Agra Fil du 12 juin 2026

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Budget européen 2028-2034 : la présidence chypriote propose une baisse mais pas pour la Pac

La présidence chypriote du Conseil de l’UE a dévoilé, le 11 juin, une première base de négociation chiffrée sur le Cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 qui prévoit une réduction globale de 2 %, soit 32,8 milliards d'euros(Md€) par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne. Mais l’enveloppe consacrée à la Pac n’est pas affectée par cette coupe. Le projet la maintient à 293,699 Md€ sur la période en prix courant. Et il intègre également les différents ajustements proposés par la Commission européenne, fin 2025 et en janvier, notamment les 45 Md€ mobilisables immédiatement pour soutenir les agriculteurs dans le cadre de la réserve normalement disponible pour l’examen à mi-parcours. Le texte ne touche pas non plus aux dispositions concernant la dégressivité, le plafonnement, la convergence, ou encore les taux de cofinancement des mesures de soutien. Ce projet sera discuté par les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE (Coreper) lors d’une réunion spéciale, dès le dimanche 14 juin. Il sera de nouveau évoqué par les ministres chargés des Affaires européennes le 16 juin à Luxembourg, puis les 18 et 19 juin, par les chefs d’État et de gouvernement à Bruxelles. L’Irlande, qui prendra le 1er juillet la présidence du Conseil, aura alors toutes les cartes en main pour tenter d’atteindre l’objectif ambitieux de finaliser un accord avant la fin de l’année.

Agriculteur actif : les positions de la Conf', pour durcir le cadre dans les sociétés

Dans le cadre des négociations sur la future Pac, la Confédération paysanne a présenté, dans un communiqué du 11 juin, ses propositions pour définir l’« agriculteur actif ». L'idée générale est que « les aides européennes doivent être réservées aux personnes qui exercent réellement une activité agricole, participent effectivement aux travaux et maîtrisent leur outil de production ». Le syndicat demande qu'une personne physique ne puisse être reconnue agriculteur actif « qu’au travers d’une seule société agricole, afin d’empêcher les montages artificiels permettant de multiplier les aides Pac, notamment les aides plafonnées comme le paiement redistributif ». Selon la Conf', certains bénéficiaires toucheraient « jusqu’à douze fois ce paiement grâce à la division de leur exploitation en plusieurs sociétés distinctes ». Dans ces sociétés, la Conf' veut imposer une détention majoritaire du capital social à plus de 51 % et des droits de vote à plus de 65 % par des agriculteurs actifs. Le syndicat défend le maintien des aides pour les pluriactifs, assorti d'un plafonnement des revenus extra-agricoles à « 3 120 fois le Smic horaire (soit environ 30 825 €), seuil retenu au titre du contrôle des structures ». Enfin, la Confédération paysanne propose de « retirer progressivement » les aides Pac aux personnes ayant atteint l’âge légal de départ à la retraite à taux plein, « après une courte période transitoire ».

Engrais/cadmium : le président de la FNSEA peu inquiet des surcoûts

À l'occasion de son audition devant les sénateurs de la commission des Affaires économiques, le 10 juin, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a présenté la position de son syndicat sur la trajectoire de baisse des taux de cadmium dans les engrais, sujet sur lequel le syndicat a été « peu vocal » jusqu'ici. Par cohérence avec son combat contre les « surtranspositions » françaises, la FNSEA se dit favorable à ce que la France fasse « rapidement » passer son seuil maximal de 90 à 60 mg/kg de P2O5, pour s'aligner avec la réglementation européenne. C'est ce que le ministère de l'Agriculture propose de faire en 2027. Pour la suite, la FNSEA demande « une trajectoire européenne », et un « coût abordable ». Sur ce point, il s'est voulu rassurant après avoir rencontré la président du fabricant marocain OCP : celui-ci affirme, selon M. Rousseau, qu'il peut réduire la teneur en cadmium de 20 mg « avec un surplus mineur, de 3 à 4 euros ». Même s'il se dit vigilant sur les coûts réels, Arnaud Rousseau estime que, au prix de la tonne de superphosphate (environ 700 €), « si on parle de 3 €, on va trouver une solution ». Le ministère de l'Agriculture propose de passer à 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg d'ici 2038. Lors des travaux préparatoires sur le règlement 2019/1009, la Commission européenne envisageait de passer à 40 mg/kg en 2027, puis à 20 mg/kg de cadmium. La proposition de loi sur le cadmium du député Biteau propose de passer à 40 mg en 2027 et 20 mg en 2030.

Pesticides/épandage par drone : feu vert de l’Anses à une liste de produits

Dans un avis publié le 10 juin, l’Anses valide une liste de pesticides pour leur application par drone. « Les conditions d’utilisation prévues pour les produits concernés sont de nature à diminuer l’exposition et donc les risques pour la santé humaine et l’environnement », affirme l’agence. Et d’ajouter que « la nature même de la plupart des produits concernés devrait également limiter ces risques, sans qu’il soit possible en l’état des données de procéder à une évaluation quantitative produit par produit ». Pour rappel, la loi du 23 avril 2025 autorise, pour les cultures en pente et les bananeraies, l'épandage par drones de trois catégories de phytos (produits de biocontrôle, autorisés en bio et à faible risque) ; l’expérimentation sur d'autres types de parcelles. Des textes d’application, parus au Journal officiel (JO) le 31 mai, fixent à 20 mètres la distance de sécurité minimale entre la zone traitée par drone et les habitations (au lieu des 10 m prévus initialement).

Pesticides/eau : la Conf' bloque un site de Bayer-Monsanto près de Rennes

Une centaine de personnes, paysans, ouvriers agricoles, victimes de pesticides et riverains, ont bloqué le 11 juin un centre de recherche et développement de Bayer-Monsanto à La Mézière (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, à l’appel de la Confédération paysanne et des Soulèvements de la Terre. Les organisateurs réclament notamment l’arrêt de la production de pesticides et de semences enrobées de Monsanto. Ils demandent également la fin du moratoire sur les politiques de l’eau, annoncé en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu, et l’adoption immédiate du Sage Vilaine tel qu’élaboré initialement. « Dans un contexte de mobilisation populaire pour un Sage Vilaine, nous dénonçons le lobbying brutal des leaders de l’agro-chimie, relayé par la FNSEA, et validé par la loi d’urgence agricole et son effet délétère sur la protection de points de captage d’eau », dénoncent les organisations dans un communiqué. Cette mobilisation s'inscrit dans une campagne d'actions menées par la Conf’, Cancer Colère, les Soulèvements de la Terre et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest. En novembre 2025, elles avaient déjà bloqué un site de production de BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Elles appellent désormais à une mobilisation internationale le 26 septembre devant un site de Syngenta, dans l’Eure.

Agences de l’eau : grève contre la réforme du « quasi-statut » des non-fonctionnaires (presse)

Le personnel des agences de l’eau a observé une journée de grève le 11 juin, à l’appel de plusieurs organisations syndicales, pour protester contre la réforme du « quasi-statut » applicable au personnel non-fonctionnaire de plusieurs établissements publics de l’environnement, rapportent nos confrères du Monde (article payant). Dans un prévis envoyé le 2 juin à la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, la FNEE-CGT et le SNE-FSU redoutent une décision susceptible d’entraîner une « précarité accrue », une « perte de technicité » et une « désorganisation durable des services ». Ils craignent également un affaiblissement des missions publiques de l’environnement, dans un contexte plus global de reflux des politiques en faveur de la transition écologique. Annoncée fin mai, la mesure mettra fin à partir du 1er janvier 2028 au recrutement sous ce régime spécifique, distinct de celui des fonctionnaires. Le quasi-statut encadre le recrutement, la rémunération et l’évolution professionnelle du personnel non-fonctionnaire. Il concerne 80 % des 1 600 agents des agences de l’eau, mais aussi certains personnels de l’Office national de la biodiversité (OFB), des parcs nationaux, du Conservatoire du littoral ou encore de l’établissement public du Marais poitevin. À noter que le personnel embauché de cette façon par le passé conservera ce statut. Les discussions doivent se poursuivre, le ministère entendant, selon les syndicats, aboutir avant la fin de l’année.

Biocarburants : Bayer espère accélérer les cultures dédiées en Amérique du Nord

Selon un article de Reuters du 10 juin, l’agrochimiste Bayer espère accélérer sur ses projets de production nord-américaine de matières premières destinées aux biocarburants. Le groupe allemand aspire ainsi profiter de la crise énergétique consécutive à la guerre en Iran, qui a engendré un regain d’intérêt pour les biocarburants. Parmi les matières premières considérées figure la cameline. Interrogé par Reuters en marge du Conseil international des céréales (CIC), Peter Muller, responsable mondial des céréales, du coton et du colza chez Bayer, a déclaré que le groupe vise « quelques millions d’acres de production de cameline en Amérique du Nord. Nous évaluons également les possibilités d’une expansion dans d’autres secteurs. » Il ajoute que l’entreprise visait à l’origine plutôt une croissance de cet ordre de grandeur au milieu des années 2030. Mais la guerre en Iran l’inciterait à atteindre ses objectifs plus tôt. Le responsable a enfin indiqué que Bayer s’apprêtait à conclure un accord avec une entreprise de trituration, qui se chargera de traiter les graines de cameline nord-américaine, assurant ainsi un débouché aux agriculteurs locaux.

Argentine : l'essor de l'irrigation s'accélère, notamment en Patagonie

Avec 63 400 ha nouvellement équipés depuis deux ans, les investissements dans des systèmes irrigués mécanisés (700 000 ha actuellement) s’intensifient en Argentine, sous l’impulsion d’allégements fiscaux décrétés par le gouvernement de Javier Milei. 185 M$ d'investissements ont été réalisés dans l’installation de « plus de 600 pivots d’irrigation sur 55 000 ha », et dans des systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte « sur 8 400 ha », rapportent les pouvoirs publics. Et, selon l’agronome Martín Pasman – qui sème pour son compte 20 000 ha en Argentine, dont 8 000 ha sous pivot –, « au moins 70 000 ha irrigués supplémentaires » seraient actuellement en cours d’installation. Lui-même a investi dans 3 000 ha irrigués dans la vallée du Río Negro depuis 2010. En Patagonie, la disponibilité en terres, en eau et en énergie électrique semblent illimitées avec le débit des fleuves (Río Negro et Río Colorado) et le gisement schisteux de Vaca Muerta, exploité par toutes les majors. La production du maïs mène le bal dans ces rotations conduites sous pivot, car elle conduit à celle de viandes bovine et ovine, là où elles cotent le plus en Argentine et avec, en prime, un accès direct aux ports de l’Atlantique comme débouché alternatif à l’export. (Par notre correspondant Marc-Henry André)

Légumineuses bio : Carrefour et Olvac mettent en place cinq filières

Carrefour a annoncé le 11 juin la signature de cinq nouvelles filières bio françaises dédiées aux légumineuses en conserves (lentilles, haricots blancs, haricots rouges, pois chiches, mogettes) avec la conserverie Olvac. Cette entreprise, située près de la Roche-sur-Yon (Vendée), s’est spécialisée dans les légumes et les plats cuisinés élaborés. Elle collabore notamment avec la Cavac et la Coopérative de pommes de terre de Noirmoutier. Le distributeur annonce par la même occasion le renouvellement de deux partenariats : sur le miel de lavande bio et le miel toutes fleurs bio avec Naturalim, filiale de la coopérative les Compagnons du Miel - France Miel ; et sur l’huile d'olive bio avec l’Union des domaines oléicoles de France (Udol), un groupement de producteurs d’huile d’olive de Provence et d’Occitanie. « Carrefour s'engage sur des volumes d'achat minimum sur trois ans et des prix justes. Cette visibilité est essentielle pour investir dans de nouveaux outils de transformation ou de nouvelles variétés », lit-on dans un communiqué. Le distributeur dit accompagner aujourd’hui « plus de 4 500 producteurs bio français » par le biais de « contrats multipartites associent l'ensemble des acteurs, de la production à la transformation jusqu’à la distribution ».

Louve transférée dans les Alpes : des FDSEA et JA portent plainte contre l’État

Quelques semaines après le transfert dans les Alpes d’une louve capturée involontairement en Normandie, les FDSEA et les JA de plusieurs départements alpins ont annoncé le dépôt d’une plainte contre les pouvoirs publics. « Avec l’ensemble des départements de l’arc alpin, nous avons déposé une plainte contre l’État, le lundi 8 juin 2026, pour mise en danger de la vie d’autrui », peut-on lire dans un communiqué des Jeunes agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence, également relayé par d’autres départements. Mi-mai, après avoir recueilli une louve capturée dans un piège à renards, la préfecture de Seine-Maritime avait choisi de la relâcher dans les Alpes, considérées comme « un habitat favorable à l’espèce ». « Le relâché volontaire de la louve dans l’arc alpin met en péril la continuité de notre activité et expose nos animaux à un réel danger de mort imminent », protestent les syndicats dans leur communiqué. Les Alpes sont la zone la plus prédatée depuis le retour du loup dans les années 90. « Notre département est depuis de nombreuses années victime d’attaques récurrentes du loup sur les animaux au point d’être le département le plus prédaté de France », relèvent les JA 05. Et d’ajouter que, avec « plus de 550 attaques » par an, « les attaques sur nos troupeaux nous font perdre en moyenne 1 450 bêtes ».

Viande bovine : production mondiale attendue à -2,2 % en 2026, demande incertaine (banque)

Dans un rapport paru le 3 juin, la Rabobank prévoit un recul de la production mondiale de viande bovine de 2,2 % en 2026, lit-on dans un article des Marchés (groupe Réussir-Agra). La banque néerlandaise chiffre la baisse au premier trimestre à 2,5 % sur un an. Ce fléchissement de l’offre devrait provoquer « une hausse des prix », même si la demande mondiale reste incertaine, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient qui plombe le pouvoir d’achat. Malgré un premier trimestre à -4 %, l’ancienne UE-28 (avec le Royaume-Uni), frappée par la décapitalisation bovine, réussirait à contenir la baisse à 1 % sur l’année. Selon Les Marchés, malgré les récents accords commerciaux avec le Mercosur et l’Australie, Rabobank « ne s'attend pas à un flot de viande supplémentaire à court terme » vers l’Europe. Il n’en reste pas moins que le Vieux continent « devient de plus en plus un marché d’importation ». Et pourrait le devenir encore plus, par ricochet, en raison des restrictions aux importations vers la Chine, qui contraindront le Brésil et l’Australie à trouver d’autres débouchés. En instaurant des droits de douane sur ses importations de viande bovine depuis le 1er janvier, Pékin est devenu « le plus grand « facteur de troubles » pour le marché mondial de la viande bovine, estime Rabobank.

Substituts de viande : Swap (ex-Umiami) placé en liquidation judiciaire

Swap Food (ex-Umiami), start-up spécialisée dans les substituts végétaux de viande, a été placée en liquidation judiciaire par la chambre commerciale du tribunal de Paris, a annoncé le 11 juin son p.-d.g. Hervé Salomon. Soixante-six salariés, dont 48 basés dans l'ancienne usine Knorr de Duppigheim (Bas-Rhin) fermée en 2021, vont perdre leur emploi, a-t-il déclaré. Swap était parvenu à lever plus de 100 millions d'euros (M€), les deux-tiers en capital, et un tiers sous forme de dette. Après avoir doublé le chiffre d'affaires à 2 M€ en 2025 et réduit de moitié les coûts fixes entre 2024 et 2026, Hervé Salomon espérait trouver un partenaire industriel en Europe ou en Amérique du Nord, afin d'accélérer la croissance des volumes. Mais une offre attendue a été retirée la semaine dernière, acculant l'entreprise à la liquidation, a-t-il dit. L'entreprise, créée il y a six ans, misait sur une technologie développée en interne permettant de fabriquer, à partir notamment de protéines de soja et de levures, des substituts à la viande imitant les fibres de la chair de poulet. Même si « la tendance est à la croissance pour l'alimentation végétale, le rythme de cette croissance est plus lent que prévu » il y a encore quelques années, a remarqué Hervé Salomon.

Porc : un impact environnemental réduit de 17 % dans la nouvelle version d’Agribalyse

Un article de l’Ifip (institut du porc) paru dans Réussir Porc (payant) le 5 juin présente une réduction considérable de l’impact environnemental de l’élevage porcin français mesuré par la nouvelle version de la base de données Agribalyse de l’Ademe. Cette version « 3.2 » publiée en novembre 2025 prend en compte les progrès réalisés depuis un peu plus de dix ans en termes de productivité, d’alimentation et de pratiques vertueuses. Résultat principal : le score d’impact global de l’élevage porcin est réduit de 17 % au portail de la ferme, et son l’impact sur le changement climatique est réduit de 15 %. L’élevage porcin conventionnel (98 % de la production nationale) a gagné en performance, tout en adoptant des pratiques moins polluantes (évacuation fréquente des effluents, laveur d’air, couverture de fosse, soja garanti sans déforestation, méthanisation). Les élevages fermiers (Label rouge) et biologiques ont aussi progressé, mais leur impact au kilo produit reste supérieur du fait de moindres performances techniques et valorisation de l’aliment. Un autre facteur d’impact est l’émission de protoxyde d’azote, puissant gaz à effet de serre venant du fumier des élevages sur paille.

Lait : les AOP veulent exploiter « leur potentiel culturel et émotionnel »

Le Cnaol (AOP laitières) multiplie les initiatives pour défendre les fromages sous signes de qualité et d’origine. Le 10 juin, il a dévoilé un étude « prospective » confiée au cabinet de conseil en tendances NellyRodi, initialement présent dans la mode et qui se diversifie dans l’alimentaire. Selon l’étude, « les AOP laitières disposent aujourd’hui d’un potentiel culturel et émotionnel inédit », qui pourrait se concrétiser grâce aux évolutions en cours comme la valorisation par les consommateurs des produits dont l’origine et les méthodes de fabrication et les engagements sont clairement identifiables, et l’intérêt pour le « vivant » à travers le lait cru et la fermentation. L’étude permet au Cnaol de soutenir le lancement de son prochain AOP Festival, dont la quatrième édition de tiendra à Paris du 13 au 15 novembre. La manifestation gratuite vise à séduire les jeunes urbains et renouveler la clientèle des AOP laitières. Les produits laitiers sous AOP, dont la grande majorité sont au lait cru, sont confrontés à un contexte difficile d’un point de vue sanitaire et économique, alourdi par les mises en garde des autorités sanitaires conseillant à de larges segments de la population (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes immunodéprimées et personnes âgées) d’éviter les fromages au lait cru.

Climat : le réchauffement d’origine humaine progresse à un rythme record

Le réchauffement climatique d’origine humaine atteint désormais son rythme le plus élevé jamais observé, alertent 70 scientifiques de 17 pays dans une étude publiée le 11 juin dans la revue Earth System Science Data. Selon leurs travaux, qui actualisent chaque année douze indicateurs clefs du réchauffement planétaire, le réchauffement de la planète a atteint 1,39°C en 2025 par rapport à la période préindustrielle (1850–1900), dont 1,37°C attribuable à l’homme. Cette accélération s’explique principalement par des émissions de gaz à effet de serre à des niveaux record, mais aussi par la réduction de la pollution par les aérosols, qui atténue l’effet refroidissant exercé par ces particules dans l’atmosphère. Si « certains éléments indiquent que la croissance des émissions de CO2 ralentit », relèvent les auteurs, cela ne suffira pas à maintenir le réchauffement planétaire sous le seuil de 1,5°C fixé par l’Accord de Paris en 2015. Sans baisse du rythme des émissions, le seuil sera atteint autour de 2030, estiment les experts. L’étude s’inquiète également des menaces qui pèsent sur plusieurs systèmes d’observation du climat en raison de choix budgétaires et « géopolitiques ». Plusieurs programmes satellitaires et d’observation de la Terre sont en péril, notamment aux États-Unis, tandis que le financement de plusieurs organismes internationaux chargés du suivi du climat recule.

Climat : les technologies d’élimination du CO2 n'atteignent que 5 % des émissions

Les experts de l’élimination du dioxyde de carbone (CO2), réunis à Milan jusqu’au 12 juin, ont alerté sur le manque de recherche et d’investissements dans ce secteur considéré comme incontournable pour atténuer le changement climatique. Selon la troisième édition du rapport « The State of Carbon Dioxide Removal », présentée à cette occasion, l’élimination du carbone ne représente que l’équivalent de 5 % des émissions annuelles mondiales de CO2. Dans 99,9 % des cas, elle repose sur des techniques naturelles, principalement la reforestation. Mais ces plantations stagnent et posent des problèmes de concurrence avec les terres agricoles, rappelle le rapport de référence. Les scientifiques misent également sur des technologies permettant de retirer du CO2 déjà présent dans l’air. Les principales applications reposent aujourd’hui sur la transformation (via pyrolyse) de résidus végétaux en biochar et sur le captage après combustion de biomasse. D’autres techniques, comme le captage direct du CO2 dans l’air ou l’augmentation de l’alcalinité de la mer, restent expérimentales. Au total, ces technologies n’ont permis d’éliminer que 2 Mt de CO2 en 2025, sur plus de 40 Mdt émises par les activités humaines. Elles restent chères, la plupart dépassant 200 $/t de CO2, bien au-dessus des prix actuels du CO2 sur le marché du carbone.

Aide alimentaire : appel de députés pour que les GMS renoncent aux marges

Près de 50 députés de gauche et du centre ont appelé le 11 juin la grande distribution à reverser aux associations l'intégralité des marges réalisées sur les produits vendus lors de collectes alimentaires. Ces députés s'engageant à porter « une initiative législative » en ce sens, d’après une lettre consultée par l'AFP, sous la forme d’une proposition de loi d'ici à la fin de l'année. S’adressant aux dirigeants d'E. Leclerc, Carrefour, Intermarché, Coopérative U, Auchan, Casino, Lidl et Aldi, les signataires écrivent : « Lorsqu'un citoyen fait un don, l'intégralité de son geste doit bénéficier à la solidarité alimentaire », estimant qu'« aucune marge commerciale ne devrait pouvoir être conservée sur les produits achetés pour être donnés ». « Cela est possible », insistent les députés, parmi lesquels l’écologiste Boris Tavernier, François Ruffin (Debout !) et Clémentine Autain (L'Après). Les élus citent l'exemple des magasins Biocoop, qui reversent 100 % de la marge réalisée sur les produits offerts aux associations par les clients lors de l'opération « Collecte bio solidaire » ; celle-ci est organisée au niveau national depuis 2019, et sa prochaine édition démarre le 12 juin. Selon Biocoop, la collecte de 2025 a permis à la coopérative et ses magasins de redistribuer plus de 220 000 € aux structures bénéficiaires. Sur ce total, 58 000 € sont issus de la marge de la seule coopérative.

Restauration collective : cantine gratuite à Paris pour les enfants les plus modestes

Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, propose que, à la rentrée 2026, la cantine devienne gratuite pour les deux premières tranches du quotient familial, selon un communiqué de la municipalité du 5 juin. Une décision qui doit être actée en Conseil à la mi-juin. M. Grégoire a précisé le même jour que les bénéficiaires seront, dès la rentrée, plus de 17 000 enfants, sur un total de 100 000 dans les écoles publiques, jardins pédagogiques ou collèges. Le tarif facturé jusqu’alors est 0,13 € par repas pour la première tranche (moins de 234 €) et 0,85 € pour la deuxième (de 235 à 384 €). Près de 2,5 millions de repas sont servis annuellement aux enfants concernés, selon le communiqué, ce qui situe le coût de la mesure entre 300 000 € et 2 M€. D’après le site internet de la ville de Paris, le coût facturé va jusqu’à 7 € le repas pour les familles les plus aisées (fréquentant les établissements publics) se situant dans la dixième et dernière tranche du quotient familial (plus de 5 000 €). À ce niveau, la prise en charge du repas est de 45 %, précise le communiqué (on peut en déduire que le repas moyen revient à près de 13 € aux Caisses des écoles des arrondissements concernés). Plus de 71 % des familles reçoivent une facture de moins de 5 € par repas, précise le communiqué.

Coopératives : Terre Atlantique et Matha ont acté leur fusion

Les coopératives Terre Atlantique et Matha, toutes deux implantées en Charente-Maritime, ont, tour à tour les 26 et 27 mai, acté leur projet de fusion en assemblée générale extraordinaire. Celle-ci prend effet immédiatement. Plus précisément, c’est Terre Atlantique qui absorbe Matha : Terre Atlantique conserve donc son identité, mais accueille les 600 adhérents de Matha. Elle passe donc à 161,6 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires (au 30 juin 2025), avec les 14,3 M€ en provenance de Matha, et à un peu plus de 400 000 t de collecte (35 000 t pour Matha en 2025). « Engagé depuis fin 2025 avec la signature d’une lettre d’intention, la mise en place d’un comité de pilotage et la réalisation d’audits dans les différents domaines d’activités, ce rapprochement vise à construire un ensemble coopératif plus solide », précisent les deux entités. L’objectif est aussi « de renforcer la compétitivité et la création de valeur, d’optimiser les organisations et les coûts, de développer les services aux adhérents et de consolider les filières agricoles locales ». Avec ses six sites et ses filiales spécialisées, la coopérative de Matha apporte « des complémentarités naturelles » à Terre Atlantique, « contribuant à renforcer l’offre globale et la couverture territoriale du futur ensemble ». (Anne Gilet)

Coopératives : Christophe Richardot devient coach chez Visconti

Directeur général de Dijon Céréales de juillet 2018 à décembre 2025 et directeur général de l’Alliance BFC (Dijon Céréales, Bourgogne du Sud et Terre Comtoise) de décembre 2017 à mars 2025, Christophe Richardot vient de rejoindre le cabinet Visconti Partners, spécialisé dans le coaching de dirigeants. Il y sera coach exécutif. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 15 juin 2026

Lundi 15 juin 
Session plénière du Parlement européen, à Strasbourg jusqu'au jeudi 18 (votes sur l'accord UE/Etats-Unis et la révision ciblées de l'OCM le 16, sur les NGT le 17).
Commission de l’Environnement du Parlement européen, à Strasbourg (vote sur les NGT)
Sommet du G7 à Évian-les-Bains (Haute-Savoie), jusqu’au 17

Mardi 16 juin
L'Agence bio présente les chiffres de la production et du marché 2025
Journée des organisations de producteurs de lait
Conférence de presse de lancement de la campagne Ail de France
Conférence de presse de présentation du salon Med'Agri, à Avignon
Conférence de la Métropole de Montpellier sur l'eau et le vin, à Montpellier
Conférence de presse sur la phytothérapie organisée par De Sangosse
Colloque « eau et climat » dans le bassin Rhône-Méditerranée
Visioconférence de France gaz sur le CO2 biogénique

Mercredi 17 juin
Examen du projet de loi d'urgence agricole au Sénat (commission)
Salon annuel et soixante ans de Restau'Co
Congrès international des fruits rouges, à Huelva (Espagne)
Salon Lin'Ovation 2026 organisé par Arvalis, dans la Somme
Comité des obstacles techniques au commerce de l’OMC, à Genève

Jeudi 18 juin
Assemblée générale élective du Marché du porc français, à Plérin
Assemblées générales du Synalaf (volailles label) et de Fedelis, en Corrèze
Assemblées générales de Solagro et d'Afterres, à Toulouse
Assemblée générale du Geco Food Service (fournisseurs de la restauration)
Conférence de presse du Jambon de Parme, à Paris

Vendredi 19 juin
Bourse maritime agricole Port Atlantique La Rochelle
15e édition de la Moisson des brasseurs