Incendies en Gironde : les agriculteurs invités à se signaler auprès de la chambre
Face aux incendies qui touchent actuellement la Gironde, les agriculteurs souhaitant apporter leur aide sont invités à se signaler au préalable sur le site de la chambre d'agriculture de la Gironde, indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 27 juillet. « Pour être pleinement efficace et garantir la sécurité de tous, cette mobilisation doit impérativement s’inscrire dans un cadre coordonné avec les secours », souligne Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, appelant les volontaires à suivre les consignes de la préfecture et de la chambre d’agriculture. Ce recensement doit permettre à la chambre, en lien avec la préfecture, de recenser les agriculteurs volontaires, mais aussi les ressources agricoles mobilisables afin de les déployer dans les secteurs où les besoins sont les plus importants. Le ministère rappelle que, si cet élan de solidarité est « important », il doit s’inscrire dans un cadre coordonné afin de garantir une action à la fois « efficace, utile et sûre ». Des initiatives prises sans coordination avec les sapeurs-pompiers sont en effet susceptibles d’exposer les volontaire à des risques importants et de compliquer les opérations de secours en cours.
Sécheresse : vers un coût supérieur à celle de 2022, selon Monique Barbut
La sécheresse « historique » en France se traduira par des coûts supérieurs aux 5,6 Md€ estimés pour celle de 2022 (comprenant l’agriculture), a déclaré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, le 27 juillet. « Pour la sécheresse de 2022, ce coût avait été évalué à 5,6 Md€, dont 3,5 Md€ pour les seules fissures des maisons individuelles liées au retrait-gonflement d'argile, 1,1 Md€ de pertes de production agricole et une production hydroélectrique en recul de 20 % », a-t-elle rappelé. « Cette année, ces chiffres seront supérieurs », a-t-elle ajouté, en ouverture d'un Comité d'anticipation et de suivi hydrologique au ministère. Il faudra y ajouter les coûts liés aux feux de forêts en cours, et la nouvelle vague de chaleur annoncée cette semaine « va encore accentuer cette sécheresse déjà historique ». Alors que 62 départements sont au niveau « crise » concernant les restrictions d’usage de l’eau, la ministre a déclaré que « respecter les mesures de restriction n'est pas un choix, c'est un devoir. Si j'ai conscience des difficultés auxquels les agriculteurs font face, il n'est pas acceptable que les règles soient enfreintes ». La semaine dernière, la Coordination rurale avait appelé les exploitants à ne pas respecter les interdictions d'irrigation prises face à la sécheresse.
Biogaz/sécheresse : la préfecture de Bretagne appelle à modérer l’usage des cultures agricoles
Dans un communiqué du 23 juillet, la préfecture de Bretagne a appelé à « un usage raisonné des cultures agricoles pour la méthanisation afin de répondre prioritairement au besoin de fourrage de l’élevage breton ». Quelques jours plus tôt, la FRSEA et les JA bretons, ainsi que la chambre d’agriculture de Bretagne et l’association des agriculteurs méthaniseurs bretons avaient eux aussi appelé à éviter toute concurrence entre les débouchés énergétiques et fourragers. La préfecture alerte sur le fait que « le département du Morbihan est désormais partiellement placé en niveau de crise » et que « les trois autres départements sont placés au moins partiellement en alerte renforcée ». La sécheresse endommage fortement de nombreuses cultures, dont le maïs, qui dispose d’un important pouvoir méthanogène. La Bretagne compte 280 méthaniseurs environ, sachant que « la très grande majorité sont des petites installations dites « à la ferme », la région comptant très peu d’installations industrielles ou de grande taille », pointent les autorités. Elles rapportent que dans la région, « en moyenne 6 à 7 % seulement des tonnages utilisés dans les méthaniseurs sont du maïs ».
Bovins viande : face aux baisses de prix, la FNB cible des abattoirs du groupe Bigard
Dans une vidéo publiée sur Facebook le 25 juillet, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) Patrick Bénézit appelle les éleveurs à se mobiliser devant des abattoirs du groupe Bigard, afin d’exiger la fin de la chute des prix des bovins viande. Menée de concert avec la FNSEA et les JA, la mobilisation démarrera tôt dans la matinée du mardi 28 juillet. « Une dizaine de sites d'abattage du groupe Bigard seront effectivement visés », précise le syndicaliste auprès du groupe Pamac (Presse agricole du Massif central). Annoncées par communiqué ou dans la presse locale, des actions auront lieu notamment dans l’Ouest (Côte-d'Armor, Vendée, Orne, Sarthe, Maine-et-Loire), dans l’Est (Marne, Côte-d’Or, Saône-et-Loire), ainsi qu’en Auvergne-Rhône-Alpes (Allier), dans les Pyrénées-Atlantiques et dans le département du Nord. Après plusieurs année de flambée, les syndicats dénoncent depuis plusieurs mois une baisse des prix « injustifiée », d’abord au printemps sur les vaches et jeunes bovins engraissés en France, puis plus récemment sur les broutards. Au-delà de Bigard, leader hexagonal de l’abattage, le message de la FNB s’adresse à « tous les maillons » de la filière, appelés à « stopper la baisse » et à « reprendre les hausses », alors que les charges des éleveurs « explosent » et qu’ils ont « une sécheresse à affronter », selon M. Bénézit.
Lait/tunnels de prix : les organisations de producteurs ne sont pas convaincues
Une semaine après l'adoption, dans la loi d'urgence agricole, d'une ouverture possible du principe de tunnel de prix à de nouvelles filières, les organisations de producteurs de lait de France OP Lait craignent, dans un communiqué paru le 27 juillet, que cette disposition, qui doit préalablement être activée par le gouvernement, ne transforme l'indicateur interprofessionnel « en prix plancher, voire en prix administré », et « fragilise la liberté de négociation des organisations de producteurs (OP) et de leurs associations ». Pour Loïc Adam, président de France OP Lait, cité dans le communiqué, « les indicateurs interprofessionnels (...) ne doivent pas se substituer à la négociation des OP ». France OP Lait considère par ailleurs que ces dispositions « présentent une fragilité juridique, en raison de l’atteinte potentielle à la liberté contractuelle et au rôle reconnu aux OP par le droit européen ». De son côté, Yohann Barbe, le président de la FNPL (éleveurs, FNSEA), a indiqué le 22 juillet qu’il demandera la mise en place d’une expérimentation sur les tunnels de prix si aucun accord n’est trouvé au sein du Cniel (interprofession laitière) sur les indicateurs de prix d’ici la fin de l’année 2026. Pour rappel, la Fnil (industriels), la FCD (distributeurs) et la Coopération agricole sont opposés aux tunnels de prix.
Céréales : net repli des cours sur Euronext après des rumeurs de négociations Ukraine-Russie
Les cours du blé tendre, du colza et, dans une moindre mesure, du maïs ont fortement reculé sur Euronext le 24 juillet, à la suite de rumeurs de possibles négociations entre l’Ukraine et la Russie au sujet des exportations de grains via la mer Noire, rapporte Argus Media dans sa note matinale le 27 juillet. Par ailleurs, une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump devrait se tenir le 28 juillet, ce qui suscite des espoirs, ajoute le cabinet. Au Moyen-Orient, la pause dans les bombardements américains sur l’Iran à partir du 24 juillet et les espoirs de reprise des négociations ont fait reculer les cours du pétrole, constituant l’autre facteur baissier. Ces éléments auraient servi de prétexte pour déclencher d’importantes ventes techniques sur les contrats à terme de Chicago, ajoute Argus Media, se répercutant par ricochet sur Euronext. La prudence reste de mise, car la situation logistique en mer Noire n’aurait pas évolué, selon le cabinet d’analyse, et resterait donc très perturbée. Dans un message transmis le 27 juillet à Agra Presse, Matt Ammermann, analyste du cabinet StoneX, pointe le fait, que, en plus d'être une possible « fake news », la proposition de négociation viendrait de l’Ukraine, les chances que « la Russie l’accepte [sont donc] de toute façon faibles ». Et ce d’autant plus que l’Ukraine a récemment attaqué un navire iranien dans la mer Caspienne, laissant peu d’espoir à une accalmie.
Biocarburants : l’Argentine passe de l'E12 à l’E15 et prépare une réforme du secteur
Par un arrêté publié il y quelques jours, le gouvernement de Javier Milei a porté le taux de mélange de l’éthanol à l’essence de 12 % à 15 %, prélude à un plus vaste projet de réforme du marché des biocarburants en cours d'examen au Parlement argentin. « Nous sommes encore loin des taux minimums de 35 % au Brésil et de 30 % au Paraguay », analyse Patrick Adam, le directeur de la chambre argentine des producteurs d’éthanol de maïs. « Mais cette réforme vers un marché dérégulé est porteuse d’espoirs. » Par ailleurs, un projet de loi de l’exécutif, soutenu par l’influente sénatrice Patricia Bullrich, est actuellement examiné en commission mixte parlementaire et a toutes les chances d’aboutir à un vote positif dans le courant des prochaines semaines. « On va passer d’un marché hyper régulé – avec un système de quotas distribués par l’État aux fabricants de biocarburants et des formules de prix encadrés – à un marché dérégulé », décrypte Patrick Adam. « La loi argentine des bio-carburants, en vigueur depuis 2010, a permis de développer l’industrie, mais les quotas sont devenus une source de conflit permanent et les prix garantis ont toujours été déphasés ». (Marc-Henry André)
Biosolutions : l’Abba lance un appel à projets pour accélérer l’innovation
Pour le compte de l’Abba (Association biocontrôle et biostimulation pour l’agroécologie), BPI France a lancé, le 16 juillet, un appel à projets dans le cadre de France 2030 visant à « soutenir et accélérer le déploiement des méthodes de biocontrôle et de biostimulation en agriculture ». L’idée est de renforcer la capacité d’innovation des acteurs privés pour créer « un écosystème plus mature, structuré et durable », de « financer des modèles de collaboration et d’expérimentation en rupture » et ainsi « bousculer toute la chaîne de valeur », pour une adoption plus rapide sur le terrain. L’enjeu est de dépasser « la logique de substitution aux produits conventionnels ». Les candidats ont jusqu’au 9 septembre 2027 pour répondre à l’une des deux thématiques : « projets de création d’entités et d’activités mobilisant des modèles d’affaires disruptifs » ou « projets de démultiplication de l’utilisation de méthodes existantes à fort potentiel de durabilité économique, environnementale et sociale ». L’aide maximale attribuée par projet, sous forme de subventions, sera de 1 M€ pour la thématique 1 et de 2 M€ pour la thématique 2, avec une durée maximale de respectivement quatre et cinq ans. (Anne Gilet)
Biofongicides : Nufarm se procure une technologie de Cérience (Terrena)
Dans un communiqué du 21 juillet, le groupe d'origine australienne Nufarm, spécialisé dans la protection des plantes, a annoncé l'acquisition d'une technologie biofongicide développée par Cérience, filiale appartenant au groupe coopératif français Terrena, en partenariat avec l’italien Indena (spécialisé dans les extraits végétaux). Il s'agit d'un produit issu de l'extraction de pépins de raisin, qui sera commercialisé « dès la prochaine saison, avec un premier déploiement en France, notamment sur les vignobles, les pommes de terre et les fruits à pépins », explique Nufarm dans le communiqué. Les agents pathogènes visés sont, entre autres, Plasmopara viticola, Phytophthora infestans et les espèces du genre Venturia. Le groupe ajoute que le produit « s’appuie sur le brevet européen EP2189062 d’Indena et est enregistré en tant que substance de base de l’UE, dont l’homologation a été obtenue en janvier 2025 ». Après l’Hexagone, « qui servira de tremplin », le groupe vise « un déploiement dans d’autres pays de l’UE », prévu « au cours des saisons suivantes », peut-on lire dans le communiqué.
Courgettes : Lidl lance une opération pour soutenir la filière bio française
Lidl France a annoncé le lancement d’une opération de promotion de courgettes bio d'origine France dans ses 1 630 supermarchés, du 27 juillet au 2 août, afin de soutenir les maraîchers confrontés à un pic de production après les épisodes de canicule, indique l'enseigne dans un communiqué. Le filet de 500 g sera proposé à 0,99 € afin d’offrir un débouché « rapide et concret » à ses producteurs partenaires Provence Producteur, Univert et la société Trois Moulins. « Cette opération dédiée à la courgette bio illustre notre modèle de partenariat durable : offrir de la visibilité et des débouchés aux producteurs régionaux, tout en rendant le bio de qualité accessible au plus grand nombre », indique Adrien Laumonnier-Nadal, responsable achats Fruits et légumes Lidl France. Plus largement, l’enseigne rappelle que les fruits et légumes d’origine française représentent 73 % de son offre (hors agrumes et fruits exotiques) et indique exporter près de 1 Md€ de produits à travers l’Europe. L’annonce de Lidl intervient après que sa politique d’approvisionnement a été critiquée par plusieurs organisations professionnelles. Le 15 juillet, la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF, FNSEA) lui avait reproché à de commercialiser des abricots importés de Turquie, en pleine saison nationale. Une semaine plus tard, c’était au tour des aviculteurs de la CFA (FNSEA) de dénoncer le recours à des œufs importés dans les magasins Lidl.
Forêt : le CGAAER propose d'élargir les prérogatives des Safer en Corse et Nouvelle-Aquitaine
Dans le cadre de la lutte contre le mitage forestier et la cabanisation, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) estime, dans un rapport publié le 27 juillet, que l'expérimentation conduite en Île-de-France depuis 2017 (et pérennisée en 2020), consistant à confier à la Safer, seule, un droit de préemption sur les parcelles boisées de moins de 3 ha, a été « concluante ». Les hauts fonctionnaires proposent de relever le plafond de ce dispositif à 4 ha et de l'étendre pour cinq ans à la Corse – qui est à l'origine de cette demande, et où règne actuellement un « désordre foncier » (absences de propriétaires identifiés, parcelles non délimitées...) –, ainsi qu'à la Nouvelle-Aquitaine, très touchée par la cabanisation et les risques afférents en cas d'incendies. Les auteurs rappellent qu'il existe un nombre important de possibilités juridiques de préemption ou de droit de préférence qui peuvent intervenir lors de la vente d’une parcelle boisée, mais qu'elles sont complexes, coûteuses et sans effet sur la spéculation. Le prix à l’hectare des terrains forestiers a augmenté de 40 % en dix ans, notamment en Île-de-France, Paca, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, où la demande en résidences secondaires et en terrains constructibles est forte.
Enseignement agricole : Luc Maurer nommé à la tête de la DGER, par intérim
Selon le compte-rendu du Conseil des ministres du 27 juillet, Luc Maurer est nommé, sur proposition de la ministre de l'Agriculture, directeur général de l’enseignement et de la recherche (DGER) par intérim. Il remplace Benoît Bonaimé, en poste depuis 2022 après son passage au cabinet de Julien Denormandie. Luc Maurer est également un ancien conseiller de cabinet. Il fut le conseiller Pac de Stéphane Le Foll de 2012 à 2016, avant de devenir Draaf des Hauts-de-France, puis d'arriver à la DGER comme adjoint et chef de service de l'enseignement technique.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agra Fil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.