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Lancement du programme Adaptors pour comprendre comment les plantes plantes et leurs microbiotes résistent au dérèglement climatique

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Le ciste, cet arbuste aux fleurs roses ou blanches, est connu pour sa résilience aux incendies. Crédits : © Hans / Pixabay

Les chercheurs réunis au sein du programme international Adoptors veulent comprendre comment certaines plantes et tous les microorganismes qui leurs sont attachés s'adaptent à des conditions extrêmes, afin de trouver des solutions durables pour l’agriculture.

Comprendre comment les plantes s’adaptent au changement climatique et trouver des solutions pour mieux les protéger sont des enjeux majeurs aujourd’hui en agriculture. C’est dans ce contexte que l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) viennent d’annoncer la création de l’International Research Project Adaptors – Natural Products and Climate Resilience: Holobionts, a Perspective for Studying Biodiversity and Agricultural Sustainability. Ce programme de recherche qui associe trois laboratoires européens : l’Institut de Chimie Moléculaire de Reims (ICMR – URCA/CNRS), l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (ICSN – CNRS) et le laboratoire Natural Products & Medicinal Chemistry (NPMC) de l’Université d’Athènes (NKUA) et coordonnée par le Pr. Jean-Hugues Renault (URCA), le Pr. Leandros Skaltsounis (NKUA) et la Dr Véronique Eparvier (ICSN). L’IRP Adaptors « vise à décrypter comment les plantes et leurs microbiotes associés utilisent leur diversité chimique naturelle pour résister aux stress liés au dérèglement climatique », indique la communiqué de l’Université de Reims du 29 avril 2026.

« Nous sommes toutes et tous des passionnés(ées) de l’exploration de l’espace chimique des substances naturelles, toutes ces molécules que l’on peut trouver dans le monde du vivant. Un espace peu peuplé par rapport à d’autres, notamment celui résultant de la synthèse chimique, mais très vaste, c’est-à-dire que l’on va trouver des molécules très différentes les unes des autres et très souvent avec un vrai intérêt biologique dans la mesure où elles ont survécu à l’évolution, et contiennent donc chimiquement tout ce qu’il faut pour interagir avec des enzymes, des protéines, etc… », nous explique Jean-Hugues Renault. 

Lire aussi : Aude Bernardon-Méry (Biom InnoV) : « Notre particularité repose sur notre approche de l’holobionte »

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A travers ce programme Adaptors, les chercheurs veulent comprendre comment ces systèmes vivants développent ou pas des stratégies pour s’adapter au dérèglement climatique. « Nous allons regarder à la fois des espèces assez endémiques, notamment en Grèce, mais aussi étudier des plantes de grandes cultures, comme l’olivier et le raisin, poursuit ce dernier. Pour mener à bien nos travaux, nous allons nous pencher sur l’holobionte, tous les microorganismes qui vivent avec la plante, pour voir par exemple si pour des plantes qui sont très résilientes aux grands incendies, l’holobionte est différent de la même plante sur un sol non incendié ou s’il est identique mais capable de synthétiser différentes choses pour permettre à la plante de s’adapter en cas de stress ». Ce dernier était dernièrement à Rhodes, en Grèce, une île qui a subi de gros incendies en 2023, pour collecter des cistes connus pour leur résilience aux incendies, pour effectuer des prélèvements de cette plante en zone incendiées et en zone non incendiées afin de faire des comparatifs. 

Et tout en développant des procédés de production durables, « en utilisant un substitut aux solvants biosourcés pour purifier les molécules », précise Jean-Hugues Renault, le programme prévoit aussi la création de bases de données ouvertes et des actions de transfert vers les entreprises. « L’idée derrière Adaptors est que toutes les données scientifiques soient accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique. Quant au transfert vers les entreprises, je ne sais pas si cela donnera lieu à la création d’une start-up, mais il y aura certainement des contrats industriels, plutôt vers la cosmétique et sur la partie agro, en viti et viniculture, ainsi que sur la filière huile d’olive en Grèce. Et si nous arrivons à comprendre comment certaines espèces luttent contre ces dérèglements, j’ose espérer que des sociétés qui opèrent dans le domaine de la protection des plantes seront intéressées », termine-t-il. Il est par ailleurs indiqué dans le communiqué qu’« Adaptors intégrera un volet important de formation et de diffusion scientifique : webinaires, écoles d’été et organisation d’un congrès international à Reims en 2026 ».