Agra Fil du 10 juillet 2026

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Engrais azotés : le ministère accorde une aide de 50 €/t à 70 €/t aux agriculteurs

Lors d’une conférence de presse le 9 juillet, la ministre de l’Agriculture Annie Gennevard a annoncé, dans le cadre du plan d’urgence engrais, l’octroi d’une aide « à tous les agriculteurs » de 50 €/t pour l’achat d’engrais azotés dits simples (solution azotée, urée, ammonitrate), pouvant aller jusqu’à 70 €/t pour ceux dont le coût des engrais (tous confondus : azote, phosphore, potassium) représente plus de 10 % de leurs charges. Le montant minimum de l’aide s’élève à 750 € par exploitation, plafonné « à hauteur de la moitié de leur consommation de 2025 ». FranceAgriMer (FAM) ouvrira un guichet du 1er août au 30 septembre, avec une période de rétroactivité allant jusqu’au 1er juin. « Au 30 septembre, un point de situation permettra d’apprécier l’évolution du prix des engrais lié à la situation au Proche Orient », et de décider ou non de la poursuite des mesures de soutien. Ces aides sont financées par le déblocage de la réserve de crise par la Commission européenne, qui a accordé 107 M€ à la France, auquel s’ajoute 38 M€ de fonds nationaux, portant le total à 145 M€. La ministre a précisé que les démarches seront simples et rapides, afin de soulager les trésoreries des agriculteurs, notamment les céréaliers, « qui ont peiné lors des trois dernières années à se servir un salaire », et de les inciter à semer durant l’automne-hiver prochain.

Engrais : le gouvernement annonce une aide publique de 620 M€ sur 10 ans à l’industrie

Lors d’une conférence de presse à Paris le 9 juillet, le gouvernement a annoncé, par la voix de Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, un soutien public de 620 M€ sur dix ans pour « moderniser les capacités de production existantes et développer de nouvelles capacités de production d’engrais azotés décarbonés ». Cette aide intervient dans le cadre d’un plan global d’investissement de 2 Md€, porté donc essentiellement par le secteur privé. Ces investissements permettront d’augmenter de 20 % la production nationale d’engrais azotés d’ici 2032, précise le gouvernement. « Ce plan financera d’ores et déjà trois projets industriels », ajoute Sébastien Martin. Le premier d’entre eux concerne celui basé à Grand-Quevilly en Normandie, appartenant à Lat Nitrogen.  « Il s'agit d'accompagner un projet de modernisation et de décarbonation de la production d'acide nitrique », commente le ministre délégué. Le deuxième concerne le site de production d’ammoniac de Yara au Havre, qui devra être alimenté en hydrogène vert. Vient enfin le projet de FertigHy dans la Somme, « qui permettra d'avoir une nouvelle usine de production d'engrais bas carbone 100 % à base d'hydrogène et qui augmentera nos capacités de production d'engrais azotés de plus de 20 % d'ici 2030 ».

Engrais : le périmètre de l'aide fait des insatisfaits chez les producteurs de maïs

Dans un communiqué du 9 juillet, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) a fait part de sa grande déception quant au plan d’aide d’urgence engrais, indiquant qu’il « exclut de fait » les producteurs de maïs. En effet, la période d’éligibilité de l’aide, allant de juin à fin septembre, ne peut concerner les producteurs de maïs, qui se couvrent d’habitude entre novembre et avril, estime l'association. Elle pointe également du doigt le montant de l’aide, insuffisant à ses yeux, au regard des 10 Mha de grandes cultures en France et des surcoûts subis. De son côté, la FNSEA parle d’une réponse « enfin satisfaisante, après des mois d’attente ». Le syndicat restera néanmoins « extrêmement » vigilant sur l’application de la mesure. La FNSEA appelle « le gouvernement à évaluer régulièrement le dispositif pour qu’il ne rate pas sa cible », se référant notamment aux cultures de printemps (maïs, tournesol...). Quant au président des Jeunes agriculteurs (JA), Jocelyn Dubost, il a souligné sur Linkedin « que le seuil de 30 tonnes d’engrais exclut une grande partie des jeunes agriculteurs qui ont le plus besoin de ce soutien ». Enfin, France Fertilisants (industriels des engrais) appelle à élargir l'aide « à l’ensemble des éléments nutritifs indispensables aux cultures (potasse, phosphate, NDLR) ».

Climat : le HCC appelle à accélérer la baisse des émissions dans le secteur agricole

Dans son rapport annuel publié le 9 juillet, le Haut conseil pour le climat appelle à accélérer la baisse des émissions agricoles pour respecter la trajectoire du troisième budget carbone. Si les émissions du secteur ont continué de reculer en 2024 et 2025, principalement sous l’effet de la décapitalisation de l’élevage bovin, le HCC estime que le rythme devra être 3,4 fois plus élevé en 2026, puis accélérer fortement après 2030. Il estime en outre que les politiques agricoles sont « de moins en moins cohérentes » avec les politiques climatiques, en raison de « nombreux reculs » sur le plan climatique et environnemental en France et dans l’Union européenne (UE), citant notamment le projet de loi d’urgence agricole ou encore la PAC. Parmi ses nouvelles recommandations, le HCC appelle au renforcement de l’ambition climatique et environnementale de la PAC, avec par exemple la mise en place d’un budget sanctuarisé pour les mesures agroenvironnementales et climatiques ou encore la suppression progressive des aides couplées aux secteurs fortement émetteurs. Face à l’intensification des sécheresses, il préconise d’élaborer « sans délai » un plan de sobriété hydrique en agriculture et d’évaluer la capacité du dispositif d’assurance des récoltes à inciter les agriculteurs à adopter des pratiques d’adaptation efficaces et à éviter les risques de maladaptation. Plus largement, le HCC estime les politiques climatiques françaises « insuffisantes » et appelle à « changer d’échelle » face aux risques climatiques croissants.  

Semences : feu vert des Vingt-sept à l’accord interinstitutionnel

Les représentants permanents des États membres auprès de l’UE ont donné, le 8 juillet, leur aval à l’accord trouvé mi-juin avec le Parlement européen sur la révision de la législation concernant le matériel de reproduction végétale. Le compromis final vient d’être publié. Il doit encore être validé par la commission de l’Agriculture du Parlement européen (un vote est prévu le 14 juillet), puis en plénière avant son adoption définitive par le Conseil de l’UE. Ce texte remplacera une dizaine de directives existantes pour donner plus de cohérence à la législation de l’UE. Parmi les nouveautés introduites : un système de valeur pour la culture et l’utilisation durables (VDUD), qui permettra d’évaluer si une nouvelle variété apporte une réelle valeur ajoutée en matière de durabilité ainsi qu’une clarification de la manière dont les agriculteurs peuvent échanger des semences (dans une limite fixée au niveau national par les États membres). Les nouvelles règles entreront en vigueur quatre ans après la publication au Journal officiel du nouveau règlement.

Loi d'urgence: en CMP, le RN défendra une version proche de celle du Sénat

Lors de la réunion de la commission mixte paritaire (CMP) le 16 juillet, les députés du groupe Rassemblement national (RN) devraient défendre une version du texte proche de celle adoptée par les sénateurs, apprend-on dans leur entourage. A l'exception de certains détails, les sénateurs LR sont perçus comme des « alliés » sur ce texte. Le groupe RN défendra notamment l'article dédié aux autorisations de pesticides (acétamipride, flupyradifurone) et les ajouts du Sénat concernant la gestion de l'eau. Pour les tunnels de prix, le RN souhaite aussi conserver la possibilité de les imposer par décret et le maintien d'une borne basse fixée sur les indicateurs de coûts de production. Concernant l'article 2 (clauses miroirs), le RN ne défendra pas le retour à l'écriture de l'Assemblée - reconnaissant son caractère inapplicable - qui interdisait toute importation de denrée produite avec un pesticide prohibé en France. Pour l'heure, le groupe d'extrême-droite ne semble pas avoir fixé de ligne rouge claire en vue de la CMP, où il devrait constituer une majorité avec la droite. La question de négocier le texte en vue de constituer une majorité à l'Assemblée nationale, avec le bloc central, ne parait pas encore éclaircie. 

Relations commerciales : l’aval reconstitue ses marges brutes en 2025 (OFPM)

Le rapport 2026 de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) remis au Parlement, dévoilé le 9 juillet, constate une reconstitution progressive des marges brutes de la transformation et de la distribution en 2025, après l’absorption des chocs agricoles. Cette évolution a été constatée par l’OFPM pour les années de 2022 à 2024, mais aussi en 2025, année au cours de laquelle « la contribution de la matière première à l'évolution des prix au détail n'a été positive que pour quelques produits, notamment les viandes rouges. » De 2021 à 2025, « la part de la matière première agricole (MPA) dans la décomposition du prix au détail a diminué pour la moitié des produits suivis par l'Observatoire et augmenté pour l'autre moitié. » En revanche, la part de la transformation a progressé pour la majorité des produits. Celle de la grande distribution a baissé ou est restée stable, à de rares exceptions près. Pour mémoire, lors de la période de forte inflation de 2020 et 2021, « les chocs ont été amortis pour les consommateurs par la compression des marges brutes en aval », écrit l’OFPM. Les données qu’il présentent concerne un panier de 30 produits alimentaires.

Relations commerciales: la marge nette des transformateurs repartie à la hausse en 2024

L’industrie agroalimentaire (IAA) a connu en 2024 une hausse de sa marge nette après deux années de baisse, selon le rapport 2026 de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) remis au Parlement et dévoilé le 9 juillet. Le RCAI/CA (résultat courant avant impôts/chiffre d’affaires) des IAA atteint 3,9%. « En 2024, le RCAI/CA augmente pour toutes les activités de transformation en filières animales, à l’exception de l’abattage transformation de poulets en léger recul », écrit le rapport. La viande porcine a retrouvé une marge positive, après une année dans le rouge, tandis que la viande bovine, bien qu’en hausse, maintient toujours une marge négative. Toutefois, ce ratio RCAI/CA n’a pas retrouvé son niveau d’avant la période inflationniste. La distribution n’est pas beaucoup mieux lotie. Les marges nettes par rayon « sont restées stables ou ont augmenté à nouveau en 2024, à l'exception du rayon boucherie dont la marge est à nouveau en repli. » Trois rayons affichent des marges négatives : boucherie, marée et boulangerie, viennoiserie et pâtisserie. Le revenu des exploitations avait continué de baisser en 2024, sauf en élevage ruminant. En 2023, le résultat courant avant impôt des agriculteurs était reparti à la baisse « à la suite des hausses de charges (approvisionnement, énergie…) ou au reflux des prix des matières premières ».

Relations commerciales : l’agriculture bio veut plus de transparence sur les marges

La Fnab (agriculture bio), la Forebio (organisations économiques de producteurs bio) et le Synabio (transformateurs et distributeurs bio) ont demandé le 9 juillet « l’élargissement des travaux de l’OFPM (Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, NDLR) aux principaux produits représentatifs de la consommation bio (œufs, farine, steak haché et jambon), une amélioration des méthodologies de collecte et d’identification des données relatives aux produits biologiques et la possibilité de comparer des produits bio et conventionnels réellement équivalents. » Cette demande, formulée à l’occasion de la publication du rapport 2026 de l’OFPM, permettrait d’expliquer clairement les écarts de prix entre produits bio et conventionnels et de connaître la répartition de la valeur entre producteurs, metteurs en marché, transformateurs et distributeurs, selon les trois organisations. Or le rapport de l’OFPM n’assure le suivi que de six produits bio (beurre, lait UHT, deux fruits et deux légumes) sur les 33 produits observés au total. En outre, « l’OFPM publie depuis plusieurs années des analyses sur les produits laitiers bio sans distinguer clairement la marge des laiteries de celle de la distribution, alors que ce travail est réalisé pour les produits conventionnels », déplorent les signataires.

Sécurité sociale : les propositions de la MSA pour le prochain débat budgétaire

En vue de l'examen du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), la MSA a publié le 9 juillet son rapport annuel Charges et produits pour 2027, dans lequel elle fait deux propositions pour les agriculteurs : elle propose d'abord de faciliter le remplacement des agriculteurs aidants en étendant le bénéfice du service de remplacement aux agriculteurs qui perçoivent l'allocation journalière de présence parentale ou l'allocation journalière du proche aidant. «Cette mesure permettrait aux exploitants contraints d'interrompre temporairement leur activité pour accompagner un enfant gravement malade ou un proche en perte d'autonomie de continuer à faire vivre leur exploitation», argumente la Sécu agricole. La deuxième proposition est de renforcer le «parcours de répit» des agriculteurs ; la MSA propose de «renforcer son parcours d'aide au répit en s'appuyant sur son guichet unique», pour créer un accompagnement «plus lisible, plus coordonné et dans la durée, afin que les agriculteurs confrontés à des situations d'épuisement puissent accéder plus rapidement aux solutions de soutien adaptées.»

Suicides: hausse du sur-taux agricole entre 2018 et 2023, à analyser «avec précaution» (MSA)

Dans son rapport annuel Charges et Produits pour 2027, publié le 9 juillet, la MSA indique que le sur-risque de suicide chez les actifs agricoles a beaucoup augmenté entre 2018 et 2023, mais que cette évolution est «à interpréter avec précaution en raison de la forte variabilité annuelle des sur-risques». Chez les personnes âgées de 15 à 64 ans, le sur-risque, déjà observé en 2018, s’accentue en 2023, quel que soit le type d’affiliation. Cette progression est nettement marquée pour les non-salariés agricoles (114% en 2023, +40 points sur la période), tandis que l’évolution chez les salariés est plus faible (41,5% en 2023, +6 points sur la période). La MSA fournit une carte de France des niveaux de risque, qui sont plus élevés au Centre et dans le Nord-Ouest, plus faibles en Ardèche Drôme Loire, en Île-de-France, Sud-Aquitaine et Dordogne Lot-et-Garonne ainsi que dans certains territoires ultramarins. Pour rappel, sur la période 2017-2020, la MSA avait aussi constaté une augmentation, après un sur-risque non significatif sur les années 2015 et 2017. Elle estimait déjà que les chiffres étaient à analyser avec « prudence » et plaidait pour un « approfondissement des travaux ».

Algues vertes : la Cour des comptes appelle à élargir la lutte en Bretagne

La Cour des comptes va publier le 10 juillet un nouveau rapport sur le fléau des algues vertes en Bretagne, cinq ans après ses premiers travaux sur le sujet. D’après le document provisoire que l’AFP a pu consulter, la Cour formule quatre nouvelles recommandations en plus de réitérer certaines datant de 2021. Elle préconise notamment d’élargir les actions contre les algues vertes, aujourd’hui concentrées sur huit baies bretonnes, à l’ensemble des zones touchées dont des vasières. Elle appelle à définir « des objectifs quantifiables, mesurables et contrôlables en matière de lutte contre l’eutrophisation de l’eau (l’apport excessif en éléments nutritifs, ndlr) et de réduction du phénomène de prolifération des algues vertes » dans les vasières. Arnaud Clugery, porte-parole de l’association Eau et Rivière de Bretagne - laquelle a fait condamner l’Etat en mars 2025 à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour réduire la pollution- a salué plusieurs autres mesures appelées par la Cour des comptes : rétablir un « plafonnement total des nitrates sur l’ensemble de la Bretagne », « donner l’accès à la base de données porcine » afin de connaître les effectifs dans les élevages, « conditionner les aides aux entreprises et notamment revoir la manière avec laquelle est utilisé l’argent public de la politique agricole commune ».

Vétérinaires sanitaires : Genevard accorde une aide financière, au nombre d'élevages

Dans un arrêté paru au Journal officiel le 9 juillet, la ministre de l'Agriculture met en place une participation financière publique à l'activité des vétérinaire sanitaires. Ces vétérinaires privés réalisant des actes obligatoires (vaccins, prélèvements…) dans le cadre d’un partenariat public-privé sont actuellement rémunérés à l'acte pour cette activité, selon un tarif réglementé, qui ne couvre pas entièrement les «missions de veille, prévention et surveillance sanitaires qui leur sont confiées», explique la ministre. Le montant de cette aide forfaitaire correspond à 2,1 actes médicaux vétérinaires pour chaque élevage pour lequel le vétérinaire est désigné vétérinaire sanitaire, ce qui couvre «une partie des coûts induits par leur mobilisation». Versée directement au vétérinaire, cette participation financière «ne se substitue ni aux mécanismes de fixation des tarifs de rémunération du vétérinaire sanitaire pour certaines prestations liées aux mesures de surveillance ou de prévention obligatoires, ni au paiement de ces actes» par les éleveurs, précise le ministère. Dans un courrier envoyé en 2022 au ministre de l’Agriculture, cinq organisations professionnelles agricoles et vétérinaires plaidaient pour « une juste rémunération des vétérinaires sanitaires en temps de crise sanitaire comme en temps de paix sanitaire ». 

Bovins/DNC: vers un maintien des arrêtés préfectoraux contre les élevages non vaccinés

Lors d'une audience au Conseil d'Etat le 9 juillet, le rapporteur public a proposé de rejeter les recours en référé suspension de quatorze exploitations agricoles contre des arrêtés préfectoraux prononçant la suspension de l'activité de leur atelier bovin (limitation totale des mouvements) en raison de l'absence de vaccination du cheptel contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Contestant les trois arguments des requérants, le rapporteur estime que cette décision n'est pas disproportionnée, en raison du classement européen de la maladie en catégorie A, qu'elle n'est pas intervenue à un moment où la maladie ne représentait plus de danger, et que la charge pesant sur les exploitations n'était pas «excessive». Selon le collectif Libre, qui soutenait les requérants, une soixantaine d'éleveurs ont refusé la vaccination dans des zones réglementées. Le collectif a récemment soutenu le recours des éleveurs du Doubs, Cédric et Céline Lhomme, contre l'abattage de leur troupeau devant le tribunal administratif de Besançon où ils ont été déboutés. Le collectif veut désormais porter leur dossier auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme. Il a également déposé un dossier auprès du médiateur européen contre le classement de la maladie.

Lapin/canicule : peu de mortalité en cuniculture, selon la filière

L’élevage de lapin a plutôt bien résisté à la première vague de chaleur, selon l’interprofession. Questionné le 6 juillet sur les mortalités enregistrées, Anaël Roussel, chargé de mission au Clipp a répondu le 8 juillet que «les impacts ont été globalement maîtrisés dans la plupart des élevages et des régions». Si les professionnels restent «attentifs, aucun évènement marquant n'est signalé « dans la majorité des cas ». Les plus de 500 élevages français de lapins sont majoritairement dans le Grand-Ouest, soumis au dôme de chaleur de la fin juin, mais la plupart sont équipés de systèmes de « cooling » (évaporation d’eau sur des parois alvéolées sous extraction d’air). C’est ce qu’avait affirmé le président du comité, Frédéric Blot, lors d’une visite de presse dans la Sarthe. L’éleveuse qui recevait les journalistes le 26 juin avait récemment mis en place de tels systèmes dans son bâtiment de naissage (400 lapines) et celui qui abrite des parcs d’engraissement .« Sans quoi j’aurais eu un tiers de perte », évaluait-elle. Elle veillait aussi de près à l’abreuvement des animaux, les nourrissait aux heures les moins chaude. Une huile essentielle était diffusée pour faciliter la respiration, car le lapin ne transpire pas pour abaisser sa température. 

Volailles/canicule : Robin des Bois s’inquiète des effets sanitaires des enfouissements

L’association environnementaliste Robin des bois s’inquiète, dans un communiqué du 9 juillet, de la multiplication des sites d’enfouissement d’animaux tués par la canicule. Soulignant que les terrains concernés seront non constructibles pendant cinq ans, elle attire l’attention sur les « menaces pour la santé publique, pour les eaux souterraines et superficielles et leurs écosystèmes » que représentent « les agents pathogènes issus de la décomposition des cadavres et les résidus des antibiotiques et des antiparasitaires ». Aussi, estime-elle que la trace administrative des sites d’enfouissement devrait être conservée par l’éleveur au-delà des cinq ans réglementaires. Aux résidents des régions d’élevage, les militants rappellent qu’ils sont  « en droit de demander à la mairie l'inventaire exact et la localisation des fosses d'enfouissement d'animaux ». Robin des Bois se félicite d’avoir contribué à alerter les préfectures d’enfouissements improvisés et non déclarés, lesquelles « ont pris tardivement des arrêtés et rappelé des règles minimales de précautions sanitaires, environnementales et olfactives pour la gestion en urgence des cadavres en complément des services de l’équarrissage saturés.

Acides gras : l’OMC donne partiellement raison à l’Indonésie dans son différend avec l’UE

L’organe de règlement des différends de l’OMC (ORD) a rendu, le 8 juillet, le rapport de panel dans le différend opposant l’UE et l’Indonésie concernant les mesures antidumping européennes visant les importations d’acides gras indonésiennes, en cours depuis 2024. Concrètement, le groupe spécial de l’OMC a partiellement donné raison à l’Indonésie. Les arbitres ont estimé que l’UE avait agi d’une manière incompatible avec l’accord antidumping et l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (Gatt) car la Commission européenne n'a pas utilisé le taux de change en vigueur à la date de la vente. Ils avancent également que Bruxelles a imposé un droit antidumping dépassant la marge de dumping qui aurait dû être établie. En revanche, les arbitres de l’ORD ont rejeté toutes les autres allégations de l’Indonésie concernant la conduite de l’enquête antidumping par la Commission européenne. Le rapport du groupe spécial doit être adopté par l’ORD dans un délai de 20 à 60 jours après sa diffusion.

Vin : en Italie, la filière en difficulté entre baisse à l’export et surstocks

La filière italienne du vin est prise en étau entre stocks élevés et exportations ralenties vers les États-Unis, a averti le 8 juillet l'Union italienne des vins (UIV). Ses volumes en cave ont dépassé les 53 Mhl en mai (+7,3 % sur un an), soit l’équivalent d’une récolte, selon un communiqué. A l'approche des vendanges, les professionnels ont des « difficultés à placer leurs produits », selon l'UIV, dans un contexte où la consommation de vin recule tant au niveau national (GMS à -2 % sur un an entre janvier et mai) qu’à l’international (export à -8,3 % en valeur au premier trimestre). Les exportations vers les États-Unis, premier marché hors d'Europe, affichent notamment -15,4 % sur les quatre premiers mois de l'année, à cause des nouveaux droits de douane, de la chute du dollar et surtout de la déconsommation. Le manque à gagner pour les vins italiens est estimé à environ 340 M€ entre avril 2025 et mars 2026. Le gonflement des stocks pousse le secteur à déclasser ses produits, en passant notamment des IGP à du vin ordinaire. Mais cette stratégie participe à abaisser la valeur du secteur. Les prix du vin en vrac ont ainsi baissé de 6 % en moyenne sur les cinq premiers mois de l’année, notamment de 14,4 % pour les vins ordinaires, désormais vendus en moyenne à 54 centimes le litre, de 6 % pour les appellations, et de 7 % pour les IGP.

Vin : en Gironde, la Foncière d’avenir fixe ses priorités pour la restructuration du vignoble

La Foncière d’avenir en Gironde, dispositif inédit doté de 20 M€ pour restructurer le vignoble, a défini le 9 juillet ses priorités d’action. Afin de traiter les 430 dossiers, 4 400 ha et 6 500 parcelles candidats au rachat, elle met « dès à présent, deux critères » en tête : la nature des terres (parcelles arrachées ou en passe de l’être, friches viticoles), le statut de propriétaire exploitant, selon un communiqué de la préfecture et de la région Nouvelle-Aquitaine. Deux autres critères suivront « dans un deuxième temps » : potentiel de diversification agricole des terres et contribution au désendettement de l’exploitation. « Sur la base de ces priorités d’actions la Safer Nouvelle-Aquitaine va engager dès maintenant les prises de contact avec les vendeurs et procéder à l’expertise des biens », poursuit le communiqué. Les premiers achats de foncier sont prévus « avant la fin de l’année ». Par ailleurs, l’analyse des 430 dossiers montre que 65 % des déclarants sont des propriétaires exploitants, motivés principalement par le départ à la retraite, la réduction d’activité et la cessation d’activité. Les surfaces concernées sont des vignes arrachées (1 822 ha), ou en passe de l’être en 2026 (401 ha), des vignes en production (1 204 ha), des terres en polyculture (401 ha), prés et jachères (394 ha), forêts (74 ha), arboriculture (13 ha).

Champagne : des salariés manifestent pour défendre leur convention collective

Jusqu'à 650 manifestants selon les organisateurs, 500 selon la préfecture, ont manifesté le 9 juillet à Epernay (Marne) à l'appel de la CGT Champagne pour défendre la convention collective du secteur, menacée selon le syndicat d'être « étiolée » au détriment des salariés. En cause, la récente décision de l'Union des Maisons de Champagne (UMC) de ne pas renouveler à partir de 2027 une disposition de cette convention collective, qui excluait depuis 2019 les absences pour la rentrée scolaire et le don du sang dans le calcul de la prime de fin d'année (13e et 14e mois). Dans un communiqué, l'UMC explique avoir retiré cette disposition parce que « certains salariés ont intenté une action judiciaire » en se basant dessus pour tenter d'obtenir que la grève également « n'ait plus d'incidence sur le montant de la prime, en contradiction avec l'esprit et le texte de la convention collective ». L'UMC souligne avoir proposé aux syndicats de compenser par une prime ou une autre disposition le « manque à gagner » induit par la fin de l'abattement des absences pour rentrée scolaire ou don du sang dans le calcul de la prime de fin d'année. Par ailleurs, la CGT réclame aussi une revalorisation des salaires de 3 % et menace de nouvelles grèves en août, en pleine période des vendanges.

Travailleurs saisonniers : en Italie, expérimentation d’un CDD de trois ans

L’Italie va tester un contrat à durée déterminée de trois ans pour les travailleurs saisonniers employés à différentes périodes de travail tout au long de l'année, entre 2027 à 2029, rapporte le site Italianews le 9 juillet. Le dispositif prévoit trois contrats annuels consécutifs et une garantie minimale de plus de 100 jours de travail par an, pour assurer continuité d'emploi et main-d'œuvre stable et qualifiée aux entreprises. De nouvelles mesures relatives aux droits et à la protection sociale sont introduites. Les travailleurs étrangers pourront utiliser leurs 150 heures de congé pour suivre des cours d'italien et cumuler des congés payés, des jours de repos et des heures supplémentaires pour des séjours prolongés dans leur pays d'origine. Un congé rémunéré est également prévu pour la prise en charge de parents âgés et dépendants, ainsi que pour les démarches liées au titre de séjour. Ces modifications s’inscrivent dans le cadre du renouvellement de la Convention collective nationale des travailleurs agricoles et horticoles pour la période 2026-2029 entre le gouvernement et l’ensemble des syndicats agricoles. Celle-ci prévoit augmentations de salaire (juin 2026, janvier 2027), flexibilité dans le travail à temps partiel , renforcement de la protection contre les violences sexistes entre autres.

Italie: 16 ans de prison pour l'employeur d'un ouvrier abandonné après un accident mortel

L’employeur italien qui avait abandonné un ouvrier agricole indien après un grave accident a été condamné à 16 ans de prison, a annoncé le 9 juillet la cour d’assises de Latina (centre). En juin 2024, Satnam Singh, un travailleur clandestin de 31 ans, avait eu le bras arraché par une machine, qui lui a également écrasé les jambes. Au lieu de l’emmener à l’hôpital, son employeur Antonello Lovato l’a abandonné avec sa femme sur le bord d’une route, avec le membre sectionné dans une boîte, selon les syndicats qui soutiennent la veuve de la victime. Il a succombé à ses blessures deux jours plus tard. Le parquet avait demandé 22 ans de prison pour l’agriculteur de 39 ans, et n’a été suivi qu’en partie par la cour. Le prononcé du verdict a été diffusé à la télévision. Ce drame, qui a eu un large écho médiatique, a suscité l’indignation et relancé le débat sur les conditions de travail des sans-papiers dans la péninsule. Des milliers d’ouvriers agricoles indiens avaient manifesté à Latina, dans cette zone rurale au sud de Rome, pour réclamer justice et la fin de «l’esclavage» en Italie. Si M. Singh, décédé «d’une grave hémorragie, avait été rapidement secouru, il aurait très probablement été sauvé», avait affirmé le parquet de Latina, citant le rapport médico-légal.

Horticulture : le déficit commercial s’accentue très légèrement en 2025

Le montant des déclarations d’exportation de végétaux relevées par les Douanes a baissé de 5% en valeur et de 18% en volumes entre 2024 et 2025, rapporte Valhor sur son site internet. « Cette baisse est liée notamment à celle des exportations de végétaux d’extérieur et dans une moindre mesure à celle des exportations de fleurs coupées fraîches » souligne l’interprofession. Ainsi, les végétaux d'extérieurs, qui représentent 57% des exportations, ont reculé de 7% en valeur et de 21% en volume, et les fleurs coupées fraîches, deuxième catégorie de végétaux la plus importante (20%), de 10% et de 18% respectivement. Mousse et feuillages frais sont sur la même dynamique : -4% et –14%. En revanche , les bulbes progressent bien (+18% et +6%) tout comme les arbres de Noël (+24%, +33%) mais il s’agit ici d’un marché de niche. Les importations sont, quant à elles, restées relativement stables en valeur sur la période : la catégorie « arbres, arbustes et plantes d’extérieur » augmente de 3% et les fleurs coupées fraîches de 2%. En revanche, les  volumes importés sont en recul de de 3% face à une demande intérieure en baisse générale. En valeur, avec une baisse des exportations conjuguée à une stagnation des importations, le déficit commercial s’accentue très légèrement (+0,4%). En volume, il est quasiment stable avec -0,3%. Le taux de couverture du commerce extérieur (exportations/importations) s’établit à 8%.

Sainte-Soline : la Défenseure des droits dénonce des manquements déontologiques des gendarmes

La Défenseure des droits Claire Hédon a dénoncé des « manquements déontologiques » de la part des gendarmes notamment des « tirs tendus » et des propos « orduriers », lors de la manifestation contre les mégabassines du 25 mars 2023 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), dans une décision rendue publique le 8 juillet. Elle a indiqué saisir le ministère de l’Intérieur pour demander des sanctions disciplinaires à l’encontre des gendarmes identifiés dans son enquêtes, dont des gradés. Mme Hédon estime que « les circonstances étaient réunies pour justifier un emploi de la force », à cause de l’interdiction de la manifestation et de violences commises par plusieurs groupes de manifestants. Mais « au regard de la quantité et de la gravité des blessures constatées » et « du nombre d’armes utilisées dans un laps de temps très court », elle « considère que les autorités ont adopté une logique de confrontation ayant conduit à un lourd bilan humain ». La Défenseur relève, en outre, des « carences » dans l’enquête administrative menée par l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), déclenchée en novembre 2025 après la diffusion par Libération et Mediapart d’images issues de caméras piétons de gendarmes. « À ce stade, le ministère de l’Intérieur ne fera pas de commentaire et rappelle que des enquêtes judiciaires sont toujours en cours », a-t-il indiqué à l’AFP.

Incendies : les agriculteurs mobilisés mais insuffisamment protégés, selon la Conf’

Alors que d’importants incendies touchent la France, la Confédération paysanne alerte, dans un communiqué du 8 juillet, sur leurs conséquences pour le monde agricole. Si les agriculteurs ont été mobilisés par les autorités pour appuyer la lutte contre les incendies, le syndicat regrette que les zones agricoles et forestières passent au second plan. Il y voit la conséquence d’un manque « criant » de moyens des services d’incendie et de secours, dans un contexte où le réchauffement climatique accentue les risques liés aux canicules et à la sécheresse. La Conf’ pointe également des lacunes en matière d’indemnisation : les incendies n’étant pas considérés comme une calamité agricole, ils n’ouvrent pas droit à l’indemnité de solidarité nationale (ISN). « Le seul moyen d'être indemnisé est d’avoir souscrit à une assurance multirisque climatique privée, choix qu'ont fait seulement 18 % des fermes en France, avec de fortes disparités territoriales », souligne le syndicat. Au-delà des réponses à apporter à ces problèmes, le syndicat appelle les pouvoirs publics à soutenir davantage le pastoralisme, qui joue « un rôle crucial » dans la prévention des feux, mais aussi à faire respecter l’interdiction de laisser des terres incultes ou manifestement sous-exploitées. 

Forêts : la mortalité naturelle des arbres a fortement augmenté en France en moins de dix ans

La mortalité naturelle des arbres a fortement augmenté en France entre 2015 et 2023, a révélé le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) dans une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications le 9 juillet. Pour cette première analyse menée à l’échelle nationale, les chercheurs ont étudié plus de 500 000 arbres recensés par l’Inventaire forestier national (IFN), à l’aide notamment de modèles d’apprentissage automatique. Parmi les neufs essences d’arbres les plus communes en France, la mortalité naturelle (hors coupe humaine, incendies ou tempêtes) a été multiplié par 1,5 à 4 entre 2015 et 2023, avec une accélération notable depuis 2020. Selon l’étude, cette hausse résulte davantage de « combinaisons d’anomalies climatiques saisonnières », accentuées par le réchauffement climatique, que d’un seul évènement extrême. Ainsi, les printemps particulièrement humides peuvent favoriser le développement du feuillage et accroître les besoins des arbres en eau, les rendant vulnérables aux étés secs. Les hivers et les printemps anormalement chauds favorisent quant à eux « la survie des ravageurs et perturbent la physiologie des arbres », supposent aussi les chercheurs. Les vagues de chaleur exceptionnelles de 2026 devraient « assez probablement » accélérer le phénomène, prévient Agnès Pellissier-Tanon, chercheuse au LSCE et co-autrice de l’étude. 

Porc : Jérôme Orvain succède à Philippe Lecornué à la tête de Porc Armor Evolution

Le groupement d’éleveurs Porc Armor Evolution annonce l’élection de Jérôme Orvain, naisseur-engraisseur (400 truies) dans la Manche, à sa présidence dans un communiqué du 9 juillet. Siégeant au conseil d'administration depuis 2012 et vice-président depuis douze ans, il succède à Philippe Lecornué qui présidait la coopérative depuis 2016, et qui prend à son tour le poste de vice-président. Porc Armor Evolution salue dans le communiqué la progression de sa part de marché sous la présidence de ce dernier, de 9,50 % en 2016 à 12 % en 2025.  La coopérative se félicite aussi d’avoir fait l’acquisition à partir de 2022 des sociétés de construction et d’expertise en bâtiments et équipements d’élevage, I-Tek et I-Tek solutions, une activité devenue stratégique avec le fort renchérissement des matériaux depuis la guerre en Ukraine. Porc Armor Evolution affiche 576 adhérents répartis dans 23 départements du Grand Ouest. Il s’est félicité à son assemblée générale du 23 juin d’une croissance de 6,24 % du nombre de porcs commercialisés en 2025, pour atteindre 2,18 millions de porcs commercialisés, dont 58% sous filières certifiées.

Agenda de la semaine agricole du 13 juillet 2026

Lundi 13 juillet
Conseil des ministres de l’Agriculture
Commission de l’Agriculture du Parlement européen, jusqu'au 14 juillet
Commission de l’Environnement du Parlement européen, jusqu'au 14 juillet
Commission du Commerce international du Parlement européen, jusqu'au 14 juillet

Jeudi 16 juillet
Réunion de la CMP sur le projet de loi d'urgence agricole