Agra Fil du 19 juin 2026

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Engrais : les États membres valident en urgence les ajustements de la Pac

Les États membres ont adopté en urgence, le 17 juin, la proposition de la Commission européenne d’ajustements ciblés de la Pac. Ce texte présenté le 12 juin prévoit notamment un nouveau régime de liquidités financé par des crédits nationaux inutilisés qui pourraient autrement être perdus. Les autres ajustements portent sur le versement anticipé des paiements directs (le taux maximal des avances est porté de 70 % à 75 %) et sur des flexibilités dans les plans stratégiques pour 2027, en permettant une réallocation des enveloppes de paiements directs dans cette dernière année de mise en œuvre des plans stratégiques. Le Parlement européen aussi a prévu un examen en urgence de ce dossier, dès la session plénière de juillet (du 6 au 9). Si le Conseil de l'UE et le Parlement adoptent la proposition de Bruxelles sans y apporter de modification, il ne sera pas nécessaire de mener de négociations en trilogue, le texte pourrait alors être adopté rapidement dans la foulée. Ce règlement entrera en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel de l’UE, permettant ainsi aux États membres de mettre en œuvre au plus vite les mesures de soutien.

Engrais azotés : recul des cours, notamment grâce à l’accord USA-Iran (FranceAgriMer)

Lors de la conférence de presse suivant son Conseil spécialisé grandes cultures le 17 juin, FranceAgriMer (FAM) a indiqué que l’accord annoncé entre l’Iran et les USA, devant déboucher sur la réouverture du détroit d’Ormuz, avait participé au repli des cours des engrais azotés. Reprenant les données de Reuters, l’organisme public signale un recul du prix de l’urée depuis le Moyen-Orient de 205 $/t entre les mois de mai et de juin, pour tomber à 538 $/t (contre 817 $/t en avril, 486 $/t en février et 438 $/t en février 2025). Les opérateurs espèrent une reprise du trafic via le détroit d’Ormuz. D’autres facteurs baissiers sont également cités. Majda En-nourhi, chargée d’études économiques de FAM, pointe la moindre demande des importateurs, qui freinent leurs achats au vu du niveau des prix. À cela s’ajoutent le recul saisonnier de la demande et, enfin, l’assouplissement des restrictions à l’exportation d’urée décidé par la Chine. Prudence néanmoins : l’accord USA-Iran sera suivi d’une période de négociations de 60 jours sur divers sujets – notamment le nucléaire iranien –, susceptible de tout remettre en question. De leur côté, les cours des engrais phosphatés n’ont pas encore connu de détente, prévient l’organisme public.

Engrais : le commerce mondial réduit de 30 % à la suite de la guerre au Moyen-Orient (FAO)

Le commerce mondial des engrais a été réduit de 30 % en volume sur les quatre premiers mois de 2026 dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, indique le 18 juin la FAO, qui s'attend à une reprise « lente et inégale », même si le détroit d'Ormuz rouvrait en juin. De janvier à avril, 41 Mt ont été échangées, contre 58 Mt à la même période en 2025, les agriculteurs repoussant leurs achats devant la flambée des coûts des fertilisants et la faiblesse des cours des céréales, explique l'Organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation. Dans le même temps, plusieurs États, dont la Chine, la Russie, la Turquie, l’Égypte, ont restreint leurs exportations d'engrais, réduisant encore les flux. Pour la FAO, « même si une réouverture progressive d'Ormuz à partir de juin est le scénario principal, la reprise concernant les intrants azotés, phosphatés et soufrés serait lente et inégale, maintenant des prix historiquement élevés bien qu'en recul ». La croissance de la consommation d'engrais avait déjà ralenti en 2025, à 209 Mt, du fait du cours des céréales et, dans certaines régions, de conditions météorologiques défavorables à leur application ou de taux d'intérêt élevés. Mais « des inquiétudes subsistent pour la prochaine campagne agricole 2026-2027 », les achats restant « au point mort » notamment en Europe ou en Amérique du Nord, dit la FAO.

Carburants : un régime d’aides d’État irlandais de 85 M€ validé par Bruxelles

La Commission européenne a approuvé le 17 juin, en vertu du cadre temporaire pour les aides d'État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), un régime irlandais d’aides d’État d'un montant de 85 millions d'euros (M€) destiné à soutenir les entreprises agricoles confrontées à la hausse des prix des carburants et à en réduire l’impact. Dans le détail, ce régime prendra la forme de subventions directes se fondant sur la consommation de carburant en 2025. Les entreprises éligibles pourront recevoir 0,20 € pour chaque litre de gazole acheté entre mars et juillet. Dans son analyse, la Commission européenne a conclu que le régime irlandais est « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique », mais également « qu’il ne fausse pas les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun ». Le régime irlandais sera d’application jusqu’au 31 décembre. Le METSAF permet aux États membres d'apporter une aide aux entreprises de l'agriculture pour couvrir jusqu’à 70 % des coûts supplémentaires dus à la hausse des prix du carburant et des engrais en raison de la crise, et jusqu'à 50 000 € sur la base d'une estimation générale de la consommation de carburant dans le secteur.

Grandes cultures/herbicides : FMC et Corteva concluent un accord autour du rimisoxafen

Les sociétés FMC et Corteva annoncent, dans un communiqué commun, leur accord autour de la stratégie d’approvisionnement et de licence de la substance rimisoxafen de FMC, un herbicide à double mode d’action, jugé « révolutionnaire » pour gérer notamment les situations de résistance. Si FMC conserve tous les droits de propriété de cette molécule, elle la met à disposition de Corteva. Ainsi, « les deux sociétés développeront et commercialiseront leurs propres formulations pour les marchés du maïs et du soja en Amérique du Nord et du Sud ». De son côté, FMC continuera à développer d’autres produits à base de rimisoxafen, pour d’autres cultures et d’autres régions du monde. Cet accord s’étend sur dix ans, avec un acompte initial de 200 M$ versé par Corteva. « Ensemble, les deux sociétés s’engagent à garantir une large disponibilité et une adoption rapide de cette technologie innovante, pour apporter aux agriculteurs des solutions durables de gestion des mauvaises herbes pour les années à venir. » FMC et Corteva précisent que « les premières ventes commerciales sont prévues d’ici la fin de la décennie, sous réserve des autorisations réglementaires ». (Anne Gilet)

Betterave à sucre : un fongicide contre la cercosporiose obtient une dérogation

Dans un communiqué du 16 juin, le spécialiste des produits phytosanitaires Sipcam France (filiale française du groupe italien Sipcam-Oxon) a annoncé l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) dérogatoire pour l’un de ses fongicides appliqué sur les cultures de betteraves sucrières, permettant de lutter contre la cercosporiose. Il s’agit du produit commercial Airone SC, contenant du cuivre. D’une durée de 120 jours, la dérogation a pris effet depuis le 12 juin, et prendra donc fin le 10 octobre. « Il a été démontré par l’ensemble des organismes techniques de la filière qu’Airone SC était incontournable dans les programmes fongicides pour une protection satisfaisante vis-à-vis de la cercosporiose », peut-on lire dans le communiqué. Sipcam ajoute que le produit permet « un gain de rendement significatif quelles que soient les situations, pouvant aller jusque 20 t/ha de betteraves en conditions de fortes pressions cercosporiose ».

Meunerie : la production de farine ukrainienne a baissé d’un tiers à cause de la guerre

Lors d’une intervention durant le congrès européen de la meunerie à Marseille le 4 juin, Konstantin Ignatenko, dirigeant des Moulins de Kiev, a expliqué que la guerre avec la Russie avait engendré une baisse de la production ukrainienne de farine de 30 % environ, estimée actuellement autour de 2,3 Mt/an (3,1 Mt en 2021). Ces chiffres émanent de l’organisation représentant le secteur ukrainien : l’Union Millers of Ukraine (union des meuniers ukrainiens). Les premiers mois de l’invasion du territoire ukrainien ont été particulièrement difficiles pour l’activité, avec environ 200 moulins détruits/endommagés sur les 678 existants. Mais la situation n’a plus bougé par la suite, le pays étant parvenu à maintenir 466 moulins depuis 2022. Konstantin Ignatenko estime que le secteur ne s’est pas effondré : il s’est adapté et s’est stabilisé. Autre point saillant : si la production nationale de blé tendre a plutôt bien résisté à la guerre, passant de plus de 30 Mt en 2021 à un peu plus de 20 Mt en 2025, ce n’est pas le cas de la qualité selon le meunier. La production ukrainienne de blé de haute qualité est passée aux alentours de 7 Mt en 2021 à seulement un peu plus de 1 Mt environ en 2025, d’après l’organisation locale des meuniers.

Semences : Vilmorin annonce un nouveau financement, pouvant atteindre 450 M€

Dans un communiqué du 18 juin, le groupe coopératif Limagrain, via sa filiale spécialisée dans les semences Vilmorin & Cie, a annoncé « le renouvellement de sa ligne de crédit syndiquée (Revolving Credit Facility, RCF), pour un montant pouvant atteindre 450 M€ ». Rappelons que Limagrain avait obtenu fin mai un premier financement de la BEI (Banque européenne d’investissement) pour 300 M€. Ainsi, le groupe coopératif a pu sécuriser en quelques semaines un financement pouvant atteindre jusqu’à 750 M€. Ces fonds serviront à financer ses projets de croissance organique, incluant l’innovation dans le secteur des semences, et « de croissance externe ». L’opération a été « réalisée sous forme de « club deal », rassemblant les principaux partenaires bancaires historiques du groupe ». Le montant initial du RCF est de 300 M€. Il offre « une maturité de cinq ans (échéance mai 2031) et comporte une option d’extension de deux années supplémentaires, ainsi que la possibilité d’activer une ligne supplémentaire de 150 M€ », pour atteindre les 450 M€ mentionnés, détaille Limagrain.

MAEC : l'inquiètude monte autour du cofinancement de l'enveloppe de 40 M€

Un mois après qu'Annie Genevard a annoncé que 40 millions d'euros (M€) issus des reliquats d'aides bio iraient aux MAEC (pour les zones intermédiaires et la bio), la chambre d'agriculture de région du Centre-Val de Loire regrette, dans une motion adoptée en session le 12 juin, qu'« aucune garantie n'a été apportée sur la mobilisation de ce cofinancement par le ministère de l’Agriculture, créant une incertitude forte pour les exploitations et les dispositifs MAEC ». Faute de subside du ministère, des discussions ont débuté avec les agences de l'eau pour financer les MAEC visant l'agriculture biologique. Concernant les zones intermédiaires, « le ministère nous refuse le cofinancement », indique le président de la chambre Maxime Buizard-Blondeau, par ailleurs vice-président des Jeunes agriculteurs (JA). Selon des sources proches du dossier, au moins deux conseils régionaux (Occitanie et Bourgogne-Franche-Comté) ont été approchés par les services déconcentrés de l'État pour compléter le cofinancement national. Et ils ont refusé. « Plus les semaines passent, plus il sera difficile de convaincre les agriculteurs, car les MAEC engagent l'assolement de cette année », avertit Maxime Buizard-Blondeau. Par ailleurs, dans le cadre des discussions interministérielles sur les reliquats d'aide bio, le ministère de l'Agriculture demanderait 40 M€ pour les aides à l'investissement.

Nutri-score : la CJUE saisie par le Conseil d’État après une requête de Lactalis

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) va être amenée à se prononcer sur la compatibilité du Nutri-Score avec le droit européen, à la suite d’une décision rendue par le Conseil d’État le 16 juin. Suivant les conclusions du rapporteur public, la plus haute juridiction administrative, qui avait été saisie par Lactalis, a décidé de surseoir à statuer et a transmis deux questions préjudicielles à la CJUE. Il demande si un État membre de l’UE est « en droit de recommander aux exploitants du secteur alimentaire l’apposition sur l’emballage ou l’étiquetage des denrées alimentaires qu’ils mettent sur le marché d’une représentation graphique complémentaire à la déclaration nutritionnelle » et « qui n’exprime pas nécessairement de manière distincte la valeur énergétique et les quantités de nutriments ». La plus haute juridiction de l’ordre administratif s’interroge également sur la possibilité qu’un tel affichage prenne une forme « simple et synthétique, par une lettre ou un code couleur ». Déjà critique du précédent Nutri-Score, Lactalis avait saisi le Conseil d’État au sujet de l’arrêté du 14 mars 2025, qui modifie les règles de calcul du Nutri-Score et les dispositions spécifiques sur les boissons. Il conteste notamment le déclassement de plusieurs de ses produits, et déplore en outre que l’algorithme ne tienne pas compte « des portions couramment consommées », ni des « nutriments d’intérêts apportés par le lait ».

Élevage : le sélectionneur Gènes Diffusion fusionne avec trois ex-contrôles laitiers

La coopérative de génétique animale Gènes Diffusion a annoncé le 17 juin sa fusion avec trois anciens contrôles laitiers (conseil en élevage) : Avenir Conseil Élevage, Ardennes Conseil Élevage et Seenorest. Avec cette fusion, Gènes Diffusion, spécialiste de la génétique bovine, porcine et équine, développe une nouvelle activité complémentaire qu’est le conseil aux éleveurs de vaches laitières et allaitantes. Les trois coopératives sont notamment actives dans les mesures de performances en lait et viande, ainsi que dans le conseil technique sur des sujets comme la nutrition ou les robots de traite. L’assemblée générale de Gènes Diffusion, tenue le 17 juin, a acté cette fusion, qui prendra effet rétroactivement au 1er janvier 2026. À cette occasion, Gènes Diffusion a créé un comité dédié au conseil en élevage, présidé par Jean-Philippe Duval, éleveur holstein en Meurthe-et-Moselle. Le nouvel ensemble compte 850 salariés travaillant avec 16 000 éleveurs répartis dans 26 départements du nord et de l’est de la France. Cette fusion est à rapprocher de celle qui a conduit en 2021 à la création de la coopérative Innoval dans le grand ouest, qui a rassemblé une entreprise de génétique, le GDS Bretagne et d'anciens contrôles laitiers.

Génétique animale : le CA 2025 de Gènes Diffusion en hausse de 3 %, à 106,9 M€

Le groupe Gènes Diffusion (coopérative et filiales) a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 106,9 millions d’euros (M€), en progression de 3 % par rapport à 2024, et un résultat net de 2,6 M€ (contre 2,8 M€ en 2024). « Les bons résultats de Gènes Diffusion montrent bien un groupe dynamique en bonne santé financière », a déclaré le directeur général Claude Grenier à l’occasion de l’assemblée générale tenue le 17 juin. Un conseil d’administration tenu à l’issue de l’AG a renouvelé Alain Guillaume à la présidence. En 2025, la coopérative relève « une hausse des ventes de semence bovine de 9 % par rapport à l’année précédente sur l’ensemble de son territoire, portant le nombre de doses commercialisées à 1,028 million ». S’y ajoute « une croissance soutenue des activités de génotypage (+25 %) et suivi repro (+15 %) ». L’activité porcine, elle, est en hausse de 3 % avec 3,1 millions de doses commercialisées, représentant 67 % de parts de marché en France. L’activité équine est en hausse de 10 %, « positionnant Gènes Diffusion comme leader national en trotteurs en 2025 », tandis que la transplantation embryonnaire bovine est en progression de 7 %.

Viande bovine : les quotas d’importation de l’UE totalisent presque 500 000 t (Idele)

La somme des contingents d’importation de viande bovine consentis par l’UE dans le cadre des accords de libre-échange frôle les 500 000 tonnes équivalent carcasse (téc), soit 8 % de la consommation européenne, a-t-on appris lors de la conférence sur les marchés mondiaux de l’Institut de l’élevage le 12 juin. Ce total comprend les accords conclus ces derniers mois (Mercosur, Australie, Mexique et Inde), qui viennent s’ajouter aux contingents déjà ouverts en 2025 et 2024-2025 (pour plus de 363 000 téc). Pour rappel, certains accords prévoient une ouverture progressive : 2031 pour les 99 000 téc du Mercosur, ou encore « fin 2027, début 2028 » pour l’Australie (35 000 téc de viande bovine, 31 000 téc de viande ovine). De son côté, la viande ovine fait l’objet de presque 185 000 téc de quotas en 2025. Selon la présentation de l’Idele, ces concessions de l’UE « atteignent des niveaux significatifs » et pourraient « peser » sur les marchés des viandes bovine et ovine, qui verraient affluer « des produits compétitifs ». L’institut technique rappelle que les quotas actuels ne sont consommés qu’à hauteur de 44 %, avec d’importantes variations selon les pays fournisseurs (entre 1 % et 100 %). Par ailleurs, l’Idele note que la suppression des droits de douane sur la viande bovine prévue dans l’accord UE-Mercosur représente une perte de 378 M€/ par an pour le budget de l’UE.

Bovins viande : au Brésil, un quart des animaux engraissés en feedlots, en hausse

En progression quasi continue depuis vingt ans, l’engraissement en feedlots (parcs d’engraissement) concerne désormais « 20 à 25 % » de la production de bovins au Brésil, a-t-on appris lors de la conférence de l’Institut de l’élevage (Idele) sur les marchés mondiaux de la viande, le 12 juin. Cette pratique concernait 8,5 millions d’animaux en 2025, selon les chiffres officiels, soit plus du triple des effectifs de 2007 (2,55 millions). La part d’animaux engraissés en feedlots augmente régulièrement, de 8 % par an depuis 2017. Une pratique qui vise à « accélérer l’engraissement, réduire l’empreinte carbone par kg de viande », ou encore « avoir des animaux mieux finis pour des marchés plus exigeants (USA, UE, etc.) », selon la présentation de l’Idele. L’institut français fait état de 1 960 feedlots, et précise que 62 % des bovins sont engraissés dans des établissements de plus de 10 000 places. Plus largement, l’institut technique s’attend pour 2026 à un « essoufflement » de la production brésilienne de viande bovine (-2 % sur un an), après un « emballement » depuis 2023, nourri par un cycle de décapitalisation. Les volumes exportés, eux, ont atteint un « sommet » en 2025 (4,14 Mtéc, +21 % en un an), et ont démarré 2026 sur un rythme « accéléré ».

Viandes/Siqo : feu vert de l’Inao pour le jambon persillé de Bourgogne et les jeunes charolais

Le comité national des indications géographiques protégées (IGP), Labels rouges (LR) et spécialités traditionnelles garanties (STG) de l’Inao a voté le 11 juin pour la reconnaissance de l’IGP jambon persillé de Bourgogne et du LR d’animaux jeunes de race charolaise. Concernant la reconnaissance du LR d’animaux jeunes de race charolaise, ce nouveau cahier des charges porté par l’ODG Qalinea valorise « une qualité supérieure et distingue des produits issus d’animaux élevés selon des critères stricts comme par exemple une autonomie alimentaire supérieure à 80 %, une litière végétale obligatoire dans les bâtiments, une alimentation non OGM (<0,9 %), un chargement réduit, une durée de pâturage pour les animaux du troupeau reproducteur de plus de six mois ou une maturation de la viande garantie », précise l’Inao sur son site. Ce vote permet de lancer des procédures nationales d’opposition sur le contenu des cahiers des charges, à l’issue desquelles ces cahiers des charges pourront être homologués par arrêté publié au Journal officiel en l’absence d’opposition. Pour les demandes d’IGP, cette étape sera suivie par la phase d’examen par la Commission européenne en vue de l’enregistrement par celle-ci des dénominations en IGP.

Œufs : l'interprofession étend sa représentativité dans la distribution/restauration

Dans un communiqué du 18 juin, le comité interprofessionnel de l’œuf (CNPO) annonce l’arrivée dans son collège distribution-restauration du SNRC (sociétés de restauration collective) et des Grossistes alimentaires de France (ex-Fedalis), qui représente les distributeurs de produits transformés auprès des métiers de bouche. Le SNRC siègera aux côtés de Restau’co, qui représente la restauration collective autogérée. Du côté de la distribution, les Grossistes alimentaires (dont Metro, Sysco, Transgourmet, Krill…) rejoignent le CNPO, qui compte déjà parmi ses membres les Fromagers de France (représentant le petit commerce spécialisé). Ces adhésions ont été actées statutairement à l’assemblée générale du CNPO le 16 juin, en même temps que le retrait de la FCD et de la FCA (grande distribution généraliste). Ces deux fédérations avaient démissionné en juillet 2025, invoquant un dialogue déséquilibré sur le financement de l’ovosexage, selon leur communiqué commun du 8 juillet 2025. Interrogé sur leur éventuel retour par Agra Presse, le président du CNPO Yves-Marie Beaudet affirme que « la porte n’est pas fermée, il ne manque plus qu’eux [les distributeurs généralistes en grandes surfaces] ».

Œufs : Noriap founira à Auchan des œufs issus de son programme de légumineuses Protéi’Sol

Des œufs de poules nourries avec des légumineuses cultivées chez Noriap sous contrat Protéi’Sol seront distribués sous la marque Auchan « d’ici à la fin de l’année », lit-on dans un communiqué du 16 juin signé par la coopérative Noriap, ses filiales Novial (aliments du bétail) et Cocorette (œufs de plein air), le distributeur Auchan et l’ONG anti-déforestation Earthworm Foundation. Le projet Protéi’Sol est animé par cette dernière dans les Hauts-de-France depuis 2024. Son principe est d’introduire des légumineuses dans la rotation, afin « d’améliorer l’autonomie face aux engrais azotés et de réduire l’impact carbone à l’échelle de l’exploitation », est-il argumenté dans le communiqué. Les œufs Auchan sont un nouveau débouché pour les légumineuses et les œufs du groupe Noriap, qui fournit également des œufs du même type à Lidl France. Ce programme Protéi’Sol bénéficie du soutien financier de l’Union européenne et de la Région Hauts-de-France, ainsi que de l’expertise de l’institut Terres Inovia. Il est aussi porté par Nestlé Purina et Groupement Mousquetaires. Pour Noriap, il est complémentaire au programme d’agriculture régénérative Transitions mené par la coopérative.

Légumes : une année 2025 très contrastée pour le Cerafel (Prince de Bretagne)

À l’occasion d’une conférence de presse précédant son assemblée générale le 18 juin, l’AOP Cerafel (Prince de Bretagne) a présenté les principaux chiffres de l’année 2025, qui fut contrastée avec des difficultés pour certaines productions de plein champ et une bonne tenue de la tomate. Les 359 871 t de fruits et légumes frais récoltés en 2025 ont généré un chiffre d’affaires à la production en légère baisse, à 339,3 M€ (contre 350,1 M€ l'année précédente). Dans le détail, les légumes conventionnels représentent 308,9 M€ (-2,8 %) et les légumes bio 30,3 M€ (-5,9 %). La baisse reflète les difficultés de certains légumes : le poireau, mais surtout le chou-fleur, qui a connu une crise profonde, avec des volumes en forte augmentation (+14 %) mais un chiffre d’affaires en recul de 12 % en un an. À l'inverse, plusieurs filières ont démontré leur capacité de résilience. C’est le cas notamment de la tomate (75 538 t, soit +9 % ; soit + 9,8 % en valeur pour les conventionnelles), tandis que l'horticulture a fait l’objet d’une remontée avec un chiffre d’affaires producteurs de 31 M€ (+3,1 %). Enfin, la filière plants de pommes de terre a réalisé une année record, avec près de 112 M€ de chiffre d'affaires et plus de 210 700 t commercialisées, dont 131 000 t exportées.

Fraises de Plougastel : le projet d'IGP obtient le feu vert de l'Inao

Le comité national des indications géographiques protégées (IGP), Labels rouges (LR) et spécialités traditionnelles garanties (STG) de l’Inao a voté le 11 juin pour la reconnaissance de l’IGP fraise de Plougastel. Cette étape sera suivie par la phase d’examen par la Commission européenne, qui valide l’enregistrement des dénominations en IGP. Porté par l’association Fraise de Plougastel et lancé officiellement en 2019, ce projet concerne une aire géographique composée de sept communes située au sud de Brest, caractérisée par des conditions naturelles « particulièrement favorables à la production de fraise (humidité, vents, ensoleillement…) ainsi que des savoir-faire des producteurs ayant permis de construire la réputation passée et présente de ce produit », explique l'Inao sur son site internet. En 2019, ils étaient 37 producteurs de fraises au sein de l’association (2 200 à 2 400 t/an). Parmi eux, une moitié d'indépendants et l'autre moitié d'adhérents de Savéol, cultivant en conventionnel et en bio, travaillant sous tunnels et en serre, expliquait le co-président de l’association, Frédéric Rolland en 2019 à Agra Presse. Dans la première version de son projet de cahier des charges, l'association mettait en avant l’antériorité de la fraise sur cette terre où un explorateur français, Amédée François Frézier, y implanta quelques plants de fraises blanches du Chili, au XVIIIe siècle.

Horticulture : le marché des végétaux repart à la baisse en 2025

Après une année 2024 de stabilisation, le marché des végétaux en France est reparti à la baisse en 2025, principalement sous l’effet de la poursuite du recul du nombre de foyers acheteurs, selon le panel consommateurs Kantar pour FranceAgriMer et Valhor. 68 % des foyers français, niveau historiquement le plus bas, ont acheté au moins un végétal, loin du niveau d’avant Covid (76 %). La quantité moyenne achetée par foyer reste globalement stable (22 végétaux), tout comme le montant moyen dépensé par végétal (5 €). Cette stabilité se traduit par un budget moyen annuel presque inchangé (-1 €), même s’il reste à son niveau le plus bas depuis 2019 (108 €). Ces tendances font que le marché reste quasiment stable en volume (-1 %), mais recule de façon significative en valeur (-7 %). Selon Kantar, la stabilité relative du marché en volume masque, en réalité, deux dynamiques inverses : un recul marqué de l’ensemble des végétaux d’ornement (en particulier d’extérieur) et une progression du potager.

Climat : la FAO et le Pam lancent un appel à l'aide préventive avant le pic El Niño

La FAO et le Programme alimentaire mondial (Pam) des Nations unies ont lancé, le 18 juin, leur premier appel conjoint à l’aide préventive face au développement d’un épisode El Niño, dont le pic est attendu fin 2026. El Niño est un phénomène climatique naturel qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, entraînant des épisodes de sécheresses, inondations et températures record dans le monde. Selon les prévisions des experts, l’épisode en cours pourrait devenir en fin d’année l’un des plus intenses jamais enregistrés. Dans un communiqué, la FAO et le Pam préviennent que ce pic pourrait aggraver l’insécurité alimentaire dans des zones déjà fragilisées d’Afrique, d’Asie, du Pacifique, d’Amérique latine et des Caraïbes. Les deux agences onusiennes disposent de ressources pour assister 1,2 millions de personnes, mais estiment qu’un financement supplémentaire de 167 M$ est indispensable pour étendre l’aide à 7,6 millions de bénéficiaires supplémentaires dans 22 pays à haut risque. Les interventions prévues comprennent de l’aide en espèces, la distribution de semences tolérantes à la sécheresse ou résistantes aux inondations, la protection du bétail, ainsi que des systèmes d’alerte précoce et de collecte d’eau afin de limiter les effets des crises avant leur aggravation.

Bois énergie : une enquête sur l'énergéticien Drax classée sans suite au Royaume-Uni

Le gendarme britannique des marchés financiers (FCA), qui avait ouvert en 2025 une enquête sur le britannique Drax, dont l'énergie produite à l'aide de biomasse fait polémique au Royaume-Uni, a annoncé le 18 juin avoir classé l'affaire sans suite, faute d'éléments probants. L'enquête concernait certaines déclarations historiques sur l'approvisionnement en biomasse de Drax, ainsi que la conformité de ses rapports annuels entre 2021 et 2023 aux règles financières mais « nous n'avons pas trouvé d'éléments probants justifiant d'autres mesures », a indiqué la FCA dans un communiqué. Drax, qui reçoit des subventions destinées à encourager la production d'électricité de sources renouvelables au Royaume-Uni, affirme que les granulés de bois brûlés dans sa centrale sont issus de sources durables. Elle assure notamment que le CO2 absorbé par les arbres lorsqu'ils poussent compense le gaz émis lors de la combustion. Le groupe espère aussi ajouter à terme une technologie de capture du carbone après combustion dans sa centrale. Mais ce recours à la biomasse pour verdir sa production est critiqué depuis plusieurs années par des ONG écologistes. Selon le centre de réflexion Ember, Drax est le plus gros émetteur de CO2 au Royaume-Uni.

Coopératives : Jean-Luc Duval remplace Dominique Chargé à la présidence de LCA

Réuni le 18 juin, le conseil d'administration de La Coopération agricole (LCA) a élu Jean-Luc Duval à sa présidence, où il remplace Dominique Chargé. «Ma priorité sera de redonner de la confiance aux agriculteurs et à nos entreprises coopératives, agricoles et agroalimentaires. Il faut être dans la dynamique productive pour tous les marchés, des produits d'excellence aux produits du quotidien, avec une attention particulière aux jeunes», a-t-il déclaré dans un entretien à l'AFP. «Notre système correspond à la société actuelle, en quête de sens. Dans une coopérative, quand vous avez 130 millions d'euros de capital social, il est détenu par 12.000 agriculteurs. C'est 12.000 paysans comme moi qui ont un tout petit bout de l'entreprise qui garantit de pouvoir valoriser leur production et sécurise leur paiement. Et je pense qu'on a quelque chose à porter avec la jeune génération». Jean-Luc Duval est, depuis 2007, vice-président du groupe Agrial, première coopérative agricole et agroalimentaire française. Agriculteur dans l'Orne, il a été président du CNJA (Jeunes Agriculteurs) de 2000 à 2002, succédant à Pascal Coste. 

Coopératives : Xavier de Montferrand prend la direction générale de Lorca

Le groupe Lorca annonce la nomination de Xavier de Montferrand au poste de directeur général. Il remplace Philippe Dessertenne, qui avait quitté l’entreprise fin novembre 2025. Xavier de Montferrand a pris ses fonctions le 9 juin. À 40 ans, diplômé d’AgroParisTech, il a réalisé l’ensemble de son parcours professionnel dans le secteur coopératif agricole : Saint Louis Sucre tout d’abord, puis le groupe Agrial durant douze ans, où il a occupé diverses fonctions de direction financière, direction des opérations, et a piloté plusieurs projets d’organisation et de structuration. Son profil mixant gestion financière et des gestion des opérations a séduit le conseil d’administration, présidé depuis décembre par Edmond Claiser. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 22 juin 2026

Lundi 22 juin
Session annuelle du bureau exécutif du Programme alimentaire mondial, à Rome
Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires de l’OMC, à Genève
Conseil des ministres de l’Agriculture de l'UE, à Luxembourg
Commission du Commerce international du Parlement européen
Commission de l’Environnement du Parlement européen 
Assemblée générale de la Fédération française des artisans fleuristes

Mardi 23 juin
Rencontres pour la Souveraineté économique
Journée de la communication agricole (Syrpa), à Saint-Ouen
Assemblée générale d’Interfel (fruits et légumes frais)
Conférence de presse de l'Anicap (lait de chèvre)
Forum des initiatives inspirées de la Sécurité sociale de l'alimentation
Restitution du projet Terr’Au (foncier et agriculture urbaine), à Saint-Denis
Akuo inaugure une centrale agrivoltaïque à Sombernon (Côte-d'Or)
Conférence de presse Adelphe sur la décarbonation des vins et spiritueux
Journée de la FRB (biodiversité) sur la transformation des systèmes économiques et financiers
Conférence de presse de la chaire CoPack sur les emballages compostables

Mercredi 24 juin
Commission de l’Agriculture du Parlement européen
Matinale alimentaire organisée par La Coopération agricole
Conférence du collectif En vérité sur l'affichage environnemental
Point presse de la Collective du bioéthanol sur le règlement CO2 des véhicules légers
Projection-débat autour du pastoralisme organisée par l'Afja (journalistes agricoles)
Soirée technique BIVB (vin de bourgogne) sur les sols viticoles

Jeudi 25 juin
Les députés examinent la PPL pour la production d'engrais décarbonés en France
Assemblée générale du Cniel (interprofession laitière)
Congrès international de la poire Interpera, en Italie
Conférence de presse de Commerce équitable France
Conférence de presse de Le Gouessant sur ses résultats annuels
Conférence de presse d'AgroParisTech

Vendredi 26 juin
Portes ouvertes annuelles du Cirveau