Taxes américaines : Trump impose une nouvelle taxe de 10% pour l'UE, Bruxelles soulagée
L’administration américaine a décidé, le 23 juillet, la mise en place dès le 24 juillet d’un nouveau droit de douane à l’encontre des importations de soixante partenaires commerciaux au motif qu’ils ne lutteraient pas suffisamment contre les importations de biens issus du travail forcé. Cette annonce était attendue après le lancement d’une consultation publique le 2 juin. Concrètement, ces tarifs douaniers peuvent varier entre 10 % et 12.5% en fonction de l’implication à lutter contre le travail forcé. Plusieurs produits ont aussi été ajoutés aux exemptions déjà envisagées comme certains sucres ou certains intrants destinés à la fabrication d’engrais et de pesticides. De son côté, L’UE, qui dispose d’une législation en la matière mais jugée insuffisante par les Etats-Unis, figure dans la liste des pays taxés à 10% et Bruxelles a fait part de son soulagement après cette annonce. « L'UE se félicite que ce résultat soit conforme aux engagements américains sur les droits de douane », a indiqué Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du Commerce faisant ainsi référence à la limite de 15% négocié à l’été 2025 dans le cadre de l’accord de Turnberry. A cela s’ajoute le fait que ce taux de 10 % est « tout compris » et qu'il ne se cumule pas au droit de la nation la plus favorisée lorsque la somme fait plus de 10%.
Pac : la répartition des aides, notamment aux retraités, au centre des débats des eurodéputés
Plus de 3500 amendements ont été déposés par les eurodéputés des différents groupes politiques de la commission de l’Agriculture (Comagri) sur le projet de rapport préparé par l’Allemand Norbert Lins (droite) sur la future Pac. C’est sur les modalités d'attribution des aides directes (plafonnement, dégressivité, paiement redistributif et définition de l''agriculteur actif) que se concentrent l'essentiel des débats. Un sujet notamment est discuté : les aides accordées à des agriculteurs retraités que la Commission européenne propose de supprimer d’ici 2032. Le groupe centriste Renew suggère que les Etats membres instaure « une limitation du soutien du revenu en fonction de l'âge de la retraite, tel que défini par leur législation nationale « . Au contraire, les sociaux-démocrates font un proposition assez proche : les retraités dont l'activité principale n'est pas l'agriculture devrait bénéficier d'un soutien réduit de 50 %. A droite le PPE, opposé à cette mesure, estiment qu’il devrait revenir aux États membres de décider s’ils veulent ou non soutenir ces agriculteurs retraités. Les discussions vont donc maintenant se poursuivre avec les rapporteurs fictifs de chaque groupe politique sur ce texte afin de dégager des amendements de compromis tout au long du second semestre avec pour objectif de finaliser une position de la Comagri d’ici la fin de l’année.
Loi d'urgence agricole : Insoumis et écologistes saisissent le Conseil constitutionnel
Des députés Insoumis et écologistes ont saisi le 24 juillet le Conseil constitutionnel sur la loi d’urgence agricole, dont ils contestent de nombreuses dispositions, notamment la réintroduction sous conditions de certains pesticides interdits. Le recours des députés argue d’abord que les dispositions relatives à l'acétamipride n’ont pas de lien avec le projet de loi initial, et devraient donc être censurées comme cavalier législatif. Ils rappellent que les amendements portant cette mesure avaient été à ce titre considérés comme irrecevables à l’Assemblée nationale, avant d’être acceptés au Sénat. Sur le fond, les requérants estiment que le législateur n’a pas suffisamment encadré ces dérogations «dans l’espace». Ils attaquent également le fait que pour la flupyradifurone, l’enrobage de semences de betterave soit prévu «a priori de toute constatation de l’apparition d’une menace». Ils estiment également que la mesure instaure «un principe d’automaticité de l’autorisation» par l’Anses, au détriment du droit à la participation du public aux décisions ayant une incidence sur l’environnement. Le recours attaque également de multiples dispositions sur l’eau, volet central du texte (participation du public, doublement des volumes stockés à 2035), et d’autres mesures, comme sur le loup ou l’élevage.
Bassines : la justice ordonne le démantèlement de quatre réserves en Charente-Maritime
Le tribunal administratif de Poitiers a ordonné, le 23 juillet, le démantèlement de quatre réserves de substitution en Charente-Maritime, laissant trois ans à l’Association syndicale autorisée d’irrigation (ASAI) des Roches pour remettre les sites en état. Le contentieux trouve son origine dans l’autorisation préfectorale accordée à « cinq réserves de substitution destinées à l’irrigation de 850 hectares de parcelles agricoles » à Cram-Chaban, La Laigne et La Grève-sur-Mignon, selon un communiqué du tribunal. Suivant les conclusions du rapporteur public, la juridiction administrative a donné en partie raison à l’association Nature Environnement 17 (NE17), qui dénonçait notamment une « étude d’impact lacunaire », le « surdimensionnement des réserves », la « construction pendant les recours », le « non-respect des arrêtés de mise en demeure » et les « remplissages illégaux ». Le jugement concernant la cinquième réserve a été renvoyé, en raison d’un manque de base légale, a précisé à l’AFP Marie Bomare, juriste de NE17. L’ASAI des Roches a annoncé faire appel, estimant cette décision « en décalage avec les priorités que la nation vient de se fixer en matière de sécurité de l’approvisionnement en eau et de souveraineté alimentaire ». Les irrigants soulignent que le délai de trois ans leur offrira « le temps nécessaire pour déposer un dossier complet visant à régulariser la situation administrative des réserves ».
Engrais : les OS et l’Afcome appellent à élargir la période d’éligibilité des aides d‘urgence
Dans un communiqué commun du 24 juillet, La Coopération agricole, NégoA (négoces) et l’Afcome (commerçants d’engrais) ont réclamé l’élargissement de la période d’éligibilité des aides d’urgence à l’achat d’engrais « du 1er mars et a minima jusqu’au 31 décembre 2026 ». Les organisations jugent la fenêtre actuelle, allant du 1er juin au 30 septembre, trop courte pour être réellement efficace. Elles rappellent que des agriculteurs ont acheté des engrais bien avant le 1er juin, « en particulier à partir du mois de mars », lorsque les prix ont flambé suite à la fermeture du détroit d’Ormuz. Elles jugent ensuite que « la date du 30 septembre 2026 est trop restrictive au regard des délais de commande, conditionnement, livraison et facturation observés sur le terrain ». Elles rappellent que l’enveloppe de 145 M€ est censée soutenir les achats de près de 2 Mt d’engrais. Enfin, « en concentrant les achats sur une période aussi courte, le dispositif crée mécaniquement un afflux de demande sur le marché des engrais ». Sachant que les tensions sont toujours présentes au Moyen-Orient « cette combinaison alimente la hausse des prix et affaiblit l’impact économique de l’aide destinée aux agriculteurs ».
Bio : le salon Natexpo parrainé par le ministère, mais pas de budget à la clef
L’édition 2026 du salon Natexpo, qui réunira les professionnels de la bio à Lyon fin septembre, se tiendra « sous le parrainage du ministère de l’Agriculture », ont annoncé les organisateurs (Maison de la bio, Spas organisation) dans un communiqué le 20 juillet. Pour autant, « ce parrainage n’emporte pas de soutien financier ni d’organisation de la part du ministère », précisent-ils à Agra Presse. Le parrainage constitue « une marque de reconnaissance institutionnelle » et « témoigne de l’intérêt porté par le ministère aux thématiques traitées et aux échanges qui s’y tiennent », expliquent-ils. Natexpo est autorisé à faire mention de ce parrainage dans sa communication. La Rue de Varenne a déjà parrainé l’évènement en 2019, 2020, 2021 et 2023, précisent les organisateurs. Cette annonce se fait dans un contexte de rebond pour la bio. Pour rappel, le marché de la bio a redémarré progressivement l’an passé après plusieurs années de crise. En 2025, selon le baromètre de la consommation bio présenté au dernier salon de l’Agriculture, 59 % des Français interrogés ont déclaré avoir consommé du bio au moins une fois par mois (contre 54 % l’année précédente) et 35% au moins une fois par semaine (contre 30 %).
Saisonniers : vers un élargissement calendaire et géographique du logement sous tente
Lors du 14e Comité national de pilotage de la mission interministérielle sur la prévention du mal-être en agriculture, le 30 juin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé sa volonté de prendre un nouvel arrêté étendant les possibilités de logement sous tente des saisonniers. Le dernier projet de texte connu élargit la période jusqu'au 30 septembre et la zone géographique à de nouvelles régions (Rhône, Côte-d'Or, Saône-et-Loire et Yonne). Ce faisant, le texte encadrerait le logement sous tente, fixant par exemple une hauteur minimale de 2 m. Actuellement, la réglementation ne permet de déroger à l'interdiction du logement sous tente que dans 15 départements au sud de la Loire (excluant notamment la Gironde), du 1er juin au 15 septembre. Cette décision intervient après qu'en mars dernier, une dérogation donnée par la préfecture de Saône-et-Loire a été révoquée par l’État, comme le relataient Les Echos (article payant). Dans un communiqué du 23 juillet, la CFDT Agri-Agro estime que «cette nouvelle dérégulation sans engagement réel à résoudre structurellement le problème est indigne de notre République». Le syndicat de salariés annonce qu'il attaquera le texte au Conseil d'Etat. Lors d'un vote consultatif sur le projet d'arrêté, les syndicats CFDT Agri-Agro, Fnaf CGT, et FGTA FO se sont prononcés contre, tandis que la CFE-CGC et la CFTC se sont abstenus. La FNSEA s'est également abstenue. Le texte serait actuellement sur la table du ministre du Travail, M. Farandou.
Bourgogne: Pierre Damoy racheté Louis Roederer, plusieurs centaines de millions d'euros en jeu
La maison Louis Roederer a annoncé le 24 juillet dans un communiqué l’officialisation, après des mois de négociations ardues, du rachat de l’illustre domaine Pierre Damoy, AOC Gevrey-Chambertin, en Côte d’Or. Louis Roederer réalise là sa première acquisition en Bourgogne. Pierre Damoy, surnommé «Monsieur Chambertin», possède avec ses associés près de huit hectares, soit 10% des grands crus de Gevrey-Chambertin. La maison est surtout la principale propriétaire du très prestigieux Chambertin Clos-de-Bèze, dont elle détient un tiers. Louis Roederer, maison indépendante et familiale à la tête de plus de 1.110 hectares de vignes en France et dans le monde, cherchait depuis longtemps à poser un pied en Bourgogne, passant notamment près d’emporter, en 2017, l’illustre Clos de Tart, à Morey-Saint-Denis. Ce clos avait finalement été adjugé à François Pinault pour un montant record de 280 millions d’euros. Cette somme a-t-elle été battue ? Le prix de la transaction n’a pas été divulgué, ni par Roederer ni par Damoy, qui est resté muet. Selon les prix communément admis, un grand cru bourguignon prestigieux s’arrache pour 2 à 3 millions d’euros l’ouvrée, un hectare faisant 24 ouvrées. Damoy vaudrait donc, au prix «catalogue», entre 350 et plus d’un demi-milliard d’euros. Selon des sources proches du dossier, le prix aurait cependant été plus proche des 300 millions, ce qui relance quand même les craintes sur la flambée du foncier viticole en Bourgogne.
Vin : reprise par le domaine Lafage, la coop GICB devient Terrasses Vermeilles
Le tribunal de Perpignan a autorisé le rachat des activités de la coopérative viticole GICB (Groupement interproducteurs Collioure Banyuls) par le domaine Lafage, a annoncé cette entreprise familiale dans un communiqué le 24 juillet. À cette occasion, la coopérative – qui regroupe « 60 % de la production des appellations Banyuls et Collioure » (500 producteurs sur 500 ha – sera rebaptisée Terrasses Vermeilles. En 2025, elle avait produit 10 000 hl et commercialisé « près d’un million de bouteilles ». La coop était endettée à hauteur de 20 millions d’euros (M€), retrace Ici (ex-France bleu) le 24 juillet. Et le média public de préciser : « Unique candidat à la reprise, Lafage rachète le GICB pour 1,5 M€ et s'engage à investir 10 M€ dans les prochaines années ». Auprès d’Ici, le président du GICB Laurent Barreda a fait part de son « immense soulagement », estimant que « la survie de la viticulture sur la Côte Vermeille […] est assurée ». « Lafage va augmenter le prix moyen du kilo de raisin », ajoute l’élu (à 2 €/kg au lieu de 1,70 €/kg). Dans son communiqué, le domaine Lafage – qui rassemble « six propriétés d'une cinquantaine d'hectares chacune », selon son site – indique que son projet vise notamment « assurer la continuité des activités » et à « redonner des perspectives durables ».
Maïs fourrage : précocité record des ensilages, signale Arvalis
Dans un communiqué du 24 juillet, Arvalis pointe « des récoltes extrêmement précoces déclenchées par un stress hydrique intense » en matière de maïs fourrage. Contactée par Agra Presse, Anne-Sophie Colart, animatrice de la filière maïs fourrage pour Arvalis, précise que « le fait d’avoir autant de surfaces récoltées aussi tôt, c’est du jamais vu. Les premiers échos de coupes remontent au 5-6 juillet, dans les bocages vendéens ». Aucun taux d’avancement précis des ensilages n’a pu être obtenu au niveau national. « Mais ils devraient bien avancer la semaine prochaine », prévient l’experte. Elle explique que les premières coupes ont concerné les parcelles les plus dégradées. L’animatrice rappelle qu’il est tout de même important de ne pas récolter trop tôt, sous peine d'affecter potentiellement les capacités de conservation des fourrages. Elle indique par ailleurs que des surfaces théoriquement destinées au maïs grains ont dû être ensilées. « La grande question est : combien de surface de maïs grains passera en fourrage ? Nous n’avons pour l’instant aucune estimation précise, mais il est évident que ce sera plus élevé que d’habitude », déclare Anne-Sophie Colart.
Maïs grain : les conditions de cultures se dégradent encore (FranceAgriMer)
Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 24 juillet, FranceAgriMer (FAM) relève une nouvelle dégradation des conditions de cultures de maïs grain en France. Entre les 14 et 20 juillet, elles sont jugées bonnes à très bonnes dans seulement 38 % des cas, contre 40 % la semaine précédente, et 69 % l’an dernier à la même période. Le stade floraison femelle est en avance, et passe de 66 % à 87 % d’une semaine sur l’autre, contre 80 % en 2025 à la même époque, et 60 % sur la moyenne cinq ans. « La date médiane de ce stade présente deux jours d’avance par rapport à 2025 et sept jours d’avance par rapport à la moyenne cinq ans », peut-on lire dans le rapport. Le stade floraison femelle constitue une phase très sensible de développement des maïs, spécialement face au manque d’eau. Alors que des pluies étaient attendues lors de la deuxième quinzaine de juillet, elles ne sont finalement pas arrivées, ou alors dans des quantités insuffisantes. La semaine prochaine s’annonce également chaude et sèche (malgré des épisodes orageux dans certaines régions prévues ce week-end par Météo France), risquant de dégrader encore l’état des cultures. Notons que les récoltes de blé tendre, d’orges et de blé dur sont terminées.
Blé tendre : le Maroc prolonge d’un mois les droits de douane sur les importations
Selon un article de l’agence Ecofin du 24 juillet, les autorités marocaines ont décidé le 22 juillet de prolonger d’un mois les droits de douane sur les importations de blé tendre, qui courent désormais jusqu’au 31 août. Pour rappel, ces droits s’élèvent à 170 %, courraient du 1er juin au 31 juillet, et sont utilisés pour protéger le marché marocain, privilégiant la récolte locale. Cette dernière s’annonce bonne cette année, grâce aux importantes précipitations survenues lors de la présente campagne culturale. Contactés par l’agence Ecofin, les responsables de la Fédération nationale des meuniers et de la Fédération nationale des commerçants de céréales et de légumineuses expliquent que le gouvernement a agi en ce sens car la collecte des céréales a progressé plus lentement que prévu. Le pays avait auparavant souffert d’une importante sécheresse sur plusieurs années, ayant déclenché des récoltes catastrophiques. Mais cette année sera donc différente. Le Maroc constitue une très importante destination pour le blé tendre français, spécialement depuis la perte du débouché algérien.
Bovins viande : Washington relance les importations de bétail mexicain après un an d'arrêt
Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a annoncé le 24 juillet la reprise prochaine des importations de bétail mexicain, plus d’un an après la suspension provoquée par une discorde sur la lutte contre la lucilie bouchère. Un point d'entrée a été ouvert en Arizona. D’autres points d’entrée seront rouverts plus tard, «sous réserve du respect par le Mexique du Plan d’action conjoint», précise le gouvernement. Les Etats-Unis avaient suspendu en mai 2025 les importations en raison de la prolifération de la lucilie bouchère, un parasite aussi surnommé «mouche à viande» dont les larves attaquent la chair des animaux et peuvent les tuer. Le gouvernement de Donald Trump contestait la stratégie employée par le Mexique pour faire face à ce fléau. «Chaque animal entrant aux États-Unis (...) sera soumis à une inspection complète de l’USDA afin de s’assurer qu’il ne présente aucun signe» du parasite, a précisé vendredi le ministère. La lucilie bouchère est présente au Mexique depuis des années mais a fait son retour sur le territoire américain début juin. Selon les données officielles américaines, 42 cas de détection de la lucilie bouchère ont été référencés dans le pays depuis, dont 9 sont jugés «actifs». Les Etats-Unis avaient réussi à éradiquer l’insecte en 1966 puis étaient parvenus à éliminer une résurgence dans le sud de la Floride en 2017.
Elevage : la FAO adopte un plan d’action contre les maladies animales transfrontalières
A l’occasion de la 30e session du Comité de l’agriculture (COAG), le 24 juillet, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a adopté un nouveau plan d’action pour la transformation durable de l’élevage. Selon l’organisation basée à Rome, ce programme est volontaire, non contraignant, piloté par les pays et il s’adresse à l’ensemble des parties prenantes du secteur de l’élevage. Il repose sur quatre domaines d’action prioritaires : la sécurité alimentaire, la nutrition et les régimes alimentaires sains ; l’amélioration des moyens de subsistance et la croissance économique inclusive ; la santé animale selon l’approche « Une seule santé » ; l’utilisation des ressources naturelles, l’action climatique et la biodiversité. La FAO assure qu’elle pourra « assurer différentes fonctions pour soutenir la mise en œuvre du programme, notamment en aidant les gouvernements à élaborer des plans d’action nationaux ou régionaux ». Par ailleurs, l’état d’avancement de la mise en œuvre du plan sera examiné périodiquement par le sous-comité de l’élevage qui pourra aussi formuler des recommandations.
Lait : la concentration des centrales d’achat explique la vente de Triballat, selon son président
Hugues Triballat, président de la laiterie Triballat à Rians (Cher), s’est expliqué au sujet de l’entrée en négociations exclusives avec Lactalis annoncée le 23 juillet. Selon lui, il est très difficile de continuer à se développer lorsqu’on n’a « pas la taille suffisante pour rivaliser avec des centrales d’achats si peu nombreuses », soulignant que « quatre centrales d’achat achètent 80% de la crèmerie en France » dans une déclaration à Agra Presse. « La grande distribution refuse parfois 1% de hausse que nous demandons, ou impose des baisses, ce qui affaiblit l’entreprise sur le long terme », selon lui. En intégrant le groupe Lactalis, Triballat va pouvoir bénéficier de la force de frappe d’un acteur de poids dans les négociations avec la distribution. Lactalis de son côté va compléter son portefeuille dans l’ultra-frais avec la marque Rians et dans les fromages AOP avec des produits tels que l’époisses, le crottin de chavignol et le selles-sur-cher. Triballat a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2025, selon la société, en incluant ses filiales en Espagne et aux Etats-Unis, mais sans dévoiler sa rentabilité. Elle détient 17 sites industriels dont 14 en France, et emploie 1600 salariés.
Produits laitiers : les achats des ménages orientés à la baisse en 2025
Selon le dernier rapport Consommation des produits laitiers publié le 22 juillet par FranceAgriMer (données Worldpanel by Numerator), les ventes en volumes de lait et de produits laitiers auprès des ménages français ont stagné ou baissé en 2025 à l'exception de l'ultra-frais. « Les quantités achetées par les ménages français de lait conditionné ont diminué de 2,1 % en 2025, par rapport à 2024. Le total des volumes est ainsi passé sous le seuil des 2 milliards de litres, dans la suite d’une tendance longue de déconsommation », peut-on lire. Seuls trois segments ont été en croissance : le lait de chèvre, le lait écrémé et les laits spécifiques. Alors que les volumes de crème conditionné achetés avaient augmenté de 3,4 % en 2023 et de 1 % en 2024, ils se sont légèrement repliés en 2025 (- 0,4 %/2024). Les quantités de beurre achetées ont connu une baisse moins forte (- 1,7 %) que celle des deux autres produits : la margarine a perdu 4,5 % de ses volumes et les achats de matière grasse allégée se sont réduits de 6 %. Après une progression de 1,1 % en volume, en 2024, les achats de fromages par les ménages français sont restés globalement stables en 2025 (+ 0,2 % en volume). En revanche, les achats de produits ultra-frais ont poursuivi leur progression à +1,3 %, grâce notamment aux yaourts (+ 2,6 %).
Forêts : deux propositions de loi sur l’adaptation aux effets du changement climatique
Alors que plus de 50.000 hectares de forêt ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en France, deux propositions de loi (PPL) consacrées à l’adaptation des forêts au changement climatique, et à leur reconstitution en cas d’incendies, ont été déposées, le 23 juillet à l’Assemblée nationale. La première PPL, portée par Hendrik Davi (Écologiste et social, Bouches-du-Rhône) entend adapter la politique forestière aux effets du changement climatique. Le texte prévoit notamment la création d’un fonds national d’adaptation des forêts au risque d’incendie, le développement d’une sylviculture durable, avec un meilleur encadrement des coupes rases et des modalités de récolte. Il vise également à renforcer la transparence des documents de gestion forestière, à conditionner les aides de l’État à des pratiques favorables au stockage de carbone, à la biodiversité et à la diversification des peuplements, et à soutenir les groupements forestiers engagés dans des démarches de gestion durable. Le texte prévoit enfin de renforcer les moyens humains de l’ONF et du CNPF. La seconde PPL, déposée par François Jolivet (Horizons et Indépendants, Indre), vise à instaurer une souscription nationale pour la reconstitution des forêts sinistrées par les incendies. Inspiré du dispositif mis en place après l'incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, le mécanisme serait déclenché par décret en cas de sinistre dépassant un seuil fixé par le Conseil d'État et serait ouvert pendant vingt-quatre mois.
Distribution : Carrefour annonce un 1er semestre bénéficiaire
Carrefour a annoncé le 23 juillet un bénéfice net de 30 millions d’euros au premier semestre, après une perte « atypique » de 401 millions d’euros l’année dernière liée à une « moins-value » sur la cession de sa branche italienne. Délesté de ses activités italiennes et depuis peu de sa branche roumaine, Carrefour a fait état de ventes (taxes et carburants compris) en hausse de 2,1% à périmètre comparable, à 43,8 milliards d’euros, malgré le contexte volatile lié à la guerre au Moyen-Orient. En dépit notamment de la hausse des prix des carburants qui a pesé sur le pouvoir d’achat des ménages, « la consommation alimentaire a bien résisté au premier semestre », a souligné le directeur exécutif finances et gestion du groupe, Matthieu Malige, lors d’une conférence téléphonique avec les agences de presse. Le groupe, qui a dévoilé en février son plan stratégique à horizon 2030, s’est recentré sur ses trois « pays cœur », dont la France, où il est deuxième du marché et où les ventes ont progressé, à périmètre comparable, de 1,1%. Tous les formats (hypermarchés, supermarchés, proximité) y affichent une « croissance positive » au deuxième trimestre, grâce notamment à des investissements dans les baisses de prix.
Distribution : Carrefour perquisitionné après une plainte de Naouri
Les bureaux du PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, et ceux de ses proches lieutenants ont fait l'objet d'une perquisition le 3 février, dans le cadre d'une procédure déclenchée par une plainte de l'ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri, lui-même condamné en janvier, a indiqué le 22 juillet une source judiciaire. La plainte de M. Naouri, avec constitution de partie civile, a été déposée le 9 juillet 2024 pour « manipulation de cours », « délits d'initiés » et « association de malfaiteurs » et a automatiquement entraîné l'ouverture d'une information judiciaire, selon la source judiciaire. « Le réquisitoire introductif », en date du 3 juin 2025, vise, outre les qualifications susmentionnées, les chefs de « diffusion d'informations fausses ou trompeuses », « corruption privée active » et « complicité et recel de ces délits », a-t-elle précisé. Deux juges d'instruction ont été cosaisis. Carrefour, « réfute fermement toutes les accusations dont le Groupe fait l'objet ». Selon la Lettre, les juges d'instruction s'intéressent à une éventuelle tentative de rapprochement entre Carrefour et Casino en septembre 2018, ainsi qu'à ses supposées attaques contre Casino, par l'intermédiaire de fonds de vente à découvert, pour arriver à ses fins.
Distribution : Casino obtient le feu vert des banques pour restructurer sa dette
Les créanciers bancaires du groupe Casino ont « donné leur accord de principe » aux conditions posées par le conseil d'administration du distributeur concernant la restructuration de sa dette, a indiqué le 22 juillet Casino dans un communiqué. Le groupe va donc désormais pouvoir « lancer la procédure de modification des plans de sauvegarde et la signature des protocoles de conciliation en vue d'une mise en œuvre » de sa restructuration financière « d'ici la fin du second semestre 2026 ». Casino doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027, un montant qu'il souhaite largement réduire. Le 10 juillet, le conseil d'administration de Casino avait émis un avis favorable au plan de restructuration de Daniel Kretinsky, principal actionnaire, à condition que les «créanciers TLB» (investisseurs hors banque ayant prêté de l'argent au groupe via des prêts à long terme) aient accès «au package de sûretés des banques», ensemble des garanties que l'emprunteur apporte à ses créanciers. Et que les banques «lèvent la condition suspensive de leurs financements», fixée jusqu'ici à l'accord de la majorité des deux tiers des créanciers TLB. Les banques ont accédé à ces demandes. Les discussions entre Daniel Kretinsky et les créanciers prévoyaient jusqu'ici que Casino ne soit pas considéré comme étant en défaut de paiement jusqu'au 26 juillet, le temps de renégocier sa dette.