ramener à zéro l’utilisation de soja dans la production de biodiesel de l’UE. Dans un projet de résolution, le Parlement européen fait valoir que cette décision risque de décourager la culture du soja dans l’UE « ce qui augmenterait la dépendance à l’égard des importations de protéines, augmenterait les coûts des aliments pour animaux et déplacerait l’activité industrielle créatrice de valeur en dehors de l’UE ». Si cette résolution est adoptée, les eurodéputés suggèrent à Bruxelles de revoir sa copie en présentant un nouveau texte qui reconnaisse que le soja produit dans l’UE présente « un faible risque d’induire des changements indirects dans l’affectation des sols ». Plusieurs ministres de l’Agriculture de l’UE (Belgique, Italie, Hongrie, Pologne, Grèce, Roumanie) ont déjà exprimé leur opposition à ce projet de règlement lors d’une réunion du Conseil Agriculture fin mai. La Commission européenne doit présenter le 7 juillet un plan sur les moyens de développer la production de protéines végétales dans l'UE avec l'objectif d'atteindre 35% d'autonomie à l'horizon 2035 dans l'alimentation animale.

Boulangerie : Bridor ambitionne de doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2031

A l’occasion de ses cinquante ans le 2 juillet, Le Duff a dévoilé son intention de faire doubler le chiffre d’affaires de Bridor d’ici à 2031. La branche de boulangerie et viennoiserie surgelées du groupe breton a réalisé 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2026, dont les trois quarts à l’export. Elle est devenue la première entreprise mondiale du secteur, après l’acquisition par Le Duff de l’Espagnol Panamar Bakery, ce printemps . Le groupe lui aura injecté 6 milliards d’euros d’investissements entre 2021 et 2031, d’après le communiqué du 3 juillet. Entre 2021 et 2026, le chiffre d’affaires a déjà plus que triplé. Cette filiale est le moteur de l’expansion du groupe de 3,5 milliards d’euros réalisés par ailleurs dans la restauration (Brioche Dorée, Del Arte…) et l’immobilier. En avril, le groupe a annoncé ouvrir un nouveau site de production aux États-Unis, à Dallas, notamment pour « desservir le marché sud-américain » et doubler la capacité de production d'une autre usine située près de Philadelphie. Parallèlement, Le Duff avait annoncé un investissement de 100 M€ en Normandie pour transformer un site de production à Falaise (Calvados) de la marque Frial (plats cuisinés surgelés) qui appartient au groupe, en un site de production Bridor, avec à la clé la création de 150 emplois.

Kiwi : le Vietnam autorise les importations italiennes

Le Vietnam autorise les importations de kiwis italiens depuis le 1er juillet, a annoncé dans un communiqué de presse publié dans la foulée CSO Italy (Centro Servizi Ortofrutticoli), qui réunit les opérateurs de la filière fruits et légumes italienne. « L'ouverture du marché vietnamien au kiwi italien est une réussite majeure, très attendue par notre filière », souligne Simona Rubbi, responsable législation et certification chez CSO Italy. Les autorités vietnamiennes ont commencé à examiner le dossier en 2020, puis une délégation d’inspecteurs vietnamiens s’est rendue en Italie, en décembre 2025, lors d’une mission coordonnée et soutenue par CSO Italy. « Cette mission a permis d'évaluer directement les conditions phytosanitaires proposées dans le projet de protocole (...) », souligne le CSO dans son communiqué. L’accès au marché vietnamien reste en effet soumis à plusieurs conditions : surveillance renforcée dans les vergers et lors du stockage, obtention d’un permis d’importation et traitement obligatoire par le froid. CSO Italy travaille désormais à établir la liste des vergers et des stations de conditionnement éligibles pour participer au premier programme d'exportation de la campagne 2026-2027. Les kiwis français sont arrivés sur le marché vietnamien en 2015, et y rencontrent depuis un succès remarquable. En 2019, la France a exporté près de 396 tonnes de kiwis pour un montant de 1,2 million d’euros (2e fournisseur derrière la Nouvelle-Zélande).

PFAS/pesticides : la dépollution ne fonctionnerait que pour 2% des émissions (étude)

Les procédés de traitement destinés à éliminer les PFAS (ou polluants éternels) de l’environnement ne permettraient de retirer que 2% des émissions actuelles en Europe, selon une étude parue le 6 juillet dans Environmental Science : Processes & Impacts et repérée par l’AFP. Les auteurs de l’étude, menée par des scientifiques et des journalistes du Forever Pollution Project, se sont basés notamment sur une liste de plus de 12 000 sites européens aux sols présumés contaminés, compilée en 2023 et actualisée, ainsi que sur des bases de données européennes pour l’eau potable, les eaux usées, les boues d’épuration épandues sur les terres agricoles et les décharges. A partir de ces données et d’une évaluation d’experts, l’étude établit une estimation de 100 milliards d’euros par an pour le traitement des PFAS «émergents», comme l’acide trifluoroacétique (TFA), très difficiles à traiter vu leur caractère diffus dans l’environnement. Soit, un coût 50 fois supérieur à l’estimation du traitement des PFAS «historiques», désormais strictement réglementés en Europe. « Malgré ces dépenses prévisionnelles considérables, même les efforts de dépollution les plus ambitieux ne permettraient de traiter que moins de 2% des émissions actuelles de PFAS », conclut l’étude. Pour rappel, les PFAS tels le TFA sont très utilisés par l’industrie et comme herbicide. 

Ecophyto : le CGAAER veut embarquer l'aval et mieux déployer chez les agriculteurs (rapport)

Dans un rapport publié le 3 juillet faisant le bilan de près de 20 ans de plans Ecophyto, le CGGAER (ministère de l'Agriculture) estime que « les 26 dispositifs principaux (…) mis en place par l’Etat et ses opérateurs », qui ont mobilisé « jusqu’à près d’un milliard d’euros par an ces deux dernières années », sont « principalement complémentaires », mais les auteurs font plusieurs recommandations pour rendre la stratégie Ecophyto plus efficace. Tout d’abord, le CGAAER constate qu’il est difficile d’engager « la plus grande part des exploitants » dans la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires. Pour y remédier, il appelle à « renforcer le niveau régional dans l’animation des collectifs d’agriculteurs (GIEE, Dephy ferme, groupes 30 000). Il souligne que « la priorité » d’Ecophyto doit être « le déploiement de nouvelles pratiques et de nouveaux itinéraires techniques » dans les exploitations, et que l’Etat doit mobiliser ses leviers (financements publics, fiscalité) pour « améliorer nettement la compétitivité des solutions agro-écologiques performantes ». Le CGAAER recommande aussi d’engager la coopération agricole, l’agro-fourniture, le négoce et les banques dans la « conduite du changement ». Concernant la gouvernance, il appelle à étendre le rôle du Conseil scientifique et technique (CST) d’Ecophyto « en lui confiant une mission d’analyse assurant la cohérence et l’efficience de l’ensemble des dispositifs » liés à Ecophyto. Il appelle enfin à « déconcentrer le pilotage » et à renforcer le suivi du ministère de l’Agriculture. 

Sécheresse : un tiers des départements français placés en situation de crise

Après un printemps particulièrement sec et chaud et deux épisodes caniculaires successifs, la sécheresse gagne du terrain en France, et plusieurs département français sont d'ores et déjà touchés par des restrictions d'eau. Au 6 juillet, « 35 départements sont placés au moins partiellement en situation de crise, soit deux fois plus qu’en 2025 à la même date et davantage qu’en 2022 (21), année pourtant marquée par une sécheresse historique, selon la plateforme gouvernementale VigiEau. Pour rappel, en situation de crise, seuls les usages prioritaires de l’eau sont préservés, tandis que les prélèvements d’eau pour l’agriculture sont interdits, totalement ou partiellement, ainsi que de nombreux usages domestiques et publics. À l’issue du comité d’anticipation et de suivi hydrologique (Cash), réuni le 1er juillet, le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre a relevé dans une déclaration une « dégradation de la ressource en eau » alors que « l’épisode de sécheresse en cours est appelé à se poursuivre et à s’intensifier dans les semaines à venir ». Il a annoncé une intensification des contrôles « pour garantir le respect des règles et précisé que « les préfets doivent appliquer les restrictions d'usage dans les 5 jours suivant le franchissement des seuils ».

Poulets : la coopérative Lur Berri compte plus que doubler sa production d’ici à 2029

La coopérative Lur Berri (507 millions d’euros de chiffre d’affaires, 5100 agriculteurs), implantée au Pays basque, compte atteindre une production de 5 millions de poulets par an d’ici à 2029, contre 2 millions en 2025. Cela passera notamment par la création de 12 nouveaux bâtiments. Actant que la consommation de poulets affiche, en France, une croissance soutenue mais reste en partie dépendante des importations, la coopérative souhaite ainsi répondre aux besoins d’approvisionnement de ses partenaires de l’aval. L’objectif est aussi de « créer de nouvelles sources de valeur pour pérenniser la diversité des exploitations et renforcer la souveraineté alimentaire régionale ». Depuis 2022, la coopérative a structuré sa filière poulets au travers d’une organisation de producteurs de volailles de chair. Elle propose un accompagnement à la fois technique et économique à ses éleveurs, via notamment un contrat de production, en partenariat avec LDC Sud-Ouest, décliné en 3 points sécurisés : prix du poussin, prix de l’aliment et prix du vif à l’abattoir. Ce contrat, adossé à des débouchés sécurisés, garantit donc une meilleure visibilité aux éleveurs. Lur Berri déploie également un programme spécifique « Charte jeune agriculteur » pour engager de nouveaux éleveurs autour de projets structurants. (Anne Gilet)

Œufs alternatifs : le Canada à la traîne derrière les Etats-Unis (association)

L’organisation animaliste internationale Mercy for Animals constate que le Canada stagne à 21% de sa production d’œufs en élevages alternatifs (+ 3 points seulement en cinq ans) dans son bilan national de du bien-être animal 2026, alors que les Etats-Unis sont à 47% (ayant progressé de 18 points en cinq ans). Pourtant, onze chaînes de restauration dans le pays ont complètement banni les œufs de poules élevées en cages, dont McDonalds’, Subway, Chipotle et Starbucks. L’ONG salue aussi la progression de l’œuf hors cage du groupe Restaurant Brands International (Burger King, Popeyes…), passée de 11% en 2024 à 39% en 2025. La grande distribution canadienne semble être un frein. Par exemple, Costco Canada déclare 22,6% d’approvisionnements en œufs alternatifs et Costco USA 84,7%. L’enseigne Sobeys est restée à environ 17% depuis cinq ans. Les taux de Loblaw et de Metro, respectivement 18% et 14%, sont également bas. Voilà dix ans que les premières entreprises se sont engagées à éliminer les œufs de poules en cages, rappelle l’ONG, qui déplore que beaucoup n’ont pas tenu leurs promesses. Mais elle ne donne pas d’explication.

Promotion agricole de l’UE : quinze organisations préoccupées par la baisse du budget en 2027

Après le cercle de réflexion Farm Europe, quinze organisations agricoles et agroalimentaires de l’UE (dont le Copa-Cogeca) s'inquiètent à leur tour de la baisse « drastique » envisagée pour le budget de la promotion en 2027. Dans une lettre conjointe à l'attention du commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen publiée le 6 juillet, ces organisations exhortent Bruxelles à maintenir les montants à au moins 205 millions d'euros, contre 112 M€ dans la proposition actuelle (-45%). Elles estiment notamment qu'une telle baisse budgétaire risque de mettre en péril la stabilité des programmes de promotion. Elles soulignent également une contradiction vis-à-vis de la nécessité pourtant mise en avant à plusieurs reprises par la Commission européenne de diversifier les marchés d’exportation. Pour l’heure, l'exécutif européen a indiqué que les montants évoqués ne sont pas définitifs et qu’il n'est pas nécessaire d'en tirer des conclusions. Une lettre rectificative est ainsi prévue pour le mois d’octobre et Bruxelles tentera de compléter les fonds. Dans l’intervalle, la question reviendra sur la table des ministres de l’Agriculture qui en discuteront lors de leur réunion du 13 juillet à Bruxelles.

Distribution : feu vert au passage de 167 Auchan sous enseigne Intermarché

L’Autorité de la concurrence a annoncé le 6 juillet qu’elle autorisait le passage de 167 magasins Auchan sous enseigne Intermarché ou Netto. « À l’issue de son instruction, l’Autorité a estimé que cette opération n’est pas susceptible de porter atteinte à la concurrence sur les marchés concernés, que ce soit ceux de l’approvisionnement en biens de consommation courante en France ou ceux de la distribution au détail de produits à dominante alimentaire, localement », écrit l’Autorité dans un communiqué. Pour ce qui concerne l’approvisionnement en biens de consommation courante, « l’Autorité a constaté que les 167 magasins concernés s’approvisionnaient déjà pour moitié auprès de la centrale d’achat commune à Intermarché et Auchan (Aura) ». En novembre 2025, Intermarché et Auchan avait annoncé qu’un ensemble de magasins Auchan allaient être exploités en franchise sous enseigne Intermarché ou Netto. « Les fonds de commerce, l’immobilier restent propriétés d’Auchan, les salariés restent des salariés d’Auchan, et on travaillera sous enseigne Intermarché, qui nous livrera les marchandises, la politique commerciale, le concept magasin et qui approvisionnera les magasins », avait alors expliqué Guillaume Darrasse, directeur général d’Auchan Retail.

Distribution : lancement de Match Frais pour concurrencer Grand Frais (presse)

Le groupe Carrefour, propriétaire de l’enseigne Match, a inauguré le 3 juillet à Faches-Thumesnil (Nord) un nouveau concept de magasin dédié aux produits frais. « Ce Match Frais est deux fois plus petit que les magasins Match classiques, soit à peine 1000 m2, la taille d'un Grand Frais. Mais les produits frais traditionnels (primeur, boulangerie, boucherie…) y occupent plus de 70 % de la surface, contre 40 % dans ses magasins traditionnels », écrivent Les Echos le 4 juillet. « A l'entrée, le rayon primeur expose 300 fruits et légumes de saison. Jus pressés minute, fabrication de smoothies, machine de découpe d'ananas… » Une cinquantaine de nouveaux points de vente Match devrait ouvrir d’ici 2030, afin de compléter le parc actuel de 114 magasins Match. Avec ce nouveau concept, Carrefour veut concurrencer l’enseigne Grand Frais qui a bâti son succès sur les fruits et légumes, les plats cuisinés et les produits frais en général. Cette stratégie de bataille sur le terrain des produits frais menée par Carrefour s’illustre par d’autres initiatives récentes comme le passage en concession au groupe Blachère de 200 rayons fruits et légumes de supermarchés et hypermarchés Carrefour et l'ouverture de 10 hypermarchés axés sur le frais, dont 7 opérés en franchise par l'enseigne Marché Frais.

Amidonnerie : Kristell Guizouarn prend la présidence de l’Usipa

Dans un communiqué du 6 juillet, l’Usipa (syndicat des amidonniers) a annoncé l’élection à sa présidence de Kristell Guizouarn, directrice affaires publiques et RSE du groupe Tereos. Elle succède à Marie-Laure Empinet du groupe Roquette, qui prend de son côté la vice-présidence. L’élection de Kristell Guizouarn survient dans un contexte dans lequel la compétitivité des amidonneries française se retrouve sous pression, en lien notamment avec la hausse des coûts de l’énergie. L’Usipa entend ainsi « renforcer sa contribution au débat public et économique, en mettant en avant ce maillon essentiel qui transforme les productions agricoles françaises en solutions au quotidien ».