Comme d’autres syndicats, la Coordination rurale a demandé des mesures d’urgence face à la sécheresse. Elle a également appelé à braver les interdictions préfectorales d’irriguer.
Craignant que les dispositifs de prévention du mal-être agricole ne soient rapidement « dépassés » face à la « situation exceptionnelle » de dégradation des comptes des exploitations engendrée par la hausse des coûts de production (engrais, carburants…) et la succession de canicules, la Coordination rurale a demandé aux pouvoirs publics, dans une lettre adressée à Olivier Damaisin, coordinateur interministériel sur le mal-être en agriculture, diffusée le 20 juillet, de mettre en place des mesures d’urgence. Le syndicat demande de renforcer et modifier la gouvernance des cellules d’écoute, pour la recentrer autour des chambres d’agriculture.
Après la Confédération paysanne et la FNSEA, la CR demande aussi des mesures d’urgence. Et d’énumérer les sept demandes suivantes : « allègement exceptionnel des cotisations sociales pour les exploitations les plus fragilisées » ; « aides ponctuelles permettant d’éviter les cessations d’activité » ; exonération exceptionnelle de la taxe foncière sur les propriétés non bâties ; avance intégrale des aides Pac des premier et second piliers « dès le 16 octobre » ; « dérogation totale sur les Surfaces d’Intérêt Écologique » ; « accompagnement humain spécifique des agriculteurs confrontés aux procédures de redressement ou de liquidation judiciaire » ; « accueil médical dédié et de places spécifiquement identifiées dans les établissements psychiatriques pour les agriculteurs confrontés à des situations de grande détresse. »
Appels à désobéir
La Coordination rurale a aussi appelé, dans un communiqué du 22 juillet, à ne pas respecter les interdictions et restrictions d’irrigation émises par les préfectures. « Les interdictions et restrictions d’irrigation ne cessent de pleuvoir de toutes les préfectures de France. Paysans, ne les respectez pas et continuez d’irriguer pour sauver les cultures qui peuvent encore l’être », peut-on lire dans le communiqué. Elle pointe la responsabilité de « trente années d’écologie punitive », et dénonce le rôle « des syndicats agricoles qui ont combattu la création de nouvelles réserves hydrauliques, ou bien de ceux qui se réveillent trop tard ».
Quelques jours plus tôt, des appels similaires ont été lancés par des antennes locales du syndicat dans le Sud-Ouest, grand bassin de production de maïs, très touché par la sécheresse et les restrictions. Dans les Landes, Joël Descat, président de la CR40, expliquait à l’AFP que « des contrôles mettraient le feu aux poudres ». Et d’appeler à braver les interdits. En Haute-Garonne, « s’ils veulent irriguer, ils irriguent […] on sera là pour les défendre », lance le président de la CR31, Maxime Raud. Même position pour la CR du Lot-et-Garonne, où l’irrigation est interdite dans de nombreux secteurs classés en « crise » hydrologique. « N’en tenez pas compte […] Personne n’a le droit de vous interdire quoi que ce soit chez vous », avait lancé la semaine dernière sur Facebook le président du syndicat, José Pérez
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La préfecture lot-et-garonnaise, sollicitée par l’AFP, a rappellé que « l’eau est un bien commun dont la préservation repose sur une gestion équilibrée et un partage équitable entre les différents usages », et invite la présidente de la Chambre d’agriculture du département, Karine Duc, « à relayer ce message » auprès des irrigants. L’élue de la CR47 répond qu’il faut trouver un « compromis » pendant encore « quelques semaines » pour irriguer grandes cultures et vergers.
Au niveau national, la CR n’appelait pas encore à la désobéissance et son secrétaire général, François Walraet, indiquait seulement « comprendre » que « dans le Sud-Ouest, certains soient complètement désespérés avec déjà des pertes de 30 à 40 % sur le maïs ».
MR, KC