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Bovins viande : les prix dévissent, coup de semonce de la FNB

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La chute des prix des bovins viande s’est récemment accentuée et atteint jusqu’à 30 centimes depuis plusieurs semaines. Une baisse « injustifiée » pour la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), qui annonce de premières actions au niveau départemental.

Lors d’une conférence de presse le 29 avril, à la suite de son conseil fédéral, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a dénoncé une baisse « injustifiée » des prix à la production et a appelé la filière à « reprendre ses esprits ». Dans un premier temps, le président du syndicat, Patrick Bénézit, demande « aux éleveurs qui le peuvent d’exiger les tarifs d’avant la baisse », quitte à garder leurs animaux. En parallèle, la FNB a sollicité le ministère de l’Agriculture et a décidé de « laisser libre cours aux sections bovines départementales d’engager des actions ». Sans évolution, « on se réserve le droit d’engager des actions nationales dans les jours qui viennent », prévient M. Bénézit.

Selon cet éleveur du Cantal, les baisses se sont accentuées ces derniers jours, atteignant 10 ct€/kg pour les cotations FranceAgriMer. Soit « 2 M€ pris aux éleveurs par semaine » (à raison de 50 000 animaux abattus). « Ça a commencé par quelques centimes, puis ça s’est accentué mi-avril avec des baisses de 6 ct€/kg sur le gras, retrace-t-il. En cumul depuis plusieurs semaines, on atteint des baisses de 30 centimes dans certaines catégories. »

La FNB « conteste les fondamentaux » de la baisse

Le président de la FNB conteste les arguments avancés par le milieu de filière pour justifier la baisse : recul de la consommation, hausse des importations, surplus d’animaux disponibles. Selon lui, certains abatteurs affirmeraient disposer de stocks importants. « Actuellement, une vache annoncée est prise quelques jours après. Ce ne serait pas le cas si les frigos étaient pleins », rétorque M. Bénézit. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas dupes, nous avons la certitude que certains acteurs du milieu de filière ont l’intention de nous faire payer la hausse de leurs charges provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Il n’y a aucune raison que l’on paye. Nous aussi, nos charges augmentent : le GNR, les engrais le plastique pour les fourrages ou encore les services liés au prix de l’énergie. »

Contestant le surplus d’animaux sur le marché, la FNB rappelle que « 320 000 veaux manquent en France » en raison notamment des effets de la fièvre catarrhale ovine (FCO). « Ces animaux-là vont manquer dans les semaines qui viennent », prévient M. Bénézit. Dans ce contexte de manque d’animaux en Europe, « chercher à faire baisser les prix des jeunes bovins est une erreur stratégique », martèle-t-il. Alors que les premiers broutards de la nouvelle saison arriveront bientôt sur le marché, « les acheteurs étrangers seront aux achats ». Ce qui pourrait favoriser, selon lui, l’export en maigre, au détriment de l’engraissement sur le sol français.

Maigre et gras touchés

Dans un communiqué du 24 avril, les Jeunes agriculteurs alertent, eux aussi, sur la récente chute des prix des bovins viande, soulignant que « c’est l’ensemble des marchés du maigre et du gras qui recule ». Cette baisse intervient « avant même que les premiers veaux d’automne arrivent sur le marché », rappelle le syndicat, et alors que « l’offre reste structurellement basse » et que « la consommation européenne se maintient ». Accusant les « opérateurs de l’aval », les JA menacent de « durcir le ton » si ces entreprises « continuent de comprimer les prix dès que l’occasion se présente ».

Selon les indicateurs publiés par Interbev (interprofession), les cours décrochent dans toutes les catégories d’animaux depuis la semaine 15 (du 6 avril). La semaine suivante, les baisses s’échelonnent entre 1 ct€/kg vif (broutards limousins de 300 kg) et 8 ct€/kgéc (jeunes bovins R et U). Toutes les cotations restent largement supérieures à celles de la même période en 2025. Dans son bulletin Tendances du 23 avril, l’Institut de l’élevage note que, malgré leur fléchissement, les prix des vaches françaises restent supérieurs de 54 centimes à la moyenne européenne ; un écart habituel en raison de l’appétit des Français pour la viande de femelles. Quant aux cours des jeunes bovins, s’ils « s’érodent », cette baisse est « habituelle en cette saison », rappelle l’Idele.

YG

Appel à « exiger les prix d’avant la baisse », quitte à garder les animaux

« 2 M€ pris aux éleveurs par semaine »